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@riceli
La boite de Pandore
Les dieux, pour se venger
De Prométhée,
Décidèrent de façonner
L’être le plus parfait.
…
Elle semblait si belle
Et si généreuse,
Qu’on lui offrit devant l’autel
Une boite mystérieuse.
…
« Tu ne dois jamais
Ouvrir cet objet !
Jure que jamais
Tu n’ouvriras cet objet ! »
…
La curiosité
Qu’Hermès lui avait donnée,
Obligea Pandore à céder,
Laissant les maux s’évader.
Ils contaminèrent l’humanité
L’orgueil s’envolait
Derrière la famine, la folie
La passion, le vice et la tromperie.
…
Pandore referma dès l’instant
Le piège perfide
La boite garda seulement
L’espérance pas assez rapide.
…
Ainsi les hommes furent punis
D’avoir acquis le feu
Grâce au rebelle Prométhée qui
Fut aussi condamné par les dieux.
…
La curiosité
Qu’Hermès lui avait donnée,
Obligea Pandore à céder
Laissant les maux s’évader.
Ils contaminèrent l’humanité
L’orgueil s’envolait
Derrière la vieillesse, la folie
La misère, la guerre et la maladie.
…
Comment on en est arrivé là  ?
Toute sa vie, Pandore le regretta.
Alex@r60 – septembre 2025
Tableau: Pandore par John William Waterhouse. 1896
Au milieu de l'océan
Cela faisait plusieurs jours que nous avions passé les 50e hurlants. Notre navire avançait péniblement, trimbalé de vague en vague dans une mer déchainée. Chaque marin restait sur le qui-vive. Pendant ce temps, j’attendais dans ma cabine, la tête pensive, pleine d’angoisse, à me demander à quel moment, nous allions couler. Charles restait allongé dans son lit, il râlait au gré des secousses. En fait, il n’avait plus rien à vomir depuis que nous avions quitté Kerguelen. Il n’y avait rien sur cette ile pourtant elle commençait à me manquer.
Nous devions rejoindre un groupe d’explorateurs sur cette immense banquise qu’était l’Antarctique. Notre objectif était d’atteindre le pôle nord. Comme nous avions manqué le bateau, l’équipe patientait sagement dans des baraquements construits dans ce genre de situation ou dans l’attente de jours moins glacials. Mais avant, nous devions franchir ces lignes de vagues énormes pouvant engloutir les plus grands buildings de New-York.
Tel un agonisant, Charles demeurait allongé, les bras en croix, l’écume au bord des lèvres. Dans son râle, on pouvait comprendre qu’il voulait mourir. Il avait prévenu qu’il ne supportait pas les fortes houles, mais il voulait absolument participer à cette expédition historique. Je ne supportais plus cette chambre vétuste et trop remuante. Je ne pouvais rien faire, ni lire, encore moins écrire. Je ne pouvais que regarder le pauvre Charles en train de souffrir. Dès lors, je décidais de sortir.
Le navire tanguait si bien que je dus m’accrocher pour ne pas glisser. Je marchais très lentement, un pas après l’autre. Trop occupés, les marins ne se soucièrent pas de ma présence. Je lisais sur leur visage, combien la traversée pouvait être exténuante. Habillés de leur long manteau ciré, la tête coiffée d’une grande capuche, ils s’efforçaient à maintenir le cap en combattant les multiples vagues qui s’écrasaient sur la coque. Parfois, l’un d’eux semblait hurler un ordre. Mais personne ne le regardait. Ils connaissaient tous leur métier. On ne voyait rien de l’horizon qui se confondait entre la mer et le ciel. Tout était blanc, gris, noir ; tout se ressemblait.
J’arrivai enfin dans la cabine de pilotage. Les mains sur le gouvernail, le capitaine ne jeta pas un regard sur ma personne, préférant surveiller le large malgré l’eau jetée sur la vitre. Toutefois, il maugréa contre moi, m’ordonnant presque de retourner dans ma chambre. Je demandai si je pouvais aider à quelque-chose. « Oui, dit-il, en nous laissant travailler ».
La tempête continuait de frapper la mer, provoquant d’innombrables bourrasques d’eau. A chaque vague retombant sur le rafiot, je crus que notre heure était comptée. Mais le navire tenait bon. Il tanguait, il s’élevait, redescendait, il passait sous les vagues et il tenait bon. Comprenant, que je dérangeais, je retournais rejoindre Charles.
Je garderai toujours en mémoire le claquement de l’eau sur la proue, le vent hurlant faisant rugir la mer. Tout était déchainé et je n’arrivai pas à retourner me protéger. Mais je n’oublierai surtout pas ce bruit intense et profond. Il était puissant, fort et long comme le bruit d’une corne. Ce vacarme adoucissait les hurlements de l’océan. En fait, nous n’entendions que lui. Je regardais vers l’avant, mais ne remarquais rien de particulier. C’est en voyant des marins scruter à bâbord que je compris qu’il se passait quelque-chose d’anormal. En effet, une énorme masse noire se dessinait telle une ombre entre les nuages. Le cri résonna une seconde fois et provenait bien de cette silhouette. Les marins ne travaillaient plus, ils regardaient la forme grossir et approcher vers nous. Aussitôt, ils reprirent leur poste et s’activèrent deux fois plus vite.
L’ombre avançait encore plus rapidement que le bateau. Je fus saisi par un étrange sentiment entre fuir pour me cacher, et rester pour savoir de quoi il s’agissait. Je restais le dos collé à la cabine de pilotage. Mon ventre se remplit de peur, mes jambes tremblèrent, je savais que c’était quelque-chose d’effroyable. Enfin, je vis deux cercles brillants entre les nuages noirs, ses yeux jaunes nous fixaient.
Un rayon de lune, un nuage moins gris que les autres, laissant passer ce rayon de lune suffit pour nous remplir de terreur. Nous découvrîmes son apparence. Nous étions face à un monstre inimaginable, le kraken ou le Léviathan, je ne sais comment l’appeler. Sa forme était celle d’un énorme poulpe avec une tête plus droite, plus élevée. Son siphon ou plutôt, la partie de devant, était courte, couverte de quelques bras courts qui gesticulaient, montrant une bouche en forme de trou, complétée par des crochets acérés. Je ne sais combien il possédait de bras, mais j’aperçus cependant au moins trois tentacules frapper la surface de l’océan. La pieuvre semblait contrariée par notre présence. Tel un long grognement, le son terrifiant sortit de nouveau de la bête.
A côté de moi, la porte s’ouvrit. Le capitaine avait laissé son second prendre la barre pour mieux voir ce kraken. Il n’avait jamais vu pareille chose. Il attrapa mon épaule et m’obligea à entrer. Puis, il referma immédiatement la porte, comme si cette petite porte ridicule pouvait nous protéger de l’encornet géant. Il jura quelques mots pour encourager l’équipage et reprit le gouvernail entre les mains. Pendant ce temps, son subordonné surveillait, tout comme moi, l’animal.
Il continuait de nous observer. Son cri résonna encore plus fort que la tempête déchirant le ciel. Soudain le bout d’un tentacule vint à toucher le côté bâbord du bateau, comme s’il le caressait. Il était d’un rouge vif plein de ventouses. L’animal semblait s’amuser de nous, de notre fragilité. Il arrêta d’avancer. Ses yeux s’éloignèrent petit à petit jusqu’à devenir deux point minuscules au milieu de la nuit. Son cri retentit une dernière fois ; un long cri laissant à penser que nous n’aurons pas de seconde chance en cas de prochaine rencontre.
Je préférai rester le reste de la nuit dans la cabine de commande. Silencieux, je ne dérangeais pas le capitaine ni son second. D’ailleurs, ils ne prononcèrent aucun comme pour oublier cette rencontre inattendue. Le bateau vogua au milieu de l’océan, balloté de vague en vague encore plusieurs jours avant d’atteindre notre objectif.
Lorsque nous retrouvâmes l’expédition, nous ne parlâmes pas de notre aventure. Charles n’avait rien à dire car il n’avait rien vu. Quant à moi, je ne savais pas comment l’expliquer et de toute façon, je pense qu’on ne m’aurait pas cru. D’ailleurs, je crois que la pieuvre le savait ; c’est surement pour cela qu’elle nous a laissés partir.
Alex@r60 – septembre 2025
Photo de Herbert Ponting. Antartic Ocean, 1912.
The Pink Panther, Morning
Ricordati di chi ti ha ferito
mentre eri giĂ stanco di reggere il peso.
Di chi ha aggiunto rumore
quando avevi bisogno di tregua,
di chi ha scelto di colpire
sapendo dove faceva piĂą male.
Ricordati di chi sapeva
e ha continuato lo stesso.
Non per rancore,
ma per chiarezza.
Perché ci sono dolori che non sono casuali,
gesti che non sono distratti,
assenze che non sono innocenti.
E riconoscerli
è il primo atto di rispetto
verso te stesso.
Non portarti dietro la rabbia,
ma porta con te la memoria.
Quella che ti insegna
chi non deve piĂą camminarti accanto
quando la strada si fa difficile.
Arthur Bellamy
Paolo Crepet - Riprendersi l’Anima
Botticelli
Mil fotografĂas de ventanas iluminadas de Nueva York. Es un trabajo de Dave Krugman. TardĂł unos 5 años en hacerlo.
Walled Rose Garden at Sewerby Hall, East Yorkshire, England.
'a villa scene at dardagny,' oil on canvas; jean-baptiste camille corot, french c. 1852-63.
Artist’s Instagram: https://www.instagram.com/rudhacharya/
* * * * *
There is more and more I tell no one, strangers nor loves. This slips into the heart without hurry, as if it had never been.
And yet, among the trees, something has changed.
Something looks back from the trees, and knows me for who I am.
-Jane Hirshfield, from "Three Foxes by the Edge of the Field at Twilight" The Lives of the Heart
[via “Alive On All Channels”]
“Never make fun of someone’s passion because that’s the thing that saves them from the world.”
— Unknown