"China in a mirror". Effet miroir braqué sur la Chine. Symétrie surréaliste orchestrée par l'Atelier Olschinsky, studio australien.
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"China in a mirror". Effet miroir braqué sur la Chine. Symétrie surréaliste orchestrée par l'Atelier Olschinsky, studio australien.
Bécotez qui vous voudrez.
Imaginez les grelots dâor tinter, la neige et son silence immaculĂ© vous envahir jusquâau coeur. Lâespace, murmurer que vous semblez idiots Ă vous languir lĂ , et la folie vous effleure, vous implore La dĂ©cence enragĂ©e dâattendre les signaux, le moment va vieillir et vous ne saurez jamais. Il va partir. Lâinstant gĂźt sur vos lĂšvres, les mots hĂ©sitants deviennent des heures mais le temps pleure Ă grandes eaux. Lâenvie de riper, quâon se surprenne, de faire de notre premier bĂ©cot une rĂ©vĂ©lation instantanĂ©e. Il fixe pourtant votre sourire, gĂȘnĂ©es vos lĂšvres supplient lâartificier dâenvoyer une dĂ©charge de couleurs au bord de vos iris. Feu dâartillerie sourde, la malice et la douceur plissent vos pommettes rosĂ©es. Confiserie. Votre envie se presse, glapit en anonyme par peur du dĂ©calage. Et si. La neige saisit la fauverie de vos lĂšvres. Lui, tinte et carillonne son ticket. Vous, grelottez. Votre voeu muet sâanime Ă la lueur de son dĂ©part invoquĂ©. Tapage. StratĂšges et feintes, vos sens rĂ©pĂštent et miment un peu hagards lâart et la maniĂšre de procĂ©der. DerniĂšre priĂšre Ă sainte Rita avant de se lancer, votre regard est une mise en garde au spontanĂ©. Picoti et bĂ©cota. Inspiration galvanisĂ©e, respiration abandonnĂ©e, mirettes Ă©teintes et câest le monde qui claironne sa fĂ©licitĂ©. Vos mains ont pactisĂ© au nom dâun tout et de vos corps, et cet accord sublime vient signer lâacte improvisĂ©. Cette vieille idĂ©e que jâai, quâun baiser puisse annoncer lâenvie dâun lendemain vermeille. Sâembrasser revient Ă se tester sans mensonge, Ă dĂ©celer ses affinitĂ©s si la magie dudit premier vous propulse au creux dâun songe. Â
Collages rĂ©tro et surrĂ©alistes tirĂ©s de bouquins d'aventure 50's et de catalogues d'Ă©poque: la sĂ©rie  "True Adventures" de lâartiste / photographe Nadine Boughton
Saint Valentin: bon Ă 3 on s'aime hein ! 1, 2,...
Je me suis prise le calendrier -et des coeurs en carton gĂ©ants- en pleine poire ce matin en passant devant mon fleuriste. La foire des jeunes premiers. Teigne, câest la Saint Valentin.
DĂ©goulinez braves hommes, fondez lavettes du market incisif, promettez lâimpossible Ă©tiquetĂ©, certifiĂ©: le jour J avec bichette nâen sera que plus festif. Syndrome du couteau sous la gorge, lâindicible se forge dans les carats, le beau et lâidiome enflammĂ©. Pareil chez les nanas, dĂ©boursant des mois de boulot pour le dernier appareil un peu GoPro, cadeau mon bien-aimĂ©.
Parade amoureuse validée par les crédits conso, le pacte est entendu par le consommateur et son bourreau. Faire la roue, se pavaner dans la cour des tapageurs. Paon déplumé, ta CB dans un ultime effort a poussé son dernier cri. Pan pan. Mais Bibiche porte ton or.
Ătalage de sentiments dans les rayons des belles boutiques, Monsieur Madame financent la pĂ©rennitĂ© de leurs premiers instants. La peur panique de voir mourir lâĂ©conomie dâun amour mesurĂ©, mouvement perpĂ©tuel dâune histoire qui a vieilli. Et pourtant. Le grand soir venu on rĂ©invente nos vies, embryon dâun second souffle. On met de cĂŽtĂ© nos quotidiens usĂ©s en camouflant nos mornes bĂ©guins et leurs voeux mort-nĂ©s. Et ceux qui ont oubliĂ©, se rappellent la magie des temps heureux: prestidigitation de lâinsouciance, fais ton tour et demande lui sa main. Encore.
Les origines de la Saint Valentin rivalisent dans le chimĂ©rique. l'Ăglise primitive lançait sa loterie de lâamour intuitive pour former les couples de lâannĂ©e et cravachait les femmes, hystĂ©riques, pour implorer leur fĂ©conditĂ©. Le Moyen-Ăąge et sa posture ornithologique, les oiseaux se bĂ©cotant dĂšs le 14: badinage imposĂ© pour les zozios en armure. Et enfin ce Valentin lĂ , prĂȘtre romain emprisonnĂ© par lâempereur Claude Le cruel (un peu Ă droite) pour avoir cĂ©lĂ©brĂ© des mariages secrets. En boĂźte, il aimera la belle aveugle Ă qui il redonna la vue. DĂ©capitĂ© et canonisĂ©. Pour gage, elle ne reçu quâaprĂšs une lettre signĂ©e âTon Valentinâ.  Â
Finalement, peu importe qui fut ce Saint, son rĂ©cit et tout le tintouin. LâidĂ©e et lâimpulsion du jour câest dâaimer Ă son image, Ă son Ă©poque, avec son lot de raccourcis et de breloques. Acerbe sur ce grand manĂšge sans conviction, embarque-moi quand mĂȘme sur ces chevaux de bois, cortĂšge tournoyant, carnage entĂȘtant. Les loupiotes crĂ©pitent. sur nos bidets dansants. Patriote du vrai, contredis-moi avant que tout ça ne foute le camp.
  (Une trĂšs jolie fĂȘte Ă mon frĂšre Valentin, seul saint dans toute cette histoire)
Alunissons encore avec le photographe russe Leonid Tishkov.Â
Pari(s) gagné.
En discutant avec une collĂšgue, je rĂ©alisais que je traĂźnais ma carcasse jeunette Ă Paris depuis plus de 4 ans. Et quâen fait, ça en fait des choses Ă dire sur le microcosme de la baguette.
Quand mes parents nous remorquaient mon frĂšre et moi, gosses, en virĂ©e parisienne depuis notre campagne natale, la grosse Paris me vendait du rĂȘve. Quartiers aguicheurs, fresques urbaines presque mondaines, des rues comme des bourrelets envoĂ»teurs qui finissaient par sâĂ©trangler entre eux pour dĂ©bouler sur des coins phĂ©nomĂšnes. Et ma curiositĂ© bien grasse criait Ă la cabale. Je me souviens de cette envie âJâadorerais vivre et travailler Ă Parisâ et ma mĂšre qui me rĂ©pondait en prĂ©face de mon Ă©mulsion prĂ©coce âTu devras trouver un bon travail pour y vivreâ avant dâajouter avec ironie ââŠou trouver un millionnaireâ. Jâai trouvĂ© plein de trucs mais pas de millionnaires. Trop ennuyeux, des gavĂ©s en rĂ©mission. Na.
Jâai atterri Ă Paris, dâabord dans le 18e de feu. Marx Dormoy. Chez les pillards de communautĂ©s, panache brillant de culture oĂč ça parle lingala, wolof, turc, papelards et basanĂ©. Je gardais Ă domicile âBibineâ (minou fat, noir et blanc, pis roses sur le dessous et caractĂšre de merde. Adorable gĂ©nisse), la chatte de mon parrain, parti plusieurs mois Ă lâĂ©tranger. PremiĂšre vie Ă Paris pour un loyer fou et gratis. Rue Philippe de Girard, jâavais juste Ă me jeter dans le mĂ©tropolitain. Ambiance ghetto 90âs limite scĂ©narisĂ©e. Des types qui dealaient des mots forts au coin des jap feutrĂ©s, des mamas en grappe qui riboulaient chez Franprix, des barbus gratinĂ©s qui initiaient la liquette Ă carreaux et le marchĂ© qui gueulait. La fĂȘte au village.
Alors en stage, je vivais la nuit Ă la lumiĂšre du nâimporte quoi. FiĂšre dâun rythme dissolu, jâai arpentĂ© les soirĂ©es cachĂ©es en vogue dâune Ăšre dĂ©jĂ rĂ©volue. Des pieds et des mains pour vivre Ă mâen couper le souffle, ivre Ă lâaube des demains prometteurs. Je ne me suis fiĂ©e quâĂ lâesbroufe des daubes de lâĂ©poque. Mythomanie des sĂ©ducteurs en toque, jâai jouĂ© le jeu pour rendre la rĂ©ciproque des relations dĂ©cousues.
Et un jour: je suis tombĂ©e sur lui. Lâimagerie de nos deux ans ensemble nous appartient mais cette histoire marque ma deuxiĂšme vie chez le Paris qui rassemble. Loin des dĂ©boires et autres pĂ©ripĂ©ties amorcĂ©es, je troque mon 18e chĂ©ri pour un 7e bourgeois et engourdi. Avenue Rapp, vue sur les toits, et la nuit la Dame de fer sâillumine dans les vitres de nos voisins dâen face. DerriĂšre les rideaux de verre se rĂ©vĂšlent de joyeux pitres, jamais las de nous divertir, heureux tĂ©moins parfois du pire. Rue piĂ©tonne, brasserie, Haussmann et footing ultra matinal avec les gus qui forment le patronat du jour, et lĂ rien ne mâĂ©tonne, je brasse les lourds diktats du normal plus, sur fond de comĂ©die vaticane. Quand on en avait gros sur la patate du 7e Ă©touffe-chrĂ©tien, on avait le pot dâalterner avec le 15e et sa rue FalguiĂšre qui faisait moins dans le bibelot prĂ©cieux. Lâarrondissement gĂ©ant cachait des superlatifs aux coins fumeux de son anatomie. Fameux passages de vie clinquants oĂč la GaĂźtĂ© pouvait cĂŽtoyer le Breton Ă la carte et tous ces autres Grenelle, Javel, Vaugirard et Bir Hakeim tiens. Pancartes âOpenâ Ă la pelle.
Tout ça prit fin lorsquâune idĂ©e charogne me dicta mes intentions: recommencer ma vie. Je quittais mon passĂ©, et ma trogne devait se faire une nouvelle raisonâŠ
(Fin de cette tirade jusquâau prochain billet avec des effets, des cascades et des explosions. Promis).
A SUIVREÂ
SĂ©rie â Mappingâ de lâartiste amĂ©ricaine Sarah Eisenlohr. Entre photos et cartes postales, effet surrĂ©aliste rĂ©tro.
Véronique Dorey et son « Bestiaire enchanté ».
Une exposition / vente  via « Hey ! modern art & pop culture part II » (Halle Saint Pierre, Paris. Jusqu'au 23 février 2013)
Du sexe, des friends et des benefits.
Je lis des trucs Ă gauche et Ă droite sur les nouvelles relations entre grandes personnes. Des trucs qui disent que nous aurions sabrĂ© les frontiĂšres amicales au profit dâun plan Q pas clair avec des benefits et puis du sexe et des friends. Libidinales et folichonnes. Enfin un truc comme ça.
Oui les interactions sexuelles et amoureuses ont Ă©voluĂ© et heureusement pour nos fesses. Jâaime raconter que ma grand-mĂšre, infirmiĂšre en 40â rencontrait mon grand-pĂšre, blessĂ© lors de la seconde guerre mondiale, et que 60 ans aprĂšs, ils sâaimaient encore. Mais la mode du vintage, je la rĂ©serve aux seuls sacs de ma dite mĂšre-grand. Aujourdâhui, on se like, on sâattribue des Ă©toiles, on se match, on se croise sur la toile ou dans le chahut dâun bar dâheureux Jojo. On sâamourache un brin, on fout le feu Ă nos poudriĂšres, canon Ă foutre de perlimpinpin. Blanche-Neige, Sisi et Chantal Goya ont morflĂ© depuis le passage des Spice-Girls, Simone Veil et autres Coco Chanel. LâĂ©mancipation des gonzesses, la libĂ©ration sexuelle, le Nutella (si), tout ça a participĂ© Ă une diversification de lâoffre sur le marchĂ© du cul.
Avec son joujou chinois, Ă deux, Ă trois, Ă plus et mĂ©langĂ©s. GĂ©nĂ©ration Ken et polly pocket, on fait dĂ©sormais dans le polyamour, dans la danse du multiple pour envoyer valser quelques Barbies Ă ken Ă lâendroit et en verlan. La fidĂ©litĂ© se porte bien et se promet dâailleurs Ă tire larigot. RĂ©siste le couple, le vrai, old school. Les sex-friends ou les No Strings attached (merci le QuĂ©bec), les plans Q, les amants du placard, les tromperies des grands soirs qui se tirent lâharicot, et jâen passe. Les nouveautĂ©s archi marketĂ©es sont ces fameux friends with benefits, une maniĂšre dâinstaurer une amitiĂ© salace. Une relation complice, la recette dâun vice rĂ©ussi.
âPrenez votre ami de longue date ou celui qui pourrait potentiellement le devenir, moulinez votre connivence jusquâĂ en extraire des moments bonus. Riez scĂ©lĂ©rate, ajoutez un verre, attisez lâambivalence. FaĂźtes-le rougir. Saupoudrez dâautarcies sentimentales, faĂźtes mijoter lâinstant idĂ©al. Astuce: dĂ©gustez bien chaud (il paraĂźt quâon peut ĂȘtre copains et cochons)â.
Cette tendance de sexual survival, câest profiter Ă califourchon, ne plus penser Ă demain en se rapprochant d'une idĂ©ologie Ă partager: nus et super potes. Sauf que voilĂ . Le dĂ©calage, ce foutu moment oĂč la fricote sâĂ©teint pour laisser place Ă la dĂ©confiture des sentiments, cette guimauve interdite qui colle aux dents, ça sent la fin. La dĂ©bandade. Le badinage est classĂ© sans suite, le garçon (ou inversement) restera volage et vous en bad sur ses bons plans, toujours dans les parages.
Le sexe, les friends et les benefits, câest forcĂ©ment tentant. Câest le hit de la relation sans prise de tĂȘte si lâon sait se contenter dâune soirĂ©e cinĂ©-braguette. Amis pour la vie, rares sont ceux qui transgressent les codes implicites dâune faiblesse pactĂ©e au lit. Sinon, reste Ă assumer le rite de passage changeant la donne sur deux, trois trucs. Et que sonne les trompettes du plan caduc, le benefit devenant alors aussi branlant que mielleux et bourrĂ© de sucre. Sweet love, un amour (presque) sans Ă©tiquette.
"Insane" sur le projet solo FLUME de Harley Streten.
The night must go on.
Esquisse nocturne. La ville mâemporte dans sa foule, mouvements fous et somnambules qui jamais ne sâengourdissent. MuselĂ©es sur la vitre, les lumiĂšres hurlantes dĂ©filent et transpirent, voliĂšre incandescente. Ces divas lĂ sont fatiguĂ©es, lassĂ©es de glapir chaque soir nos fichues histoires. Les beautĂ©s se flĂ©trissent, lâĂąge des heures passe et passent les femmes Ă voir. Et leurs tĂ©tards imbibĂ©s surtout bisquĂ©s par un regard indu, voudront ĂŽter ces aires de pine Ă qui de droit. Bagarre.
La loi de la nuit et sa course aux baby dolls qui agitent les furieux dosĂ©s au vitriol. Laissez-vous tenter entre Pigalle et BarbĂšs, filez vous faire tremper dâune atmosphĂšre barbouillĂ©e oĂč chahutent les turluttes arrangĂ©es dans ce bris de verre.
Barrez-vous fissa, rejoindre ces francs lurons en bas de la butte et ses canons au bar, canons aux bas. FilĂ©s, va. Les mots saoulent Ă flots et lâhumeur des unes font le bonheur des autres. Bonne fortune et faveurs textuelles, les apĂŽtres attablĂ©s se judaĂŻseront sans se faire prier.
Bichez plus bas, ces bars pas chers au juron facile, le pilier sâexcusera pour son pote un peu pintĂ© qui pleurniche dans vos bras et vomit sur vos souliers.
Et la magie urbaine fera le reste. Nos mĂŽmes dâaltĂšque cĂ©lĂ©breront une marque cĂ©leste, fleuron des nuits mondaines tandis que le DJ monarque, syndrome du mec modeste, excitera sa platine et sa rengaine sur ses sujets. Joli combine dâĂ©toiles montantes oĂč prĂŽne le faux, le trash et les souris bandantes du beau Paris se lĂąchent.
Quelle toile me direz-vous, mais Paris est tellement plus. Des coeurs sous lâangĂ©lus Ă©teint de Notre-Dame qui se jurent, sans peur, un destin Ă©vident. Monsieur dĂ©clame, Madame Ă©treint. Minuit sâarrĂȘte et murmure une gageure: un amour pur et Ă rebours dâune vie. Bonimenteurs au bout du compte.
Les paillettes ont Ă©bloui la Ville-LumiĂšre, il est lâheure de rentrer, jâaimerais synthĂ©tiser ce bruit dans mes mirettes, noircir sans honte le trait et mon papier.
PeyPo, graphiste et illustrateur du Ch'Nord, de Lille.
Wonderize-moi qu'y disait.
Lorsque FrĂ©dĂ©ric mâa dit âWonderize-moiâ, il ne croyait pas si bien dire. Il y a certaines choses, lorsquâon les demande, il faut sây prĂ©parer, vraiment. Ou alors on se tait Ă jamais. Sauf que FrĂ©dĂ©ric, lui, il ne se tait pas, et comme si la parole ne suffisait pas, il Ă©crit, pire il publie, il produit, il communique mĂȘme, dĂ©cidĂ©ment.
Câest un passionnĂ©, un capteur de lumiĂšre. Il explore et absorbe pour mieux renvoyer Ă la face de la maraille, les renĂ©gats fabuleux des arts urbains. Cracher avec brio la vie artistique au visage des nĂ©ophytes et avertis, le type ne sâemmerde vraiment pas. Manigancer des Artbooks dignes du nom afin dây sublimer lâindicible, dây magnifier lâĂ©vident. Je crois quâils sont rares ces cocos lĂ .
Vous savez ce genre de collectionneur dâimages et de matiĂšres, Ă©metteur culturel braquĂ© sur la populace inspirĂ©e. On se laisse embarquer par les colosses du monde qui portent son dernier ouvrage ARTtitude, de pierre, dâargile, dâargentique ou dâacrylique, ils participent Ă cette dinguette rĂ©manence artistique.
Telle Alice Ă la poursuite de ce bibelot blanc, jetez-vous dans le terrier dâAli-Baba oĂč se rĂ©invente l'espace et lâĂ©tonnant. OZez et laissez-vous gentiment embobiner par le magicien du coin, celui qui nous prĂ©sente (dans sa prĂ©face) la crĂ©ativitĂ© comme un bulldozer, un acte naturel qui ne sâencombre de rien du tout et qui avance, faisant fi, de ce quâil y a autour, sans pression, sans regard sur lâenvie de crĂ©er ni la portĂ©e du rĂ©sultat.
Il nous arrache Ă notre quotidien trop normal pour hisser nos caboches admiratrices en haut de la fĂ©erie contemporaine. ARTtitude, câest lâart et la maniĂšre dâenchanter. Ravir. DĂ©ranger. Secouer. Interloquer. Ăcouter. Posture et Ă©ternelle attitude de type en manque dâadrĂ©naline urbaine et crĂ©atrice.
Merci FrĂ©dĂ©ric pour tes complots brillants, on dĂ©vore le tome I en boulimiques convertis mais lâenvie dâun II, dâun bis aussi claquant, se murmurerait dĂ©jĂ dans le milieu mirifique des ARTtivores.
(Arttitude T.I, Frédéric Claquin, Editions Herscher)
La photographe amĂ©ricaine Alexandra Valenti assemble argentique et peinture. Savourez le clichĂ© vintage.Â
La coloc: jâirai dormir chez vous, nue dĂ©culottĂ©e.
Penchons-nous sur ce âcoâ. Je ne vous apprends rien, âcopainâ signifie partager le mĂȘme pain. Afin dâengrener mon pĂ©cule vers une Ă©conomie Ă©cureuil, je libĂšre mon appart et mâembarque depuis peu dans la recherche dâune colocation. Partager la mĂȘme location donc. Et mes dĂ©buts mâentraĂźnent vers des colporteurs dâillusions, des colocataires mĂąles finalement Ă l'affĂ»t dâune copine. Partager la mĂȘme, voilĂ . Et ils sont nombreux ces cocos lĂ , je viens de trĂ©bucher dans un monde parallĂšle oĂč colopiner devient une tendance plutĂŽt assumĂ©e.
Old boys, jeunes loups, chacun veut tenter sa chance en appĂątant la pauvrette dans une garçonniĂšre au droit dâentrĂ©e alĂ©atoire. Jâen vois des vertes et des pas mĂ»res mais chaque dĂ©marche bancale vise le mĂȘme final, la croquer quelle quâelle soit. Ma premiĂšre dĂ©couverte fut celle dâun quinqua, recherchant une colocataire âjeune femme uniquementâ afin dâĂ©gayer son 40mÂČ. Colopiner dans la joie et l'allĂ©gresse et ajouter Ă son intĂ©rieur cette petite touche de fesses. Oh. Il demande tout de mĂȘme 150 euros de crĂ©dibilitĂ© pervers pĂ©pĂšre.
Vue Ă©galement, cette bontĂ© bonhommesque sans Ă©gale. âColocation 1 euro contre services. Femme uniquementâ. Je ne tenterai pas de filer vers lâastication dâune quelconque tĂąche mais visiblement Cendrillon s'exĂ©cutera en nocturne.
Tiens, scĂšne homĂ©rique aussi cet appel Ă âM. Fredâ. Ce roublard du partage propose une chambre dans le 19e Ă un prix bon marchĂ© et met dâabord trois siĂšcles Ă piger mon prĂ©nom âSabrina (tâes sĂ©rieux mec), Sophie, Claude-fille, Codide, Cotide...?â Une fois mon micro dĂ©montĂ© par une Ă©pellation trisomique, je valide le âCotideâ. Il me demande ensuite si je fume, si je suis jeune, si je fais du sport et finit par dire quâil me trouve trĂšs sympa et enfin quâil nous verrait bien habiter ensemble. Ajoutez Ă cela, une voix nasillarde et un souffle Ă©triquĂ© lorsquâil se met Ă me tutoyer: vous avez mon coup de fil pompon. ChiquĂ© le âcopains comme cochonsâ.
Mais ça ne mâarrĂȘte pas pour autant, je mets un point dâhonneur Ă trouver une coloc saine sans dĂ©bourser tonnes dâabonnements. Alors bien sĂ»r, je vais continuer Ă tomber sur ces personnages un brin wisigoth proposant une colocation Ă la nuit, dont la gratuitĂ© dĂ©fie toute concurrence. Nota bene: inspiration souillĂ©e de Sylvia Kristel avec ce fauteuil en simili sur le clichĂ©.
Finalement, colopiner correspondrait Ă un mashup savant et radical des Ă©missions de couchsurfing, un remake un peu fou, un peu fake de jâirai dormir chez vous, nue dĂ©culottĂ©e. Le Ventimille de la colocation, la piperie criarde de ce qui se fait de propre Ă la surface du web. Je mâextirpe alors des bas-fonds du partage et reprends la marche de la civilisation, loin des nĂ©ologismes sauvages de la colocation. Tayaut !
Suite du projet "Maddie on things", le chien le plus chéper. Theron Humphrey, photographe, teste les lois de la physique avec/sur son chien équilibriste.
Narcisse, à cÎté de ça, du pipi de chat.
Jâaime le cafĂ© fort sucrĂ© et fort tout court, dans ma tasse barbapapa Mes nuits bonus, mes nuits dâamour, quand on sâaime mais quâon ne veut pas Mes non-conversations avec le gosse provoc, roi du âmaisâ, trublion La giclĂ©e du monde dans les flaques dâeau, trempĂ©e au bord du froc Me projeter pour mieux rĂȘver, gamberger, prendre une claque et tout lĂącher La pluie qui toque Ă ma fenĂȘtre, qui me berce en insistant Chialer si il le faut, seule et si seulement, loquĂ©e dans mes chaussettes de ski Me liquider un maxi pot de cornich, pignocher les dĂ©serteurs du fond Jurer Ă la française, argoter, ressusciter la vie au front dans ma bouche dâenfant poli MâĂ©vanouir dans lâĂ©reintement comme une dĂ©charge de subconscient Soutenir un regard, vouloir sourire et se rendre compte. Trop tard, il est parti. RĂȘver le jour, vivre la nuit. Docteur Jekyll se barre le soir Oublier lâheure, se dĂ©couvrir de tous ses fils, marcher dessus, rater le trottoir Mâassumer moi, cĂ©libataire, de vie cousue au grĂ© des bras, au creux des draps Et toi mon cher, je tâaime aussi mais ça, Ă©videmment je ne le sais pas.