Ouran High School Host Club

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⁂
One Nice Bug Per Day
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Sade Olutola
YOU ARE THE REASON
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@sofya-creations
Ouran High School Host Club
Les Petits Gestes
Fandom : Fruits Basket
Relationship : Yuki x Machi
J’espère que mon texte vous plaira.
Résumé : Ce n’était pas un coup de foudre. Pas quelque chose d’immédiat, de fulgurant, où l’on comprend ses sentiments en une seconde. Rien de spectaculaire, rien de romanesque comme dans les histoires que l’on raconte.
Pour Yuki et Machi, c’étaient ces petits moments, presque invisibles pour les autres, qui comptaient.
Disclaimer : Fruits Basket appartient à Natsuki Takaya.
AO3
Ce n’était pas un coup de foudre. Pas quelque chose d’immédiat, de fulgurant, où l’on comprend ses sentiments en une seconde. Rien de spectaculaire, rien de romanesque comme dans les histoires que l’on raconte.
Pour Yuki et Machi, c’étaient ces petits moments, presque invisibles pour les autres, qui comptaient. Ces instants silencieux, ces gestes minuscules, ces regards qui ne duraient qu’une fraction de seconde. Tout ce qui, pour n’importe qui d’autre, aurait semblé insignifiant mais qui, pour eux, était déjà le début de quelque chose de plus profond.
C’était dans la façon dont leurs mains se frôlaient par accident. Dans la manière dont leurs voix changeaient légèrement lorsqu’ils s’adressaient l’un à l’autre. Dans ces silences qui n’étaient pas gênants.
Ils ne savaient pas encore mettre des mots dessus. Ils ne savaient même pas vraiment ce qu’ils ressentaient. Mais quelque chose naissait, doucement, presque timidement. Et sans qu’ils s’en rendent compte, ces petits riens devinrent les fondations d’un sentiment qui, lui, n’avait rien de petit.
******
Machi avait les bras remplis de dossiers divers qu’elle devait apporter au BDE. Kimi devait rester dans sa salle de classe car elle était de corvée et elle avait demandé à Machi de prendre ses dossiers avec les siens. Machi n’avait pas osé refuser. Kimi savait se montrer très insistante quand elle le voulait et cela rendait toujours Machi mal à l’aise.
Alors c’était plus simple pour elle d’accepter, même si elle avait l’impression que toute cette pile de dossiers allait s’effondrer à chaque pas, l’obligeant à avancer comme une funambule sur un fil invisible.
Elle crut son calvaire terminé lorsqu’elle arriva devant la porte du BDE. Elle tendit le bras tant bien que mal, tenant les dossiers d’une main. Elle sursauta lorsque la porte s’ouvrit brusquement. Les dossiers lui échappèrent et tombèrent au sol dans un bruit sec.
« Machi ! S’exclama Yuki. Est-ce que tout va bien ? »
Elle marmonna un « oui », à peine audible, et s’accroupit pour ramasser les dossiers.
« Je vais t’aider. »
Yuki s’accroupit aussitôt et l’aida. Il lui tendit un dernier dossier et leurs doigts se frôlèrent. Ce n’était qu’un léger contact, mais Machi écarquilla les yeux et rougit. Elle baissa la tête pour que ses cheveux cachent ses joues rouges. Pourquoi réagissait‑elle comme ça ?
Elle se releva rapidement, remercia Yuki et entra dans la salle. Yuki la suivit du regard, puis baissa les yeux vers sa main. Pourquoi ce simple frôlement l’avait‑il troublé ?
******
Machi était assise seule dans la salle du BDE. Elle était arrivée trop tôt pour la réunion et les autres membres n’étaient pas encore là. Tout était tellement silencieux. C’était un véritable contraste par rapport à d’habitude, lorsque tous les membres du BDE étaient réunis. En particulier lorsque Kakeru et Kimi étaient là. Même Yuki parlait davantage dans ces moments‑là, allant parfois jusqu’à perdre son calme.
Parfois, Machi l’enviait de pouvoir s’exprimer aussi librement. L’espace d’un instant, elle le voyait devenir lui‑même. Il laissait tomber le masque du « prince » que tout le monde imaginait.
Machi balaya la salle du regard. Tout était parfaitement rangé. Pas une seule feuille ne dépassait des classeurs. Pas une seule chaise n’était mal alignée. Elle sentit son cœur s’accélérer et sa respiration se saccader. Elle se sentait mal, aussi bien physiquement que psychologiquement. Elle devait se calmer avant que les autres arrivent.
Ils ne comprendraient pas pourquoi elle se comportait ainsi. Personne ne comprenait pourquoi une pièce trop parfaite la mettait dans cet état. Même Kakeru, son propre frère, n’y parvenait pas.
Elle ferma les yeux pour se calmer. Elle entendit la porte s’ouvrir, suivie de bruits de pas. Quelqu’un était entré. C’était encore pire. Elle avait l’impression que ses angoisses se décuplaient.
Elle rouvrit les yeux. Sur le bureau en face d’elle, les feuilles étaient désormais légèrement en désordre. Sur le tableau, un trait de craie traversait la surface. Ces petites choses firent taire ses angoisses.
« Bonjour Machi. »
Elle tourna son attention vers Yuki. Il lui souriait, comme si de rien n’était. Il avait volontairement mis un léger désordre dans la salle. Rien qui pourrait déranger les autres membres, mais qui l’aidait énormément.
Machi baissa la tête et esquissa un sourire.
Il avait compris. Et ce simple petit geste la rendait heureuse.
******
Yuki regarda les différents articles devant lui. Il était avec Kakeru dans une boutique pour l’aider à choisir un cadeau pour sa petite amie. Il ne savait pas comment Kakeru avait fait, mais il avait réussi à le convaincre de l’accompagner.
Il ne se sentait pas à l’aise dans ce genre d’endroit. Il y avait tellement de choix qu’il ne savait plus où donner de la tête.
À part Tohru, il n’avait jamais offert de cadeau à qui que ce soit. Il n’avait jamais été proche des membres de sa famille et, avant elle, il n’avait eu aucun ami. Il jeta un coup d’œil vers Kakeru qui, comme à son habitude, se faisait remarquer en faisant l’idiot. Il attrapait tout ce qui lui tombait sous la main en l’interpellant :
« Yun‑yun ! Qu’est‑ce que t’en penses ? »
« Et ça, Yun‑yun ?
« Hé Yun‑yun ! Regarde ! »
Tout le monde les regardait et Yuki ne savait plus où se mettre. Il essaya de faire comme si Kakeru n’existait pas et se concentra sur les articles. Son attention se porta sur un marque‑page. Il n’avait rien d’extraordinaire, mais pourtant, il se demanda ce que Machi en penserait.
« Je suis sûr qu’elle adorerait. »
Yuki sursauta. Il n’avait pas vu Kakeru s’approcher.
« De quoi tu parles ?
-De Machi. C’est à elle que tu pensais. »
Yuki rougit jusqu’aux oreilles. Il balbutia quelques mots, prétendant qu’il ne pensait pas à Machi, ce qui fit éclater Kakeru de rire.
« Si tu le dis. Mais c’est exactement le genre de petite chose qu’elle aimerait. »
Il repartit fouiller les rayons. Yuki regarda le marque‑page, inspira profondément et se dirigea vers la caisse.
Le lendemain, le cœur battant, Yuki offrit le marque‑page à Machi. Elle resta silencieuse quelques secondes, fixant l’objet. Le cœur de Yuki battait encore plus fort. Il ne savait pas que c’était possible.
« Si ça ne te plaît pas, je peux le rendre. »
Machi écarquilla les yeux. Elle secoua vivement la tête et porta le marque‑page contre son cœur.
« Non, ça me plaît. Beaucoup. Merci. »
Elle rougit et détourna le regard. Yuki sourit. Il était heureux. Bien plus que lorsqu’il avait offert les rubans à Tohru. C’était différent. Et il aimait cette sensation.
******
Ce n’était pas un coup de foudre. Rien de brusque, rien de fulgurant. Et pourtant, en cet instant, Machi comprit que tous ces petits moments avaient fini par la mener ici.
La réunion du BDE venait de se terminer. Les autres membres étaient sortis en bavardant, laissant derrière eux un léger désordre. Quelques feuilles mal rangées, une chaise déplacée, un stylo oublié sur le bureau. Rien de choquant. Juste assez pour que Machi respire normalement.
Elle resta assise, les mains posées sur ses genoux. Elle n’avait pas remarqué que Yuki n’était pas parti.
« Machi ? »
Elle leva la tête. Il se tenait près de la porte, hésitant. Comme s’il n’était pas sûr d’avoir le droit de rester.
« Tu… tu vas bien ? »
Elle hocha la tête. Elle aurait voulu répondre plus clairement, mais les mots restaient coincés. Avec Yuki, c’était toujours comme ça. Elle voulait parler, mais son corps la trahissait. Pourtant, il ne semblait jamais lui en vouloir.
Il s’approcha lentement, comme pour ne pas l’effrayer. Machi sentit quelque chose se détendre en elle.
« Je voulais te dire quelque chose, murmura Yuki.
Il s’arrêta à un pas d’elle. Ses mains tremblaient légèrement. Machi le remarqua, et son cœur se serra. Il était nerveux. Pour elle.
« Depuis quelque temps… je me sens… différent, quand je suis avec toi. »
Il détourna le regard, comme s’il avait peur de croiser le sien.
« Je ne sais pas exactement ce que c’est. Je ne suis pas très doué pour comprendre ce genre de choses. Mais… quand je te vois, j’ai l’impression que… que tout devient un peu plus simple. »
Machi sentit ses joues chauffer. Elle baissa la tête, mais cette fois, ce n’était pas pour se cacher. C’était pour retenir les larmes qui menaçaient de monter.
Yuki inspira profondément.
« Je ne veux pas te mettre mal à l’aise. Je voulais juste que tu le saches. »
Il fit un pas en arrière, prêt à partir. Comme s’il pensait avoir déjà trop dit. Machi tendit la main. Un geste minuscule. Presque invisible. Mais Yuki s’arrêta net. Elle attrapa doucement le tissu de sa manche. Pas pour le retenir de force. Juste pour lui dire : reste.
Elle releva enfin les yeux. Ses lèvres tremblaient, mais elle réussit à murmurer :
« Moi aussi… je me sens… comme ça. »
Yuki écarquilla les yeux. Il ne s’attendait pas à une réponse. Encore moins à une réponse aussi directe, venant d’elle.
Il s’assit à côté d’elle, lentement, comme si le moindre mouvement pouvait briser quelque chose de précieux. Le silence s’installa. Mais ce n’était pas un silence vide. C’était un silence qui disait tout ce qu’ils n’arrivaient pas à formuler.
Leurs mains se frôlèrent. Pas par accident, cette fois. Un contact léger, hésitant, mais voulu. Machi sentit son cœur s’emballer, mais ce n’était pas désagréable. Yuki sentit sa poitrine se serrer, mais d’une manière douce, presque apaisante.
Ce n’était pas un coup de foudre. C’était mieux que ça.
C’était deux personnes qui, sans bruit, sans éclat, avaient fini par se trouver.
Fin
Tiny Gestures
Fandom : Fruits Basket
Relationship : Yuki x Machi
I’m sorry for the mistakes, English is not my native language. I hope you like it.
Summary : It was not love at first sight. Not something sudden, blazing, where you understand your feelings in a single second. Nothing spectacular, nothing romantic like in the stories people tell.
For Yuki and Machi, it was those small moments, almost invisible to others, that mattered.
Disclaimer : Fruits Basket belongs to Natsuki Takaya.
AO3
It was not love at first sight. Not something sudden, blazing, where you understand your feelings in a single second. Nothing spectacular, nothing romantic like in the stories people tell.
For Yuki and Machi, it was those small moments, almost invisible to others, that mattered. Those silent instants, those tiny gestures, those glances that lasted only a fraction of a second. All the things that would have seemed insignificant to anyone else but were, for them, already the beginning of something deeper.
It was in the way their hands brushed by accident. In the way their voices changed slightly when they spoke to each other. In those silences that were not uncomfortable.
They did not yet know how to put words to it. They did not even really know what they were feeling. But something was being born, gently, almost shyly. And without realizing it, those little nothings became the foundation of a feeling that was anything but small.
******
Machi’s arms were full of various folders she had to bring to the Student Council. Kimi had to stay in her classroom because she was on cleaning duty, and she had asked Machi to take her folders along with her own. Machi had not dared refuse. Kimi could be very insistent when she wanted to, and it always made Machi uncomfortable.
So it was easier to accept, even if she felt like the whole pile of folders would collapse with every step, forcing her to walk like a tightrope walker on an invisible wire.
She thought her ordeal was over when she reached the Student Council door. She stretched out her arm as best she could, holding the folders in one hand. She jumped when the door suddenly opened. The folders slipped from her grasp and fell to the floor with a sharp sound.
“Machi !” Yuki exclaimed. “Are you alright ?”
She muttered a barely audible “yes” and crouched down to pick up the folders.
“I’ll help you.”
Yuki crouched immediately and helped her. He handed her the last folder, and their fingers brushed. It was only a light touch, but Machi’s eyes widened and she blushed. She lowered her head so her hair would hide her red cheeks. Why was she reacting like that ?
She stood up quickly, thanked Yuki, and entered the room. Yuki watched her go, then lowered his eyes to his hand. Why had that simple touch unsettled him ?
******
Machi was sitting alone in the Student Council room. She had arrived too early for the meeting, and the other members were not there yet. Everything was so quiet. It was a real contrast to how it usually was when everyone was gathered. Especially when Kakeru and Kimi were there. Even Yuki talked more in those moments, sometimes even losing his composure.
Sometimes, Machi envied him for being able to express himself so freely. For a moment, she could see him becoming himself. He let go of the “prince” mask everyone imagined.
Machi glanced around the room. Everything was perfectly tidy. Not a single sheet sticking out of a binder. Not a single chair out of line. She felt her heart speed up and her breathing grow uneven. She felt unwell, both physically and mentally. She needed to calm down before the others arrived.
They would not understand why she acted like this. No one understood why a room that was too perfect put her in such a state. Not even Kakeru, her own brother.
She closed her eyes to calm herself. She heard the door open, followed by footsteps. Someone had entered. It was even worse. Her anxiety seemed to multiply.
She opened her eyes again. On the desk in front of her, the papers were now slightly out of order. On the board, a chalk line crossed the surface. Those small things quieted her anxiety.
“Good morning, Machi.”
She turned her attention to Yuki. He was smiling at her as if nothing had happened. He had deliberately created a bit of disorder in the room. Nothing that would bother the others, but enough to help her immensely.
Machi lowered her head and allowed herself a small smile.
He understood. And that simple little gesture made her happy.
******
Yuki looked at the various items in front of him. He was with Kakeru in a shop, helping him choose a gift for his girlfriend. He did not know how Kakeru had done it, but he had managed to convince him to come along.
He did not feel comfortable in this kind of place. There were so many choices that he did not know where to look.
Aside from Tohru, he had never given a gift to anyone. He had never been close to his family members, and before her, he had had no friends. He glanced at Kakeru who, as usual, was drawing attention by acting like an idiot. He grabbed anything he could find and called out :
“Yun‑yun ! What do you think of this ?”
“And this, Yun‑yun ?”
“Hey Yun‑yun ! Look !”
Everyone was staring at them, and Yuki wished he could disappear. He tried to pretend Kakeru did not exist and focused on the items. His attention fell on a bookmark. It was not anything special, but he wondered what Machi would think of it.
“I’m sure she’d love it.”
Yuki jumped. He had not noticed Kakeru approaching.
“What are you talking about ?”
“Machi. You were thinking about her.”
Yuki blushed to the tips of his ears. He stammered, pretending he had not been thinking about Machi, which made Kakeru burst out laughing.
“If you say so. But that’s exactly the kind of little thing she’d like.”
He went back to rummaging through the shelves. Yuki looked at the bookmark, took a deep breath, and headed for the register.
The next day, heart pounding, Yuki offered the bookmark to Machi. She stayed silent for a few seconds, staring at the object. Yuki’s heart beat even faster. He didn’t know that was possible.
“If you don’t like it, I can return it.”
Machi’s eyes widened. She shook her head quickly and held the bookmark against her chest.
“No, I like it. A lot. Thank you.”
She blushed and looked away. Yuki smiled. He was happy. Much more than when he had given Tohru her ribbons. This was different. And he liked that feeling.
******
It was not love at first sight. Nothing sudden, nothing blazing. And yet, in that moment, Machi understood that all those small moments had led her here.
The Student Council meeting had just ended. The other members had left chatting, leaving behind a slight mess. A few misplaced papers, a chair moved, a pen forgotten on the desk. Nothing shocking. Just enough for Machi to breathe normally.
She remained seated, hands on her knees. She had not noticed that Yuki hadn’t left.
“Machi ?”
She looked up. He was standing near the door, hesitant. As if he was not sure he had the right to stay.
“Are… are you okay ?”
She nodded. She wanted to answer more clearly, but the words would not come. With Yuki, it was always like that. She wanted to speak, but her body betrayed her. Yet he never seemed to mind.
He approached slowly, as if not to frighten her. Machi felt something inside her loosen.
“I wanted to tell you something,” Yuki murmured.
He stopped a step away from her. His hands were trembling slightly. Machi noticed, and her heart tightened. He was nervous. For her.
“For a while now… I’ve been feeling… different, when I’m with you.”
He looked away, as if afraid to meet her eyes.
“I don’t really know what it is. I’m not very good at understanding these things. But… when I see you, I feel like… everything becomes a little easier.”
Machi felt her cheeks warm. She lowered her head, but this time, it was not to hide. It was to hold back the tears threatening to rise.
Yuki took a deep breath.
“I don’t want to make you uncomfortable. I just wanted you to know.”
He took a step back, ready to leave. As if he thought he had already said too much. Machi reached out her hand. A tiny gesture. Almost invisible. But Yuki stopped immediately. She gently grasped the fabric of his sleeve. Not to hold him back by force. Just to say : stay.
She finally lifted her eyes. Her lips trembled, but she managed to whisper :
“Me too… I feel… like that.”
Yuki’s eyes widened. He had not expected an answer. Even less a direct one, coming from her.
He sat beside her, slowly, as if the slightest movement could break something precious. Silence settled. But it was not an empty silence. It was a silence that said everything they could not put into words.
Their hands brushed. Not by accident this time. A light, hesitant, but intentional touch. Machi felt her heart race, but it wasn not unpleasant. Yuki felt his chest tighten, but in a soft, almost soothing way.
It was not love at first sight. It was better than that.
It was two people who, without noise, without fanfare, had finally found each other.
The end
Michael Jackson
Michael Jackson - Smooth Criminal
Jem and the Holograms
Roger Federer
Rafael Nadal
Novak Djokovic
Here is a paint‑by‑numbers piece I completed.
Frankie Muniz
La mélodie d’un hasard
Fandom : Naruto
Relationship : Sasuke x Sakura
J’espère que mon texte vous plaira.
Résumé : Sakura Haruno, star mondiale de la musique, ne s’attendait pas à tomber en panne au milieu de nulle part. Encore moins à trouver, dans une petite auberge tranquille de Konoha, un homme qui ne la reconnaît pas.
Sasuke Uchiha, avocat rationnel et farouchement attaché à sa tranquillité, voit sa routine bouleversée par cette inconnue aux cheveux roses. Il ne sait rien de sa célébrité, rien de ses concerts, rien de ses millions de fans.
Et pour la première fois depuis longtemps, Sakura peut respirer.
Dans le calme loin des projecteurs, une parenthèse inattendue naît entre eux.
Disclaimer : Naruto appartient à Masashi Kishimoto.
AO3
Sakura enleva son costume de scène et enfila quelque chose de plus confortable. Elle venait de terminer son concert dans le plus grand stade de la capitale. La musique, les projecteurs, les cris des fans… Tout ceci faisait partie de son quotidien. Elle ne s’en plaignait pas, elle adorait ce qu’elle faisait et elle avait travaillé tellement dur pour arriver là où elle en était. Mais parfois, quand la fatigue devenait trop grande, elle rêvait d’une journée où personne ne la reconnaîtrait.
On frappa à la porte. Sakura prit son sac et ouvrit. Elle savait que c’était le moment de quitter sa loge pour rejoindre son équipe dans le bus de tournée et se rendre à la prochaine ville. Comme prévu, un agent de sécurité se tenait derrière la porte.
« La voiture vous attend, mademoiselle Haruno.
-La voiture ? Je dois rejoindre le bus. »
L’agent fronça les sourcils et consulta son téléphone.
« On m’a signalé un changement de programme. Je dois vous accompagner jusqu’à la voiture qui vous attend. »
Sakura l’imita et regarda son propre téléphone. Personne ne l’avait prévenue d’un quelconque changement. Elle fronça les sourcils lorsqu’elle vit un message d’Ino, sa meilleure amie et manageuse. Elles se connaissaient depuis le collège. Tandis que Sakura rêvait de monter sur scène et de chanter, Ino rêvait de devenir une femme d’affaires. Alors, lorsque Sakura s’était lancée dans la musique, elle était devenue la première artiste d’Ino et elle savait que si elle était arrivée aussi loin, c’était en grande partie grâce à elle.
Elle ouvrit le message :
« Tu as été invitée pour une interview à l’émission Good Morning Hits. Une voiture t’attend. Tu rejoindras ensuite le reste de l’équipe pour le prochain concert. »
Good Morning Hits était l’émission musicale matinale la plus regardée du pays. S’ils l’avaient invitée, il était hors de question de refuser. Tant pis pour ses heures de repos dans le bus. Le travail passait avant tout.
Elle rangea son téléphone et suivit l’agent de sécurité. Ils arrivèrent à l’arrière du stade et sortirent. Une voiture noire aux vitres teintées les attendait dans un endroit discret. Elle remercia l’agent et monta. La route la berça. Elle était tellement épuisée qu’elle finit par s’endormir. Après tout, elle n’arriverait sur le plateau de l’émission que dans plusieurs heures.
******
Sakura se réveilla lorsque la voiture freina brusquement. Elle regarda par la vitre. Il faisait nuit et ils étaient arrêtés sur la route déserte. Elle entendit le chauffeur grommeler.
« Il y a un problème ? Demanda-t-elle.
-Je suis désolé, mademoiselle Haruno. Il y a un souci avec la voiture. »
Il sortit et ouvrit le capot. Un nuage de fumée blanche s’en échappa. Sakura commença à s’inquiéter. Le moindre retard risquait de lui faire rater l’interview. Le chauffeur revint, son téléphone collé à l’oreille.
« Très bien. Merci. »
Il raccrocha et se tourna vers elle.
« La dépanneuse ne viendra que dans deux heures. J’ai vu qu’on n’était pas loin d’une ville. J’ai averti mademoiselle Yamanaka. Elle va vous réserver une chambre à l’hôtel si ça vous convient. Par contre, il y a un peu de marche.
-Ne vous inquiétez pas. Ça ira. »
Deux heures, pensa-t-elle. Comment allait-elle faire ? Il fallait qu’elle contacte Ino pour organiser la suite. Ils marchèrent environ une demi‑heure avant d’arriver dans une petite ville nommée Konoha, qui, d’après la pancarte, comptait à peine cinq mille habitants.
Ce n’était pas le genre d’endroit dont Sakura avait l’habitude. Elle était née et avait grandi à Tokyo. Les concerts et les émissions se déroulaient toujours dans de grandes villes. Sur la route, ils traversaient parfois des petites villes, mais ne s’y arrêtaient jamais.
Ils arrivèrent à l’hôtel, qui ressemblait plutôt à une petite auberge. Sur la pancarte de l’entrée était inscrit : Auberge de la Libellule. Ils entrèrent. Sakura regarda autour d’elle. L’intérieur s’ouvrait comme une parenthèse chaleureuse, un refuge où chaque détail semblait choisi pour apaiser le voyageur. Dès le seuil franchi, une vague de chaleur douce les enveloppa. La lumière, tamisée par des abat‑jour couleur miel, dessinait des halos dorés sur les murs.
Le sol en parquet, légèrement irrégulier, craquait sous les pas. Des tapis ponctuaient l’espace, apportant des touches de rouge, de bleu et de vert. À droite, un comptoir en bois clair, patiné par les années, accueillait un vase débordant de fleurs sauvages et un vieux registre aux écritures variées.
Plus loin, Sakura remarqua un petit salon. Deux fauteuils moelleux, recouverts de tissus fleuris, entouraient une table basse où reposaient quelques magazines. Une cheminée en pierre laissait danser une flamme. Elle écarquilla les yeux en apercevant un piano.
Un couple les accueillit. L’homme avait des yeux noirs et de longs cheveux lisses qui retombaient en mèches disciplinées autour de son visage calme. Il dégageait une présence tranquille, presque apaisante. La femme, douce et chaleureuse, avait de grands yeux bruns expressifs et des cheveux sombres légèrement ondulés.
« Enchantée, mademoiselle Haruno. Je suis Izumi, et voici mon mari Itachi. »
Un immense sourire illumina le visage d’Izumi. Sakura connaissait cette expression par cœur. Elle voyait bien qu’Izumi se retenait de lui demander un selfie. Mais Sakura ne lui en voulait pas. C’était ce qu’elle provoquait chez les gens qu’elle rencontrait. Il n’y avait jamais rien de méchant. Itachi, lui, lui souriait avec bienveillance.
« Nous avons préparé vos chambres, continua Izumi. Si vous voulez bien me suivre.
-Je retourne à la voiture attendre la dépanneuse, dit le chauffeur, Kenji, comme Sakura l’avait appris. Est‑ce que tout ira bien ? »
Sakura acquiesça et le remercia. Il sortit et elle suivit Izumi à l’étage. L’endroit était petit mais chaleureux. On sentait tout de suite une ambiance familiale.
« Nous avons été surpris quand votre manageuse nous a appelés. C’est la première fois que nous recevons une célébrité. »
Izumi se racla la gorge, sentant qu’elle était en train de s’emballer et redevint tout de suite professionnelle.
« Vous serez tranquille ici. C’est la basse saison, nous n’avons pas beaucoup de clients. À part quelques retraités qui viennent pour se ressourcer quelques jours. »
Elles s’arrêtèrent devant une porte en bois. Izumi l’ouvrit.
« Voici votre chambre. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, dites‑le‑nous.
-Merci. »
Izumi s’en alla et Sakura entra dans la chambre. Ça n’avait absolument rien à voir avec les hôtel de luxe auxquels elle était habituée. La chambre dégageait une chaleur douce. Les murs, peints dans un beige crème, étaient décorés de petites aquarelles représentant des paysages. Le lit, large et moelleux, était recouvert d’une courtepointe patchwork aux couleurs douces.
Une commode en bois clair, un peu ancienne mais parfaitement entretenue, occupait le mur opposé. Sur son plateau repose une lampe à abat-jour fleuri qui diffuse une lumière dorée. Dans un coin, un fauteuil rembourré et une petite bibliothèque murale complétaient l’ensemble.
Sakura s’assit sur le lit et regarda son téléphone. Ino lui avait laissé des dizaines de messages, promettant de tout faire pour qu’on vienne la chercher, lui assurant qu’elle ferait l’émission.
Sakura soupira. Ino était la meilleure des manageuses, mais certaines choses échappaient même à son contrôle. Elle s’allongea et ferma les yeux, sentant la fatigue la submerger.
******
Sakura ouvrit les yeux et sursauta en se retrouvant nez à nez avec une petite fille d’à peine huit ans. Elle se rappela soudain de la panne de voiture et de l’auberge.
« Bonjour, dit Sakura. »
La fillette se mit aussitôt à sautiller, surexcitée.
« Sakura Haruno est chez nous ! »
Elle poussa un cri de joie au moment où la porte s’ouvrit brusquement et où Izumi entra.
«Aiko ! Je t’avais dit de ne pas la déranger. »
Elle attrapa la petite dans ses bras et adressa à Sakura un sourire embarrassé.
« Je suis vraiment désolée. Nous ne vous dérangeons pas plus longtemps. »
Elle disparut aussi vite qu’elle était arrivée, Aiko toujours dans les bras. Sakura regarda l’heure sur son téléphone. Six heures du matin. Elle grogna. L’émission était une matinale et l’interview devait avoir lieu dans deux heures. C’était beaucoup trop tard.
Son téléphone sonna. Le nom d’Ino s’afficha. Sakura décrocha aussitôt.
« Bonne nouvelle ! S’exclama Ino. J’ai trouvé une solution.
-Tu m’as déniché un hélicoptère ? Répondit Sakura, sarcastique. »
Elle imagina sans peine Ino lever les yeux au ciel.
« J’ai convaincu la production de faire l’interview en visio. Alors prépare‑toi. Dans moins de deux heures, tu es en direct. »
Elle raccrocha aussitôt. Sakura se leva et commença à se préparer. C’était toujours mieux que rien.
******
Sakura referma l’ordinateur qu’Itachi avait eu la gentillesse de lui prêter. L’interview était terminée et tout s’était déroulé sans accroc. Une heure avant le direct, elle avait croisé Kenji, qui l’avait avertie que la panne était plus grave que prévu. Le garagiste devait commander une pièce, et elle n’arriverait que dans quelques jours.
Elle avait immédiatement appelé Ino.
« Au final, ce n’est pas si grave, lui avait dit celle‑ci. Ton prochain concert est dans une semaine. Profite pour te reposer un peu. L’équipe prendra aussi quelques jours. Et quand la voiture sera réparée, tu les rejoindras. »
Sakura se leva du fauteuil et regarda par la fenêtre. Cela faisait tellement longtemps qu’elle n’avait pas pris de vraies vacances qu’elle ne savait même plus ce que cela faisait de ne pas travailler.
Elle prit l’ordinateur, sortit de la chambre et descendit à l’accueil. Itachi était là.
« Tout s’est bien passé ? Demanda‑t‑il.
-Oui. Et merci encore pour l’ordinateur. »
Elle le lui rendit. Itachi hocha légèrement la tête.
« Mon séjour ici durera quelques jours de plus, dit-elle. La voiture ne sera pas réparée avant un moment. »
Itachi ne sembla ni surpris ni gêné. Il posa simplement l’ordinateur derrière le comptoir, puis releva les yeux vers elle.
« Nous ferons en sorte que vous soyez à l’aise, répondit-il calmement. Vous avez l’air d’avoir besoin de repos. »
Sakura eut un petit rire fatigué.
« Ça se voit tant que ça ?
-Un peu. »
Son ton n’était ni moqueur ni intrusif. Juste honnête. Elle détourna le regard vers la fenêtre. La lumière douce du matin filtrait à travers les rideaux. Rien à voir avec les néons agressifs des coulisses ou les projecteurs brûlants des scènes.
« Je ne sais pas trop quoi faire de moi-même, avoua-t-elle. Je n’ai pas eu de vraie pause depuis longtemps. »
Itachi croisa les bras, pensif.
« Konoha est petite, mais agréable. Il y a un sentier derrière l’auberge, si vous aimez marcher. Et Izumi prépare toujours quelque chose de bon pour le petit-déjeuner. »
Sakura sourit malgré elle. Elle sentit une chaleur étrange lui monter au cœur. Peut-être la fatigue. Peut-être le soulagement d’être enfin dans un endroit où personne ne lui demandait rien.
« Merci, Itachi. Pour tout. »
Il inclina légèrement la tête.
« Si vous avez besoin de quoi que ce soit, je suis là. »
Sakura hocha la tête, puis remonta lentement les escaliers, laissant derrière elle l’odeur du bois chaud et le calme rassurant de l’auberge.
Pour la première fois depuis longtemps, elle se dit qu’une pause ne serait peut-être pas une si mauvaise chose.
******
Après une balade sur le sentier et le petit-déjeuné copieux qu’Izumi avait préparé, Sakura avait décidé de s’aventurer en ville, parée de ses lunettes de soleil qui lui couvrait la moitié du visage et d’une casquette. Elle aurait pu être ridicule, mais heureusement que cette journée de printemps était chaude et ensoleillée et que d’autres personnes portaient des lunettes et des casquettes.
Konoha était vraiment une petite ville. Le genre qui se visite en une heure et où tout le monde semble connaître tout le monde. Cette tranquillité lui rappelait les décors de certaines séries. Ces villes qui semblaient hors du temps où chaque personnage finit par trouver son bonheur.
Elle s’arrêta pour prendre un café dans le seul coffee-shop de la ville. Elle avait hésité à entrer, de peur d’être reconnue. Seul le serveur lui fit une remarque :
« Vous ressemblez à la chanteuse Sakura Haruno. »
Puis il avait ri, persuadé d’avoir affaire à un simple sosie qui était de passage en ville. Sakura commanda un latte et ressortit. Elle flâna dans les rues, observant les vitrines. Elle souriait. Cela faisait si longtemps qu’elle n’avait pas pris le temps de simplement vivre.
Elle s’arrêta devant une bijouterie, admirant les bijoux derrière la vitre. Lorsqu’elle se retourna pour reprendre son chemin, elle percuta quelqu’un. Son latte se renversa sur sa chemise. Elle leva les yeux vers cette personne.
L’homme était grand. Bien plus qu’elle. Et son ombre couvrait presque la lumière du soleil derrière lui. Il portait un costume sombre parfaitement taillé. Le tissu, d’un bleu nuit presque noir, épousait ses épaules larges et sa taille fine avec une précision impeccable.
Sakura sentit son cœur rater un battement.
L’homme avait des traits d’une netteté presque irréelle : une mâchoire ciselée, des pommettes hautes, un nez droit. Ses cheveux noirs, légèrement plus longs que la moyenne, retombaient en mèches disciplinées sur son front, comme s’ils avaient été coiffés sans effort mais avec une précision calculée. Une mèche rebelle effleurait sa tempe.
Mais ce furent surtout ses yeux qui la figèrent. Des yeux noirs, profonds, d’une incroyable intensité.
Il baissa les yeux vers sa chemise tachée, puis vers le gobelet écrasé dans la main de Sakura. Elle retira ses lunettes, embarrassée. L’homme, lui, semblait extrêmement agacé.
« Vous ne pouviez pas faire attention !
-Je suis désolée ! Je ne vous ai pas vu. »
Il essuya sa chemise avec un mouchoir, ce qui ne fit qu’empirer la tache.
« Si vous ne portiez pas ces énormes lunettes de soleil, vous auriez peut‑être vu où vous alliez. »
Sakura écarquilla les yeux. Elle savait qu’elle était en tort, mais ce n’était pas une raison pour être aussi désagréable. Elle ravala sa fierté. Ce n’était pas le moment de faire un scandale. Quelques passants commençaient à les observer.
« Laissez‑moi au moins vous aider, proposa‑t‑elle.
-Pas la peine. Vous avez fait assez de dégâts comme ça. »
Il tourna les talons et s’éloigna sans un regard. Sakura remit aussitôt ses lunettes pour éviter d’être reconnue. Puis elle se figea. Cet homme l’avait vue sans ses lunettes et pourtant, il ne l’avait pas reconnue.
******
Sakura retourna directement à l’auberge pour se changer. À part ce petit incident, sa sortie avait été plutôt calme. Elle poussa la porte de l’auberge et se retrouva nez à nez avec—
« Est‑ce que vous me suivez ? »
Sakura fronça les sourcils. L’homme du café se tenait devant elle. Sa chemise était propre cette fois.
« C’est plutôt vous qui me suivez, répondit‑elle en croisant les bras. »
Elle se mit immédiatement sur la défensive. Peut‑être l’avait‑il reconnue finalement. Peut‑être était‑il un de ces fans obsessionnels qui persécutaient les stars et qui lors d’un moment de folie essayaient de les tuer. Elle avait déjà eu des fans qui avaient un comportement limite, mais elle avait toute une équipe pour la protéger. Mais là…
Elle jeta un coup d’œil vers l’accueil. Itachi n’était pas là et elle ignorait où se trouvait Kenji.
L’homme lui adressa un sourire gêné.
« Je voulais m’excuser pour tout à l’heure. J’avais passé une très mauvaise journée et j’ai passé mes nerfs sur vous. »
Sakura vit dans son regard qu’il était sincère.
« Ce n’est rien. Oublions ça.
-Je m’appelle Sasuke Uchiha. »
Il lui tendit la main. Sakura écarquilla les yeux. Il avait bien dit Uchiha ?
« Uchiha ? Comme…
-Itachi est mon frère. Et vous êtes ? »
Sakura se ressaisit et lui serra la main. Elle sentit un minuscule choc remonter le long de son bras au moment où leurs mains se touchèrent. Elle oublia de respirer pendant une seconde. Sa paume se referma autour de celle de Sasuke avec un léger décalage, comme si son corps hésitait entre fuir et rester. La chaleur de sa main la surprit. Elle n’aurait pas su dire pourquoi, mais elle s’attendait à quelque chose de froid et distant, à l’image de son attitude de tout à l’heure. Elle sentit sa propre main devenir moite. Génial, pensa-t-elle. Elle pria pour qu’il ne le remarque pas.
Son cœur, lui, avait décidé de battre un peu trop vite, un peu trop fort. Elle espérait que ça ne s’entendait pas dans sa voix, ni dans la manière dont ses doigts tremblaient légèrement. Quand elle releva les yeux, elle croisa son regard. Et ce fut pire. Les yeux noirs de Sasuke, calmes et profonds, la fixaient avec une attention qui la déstabilisa complètement.
Sakura rougit. Elle détourna les yeux une fraction de seconde, puis revint vers lui, incapable de faire autrement. Elle retira sa main un peu trop vite, comme si elle venait de se rendre compte qu’elle la tenait depuis trop longtemps.
« Sakura, dit-elle, la voix légèrement plus basse qu’elle ne l’aurait voulu. »
Elle se racla discrètement la gorge, essayant de reprendre contenance. Mais au fond d’elle, une pensée s’imposa. Pourquoi ce simple contact avait-il eu autant d’effet sur elle ? Elle hésita une seconde avant de continuer.
« Haruno. »
Aucune réaction. Pas même un battement de cil. Comme si elle venait de lui donner un nom parfaitement banal, sans la moindre résonance.
« Enchanté, dit-il simplement. Si vous voulez bien m’excuser, je dois partir. »
Il inclina légèrement la tête, un geste poli mais distant, puis se dirigea vers la sortie. La porte se referma derrière lui dans un léger claquement. Sakura resta immobile, les yeux fixés sur le battant. Rien. Pas un regard surpris, pas un froncement de sourcils, pas même cette micro-seconde de reconnaissance qu’elle voyait d’habitude chez les gens quand elle donnait son nom.
Soit cet homme était un acteur de génie, soit il n’avait vraiment aucune idée de qui elle était.
Et étrangement, c’était cette deuxième option qui la troubla le plus.
******
Sasuke arriva juste à temps lorsque la sonnerie de l’école primaire retentit. Itachi et Izumi n’avaient pas pu aller chercher Aiko et il s’était proposé. Sasuke n’avait jamais été très à l’aise avec les enfants. Même avec ceux de son meilleur ami, Naruto. La seule qu’il supportait vraiment, et qu’il aimait sincèrement, c’était sa nièce.
Il la vit accourir vers lui au milieu de la foule d’élèves.
« Tonton Sasuke ! »
Elle lui sauta dans les bras, comme à chaque fois qu’elle le voyait.
« Je suis trop contente que ce soit toi qui sois venu me chercher ! »
Il lui prit la main et tous deux prirent le chemin de l’auberge.
« Tu as vu Sakura ? »
Les yeux d’Aiko s’illuminèrent aussitôt.
« Oui ! Je l’ai rencontrée ! »
Sasuke grimaça en repensant à leur première rencontre. Il espérait ne pas avoir fait mauvaise impression à une cliente de l’auberge, ni avoir mis son frère et sa belle‑sœur dans l’embarras.
Cela faisait près d’un an qu’il vivait à Konoha. Il avait ressenti le besoin de s’éloigner de la ville, du grand cabinet d’avocats où il travaillait, et de ses clients richissimes. Itachi l’avait convaincu de venir se ressourcer à l’auberge, malgré le désaccord catégorique de leur père.
Le changement de vie avait été brutal, mais il avait fini par ouvrir un petit cabinet d’avocat en ville. Parfois, certains de ses anciens clients faisaient encore appel à lui. Ce qui expliquait sa mauvaise humeur.
Aiko, elle, continuait de s’extasier sur la nouvelle cliente de l’auberge.
« Elle est trop belle et elle chante trop bien ! »
Sasuke se demanda si cette fille n’avait pas soudoyé sa nièce pour qu’elle l’apprécie autant. Tout le long du chemin, Aiko ne parla que de Sakura.
******
Sakura resta un moment immobile dans le hall, encore troublée par ce qui venait de se passer. Elle inspira profondément, tenta de calmer son cœur qui battait trop vite, puis monta dans sa chambre pour se changer. Une fois seule, elle s’appuya contre la porte, ferma les yeux et laissa échapper un soupir.
Pourquoi cet homme la mettait-il dans cet état ? Elle avait rencontré des centaines de personnes, des artistes, des producteurs, des fans. Mais jamais quelqu’un qui la regardait comme si elle était… normale.
Elle secoua la tête, chassa cette pensée et se changea rapidement avant de redescendre. Elle avait besoin d’air. Et peut-être d’un peu de compagnie. En bas, Izumi était revenue à l’accueil.
« Oh, Sakura ! Vous êtes déjà rentrée ? Votre balade s’est bien passée ? »
Sakura lui sourit.
« Oui, très bien. J’ai juste renversé un café sur quelqu’un. »
Izumi porta une main à sa bouche, étouffant un rire.
« Oh non. J’espère que ce n’était pas trop grave. »
Sakura hésita une seconde.
« C’était… votre beau-frère. »
Izumi se figea, puis éclata de rire.
« Sasuke ? Alors là, vous avez fait fort. Il déteste les taches. Et les imprévus. Et à peu près tout ce qui n’est pas parfaitement sous contrôle. »
Sakura sentit ses joues chauffer.
« Il est venu s’excuser. »
Izumi haussa les sourcils, sincèrement surprise.
« Alors vous lui avez vraiment plu. Sasuke ne s’excuse jamais. »
Sakura ouvrit la bouche, la referma, puis tenta de reprendre contenance.
« Je ne pense pas que… enfin… »
Izumi lui adressa un sourire doux, presque complice.
« Ne vous inquiétez pas. Sasuke est quelqu’un de bien. Un peu raide, parfois. Mais il a un grand cœur. »
Sakura hocha la tête, sans trop savoir quoi répondre. Elle allait remonter dans sa chambre quand la porte de l’auberge s’ouvrit brusquement. Aiko entra en trombe, tenant Sasuke par la main.
« Sakura! »
Elle courut vers elle, laissant Sasuke derrière, légèrement essoufflé d’avoir dû suivre la petite tornade.
« Tu es encore là ! Je voulais te montrer mon dessin ! »
Elle brandit une feuille où Sakura reconnut… elle-même, dessinée avec un micro trop grand pour elle. Elle sourit, touchée.
« Il est magnifique Aiko. »
La petite se tourna vers son oncle.
« Tonton Sasuke, regarde ! C’est Sakura ! »
Sasuke jeta un coup d’œil au dessin, puis à Sakura. Son expression resta neutre, mais elle remarqua un léger mouvement de ses lèvres, comme un sourire retenu.
« C’est ressemblant. »
Sakura détourna les yeux et rougit. Izumi intervint :
« Sasuke, tu restes dîner avec nous ? Itachi cuisine ce soir.
-Je… oui. Je peux rester. »
Aiko applaudit, ravie.
« Sakura, tu viens aussi ? Demanda-t-elle avec un regard plein d’espoir. »
Sakura ouvrit la bouche, surprise. Elle n’avait pas été invitée à un dîner familial depuis des années. Elle regarda Izumi, hésitante.
« Si cela ne vous dérange pas… »
Izumi secoua la tête avec un sourire chaleureux.
« Vous êtes ici chez vous. Et puis, Aiko ne nous laissera pas commencer sans vous. »
Aiko hocha vigoureusement la tête. Sakura sentit quelque chose se détendre en elle. Une sensation presque oubliée. Comme si, pour la première fois depuis longtemps, elle avait trouvé un endroit où elle pouvait respirer. Elle croisa le regard de Sasuke. Il ne disait rien. Mais ce simple regard suffit à faire accélérer son cœur.
******
L’odeur du dîner flottait dans toute l’auberge, chaude et réconfortante. Sakura suivit Izumi jusqu’à la petite salle à manger, où une grande table en bois clair avait été dressée. Des assiettes fumantes attendaient déjà, alignés avec soin. Itachi se tenait derrière le comptoir, concentré sur une casserole. Aiko tournait autour de lui comme un petit satellite surexcité.
« Sakura ! Tu viens à côté de moi ! S’exclama la fillette en tirant une chaise. »
Sakura sourit et s’installa. Elle sentit alors une présence derrière elle. Sasuke venait d’entrer, les mains dans les poches, l’air un peu plus détendu que plus tôt. Il salua son frère d’un signe de tête, puis prit place en face d’elle. Leurs regards se croisèrent une seconde avant que Sakura ne détourne les yeux la première.
Itachi arriva et s’assit à sa place.
« C’est une recette de notre mère, expliqua-t-il. Izumi dit que je la fais mieux qu’elle. »
Izumi leva les yeux au ciel.
« Je n’ai jamais dit ça. J’ai dit que tu la faisais différemment. »
Aiko éclata de rire et Sakura aussi. L’ambiance était simple, douce, presque familiale. Elle n’avait pas ressenti ça depuis… elle ne savait même plus quand.
Elle goûta le plat et ferma les yeux une seconde.
« C’est délicieux, murmura-t-elle. »
Itachi inclina légèrement la tête, touché.
« Je suis content que ça vous plaise. »
Sasuke, lui, mangeait en silence. Mais Sakura sentait son regard glisser vers elle par moments. Pas insistant. Pas lourd. Juste curieux. Aiko, elle, parlait sans reprendre son souffle.
« Sakura, tu sais que tonton Sasuke il travaille trop ? Même quand il joue avec moi, il pense à ses dossiers ! »
Sasuke leva un sourcil.
« Je ne pense pas toujours à mes dossiers.
-Si ! Même quand tu fais des puzzles ! »
Izumi rit doucement.
« Elle n’a pas tort. »
Sakura observa Sasuke. Il semblait gêné, mais pas contrarié.
« Et vous, Sakura ? Demanda Izumi. Vous faîtes quoi quand tu veux te détendre ? »
Sakura se figea une demi-seconde. La question était innocente, mais elle n’avait pas l’habitude qu’on lui demande ça sans arrière‑pensée. Elle posa sa fourchette et réfléchit.
« J’aime marcher. Et écouter de la musique. Lire, parfois. Mais je n’ai pas vraiment eu le temps, ces derniers mois.
-Vous devriez en prendre. Du temps, dit Sasuke. »
Sa voix était calme, posée. Mais il y avait quelque chose dans son regard. Une compréhension silencieuse, comme s’il savait ce que c’était, lui aussi, de s’oublier dans le travail. Sakura sentit son cœur se serrer légèrement. Aiko, elle, n’avait rien remarqué.
« Sakura, tu veux voir ma chambre après ? J’ai plein de dessins ! »
Sakura sourit.
« Avec plaisir. »
Izumi posa une main sur l’épaule de sa fille.
« Après le dessert.
-Il y a un dessert ? Demanda Sakura, surprise.
Itachi hocha la tête.
« Un gâteau au thé matcha. Izumi l’a préparé ce matin. »
Sakura sentit une chaleur douce l’envahir. Elle n’était pas une cliente ici. Elle était accueillie, presque comme une amie.
Elle jeta un coup d’œil à Sasuke. Il la regardait.Pas comme une inconnue, ou comme une star, oucomme quelqu’un qu’il jugeait. Juste comme une personne normale. Et c’était peut-être ce qui la déstabilisait le plus.
******
La soirée touchait à sa fin. Aiko avait fini par s’endormir sur les genoux d’Izumi et Itachi l’avait portée à l’étage. L’auberge s’était vidée peu à peu de ses bruits, ne laissant que le crépitement discret de la cheminée.
Sakura, incapable de trouver le sommeil, errait dans le hall plongé dans une lumière tamisée. Son regard se posa sur le piano. Le même qu’elle avait remarqué en arrivant.
Elle hésita. Puis s’assit. Ses doigts glissèrent sur les touches. Elle joua quelques notes, timides d’abord, puis plus assurées. Une mélodie douce, presque nostalgique, emplit la pièce. Elle ne remarqua pas tout de suite la silhouette appuyée contre l’encadrement de la porte. Sasuke. Il ne disait rien. Il l’écoutait. Quand elle s’arrêta, il s’avança.
« Vous jouez bien. »
Sakura sursauta légèrement.
« Je ne vous avais pas entendu arriver.
- Je ne voulais pas interrompre. »
Il s’assit sur la chaise en face du piano, les bras croisés, l’air pensif.
« Vous jouez souvent ? Demanda-t-il. »
Sakura haussa les épaules.
« Quand j’ai le temps. Et quand j’en ai besoin. »
Sasuke hocha la tête, comme s’il comprenait parfaitement. Un silence s’installa entre eux. Puis Sakura le brisa, presque hésitante.
« Je… je chante aussi. »
Elle ne savait pas pourquoi elle avait dit ça. Peut-être parce qu’il ne la regardait pas comme les autres. Ou peut-être parce qu’il ne savait rien d’elle. Sasuke leva un sourcil.
« Vous chantez ? Professionnellement ? »
Elle hésita une seconde.
« Oui. »
Il hocha la tête, sans la moindre étincelle de reconnaissance.
« Je vois. »
Puis il ajouta, d’un ton neutre :
« Je ne connais pas vraiment les musiques actuelles. »
Sakura sentit son cœur se serrer. Elle tenta un sourire.
« Ah… d’accord. »
Mais Sasuke continua, sans se douter une seule seconde de ce qu’il était en train de dire.
« Ce n’est pas contre vous. C’est juste que… la musique populaire d’aujourd’hui, je trouve ça assez superficiel. »
Sakura sentit le coup, mais elle garda le sourire. Comme toujours quand quelqu’un critiquait ce qu’elle faisait. Elle était habituée. Certaines personnes, professionnelles ou non, aimait s’en prendre à elle. Mais cette fois, c’était différent. Comme si ce qu’il pensait vraiment d’elle était important.
« Superficiel ?
-Oui. Elles chantent toutes la même chose. L’amour, les ruptures, les paillettes… C’est formaté. Sans âme. »
Il parlait calmement, sans mépris. Juste avec une honnêteté brute.
« Pour moi, la vraie musique, c’est le classique. Le jazz. Quelque chose qui raconte vraiment quelque chose. »
Sakura baissa les yeux vers les touches du piano. Elle sentit une brûlure dans sa poitrine.
« Je comprends, dit-elle doucement. »
Sasuke la regarda. Longuement. Comme s’il avait compris l’impact de ses mots.
« Je vous ai blessée. »
Ce n’était pas une question. C’était une constatation. Sakura releva la tête, forcée de sourire.
« Non, pas du tout. Vous avez le droit d’avoir vos goûts. »
Mais ses yeux la trahissaient. Une ombre, fine mais réelle, traversait son regard. Sasuke se redressa légèrement, surpris par ce qu’il voyait.
« Ce n’est pas ce que je voulais. »
Sakura secoua la tête.
« Ce n’est rien. Je suis juste… fatiguée. »
Il ne répondit pas. Il la regarda encore, comme s’il essayait de comprendre quelque chose qu’il n’arrivait pas à saisir. Puis, doucement :
« Vous chantez quel genre de musique ? »
Elle hésita. Puis, répondit dans un souffle :
« Le genre que vous trouvez superficiel, je suppose. »
Sasuke ouvrit la bouche, puis la referma. Pour la première fois depuis qu’elle l’avait rencontré, il sembla réellement déstabilisé.
« Je… je suis désolé. »
Sakura sourit. Un sourire fragile. Un sourire qui disait je suis habituée.
« Ce n’est rien, Sasuke. Vraiment. »
Elle posa ses doigts sur les touches et joua une autre mélodie. Plus triste. Sasuke l’écouta, sans un mot. Et cette fois, il comprit que ce qu’elle jouait n’avait rien de superficiel.
******
Le soleil filtrait à travers les rideaux de la petite chambre lorsque Sakura ouvrit les yeux. Elle avait dormi d’un sommeil lourd, presque réparateur. Mais la scène de la veille lui revint aussitôt. Le piano, Sasuke, ses mots et la blessure qu’elle avait tenté de cacher. Elle soupira, se leva, et descendit à l’accueil.
Itachi était là, comme toujours, déjà en train de préparer du café. Izumi rangeait quelques papiers. Aiko dessinait sur une table basse.
Mais Sasuke n’était pas là. Elle les salua et sortit dehors. Sasuke était là, assis sur le petit banc près de l’entrée. Il se leva en la voyant approcher.
« Sakura. »
Elle s’arrêta, surprise par la douceur de son ton.
« Bonjour, Sasuke. »
Il inspira profondément, comme s’il se préparait à quelque chose.
« Je voulais m’excuser. Pour hier soir. »
Elle secoua la tête.
« Ce n’est pas grave.
-Si. Ça l’est. »
Il s’approcha d’un pas, sans jamais franchir la limite de son espace.
« Je n’aurais pas dû parler comme ça. Je ne savais pas que ça comptait autant pour vous. »
Sakura baissa les yeux.
« Je suis habituée. Les gens ont souvent des avis très tranchés. »
-Ce n’est pas une excuse. »
Il marqua une pause.
« Je ne voulais pas vous blesser. »
Elle releva les yeux. Il avait l’air sincère. Vraiment sincère.
« Merci, Sasuke. »
Un silence doux s’installa entre eux. Puis il ajouta, un peu maladroit :
« Vous… vous avez quelque chose de prévu aujourd’hui ? »
Sakura cligna des yeux, ne s’attendant pas à cette demande.
« Euh… non. Pas vraiment.
-Je dois aller en ville. Pour quelques courses. Et si ça vous dit… vous pourriez m’accompagner. »
Il détourna légèrement le regard, comme s’il n’était pas habitué à proposer ce genre de choses. Sakura sentit un sourire lui échapper.
« D’accord. »
******
Ils partirent à pied, le soleil encore bas dans le ciel. Konoha s’éveillait lentement. Quelques boutiques ouvraient, des volets claquaient, des oiseaux chantaient. Sasuke marchait à côté de Sakura, les mains dans les poches, l’air plus détendu que la veille.
Toujours prête à toute éventualité, Sakura sortit de son sac ses lunettes de soleil et sa casquette. Elle voyait bien les regards étonnés que lui lançait Sasuke. Elle lui dit la première chose qui lui vint à l’esprit, tandis qu’elle cachait ses cheveux roses sous la casquette.
« Ma peau est extrêmement sensible au soleil. »
Sasuke acquiesça, les sourcils légèrement froncés. Sakura eut envie de se gifler. Quelle idiote, pensa‑t‑elle. Comme si elle ne pouvait pas trouver mieux comme excuse. Mais il fut assez délicat pour ne pas relever.
Il l’emmena visiter le Konoha qu’il avait appris à connaître et à aimer depuis l’année qu’il vivait ici : la librairie où il passait trop de temps, le café où il commandait toujours la même chose, le marché du centre‑ville où il connaissait déjà quelques vendeurs. Sakura remarqua qu’il ralentissait parfois pour marcher à son rythme, ou qu’il se tournait vers elle pour vérifier qu’elle suivait. Des gestes minuscules, mais qui la touchaient plus qu’elle ne voulait l’admettre.
« C’est un endroit vraiment calme, déclara-t-elle. Ça change de ce à quoi je suis habitué. »
Il hocha la tête, comme s’il comprenait parfaitement ce que cela signifiait. Il l’emmena ensuite dans le seul magasin de musique de la ville. Sakura ne s’était pas amusée ainsi depuis longtemps. Ces petites choses simples, partagées avec quelqu’un qu’on apprenait à connaître et qu’on commençait à apprécier, avaient un goût inattendu de liberté.
******
Sur le chemin du retour, Sakura sentit quelque chose changer. Une proximité nouvelle. Un fil invisible entre eux. Arrivés devant l’auberge, Sasuke s’arrêta.
« Merci d’être venue. »
-Merci de m’avoir invitée.
Il hésita. Puis dit, d’une voix plus basse :
« J’aimerais que vous me montriez ce que vous chantez. Un jour. Si vous voulez. »
Sakura sentit son cœur se serrer. Il n’y avait pas de jugement, pas de mépris. Juste de la curiosité.
« D’accord. »
Sasuke hocha la tête, satisfait.
« Alors à plus tard. »
Il entra dans l’auberge. Sakura resta dehors un moment, le cœur battant. Pour la première fois depuis longtemps, elle avait passé une journée entière sans masque, sans rôle, sans devoir être quelqu’un. Juste elle.
Et Sasuke Uchiha ne s’en était même pas rendu compte.
******
Les jours qui suivirent prirent des allures de routine douce pour Sakura. Elle passait la plupart de son temps avec les membres de la famille Uchiha, surtout avec Sasuke. Elle vivait dans une petite bulle dont elle espérait qu’elle n’éclaterait jamais.
Mais malheureusement, elle fut ramenée à la réalité lorsque Kenji lui annonça que la voiture était prête.
« La voiture est réparée. Nous pouvons partir demain matin. Vous serez à temps pour votre prochain concert. »
Sakura avait simplement souri et l’avait remercié. Demain, pensa‑t‑elle tristement. Tout sera terminé.
******
Sasuke passa à côté du petit salon où il entendait une mélodie au piano. Il s’arrêta et observa la scène devant lui. Sakura était assise au piano, tandis qu’Aiko chantait à tue‑tête et dansait avec enthousiasme.
Aiko avait toujours été de nature enjouée et sociable, mais c’était la première fois qu’elle s’attachait autant à une inconnue. Même s’il était vrai que Sakura était charmante et amusante. Il sourit en repensant aux moments qu’ils avaient passés ensemble.
« Elles sont adorables toutes les deux. »
Sasuke sursauta légèrement. Izumi venait d’arriver à ses côtés sans qu’il ne l’entende.
« Aiko l’apprécie beaucoup, dit‑il. »
Elle n’est pas la seule, pensa‑t‑il.
« C’est surtout sa fan numéro un, ajouta Izumi en riant doucement.
-Sa fan numéro un ? répéta Sasuke, les sourcils froncés. »
Izumi le fixa, stupéfaite.
« Tu ne sais toujours pas qui elle est ? »
Devant son air perdu, elle leva les yeux au ciel.
« Est‑ce que tu as déjà regardé les murs de la chambre de ta nièce ? »
Qu’est‑ce que ça avait à voir avec Sakura ? Tout ce qu’il y avait sur les murs d’Aiko, c’étaient des posters de bébés animaux et de chanteuses pop à la mode, sans intérêt, qui chantaient toutes la même chose.
« C’est Sakura Haruno ! »
Il resta immobile. Elle avait prononcé son nom comme si c’était une évidence.
« La chanteuse la plus connue de ces dix dernières années. Elle est célèbre dans le monde entier. »
Il cligna des yeux, abasourdi.
« Si elle est si connue que ça, qu’est‑ce qu’elle fait ici ? »
Izumi savait qu’il ne cherchait pas à la vexer, mais elle se mordit l’intérieur de la joue pour ne pas répondre trop sèchement.
« Sa voiture est tombée en panne et elle a décidé de passer quelques jours au calme avant de reprendre ses concerts. »
Sasuke écarquilla les yeux et reporta son attention sur Sakura. Jamais il n’aurait imaginé qu’elle était une chanteuse mondialement connue. Bien sûr, elle lui avait semblé un peu étrange, mais maintenant il comprenait pourquoi. Elle ne ressemblait en rien à l’image qu’il se faisait des chanteuses pop. Écervelées, superficielles, chantant des chansons d’amour sans intérêt.
Il repensa à leur conversation autour du piano. Même s’il s’était excusé et qu’elle avait accepté ses excuses, il comprenait encore mieux pourquoi ses mots l’avaient blessée.
******
Sasuke passa devant la chambre d’Aiko, dont la porte était entrouverte. Il entra et regarda pour la première fois les posters accrochés aux murs. La plupart représentaient Sakura. Il y avait même une étagère remplie de goodies à son effigie. Toutes ces choses ne l’avaient jamais intéressé, et maintenant il se sentait stupide de ne pas y avoir prêté attention. Stupide de ne pas avoir vu ce qui était sous ses yeux depuis le début.
« On dirait que j’ai été découverte. »
Il se retourna. Sakura se tenait dans l’embrasure de la porte, un sourire timide aux lèvres. Elle se tortillait les mains, gênée. Sasuke se passa la main dans les cheveux, tout aussi mal à l’aise.
« Encore une fois, je suis désolé pour ce que j’ai dit l’autre jour. J’étais rempli de préjugés. Je ne voulais pas vous blesser. »
Une question le taraudait depuis qu’il connaissait la vérité.
« Pourquoi n’avoir rien dit ? »
Sakura entra dans la chambre et s’assit sur le lit. Sasuke s’installa à côté d’elle, laissant un espace respectueux. Elle inspira profondément.
« Parce que c’était la première fois que quelqu’un ne me reconnaissait pas. C’était inimaginable pour moi et ça m’a fait tellement de bien. Je pouvais être moi‑même, sans faire attention à tout ce que je faisais ou disais, de peur que ça finisse sur les réseaux sociaux. »
Sasuke l’écouta en silence. Derrière le glamour et les paillettes se cachait une jeune femme qui voulait vivre simplement, être aimée pour ce qu’elle était, et non pour la star qu’elle était devenue. Elle le touchait plus qu’il ne l’aurait imaginé. En quelques jours seulement, elle chamboulait déjà sa vie et sa vision des choses.
Il posa délicatement sa main sur la sienne. À sa grande surprise, Sakura ne la retira pas et entrelaça ses doigts avec les siens.
« Quand est‑ce que tu pars ? Demanda‑t‑il doucement. »
Le tutoiement lui échappa, mais il ne le regretta pas. Il avait l’impression qu’une certaine intimité s’installait entre eux.
« Demain matin, très tôt. Les concerts reprennent demain soir. »
Sasuke acquiesça. Elle allait disparaître de sa vie aussi vite qu’elle y était entrée. Sakura s’avança et posa délicatement ses lèvres sur sa joue.
« Merci. À toi et à ta famille de m’avoir offert cette parenthèse. »
Elle se leva et sortit de la chambre. Sasuke resta un instant immobile, puis la suivit dans le couloir. Elle allait entrer dans sa chambre lorsqu’il l’appela doucement :
« Sakura. »
Elle se retourna et ils se regardèrent. Longtemps. Sans un mot. Il leva une main et effleura sa joue, un geste hésitant mais sincère. Elle ferma les yeux une seconde, comme pour retenir ce moment. Puis elle murmura :
« Bonne nuit, Sasuke. »
Elle entra dans sa chambre et referma la porte.
Quand Sasuke passa devant sa porte au petit matin, la chambre était vide. Elle était partie. Il resta un long moment dans le couloir, les mains dans les poches, le regard perdu. Elle disait qu’il lui avait offert une parenthèse. Mais elle aussi lui en avait offert une.
Une parenthèse qu’il n’était pas prêt d’oublier.
******
Une semaine s’était écoulée. Aiko écoutait le dernier album de Sakura en boucle et regardait des vidéos de ses concerts, fascinée.
Pour la première fois, Sasuke écouta ses chansons. Il comprit alors qu’il n’était pas étonnant qu’elle soit devenue la chanteuse numéro un. En temps normal, il aurait vite oublié leur rencontre et serait passé à autre chose. Mais Sakura restait dans son esprit. Il n’arrivait pas à oublier son sourire, sa douceur, la façon dont elle avait bouleversé son quotidien. C’était comme si elle avait gravé son empreinte dans son cœur.
Quel idiot, se maudit‑il. Il était tombé amoureux d’une femme qu’il ne reverrait peut‑être jamais.
******
Sasuke poussa la porte de l’auberge en soupirant, desserrant sa cravate. Sa journée de travail lui avait semblé interminable, et il était soulagé qu’elle soit enfin terminée.
Il passa devant le salon quand Aiko l’appela. Il fronça les sourcils en voyant Itachi et Izumi assis avec elle. Ils l’attendaient clairement. Il espéra qu’il ne s’agissait pas d’une énième « réunion de famille » dont Itachi avait le secret. Il en organisait pour tout et n’importe quoi, et Sasuke n’était pas d’humeur.
Aiko lui prit la main et le fit s’asseoir sur le canapé. Elle s’installa à côté de lui, les yeux pétillants d’impatience.
« Qu’est‑ce qu’il se passe ? Demanda‑t‑il avec prudence.
-Réunion de famille, annonça Itachi.. »
Sasuke leva les yeux au ciel. Il en était sûr. Izumi rit doucement, devinant sa pensée.
« Ne t’inquiète pas. Je suis certaine que celle‑ci te plaira. »
Je ne parierais pas là‑dessus, pensa‑t‑il. Itachi lui tendit une enveloppe qu’il cachait derrière son dos. Sasuke l’ouvrit et resta figé. À l’intérieur se trouvait un ticket pour le concert de Sakura.
« Je ne sais pas ce qu’il s’est passé entre vous, dit Itachi. Mais je vois bien que tu tiens à elle. Et que tu n’es pas toi‑même depuis son départ. »
Sasuke fixa le ticket. Il avait une chance de la revoir. Mais était‑il prêt à la saisir ? Il avait toujours été rationnel et avait les pieds sur terre. Il ne s’était jamais laissé emporter par l’amour. Il avait toujours écouté sa tête plutôt que son cœur.
Izumi s’assit près de lui et posa une main douce sur la sienne.
« Je sais que ça peut paraître effrayant, dit‑elle. « Quand on rencontre la bonne personne. Celle avec qui on peut imaginer le reste de sa vie. »
Elle échangea un regard tendre avec Itachi.
« Sakura est cette personne. Va la retrouver. Ne laisse pas passer ta chance d’être heureux. »
Sasuke baissa les yeux vers le ticket. Il était amoureux de Sakura. Il en était certain. Mais était‑elle vraiment la bonne ? Celle avec qui il voulait passer le reste de sa vie ?
******
Sasuke ne ferma pas l’œil de la nuit. Le ticket posé sur sa table de nuit l’obsédait. Il réfléchit pendant des heures, puis il avais finalement pris sa décision. Izumi avait raison. Il devait saisir cette chance. Pour une fois, il allait écouter son cœur.
Il roula toute la journée pour arriver à temps au concert Il ignorait comment Izumi et Itachi s’étaient débrouillés, mais ils lui avaient obtenu un pass pour les coulisses.
C’était la première fois qu’il voyait l’envers du décor. Les techniciens qui couraient partout, les musiciens qui répétaient, les danseurs qui s’échauffaient. Personne ne faisait attention à lui.
Il continua d’avancer et finit par la trouver. Sakura se tenait à quelques mètres de la scène, à l’écart, faisant les cent pas tout en vocalisant. Elle portait sa tenue de scène. Sasuke en resta un instant sans voix. C’était la première fois qu’il la voyait ainsi. Cette vision lui semblait irréelle.
Il inspira profondément et s’approcha.
« Sasuke ! S’exclama‑t‑elle. »
Elle écarquilla les yeux, se demandant si elle rêvait ou non.
« Qu’est‑ce que tu fais là ? »
Il s’approcha encore et lui prit la main. Sakura entrelaça automatiquement ses doigts aux siens.
« C’est la première fois que je fais quelque chose comme ça, avoua‑t‑il. J’ai toujours gardé la tête froide. Je n’ai jamais écouté mes sentiments jusqu’à ce que je te rencontre. »
Sakura rougit et dut se retenir de sourire jusqu’aux oreilles.
« Je n’arrête pas de penser à toi depuis que tu es partie. »
Il sourit en coin.
« J’ai même écouté toutes tes chansons, la taquina‑t‑il. »
Sakura rit doucement. Sasuke posa une main sur sa joue.
« Tu me plais. Énormément. »
C’était plus que ça. Il l’aimait. Il ne savait pas que c’était possible de tomber amoureux de quelqu’un aussi vite. Mais il ne voulait pas l’effrayer.
« Tu me plais énormément aussi. Mais… »
Sakura se mordit la lèvre, laissant sa phrase en suspens. Sasuke sentit son cœur se serrer. Ce qu’il redoutait arrivait. Elle ne ressentait pas la même chose que lui.
« Si on est ensemble, ta vie va changer. Les paparazzis, les fans… Tout le monde te connaîtra. Tu ne seras plus tranquille. Je ne veux pas que tu souffres à cause de moi. »
Sasuke savait tout cela. Il y avait déjà réfléchi. Et il s’en moquait.
« Ce qui me rend malheureux, c’est d’être loin de toi. »
Le visage de Sakura s’illumina. Pour elle aussi, c’était la première fois qu’elle ressentait quelque chose d’aussi fort. Elle se hissa sur la pointe des pieds et l’embrassa. Sasuke répondit immédiatement à son baiser.
Les bons comme les mauvais côtés de la célébrité n’avaient plus d’importance.
Tant qu’ils étaient ensemble.
Fin
The Melody of a Chance Encounter
Fandom : Naruto
Relationship : Sasuke x Sakura
I’m sorry for the mistakes, English is not my native language. I hope you like it.
Summary : Sakura Haruno, a global music star, never expected her car to break down in the middle of nowhere. Even less to find, in a small quiet inn in Konoha, a man who doesn’t recognize her.
Sasuke Uchiha, a rational lawyer fiercely attached to his peace and quiet, sees his routine disrupted by this pink‑haired stranger. He knows nothing about her fame, nothing about her concerts, nothing about her millions of fans.
And for the first time in a long while, Sakura can breathe.
In the calm far from the spotlight, an unexpected interlude begins between them.
Disclaimer : Naruto belongs to Masashi Kishimoto.
AO3
Sakura took off her stage costume and slipped into something more comfortable. She had just finished her concert in the largest stadium in the capital. The music, the spotlights, the fans’ screams. All of it was part of her daily life. She did not complain. She loved what she did, and she had worked so hard to get where she was. But sometimes, when the exhaustion became too much, she dreamed of a day when no one would recognize her.
Someone knocked on the door. Sakura grabbed her bag and opened it. She knew it was time to leave her dressing room, join her team on the tour bus, and head to the next city. As expected, a security guard stood behind the door.
“Your car is waiting for you, Miss Haruno.”
“The car ? I’m supposed to join the bus.”
The guard frowned and checked his phone.
“I was informed of a change of plans. I’m to escort you to the car that’s waiting.”
Sakura did the same and checked her own phone. No one had warned her about any change. She frowned when she saw a message from Ino, her best friend and manager. They had known each other since middle school. While Sakura dreamed of performing on stage, Ino dreamed of becoming a businesswoman. So when Sakura launched her music career, she became Ino’s first artist. And Sakura knew that if she had come this far, it was largely thanks to her.
She opened the message :
“You’ve been invited for an interview on Good Morning Hits. A car is waiting for you. You’ll meet up with the rest of the team afterward for the next concert.”
Good Morning Hits was the most-watched morning music show in the country. If they had invited her, refusing was out of the question. Too bad for the hours of rest she could have had on the bus. Work came first.
She put her phone away and followed the security guard. They reached the back of the stadium and stepped outside. A black car with tinted windows was waiting in a discreet spot. She thanked the guard and got in. The road lulled her. She was so exhausted that she eventually fell asleep. After all, she would not arrive at the studio for several hours.
******
Sakura woke up when the car braked sharply. She looked out the window. It was night, and they were stopped on an empty road. She heard the driver grumble.
“Is something wrong ?” She asked.
“I’m sorry, Miss Haruno. There’s an issue with the car.”
He stepped out and opened the hood. A cloud of white smoke escaped. Sakura began to worry. The slightest delay could make her miss the interview. The driver returned, his phone pressed to his ear.
“All right. Thank you.”
He hung up and turned to her.
“The tow truck won’t arrive for another two hours. I saw we’re not far from a town. I’ve informed Miss Yamanaka. She’ll book you a hotel room if that’s all right with you. But we’ll have to walk a bit.”
“Don’t worry. It’s fine.”
Two hours, she thought. How was she going to manage ? She needed to contact Ino to figure out what to do next. They walked for about half an hour before reaching a small town called Konoha, which, according to the sign, had barely five thousand inhabitants.
It was not the kind of place Sakura was used to. She was born and raised in Tokyo. Concerts and shows always took place in big cities. On the road, they sometimes passed through small towns, but never stopped.
They reached the hotel, which looked more like a small inn. On the sign at the entrance was written : Dragonfly Inn. They stepped inside. Sakura looked around. The interior opened like a warm parenthesis, a refuge where every detail seemed chosen to soothe travelers. As soon as they crossed the threshold, a soft wave of warmth enveloped them. The light, dimmed by honey-colored lampshades, cast golden halos on the walls.
The slightly uneven wooden floor creaked under their steps. Rugs dotted the space, adding touches of red, blue, and green. To the right, a light‑wood counter, worn smooth by the years, held a vase overflowing with wildflowers and an old guestbook filled with varied handwriting.
Farther in, Sakura noticed a small lounge. Two plush armchairs covered in floral fabric surrounded a low table with a few magazines on it. A stone fireplace let a flame dance. Her eyes widened when she spotted a piano.
A couple greeted them. The man had black eyes and long, straight hair that fell in neat strands around his calm face. He radiated a quiet, almost soothing presence. The woman, warm and gentle, had large expressive brown eyes and slightly wavy dark hair.
“Welcome, Miss Haruno. I’m Izumi, and this is my husband, Itachi.”
A huge smile lit up Izumi’s face. Sakura knew that expression by heart. She could tell Izumi was holding herself back from asking for a selfie. But Sakura did not mind. That was the effect she had on people. It was never malicious. Itachi, meanwhile, smiled at her kindly.
“We’ve prepared your rooms,” Izumi continued. “If you’ll follow me.”
“I’ll head back to the car to wait for the tow truck,” the driver, Kenji as Sakura had learned, said. “Will everything be all right ?”
Sakura nodded and thanked him. He left, and she followed Izumi upstairs. The place was small but warm. It immediately felt like a family home.
“We were surprised when your manager called us. It’s the first time we’ve hosted a celebrity.”
Izumi cleared her throat, realizing she was getting carried away, and quickly regained her professional demeanor.
“You’ll be comfortable here. It’s the low season, so we don’t have many guests. Just a few retirees who come to relax for a few days.”
They stopped in front of a wooden door. Izumi opened it.
“Here is your room. If you need anything, just let us know.”
“Thank you.”
Izumi left, and Sakura stepped inside. It had absolutely nothing to do with the luxury hotels she was used to. The room radiated a gentle warmth. The walls, painted a creamy beige, were decorated with small watercolor landscapes. The bed, wide and soft, was covered with a pastel patchwork quilt.
A slightly old but well‑kept light‑wood dresser stood against the opposite wall. On top of it sat a lamp with a floral shade that cast a golden glow. In one corner, an upholstered armchair and a small wall‑mounted bookshelf completed the room.
Sakura sat on the bed and checked her phone. Ino had left dozens of messages, promising to do everything she could to get someone to pick her up, assuring her she would make it to the show.
Sakura sighed. Ino was the best manager she could have asked for, but some things were simply out of her control. She lay down and closed her eyes, feeling exhaustion wash over her.
******
Sakura opened her eyes and jolted upright when she found herself face‑to‑face with a little girl barely eight years old. She suddenly remembered the car breakdown and the inn.
“Good morning,” Sakura said.
The girl immediately began bouncing excitedly.
“Sakura Haruno is in our house !”
She let out a squeal of joy just as the door swung open and Izumi rushed in.
“Aiko ! I told you not to bother her.”
She scooped the child into her arms and gave Sakura an embarrassed smile.
“I’m really sorry. We won’t disturb you any longer.”
She disappeared as quickly as she had arrived, Aiko still in her arms. Sakura checked the time on her phone. Six in the morning. She groaned. The show was a morning program, and the interview was supposed to take place in two hours. That was far too late.
Her phone rang. Ino’s name appeared on the screen. Sakura answered immediately.
“Good news !” Ino exclaimed. “I found a solution.”
“You got me a helicopter ?” Sakura replied sarcastically.
She could easily imagine Ino rolling her eyes.
“I convinced the production team to do the interview by video call. So get ready. In less than two hours, you’re live.”
She hung up right away. Sakura got up and began preparing. It was better than nothing.
******
Sakura closed the laptop Itachi had kindly lent her. The interview was over, and everything had gone smoothly. An hour before going live, she had run into Kenji, who warned her that the breakdown was more serious than expected. The mechanic had to order a part, and it would not arrive for a few days.
She had immediately called Ino.
“In the end, it’s not that bad,” Ino had told her. “Your next concert is in a week. Take the opportunity to rest a little. The team will take a few days off too. And once the car is fixed, you’ll meet up with them.”
Sakura stood from the armchair and looked out the window. It had been so long since she had taken a real vacation that she no longer remembered what it felt like not to work.
She picked up the laptop, left the room, and went downstairs to the reception desk. Itachi was there.
“Did everything go well ?” He asked.
“Yes. And thank you again for the computer.”
She handed it back to him. Itachi nodded slightly.
“My stay here will last a few more days,” she said. “The car won’t be repaired for a while.”
Itachi did not seem surprised or bothered. He simply set the laptop behind the counter, then looked back at her.
“We’ll make sure you’re comfortable,” he said calmly. “You look like you need rest.”
Sakura let out a tired laugh.
“Is it that obvious ?”
“A little.”
His tone was neither mocking nor intrusive. Just honest. She glanced toward the window. The soft morning light filtered through the curtains. Nothing like the harsh neon lights backstage or the burning spotlights on stage.
“I don’t really know what to do with myself,” she admitted. “I haven’t had a real break in a long time.”
Itachi crossed his arms, thoughtful.
“Konoha is small, but pleasant. There’s a trail behind the inn if you like walking. And Izumi always prepares something good for breakfast.”
Sakura smiled despite herself. She felt a strange warmth rise in her chest. Maybe fatigue. Maybe the relief of finally being somewhere where no one expected anything from her.
“Thank you, Itachi. For everything.”
He inclined his head slightly.
“If you need anything, I’m here.”
Sakura nodded, then slowly climbed the stairs again, leaving behind the scent of warm wood and the comforting calm of the inn.
For the first time in a long while, she thought that a break might not be such a bad thing.
******
After a walk along the trail and the hearty breakfast Izumi had prepared, Sakura decided to explore the town, wearing sunglasses that covered half her face and a cap. She could have looked ridiculous, but luckily the warm, sunny spring day meant plenty of people were wearing sunglasses and caps too.
Konoha was truly a small town. The kind you could visit in an hour, where everyone seemed to know everyone else. Its peacefulness reminded her of the settings of certain TV shows. Those towns that felt frozen in time, where every character eventually found happiness.
She stopped to get a coffee at the town’s only coffee shop. She had hesitated to go in, afraid of being recognized. Only the waiter made a comment :
“You look like the singer Sakura Haruno.”
Then he laughed, convinced he was talking to a simple look‑alike passing through town. Sakura ordered a latte and stepped back outside. She wandered through the streets, looking at the shop windows. She smiled. It had been so long since she had taken the time to simply live.
She stopped in front of a jewelry store, admiring the pieces behind the glass. When she turned to continue walking, she bumped into someone. Her latte spilled onto his shirt. She looked up at the person.
The man was tall. Much taller than she was. And his shadow almost blocked out the sunlight behind him. He wore a perfectly tailored dark suit. The fabric, a midnight blue so deep it was nearly black, fit his broad shoulders and slim waist with impeccable precision.
Sakura felt her heart skip a beat.
The man had features so sharp they seemed unreal. A chiseled jawline, high cheekbones, a straight nose. His black hair, slightly longer than average, fell in neat strands over his forehead, as if styled effortlessly yet with calculated precision. A rebellious lock brushed his temple.
But it was his eyes that froze her. Deep black eyes, intense and unreadable.
He looked down at his stained shirt, then at the crushed cup in Sakura’s hand. She removed her sunglasses, embarrassed. The man, however, looked extremely annoyed.
“You couldn’t watch where you were going ?”
“I’m sorry ! I didn’t see you.”
He wiped at his shirt with a tissue, only making the stain worse.
“If you weren’t wearing those enormous sunglasses, maybe you would’ve seen where you were going.”
Sakura’s eyes widened. She knew she was at fault, but that did not justify being so unpleasant. She swallowed her pride. This was not the time to cause a scene. A few passersby were already watching.
“Let me at least help,” she offered.
“No need. You’ve done enough damage.”
He turned on his heel and walked away without another glance. Sakura quickly put her sunglasses back on to avoid being recognized. Then she froze.
The man had seen her without her sunglasses and yet he had not recognized her.
******
Sakura went straight back to the inn to change. Aside from that little incident, her outing had been rather calm. She pushed open the door of the inn and found herself face‑to‑face with :
“Are you following me ?”
Sakura frowned. The man from the café was standing in front of her. His shirt was clean this time.
“It’s more like you’re following me,” she replied, crossing her arms.
She immediately went on the defensive. Maybe he had recognized her after all. Maybe he was one of those obsessive fans who stalked celebrities and, in a moment of madness, tried to hurt them. She had already dealt with fans whose behavior bordered on dangerous, but she always had a whole team to protect her. But here…
She glanced toward the reception desk. Itachi was not there, and she had no idea where Kenji was.
The man gave her an awkward smile.
“I wanted to apologize for earlier. I’d had a really bad day, and I took it out on you.”
Sakura saw in his eyes that he was sincere.
“It’s fine. Let’s forget about it.”
“I’m Sasuke Uchiha.”
He held out his hand. Sakura’s eyes widened. He had said Uchiha ?
“Uchiha ? Like…”
“Itachi is my brother. And you are ?”
Sakura pulled herself together and shook his hand. A tiny jolt shot up her arm the moment their hands touched. She forgot to breathe for a second. Her palm closed around Sasuke’s with a slight delay, as if her body hesitated between fleeing and staying. The warmth of his hand surprised her. She could not have said why, but she had expected something cold and distant, like his attitude earlier. She felt her own hand grow clammy. Great, she thought. She prayed he wouldn’t notice.
Her heart, meanwhile, had decided to beat a little too fast, a little too hard. She hoped it did not show in her voice or in the slight tremble of her fingers. When she looked up, she met his gaze. And that made it worse. Sasuke’s black eyes, calm and deep, were fixed on her with an intensity that completely unsettled her.
Sakura blushed. She looked away for a fraction of a second, then back at him, unable to do otherwise. She withdrew her hand a bit too quickly, as if she had just realized she’d been holding his for too long.
“Sakura,” she said, her voice slightly lower than she intended.
She cleared her throat discreetly, trying to regain her composure. But deep down, one thought pushed its way through : why had such a simple touch affected her so much ? She hesitated a second before continuing.
“Haruno.”
No reaction. Not even a blink. As if she had just given him a perfectly ordinary name, with no meaning whatsoever.
“Nice to meet you,” he said simply. “If you’ll excuse me, I have to go.”
He inclined his head slightly, a polite but distant gesture, then headed for the exit. The door closed behind him with a soft click. Sakura remained still, eyes fixed on the wood. Nothing. No surprised look, no raised eyebrow, not even that tiny flicker of recognition she usually saw when she gave her name.
Either this man was an incredible actor, or he truly had no idea who she was.
And strangely, it was the second option that unsettled her the most.
******
Sasuke arrived just in time as the bell of the elementary school rang. Itachi and Izumi had not been able to pick up Aiko, so he had offered to go. Sasuke had never been very comfortable around children. Even his best friend Naruto’s kids. The only one he genuinely liked, and loved, was his niece.
He saw her running toward him in the middle of the crowd of students.
“Uncle Sasuke !”
She jumped into his arms, just like she did every time she saw him.
“I’m so happy you came to pick me up !”
He took her hand, and the two of them headed back toward the inn.
“Did you see Sakura ?”
Aiko’s eyes lit up instantly.
“Yes,” he said “I met her.”
Sasuke grimaced as he remembered their first encounter. He hoped he had not made a bad impression on a guest of the inn, or embarrassed his brother and sister‑in‑law.
He had been living in Konoha for nearly a year. He had needed to get away from the city, from the big law firm where he worked, and from his wealthy clients. Itachi had convinced him to come recharge at the inn, despite their father’s categorical disapproval.
The change had been drastic, but he had eventually opened a small law office in town. Sometimes, some of his former clients still contacted him. Which explained his bad mood.
Aiko, meanwhile, continued to gush about the inn’s new guest.
“She’s so pretty and she sings so well !”
Sasuke wondered if this girl had bribed his niece to like her that much. All the way home, Aiko talked about Sakura.
******
Sakura remained still in the lobby for a moment, still shaken by what had just happened. She took a deep breath, tried to calm her racing heart, then went up to her room to change. Once alone, she leaned against the door, closed her eyes, and let out a long sigh.
Why did this man affect her like that ? She had met hundreds of people. Artists, producers, fans. But never someone who looked at her as if she were normal.
She shook her head, pushed the thought away, and changed quickly before heading back downstairs. She needed some air. And maybe a bit of company. Izumi had returned to the reception desk.
“Oh, Sakura ! You’re already back ? Did you enjoy your walk ?”
Sakura smiled.
“Yes, it was nice. I just… spilled a coffee on someone.”
Izumi brought a hand to her mouth, stifling a laugh.
“Oh no. I hope it wasn’t too bad.”
Sakura hesitated.
“It was… your brother‑in‑law.”
Izumi froze, then burst out laughing.
“Sasuke ? Well, you certainly made an impression. He hates stains. And surprises. And pretty much anything that isn’t perfectly under control.”
Sakura felt her cheeks warm.
“He came to apologize.”
Izumi raised her eyebrows, genuinely surprised.
“Then you must have really made an impression. Sasuke never apologizes.”
Sakura opened her mouth, closed it again, then tried to compose herself.
“I don’t think… I mean…”
Izumi gave her a soft, almost conspiratorial smile.
“Don’t worry. Sasuke is a good person. A bit stiff, sometimes. But he has a big heart.”
Sakura nodded, unsure what to say. She was about to head back to her room when the inn’s door swung open. Aiko burst in, dragging Sasuke by the hand.
“Sakura !”
She ran toward her, leaving Sasuke behind, slightly out of breath from trying to keep up with the little whirlwind.
“You’re still here ! I wanted to show you my drawing !”
She held up a sheet of paper where Sakura recognized herself, drawn with a microphone far too big. She smiled, touched.
“It’s beautiful, Aiko.”
The little girl turned to her uncle.
“Uncle Sasuke, look ! It’s Sakura !”
Sasuke glanced at the drawing, then at Sakura. His expression remained neutral, but she noticed the faintest movement of his lips, almost a smile.
“It’s accurate.”
Sakura looked away, blushing. Izumi stepped in :
“Sasuke, are you staying for dinner ? Itachi is cooking tonight.”
“I… yes. I can stay.”
Aiko clapped her hands, delighted.
“Sakura, you’re coming too ?” she asked, eyes full of hope.
Sakura blinked, surprised. She had nnot been invited to a family dinner in years. She looked at Izumi, hesitant.
“If it doesn’t bother you…”
Izumi shook her head with a warm smile.
“You’re at home here. And besides, Aiko won’t let us start without you.”
Aiko nodded vigorously. Sakura felt something loosen inside her. A feeling she had almost forgotten. As if, for the first time in a long while, she had found a place where she could breathe. She met Sasuke’s gaze. He said nothing. But that single look was enough to make her heart speed up again.
******
The smell of dinner filled the entire inn, warm and comforting. Sakura followed Izumi into the small dining room, where a large light‑wood table had been set. Steaming plates were already waiting, neatly arranged. Itachi stood behind the counter, focused on a saucepan. Aiko hovered around him like an excited little satellite.
“Sakura ! Sit next to me !” The girl exclaimed, pulling out a chair.
Sakura smiled and sat down. She then felt a presence behind her. Sasuke had just entered, hands in his pockets, looking a bit more relaxed than earlier. He greeted his brother with a nod, then took a seat across from her. Their eyes met for a second before Sakura looked away first.
Itachi joined them and sat down.
“It’s one of our mother’s recipes,” he explained. “Izumi says I make it better than she does.”
Izumi rolled her eyes.
“I never said that. I said you make it differently.”
Aiko burst out laughing, and Sakura did too. The atmosphere was simple, warm, almost familial. She hadn’t felt that in… she couldn’t even remember when.
She tasted the dish and closed her eyes for a moment.
“It’s delicious,” she murmured.
Itachi inclined his head, touched.
“I’m glad you like it.”
Sasuke ate quietly. But Sakura could feel his gaze drifting toward her from time to time. Not insistently. Not heavily. Just curious. Aiko, meanwhile, talked without stopping.
“Sakura, did you know Uncle Sasuke works too much ? Even when he plays with me, he thinks about his files !”
Sasuke raised an eyebrow.
“I don’t always think about my files.”
“Yes ! Even when you do puzzles !”
Izumi laughed softly.
“She’s not wrong.”
Sakura watched Sasuke. He seemed embarrassed, but not annoyed.
“And you, Sakura ?” Izumi asked. “What do you do when you want to relax ?”
Sakura froze for half a second. The question was innocent, but she was not used to people asking without hidden motives. She set down her fork and thought.
“I like walking. And listening to music. Reading, sometimes. But I haven’t really had the time these past months.”
“You should take some,” Sasuke said.
His voice was calm, steady. But there was something in his eyes. A quiet understanding, as if he too knew what it meant to lose yourself in work. Sakura felt her heart tighten slightly. Aiko, of course, noticed nothing.
“Sakura, do you want to see my room after ? I have lots of drawings !”
Sakura smiled.
“I’d love to.”
Izumi placed a hand on her daughter’s shoulder.
“After dessert.”
“There’s dessert ?” Sakura asked, surprised.
Itachi nodded.
“A matcha cake. Izumi made it this morning.”
Sakura felt a gentle warmth spread through her. She was not a guest here. She was being welcomed. Almost like a friend.
She glanced at Sasuke. He was looking at her. Not like a stranger, or a star, or someone he was judging. Just like a normal person.
And maybe that was what unsettled her the most.
******
The evening was coming to an end. Aiko had eventually fallen asleep on Izumi’s lap, and Itachi had carried her upstairs. The inn had slowly emptied of its sounds, leaving only the soft crackling of the fireplace.
Sakura, unable to sleep, wandered through the dimly lit hall. Her gaze fell on the piano. The same one she had noticed when she first arrived.
She hesitated. Then sat down. Her fingers brushed the keys. She played a few notes, timid at first, then more confident. A soft, almost nostalgic melody filled the room. She did not notice right away the silhouette leaning against the doorway. Sasuke. He said nothing. He simply listened. When she stopped, he stepped forward.
“You play well.”
Sakura jumped slightly.
“I didn’t hear you come in.”
“I didn’t want to interrupt.”
He sat on the chair across from the piano, arms crossed, looking thoughtful.
“Do you play often ?” He asked.
Sakura shrugged.
“When I have time. And when I need it.”
Sasuke nodded, as if he understood perfectly. A silence settled between them. Then Sakura broke it, almost hesitantly.
“I… I sing too.”
She did not know why she had said that. Maybe because he did not look at her like everyone else. Or maybe because he did not know anything about her. Sasuke raised an eyebrow.
“You sing ? Professionally ?”
She hesitated a second.
“Yes.”
He nodded, without the slightest spark of recognition.
“I see.”
Then he added, in a neutral tone:
“I’m not really familiar with modern music.”
Sakura felt her heart tighten. She tried to smile.
“Oh… I see.”
But Sasuke continued, unaware of the impact of his words.
“It’s nothing against you. It’s just that… today’s popular music feels superficial to me.”
Sakura felt the blow, but she kept smiling. As she always did when someone criticized her work. She was used to it. Some people, professionals or not, liked to take shots at her. But this time, it was different. As if what he thought of her actually mattered.
“Superficial ?”
“Yes. They all sing about the same things. Love, breakups, glitter. It’s formulaic. Soulless.”
He spoke calmly, without contempt. Just with raw honesty.
“To me, real music is classical. Jazz. Something that truly tells a story.”
Sakura lowered her eyes to the piano keys. A burn spread through her chest.
“I understand,” she said softly.
Sasuke looked at her. For a long moment. As if he had realized the weight of his words.
“I hurt you.”
It was not a question. It was a statement. Sakura lifted her head, forcing a smile.
“No, not at all. You’re allowed to have your tastes.”
But her eyes betrayed her. A shadow, thin but real, passed through her gaze. Sasuke straightened slightly, surprised by what he saw.
“That’s not what I wanted.”
Sakura shook her head.
“It’s nothing. I’m just… tired.”
He did not answer. He kept looking at her, as if trying to understand something he could not quite grasp. Then, gently :
“What kind of music do you sing ?”
She hesitated. Then answered in a breath :
“The kind you find superficial, I suppose.”
Sasuke opened his mouth, then closed it again. For the first time since she had met him, he seemed genuinely unsettled.
“I… I’m sorry.”
Sakura smiled. A fragile smile. A smile that said I’m used to it.
“It’s fine, Sasuke. Really.”
She placed her fingers on the keys and played another melody. Sadder. Sasuke listened, without a word. And this time, he understood that what she played was anything but superficial.
******
Sunlight filtered through the curtains of the small room when Sakura opened her eyes. She had slept deeply, almost restfully. But the scene from the night before came back immediately. The piano, Sasuke, his words, and the wound she had tried to hide. She sighed, got up, and went downstairs.
Itachi was there, as always, already preparing coffee. Izumi was sorting through some papers. Aiko was drawing at a low table.
But Sasuke was not there. She greeted them and stepped outside. Sasuke was sitting on the small bench near the entrance. He stood when he saw her approach.
“Sakura.”
She stopped, surprised by the softness in his voice.
“Good morning, Sasuke.”
He took a deep breath, as if preparing himself.
“I wanted to apologize. For last night.”
She shook her head.
“It’s not a big deal.”
“It is.”
He took a step closer, without invading her space.
“I shouldn’t have spoken like that. I didn’t know it meant that much to you.”
Sakura lowered her eyes.
“I’m used to it. People often have strong opinions.”
“That’s not an excuse.”
He paused.
“I didn’t want to hurt you.”
She looked up. He seemed sincere. Truly sincere.
“Thank you, Sasuke.”
A gentle silence settled between them. Then he added, a bit awkwardly :
“Do you… have plans today ?”
Sakura blinked, not expecting the question.
“Uh… no. Not really.”
“I need to go into town. For some errands. And if you’d like you could come with me.”
He looked away slightly, as if he wasn’t used to making such offers. Sakura felt a smile tug at her lips.
“All right.”
******
They left on foot, the sun still low in the sky. Konoha was slowly waking up. A few shops opened, shutters clattered, birds sang. Sasuke walked beside Sakura, hands in his pockets, looking more relaxed than the day before.
Always prepared for anything, Sakura pulled her sunglasses and cap from her bag. She noticed Sasuke’s puzzled look. She blurted out the first thing that came to mind as she tucked her pink hair under the cap :
“My skin is extremely sensitive to the sun.”
Sasuke nodded, eyebrows slightly furrowed. Sakura wanted to slap herself. Idiot, she thought. As if she could not come up with a better excuse. But he was polite enough not to comment.
He showed her the Konoha he had learned to know and love during the past year. The bookstore where he spent too much time, the café where he always ordered the same thing, the downtown market where he already knew a few vendors. Sakura noticed he sometimes slowed down to match her pace, or turned slightly to check she was following. Tiny gestures, but they touched her more than she wanted to admit.
“It’s a really peaceful place,” she said. “It’s different from what I’m used to.”
He nodded, as if he understood exactly what she meant. Then he took her to the town’s only music shop. Sakura had not had this much fun in a long time. These small, simple moments, shared with someone she was getting to know and starting to appreciate, had an unexpected taste of freedom.
******
On the way back, Sakura felt something shift. A new closeness. An invisible thread between them. When they reached the inn, Sasuke stopped.
“Thank you for coming.”
“Thank you for inviting me.”
He hesitated. Then said, in a lower voice :
“I’d like you to show me what you sing. One day. If you want.”
Sakura felt her heart tighten. There was no judgment, no disdain. Just curiosity.
“All right.”
Sasuke nodded, satisfied.
“See you later, then.”
He walked into the inn. Sakura stayed outside for a moment, heart pounding. For the first time in a long while, she had spent an entire day without a mask, without a role, without having to be someone. Just herself.
And Sasuke Uchiha had not even realized it.
******
The days that followed took on the shape of a gentle routine for Sakura. She spent most of her time with the Uchiha family. Especially with Sasuke. She lived in a small bubble she wished would never burst.
But reality caught up with her when Kenji informed her that the car was ready.
“The car is repaired. We can leave tomorrow morning. You’ll be on time for your next concert.”
Sakura had simply smiled and thanked him. Tomorrow, she thought sadly. It will all be over.
******
Sasuke walked past the small lounge when he heard a piano melody. He stopped and watched the scene before him. Sakura was seated at the piano, while Aiko sang at the top of her lungs and danced with enthusiasm.
Aiko had always been cheerful and sociable, but it was the first time she had grown so attached to a stranger. Though it was true Sakura was charming and fun. He smiled, remembering the moments they had shared.
“They’re adorable, the two of them.”
Sasuke jumped slightly. Izumi had appeared beside him without him noticing.
“Aiko likes her a lot,” he said.
She’s not the only one, he thought.
“She’s mostly her number‑one fan,” Izumi added with a soft laugh.
“Her number‑one fan ?” Sasuke repeated, frowning.
Izumi stared at him, stunned.
“You still don’t know who she is ?”
Seeing his lost expression, she rolled her eyes.
“Have you ever looked at the walls of your niece’s room ?”
What did that have to do with Sakura ? All Aiko had on her walls were posters of baby animals and trendy pop singers who all sang the same meaningless songs.
“It’s Sakura Haruno !”
He froze. She had said the name as if it were obvious.
“The most famous singer of the last ten years. She’s known worldwide.”
He blinked, stunned.
“If she’s that famous, what is she doing here ?”
Izumi knew he did not mean to offend, but she bit the inside of her cheek to avoid answering too sharply.
“Her car broke down, and she decided to spend a few quiet days here before resuming her concerts.”
Sasuke widened his eyes and looked back at Sakura. He would never have imagined she was a world‑renowned singer. Sure, she had seemed a bit unusual, but now he understood why. She was nothing like the image he had of pop singers. Empty‑headed, superficial, singing meaningless love songs.
He thought back to their conversation at the piano. Even though he had apologized and she had accepted, he now understood even better why his words had hurt her.
******
Sasuke walked past Aiko’s room, the door slightly ajar. He stepped inside and looked for the first time at the posters on the walls. Most of them were of Sakura. There was even a shelf full of merchandise with her face on it. He had never cared about such things, and now he felt stupid for not paying attention. Stupid for not seeing what had been right in front of him from the start.
“Looks like I’ve been found out.”
He turned around. Sakura stood in the doorway, a timid smile on her lips. She twisted her hands, embarrassed. Sasuke ran a hand through his hair, just as uneasy.
“Once again, I’m sorry for what I said the other day. I was full of prejudice. I didn’t mean to hurt you.”
A question had been bothering him ever since he learned the truth.
“Why didn’t you say anything ?”
Sakura entered the room and sat on the bed. Sasuke sat beside her, leaving a respectful distance. She took a deep breath.
“Because it was the first time someone didn’t recognize me. It was unimaginable for me, and it felt so good. I could be myself, without worrying about everything I did or said ending up on social media.”
Sasuke listened in silence. Behind the glamour and glitter was a young woman who wanted to live simply, to be loved for who she was, not for the star she had become. She touched him more than he would have imagined. In just a few days, she had already shaken his life and his way of seeing things.
He gently placed his hand on hers. To his surprise, Sakura did not pull away. She intertwined her fingers with his.
“When are you leaving ?” He asked softly.
“Tomorrow morning. Very early. The concerts start again tomorrow night.”
Sasuke nodded. She would disappear from his life as quickly as she had entered it. Sakura leaned forward and pressed a soft kiss to his cheek.
“Thank you. To you and your family, for giving me this little escape.”
She stood and left the room. Sasuke remained still for a moment, then followed her into the hallway. She was about to enter her room when he called her gently :
“Sakura.”
She turned, and they looked at each other. For a long time. Without a word. He lifted a hand and brushed her cheek, a hesitant but sincere gesture. She closed her eyes for a second, as if to hold onto the moment. Then she whispered :
“Good night, Sasuke.”
She entered her room and closed the door.
When Sasuke passed by her door early the next morning, the room was empty. She was gone. He stood in the hallway for a long moment, hands in his pockets, gaze lost. She had said he had given her a break.
But she had given him one too.
A break he would not forget anytime soon.
******
A week had passed. Aiko listened to Sakura’s latest album on repeat and watched videos of her concerts, completely fascinated.
For the first time, Sasuke listened to her songs. He then understood why it was not surprising she had become the number‑one singer. Normally, he would have forgotten their encounter quickly and moved on. But Sakura stayed in his mind. He couldn’t forget her smile, her gentleness, the way she had disrupted his daily life. It was as if she had carved her mark into his heart.
What an idiot, he cursed himself. He had fallen in love with a woman he might never see again.
******
Sasuke pushed open the inn’s door with a sigh, loosening his tie. His workday had felt endless, and he was relieved it was finally over.
He walked past the lounge when Aiko called him. He frowned when he saw Itachi and Izumi sitting with her. They were clearly waiting for him. He hoped it was not yet another “family meeting” Itachi loved to organize. He held them for anything and everything, and Sasuke was not in the mood.
Aiko grabbed his hand and made him sit on the couch. She sat beside him, eyes sparkling with impatience.
“What’s going on ?” He asked cautiously.
“Family meeting,” Itachi announced.
Sasuke rolled his eyes. He knew it. Izumi laughed softly, guessing his thoughts.
“Don’t worry. I’m sure you’ll like this one.”
I wouldn’t bet on it, he thought. Itachi handed him an envelope he had been hiding behind his back. Sasuke opened it and froze. Inside was a ticket for Sakura’s concert.
“I don’t know what happened between you two,” Itachi said. “But I can see you care about her. And that you haven’t been yourself since she left.”
Sasuke stared at the ticket. He had a chance to see her again. But was he ready to take it ? He had always been rational, grounded. He had never let himself be carried away by love. He had always listened to his head rather than his heart.
Izumi sat beside him and placed a gentle hand on his.
“I know it can feel scary,” she said. “When you meet the right person. The one you can imagine spending the rest of your life with.”
She exchanged a tender look with Itachi.
“Sakura is that person. Go to her. Don’t let your chance at happiness slip away.”
Sasuke lowered his eyes to the ticket. He was in love with Sakura. He was sure of it. But was she truly the one ? The one he wanted to spend his life with ?
******
Sasuke did not sleep a single minute that night. The ticket on his bedside table haunted him. He thought for hours, then finally made his decision. Izumi was right. He had to take this chance. For once, he would listen to his heart.
He drove all day to arrive in time for the concert. He did not know how Izumi and Itachi had managed it, but they had gotten him a backstage pass.
It was his first time seeing the behind‑the‑scenes world. Technicians running everywhere, musicians rehearsing, dancers warming up. No one paid attention to him.
He kept walking and eventually found her. Sakura stood a few meters from the stage, off to the side, pacing while vocalizing. She was wearing her stage outfit. Sasuke was speechless for a moment. It was the first time he had seen her like this. The sight felt unreal.
He took a deep breath and approached.
“Sasuke !” She exclaimed.
Her eyes widened, unsure if she was dreaming.
“What are you doing here ?”
He stepped closer and took her hand. Sakura automatically intertwined her fingers with his.
“This is the first time I’ve done something like this,” he admitted. “I’ve always kept a cool head. I never listened to my feelings until I met you.”
Sakura blushed and had to stop herself from grinning.
“I haven’t stopped thinking about you since you left.”
He smirked slightly.
“I even listened to all your songs,” he teased.
Sakura laughed softly. Sasuke placed a hand on her cheek.
“I like you. A lot.”
It was more than that. He loved her. He had not known it was possible to fall for someone so quickly. But he did not want to scare her.
“I like you a lot too. But…”
Sakura bit her lip, leaving her sentence hanging. Sasuke felt his heart tighten. What he feared was happening. She did not feel the same way.
“If we’re together, your life will change. Paparazzi, fans… everyone will know you. You won’t have peace anymore. I don’t want you to suffer because of me.”
Sasuke knew all of that. He had already thought about it. And he didn’t care.
“What makes me unhappy is being far from you.”
Sakura’s face lit up. For her too, it was the first time she felt something this strong. She rose on her tiptoes and kissed him. Sasuke kissed her back immediately.
The good and bad sides of fame no longer mattered.
As long as they were together.
The end
Bruno Mars - I Just Might
La Fille aux Souvenirs Volés
Fandom : Once Upon A Time
Relationship : Rumplestiltskin x Belle
Voici ma participation pour le AUpril 2026 pour le prompt : Canon Divergent.
J’espère que mon texte vous plaira.
Résumé : Et si Jefferson avait aidé Belle à s'échapper plus tôt dans la saison 1, que se serait-il passé ?
Disclaimer : Once Upon a Time est une série de Edward Kitsis, Adam Horowitz et ABC.
@au-pril-blog
AO3 / FF.NET
Elle ouvrit les yeux. Elle venait de passer une nuit agitée, des rêves étranges étaient encore venus perturber son sommeil. C'était toujours le même rêve avec cette personne. Elle ne savait pas de qui il s'agissait, mais elle était sûre que c'était un homme. Elle n'arrivait jamais à voir son visage. Il lui arrivait parfois de se demander si cet homme était réel, si elle l'avait déjà rencontré, ou si elle l'avait inventé.
À vrai dire, elle n'arrivait plus à distinguer le vrai du faux. Tout ce dont elle se rappelait, c'était son prénom, Lacey, et qu'elle était enfermée dans cette pièce minuscule depuis des années avec pour seule visite celle des infirmières qui lui faisaient prendre différentes sortes de cachets. Et il y avait aussi cette femme qui était venue la voir quelques rares fois. Lacey ne savait pas qui elle était, mais ses visites l'effrayaient, c'était comme si cette femme lui voulait du mal. Mais à ces moments là, elle repensait à cet homme et ça la rassurait. Elle arrivait à espérer que quelqu'un l'attendait quelque part et qu'il viendrait la chercher. Malgré les jours qui passaient dans cet endroit abominable, elle voulait garder espoir. Elle s'assit sur son lit et replia ses genoux vers sa poitrine. La porte s'ouvrit et un homme entra, tenant un plateau repas. Elle imagina qu'il devait être le matin, elle avait complètement perdu la notion du temps. Elle regarda l'infirmier qui posa le plateau devant elle. C'était la première fois qu'elle le voyait.
« Je ne vous avais jamais vu auparavant, osa-t-elle dire.
-C'est ma première journée, répondit-il simplement. »
Il allait sortir quand Lacey l'interpela une nouvelle fois.
« Attendez ! Quel est votre nom ?
-Jefferson. »
Jefferson la regarda une dernière fois avant d'ajouter :
« C'est une belle journée pour sortir. »
Lacey ne comprenait pas. Pourquoi lui disait-il cela ? Cela faisait des années qu'elle était enfermée. Elle regarda vers son plateau et fut surprise de constater que ses cachets n'y étaient pas. C'était la première fois que quelqu'un les oubliaient. Elle leva les yeux où se tenait Jefferson, mais celui-ci était parti en laissant la porte entrouverte. Lacey fixa la porte quelques secondes, s'attendant à ce que l'infirmier revienne. Elle se leva et tendit l'oreille. Il n'y avait aucun bruit. Elle avança, poussa la porte et sortit dans le couloir. C'était sa chance de s'échapper de cette prison.
Elle marcha le long du couloir et arriva devant le bureau de l'infirmière qui semblait profondément endormie, une tasse de thé encore chaude était posée sur son bureau. Elle regarda vers la porte et vit un homme disparaître, elle reconnu l'infirmier et le suivit. Elle avait l'impression qu'il lui montrait le chemin. Elle arriva dans le grand hall de l'hôpital. La première chose qui la choqua fut toutes ces personnes présentes. Infirmières, médecins, patients. Elle n'était pas habituée à voir autant de monde. Mais malgré tout ce monde, personne ne faisait attention à elle. Ils devaient certainement penser qu'elle n'était qu'une patiente comme les autres. Elle se dirigea vers la sortie, essayant de passer inaperçu. Elle était si près du but, elle ne voulait pas se faire remarquer et retourner dans cet enfer. Elle sortit enfin de l'hôpital et respira profondément. Cela faisait-il combien de temps qu'elle n'avait pas senti les rayons du soleil sur sa peau, le vent dans ses cheveux ? Elle avait cessé de compter après plusieurs mois. Sa tête lui tournait, mais elle refusait de s'arrêter. Elle continua son chemin tout droit, se dirigeant vers la ville.
******
Emma se trouvait dans le café de Granny en compagnie de Mary Margaret. C'était une routine qu'elles avaient toutes les deux installé depuis l'emménagement d'Emma. Et cette dernière ne s'en plaignait pas. Elle aimait le fait d'avoir trouvé une véritable amie en la personne de Mary Margaret. Par moment, elle lui arrivait même de la considérer comme sa famille.
La porte du café s'ouvrit et monsieur Gold entra. Le silence s'installa tandis qu'il allait s'asseoir au comptoir. Granny sortit des cuisines et alla à sa rencontre, une enveloppe à la main. Probablement le loyer qu'il venait chercher. Au bout de quelques secondes, il mit l'enveloppe dans la poche intérieur de sa veste, se leva et se dirigea vers la sortit. Il passa à côté de la table d'Emma et de Mary Margaret et leur lança un sourire en coin.
« Mademoiselle Blanchard, Shérif Swan, les salua-t-il. »
Mary Margaret lui répondit poliment et il sortit. Emma eut l'impression d'entendre les personnes présentes dans le café reprendre leur respiration. Décidément, cet homme lui faisait horreur. La seule satisfaction qu'elle avait eu, était de l'avoir mis derrière les barreaux, même si cela n'avait duré que quelques heures. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Si seulement elle pouvait recommencer. La porte s'ouvrit de nouveau, David entra et alla s'asseoir à une table. Emma regarda Mary Margaret qui semblait de plus en plus mal à l'aise.
« Tu veux qu'on s'en aille, proposa Emma.
-S'il te plait. »
Depuis sa sortie de prison, Mary Margaret essayait par tous les moyens d'éviter David malgré que ce dernier faisait tout pour lui parler. Les deux femmes se levèrent et quittèrent le café. Une fois dehors, elles se dirigèrent vers la voiture d'Emma qui était garée sur le trottoir d'en face.
« Je t'emmène au travail si tu veux, proposa Emma.
-Merci, mais ça ira. Il me reste encore du temps, je vais marcher un peu. »
Emma s'apprêtait à lui répondre quand quelque chose attira son attention. Il s'agissait d'une jeune femme brune qui se dirigeait vers une petite ruelle. Elle semblait complètement perdue et le plus étrange fut qu'elle portait des vêtements d'hôpital.
« Emma, tu vas bien ? »
Elle se tourna vers son amie et acquiesça. Elle regarda ensuite la jeune femme qui semblait avoir disparu. Emma se dirigea vers la ruelle, suivit de près par Mary Margaret qui était inquiète de l'attitude de son amie. Arrivée à destination, Emma vit la jeune femme qui regardait partout autour d'elle. Oui, elle était vraiment perdue.
« Excusez-moi, dit Emma. »
La jeune femme sursauta et se retourna. Elle avait de longs cheveux bruns bouclés qui n'étaient pas peignés, le teint blanc et des yeux bleus. Elle était vraiment très belle et devait avoir dans les vingt ans. Emma la regarda bien, mais elle ne la reconnaissait pas. C'était la première fois qu'elle la voyait à Storybrooke.
« Est-ce que l'on peut vous aider ? Demanda Emma. »
La jeune femme ne répondit rien et semblait sur ses gardes.
« Vous êtes perdue ? Tenta de nouveau le shérif. Vous voulez que l'on vous ramène à l'hôpital ? »
La jeune femme écarquilla le yeux et se mit à trembler. Elle était de plus en plus paniquée et fit un pas en arrière.
« Non ! S'exclama-t-elle. Ne me ramenez pas là-bas, je vous en pris. Ne me ramenez pas !
-D'accord, vous n'irez pas à l'hôpital, ne vous inquiétez pas. Mais dîtes-moi au moins votre nom ?
-La... Lacey. »
Emma acquiesça. Lacey se calmait peu à peu, sachant qu'elle ne retournerait pas à l'hôpital.
« Et votre nom de famille ?
-Je... Je ne sais pas. »
Emma et Mary Margaret se lancèrent un regard. Comment pouvait-elle ignorer son nom de famille ?
« Ce n'est pas grave, dit Emma. Venez avec moi, on va tenter de savoir qui vous êtes. »
Mais Lacey ne bougea pas.
« Ne vous inquiétez pas, je vous promets qu'on n'ira pas à l'hôpital. Je veux simplement vous aider. »
Lacey la regarda quelques secondes, se demandant si elle pouvait leur faire confiance. Mais elle n'avait pas d'autre choix. Elle se trouvait dans une ville inconnue, ne sachant même pas son propre nom de famille. Elle finit par acquiescer et suivit Emma qui l'accompagna jusqu'au bureau du shérif.
******
Le lendemain matin, Emma arriva à son travail, s'assit derrière son bureau et poussa un soupire. Le mystère Lacey restait entier. Excepté son nom, la jeune femme ne se souvenait de rien. À part avoir était enfermée dans une chambre d'hôpital. En attendant d'en savoir plus, elle vivait avec Emma et Mary Margaret. Cette dernière avait insisté pour qu'elle reste avec elles, le temps qu'elles en sachent plus. « Elle n'a nul part où aller », lui avait dit Mary Margaret, « On ne peut pas la laisser seule ». Et Emma avait fini par accepter.
La porte de son bureau s'ouvrit et Regina entra. Emma soupira. Qu'est-ce qu'elle pouvait bien encore lui vouloir ? La maire s'arrêta devant de son bureau et s'en plus attendre entra dans la vif du sujet.
« Mademoiselle Swan, j'ai besoin de vous de toute urgence sur une affaire de disparition.
-Bonjour à vous aussi Regina. »
Regina leva les yeux au ciel, agacée.
« Évitez les plaisanteries, cette affaire est très sérieuse. »
Emma se redressa sur sa chaise. Après tout, elle était le shérif de la ville et retrouver les personnes disparus était sa spécialité.
« Qui dois-je retrouver ? Demanda-t-elle.
-Une patiente du service psychiatrique a disparu hier. »
Le visage de Lacey apparut dans l'esprit d'Emma. Serait-il possible qu'il s'agisse d'elle ?
« Pouvez-vous me donner son nom, où une quelconque information qui pourrait m'aider ? Demanda Emma.
-Malheureusement, personne ne connait son nom. »
Emma leva les sourcils. Comment le personnel de l'hôpital pouvait ignorer le nom d'un de leur patient.
« Comment ça, vous ne connaissez pas son nom.
-Cette jeune femme a été retrouvée dans la forêt il y a trois ans. Elle ne se souvenait plus de rien et divaguait. Les médecins ont jugé préférable de la garder dans le service psychiatrique, afin qu'elle ne constitue aucun danger pour elle-même ou autrui.
-Et personne n'a cherché à savoir qui elle était.
-Bien sûr que si, mais les recherches n'ont malheureusement pas été concluantes. »
Regina lui donna une description physique de la patiente et Emma était maintenant persuadée qu'il s'agissait bien de Lacey.
« Je compte sur vous pour la retrouver au plus vite, dit Regina. Je ne voudrais pas qu'il lui arrive quelque chose. »
Emma acquiesça, lui disant qu'elle allait commencer les recherches. Regina quitta alors le bureau du shérif, satisfaite par cette réponse.
Une chose était sûre, la visite de Regina avait motivé Emma pour découvrir qui était Lacey. Elle savait que la maire lui avait parlé de la jeune femme et une chose était sûre, si Regina avait un lien avec Lacey, cela n'augurait rien de bon. Emma se leva et alla chercher les dossiers des personnes disparues. Storybrooke était une petite ville, cela devrait aller vite, pensa-t-elle. Elle posa les dossiers sur son bureau et commença à les éplucher.
Au bout d'une heure, elle tomba sur le dossier de Lacey French. Ça ne pouvait être qu'elle, pensa Emma. Il n'y avait aucune photo. Emma lut attentivement le dossier. Il ne pouvait s'agir que de la jeune fille qu'elle avait rencontré la veille. Lacey était la fille de Moe French et avait disparu du jour au lendemain il y a trois ans. Emma se souvenait très bien de Moe French, l'homme que monsieur Gold aurait pu tuer si elle n'était pas intervenue. Qu'avait-il pu arriver à Lacey, se demanda Emma. Que faisait-elle à l'hôpital et que venait faire Regina dans cette histoire ? Emma se leva et sortit de son bureau. Elle savait ce qu'elle devait faire, elle devait prévenir Moe qu'elle avait retrouvé sa fille.
******
Emma sa gara devant la boutique de Moe et sortit de sa voiture. Elle se dirigea vers boutique et y entra. Le docteur Whale passa à côté d'elle, la saluant et sortit en tenant un gros bouquet de fleurs à la main. Probablement pour une nouvelle conquête qu'il allait tenter se séduire. Elle avança vers le comptoir et se fit accueillir par Moe qui lui sourit. Il avait l'air de s'être parfaitement remis des blessures que lui avait infligé monsieur Gold.
« Shérif Swan, dit Moe. Que puis-je faire pour vous ? »
Emma inspira profondément. Il devait savoir la vérité.
« En fait, répondit Emma, je suis venue parler de votre fille. Y a-t-il un endroit où l'on pourrait parler tranquillement. »
Le sourire de Moe s'estompa et la tristesse s'installa dans son regard. Il lui demanda de la suivre et ils allèrent dans l'arrière boutique. Moe s'assit à la table qui se trouvait au milieu de la pièce et invita Emma à en faire de même. Emma l'observa sans rien dire. Elle se doutait que cela devait être difficile pour lui. Moe attendit quelques secondes et soupira profondément.
« Vous savez shérif, ma fille a disparu il y a maintenant trois ans. J'ai perdu tout espoir de la revoir un jour.
-Monsieur French, il y a du nouveau dans l'enquête sur sa disparition. »
Une lueur d'espoir passa dans le regard de Moe.
« Je pense avoir retrouvé votre fille.
-Vous l'avez retrouvé shérif ? »
Un immense sourire se dessina sur ses lèvres.
« Malheureusement, dit Emma, la jeune femme que j'ai retrouvé n'a plus aucun souvenir, à part son prénom. Mais tout me fait penser qu'il s'agit de votre fille. Je voudrais que vous veniez avec moi, pour confirmer qu'il s'agit bien de Lacey.
-S'il vous plait shérif. Si c'est Lacey, je dois savoir.
-Nous l'avons invité à passer la nuit à l'appartement. Elle est encore chez nous en ce moment. »
Emma lui demanda de la suivre et Moe accepta. Tous deux sortirent de la boutique, que le fleuriste ferma pour le reste de la journée, et ils se dirigèrent vers la voiture d'Emma. En entrant dans le véhicule, Emma vit monsieur Gold de l'autre côté du trottoir. Ce dernier regardait attentivement Moe. Il était hors de question qu'il s'en prenne à nouveau à lui. Emma ferait tout pour protéger Moe et sa fille.
******
Moe et Emma arrivèrent à l'appartement de cette dernière au bout de quelques minutes. Ils montèrent à l'appartement, Emma ouvrit la porte et tous deux entrèrent. Lacey était assise dans le canapé, lisant le livre que Mary Margaret lui avait prêté. Elle était complètement absorbée par sa lecture et ne faisait pas attention à ce qu'il se passait autour d'elle. Moe s'approcha lentement d'elle.
« Lacey. »
La jeune femme se retourna. Elle observa Moe quelques instants, mais ne sembla pas le reconnaître. L'homme s'agenouilla près d'elle.
« Est-ce que tu me reconnais ? »
Lacey le regarda, réfléchissant qui pouvait bien être cet homme, lorsque soudain, une lueur éclaira son visage.
« Papa. »
Moe prit sa fille dans ses bras et se mit à pleurer. Emma sortit de l'appartement pour les laisser seuls.
******
Emma se gara devant le bureau du shérif et vit que Regina était entrain de l'attendre. À peine Emma était sortit de sa voiture que la maire se précipita vers elle.
« Je ne pensais pas vous revoir aussi vite, dit Emma.
-Avez-vous réussi à retrouver notre patiente ?
-Effectivement, je l'ai retrouvé. »
Regina sourit.
« Parfait, je vais tout de suite prévenir l'hôpital. »
Regina sortit son téléphone de son sac et commença à s'en aller, mais Emma l'interpella.
« Attendez ! Il se trouve que notre inconnue est la fille de Moe French, Lacey French. J'ai averti son père.
-Que dîtes-vous shérif ?
-Moe est avec elle et je ne pense pas qu'il soit d'accord pour que sa fille soit de nouveau enfermée. »
Le visage de Regina se durcit et elle ne put cacher la colère qu'elle ressentait.
« Cette jeune femme est malade. Elle représente un danger pour elle-même ainsi que pour les autres. Je ne suis pas sûre que vous saisissiez.
-Je saisis très bien. J'ai passé du temps avec Lacey et je peux vous jurer qu'elle n'est pas malade. Tout ce dont elle a besoin, c'est de retrouver une vie normale. »
Regina plissa les yeux. Emma voyait bien que cette situation ne lui plaisait pas, mais elle ne pouvait rien y faire.
« Très bien, dit la maire. J'espère que vous ne faîtes pas erreur. »
Regina partit, furieuse. Pourquoi est-ce que le fait que Lacey reste avec son père la mettait dans un état pareil ? Il était hors de question que Lacey se fasse de nouveau enfermer. Emma ferait tout pour empêcher ça.
******
Cela faisait une semaine que Lacey s'était échappée de l'hôpital et elle essayait maintenant de retrouver une vie normale. Elle était retournée vivre avec son père et ses souvenirs commençaient à lui revenir petit à petit. Elle se souvenait de son enfance, de ses années de lycée. Des journée passées dans la boutique de son père, à l'aider. Mais il restait toujours ce voile noir sur ce qu'il s'était passé il y a trois ans. Pourtant tout ceci lui semblait faux. C'était comme si elle avait les souvenirs de quelqu'un d'autre. Elle n'avait parlé de ça à personne. Après tout, à quoi cela servirait-il. Son père serait simplement plus inquiet pour elle qu'il ne l'était déjà.
Lacey avait quand même réussit à le convaincre qu'elle pouvait sortir seule et elle avait décidé d'explorer la ville. Les rues dans lesquelles elle passait lui étaient à la fois si familières et étrangères. C'était une sensation vraiment étrange. Elle avait passé la matinée à aller dans les différentes boutiques de la ville. Elle passa ensuite devant une boutique qui l'intrigua. Elle s'arrêta devant et regarda à travers la vitrine, mais il faisait beaucoup trop sombre. Elle ouvrit la porte et la clochette retentit. Il n'y avait personne au comptoir et elle profita pour regarder les différents objets sur les étagères. Elle trouva sur une table différents livres étalés. Elle en attrapa un et commença à le lire.
******
Monsieur Gold posa sa cane et s'assit à la table dans son arrière boutique. Il ouvrit son livre de compte et commença à écrire. Tout ce qu'il avait besoin en ce moment, c'était de se changer les idées. Dommage qu'il n'avait plus son rouet, cela lui aurait permis d'oublier tout ce qu'il s'était passé quelques jours auparavant avec August. Il avait été tellement persuadé d'avoir retrouvé son fils. Il était prêt à réparer ses erreurs, à ne plus être le Ténébreux. Mais maintenant, il avait l'impression d'avoir perdu Baelfire une seconde fois. Il entendit la clochette de sa boutique retentir et soupira. Il se demandait bien qui cela pouvait être. Après tout, il avait récupéré tous les loyers et les deux seules personnes à oser mettre les pieds dans sa boutique étaient Emma et Regina. Il attendit quelques minutes, mais la personne ne semblait pas vouloir partir. Il se doutait qu'il ne s'agissait ni du shérif, ni du maire, elles auraient signalé leur présence depuis longtemps. Il prit sa cane, se leva et se dirigea vers sa boutique. Il y trouva une jeune femme aux cheveux châtains, lui tournant le dos et entrain de lire un livre. Gold soupira. Il détestait vraiment ce genre de client qui se croyait dans une bibliothèque et qui au final n'achetait rien. Il se plaça derrière la jeune femme et signala sa présence.
« Puis-je vous aider ? »
La jeune femme sursauta et reposa le livre.
« Je suis désolée, dit-elle. J'ai commencé à lire la première page et je n'ai pas pu m'arrêter. »
Elle se retourna et Gold crut que son cœur allait s'arrêter. Ça ne pouvait qu'être une illusion. Mais pourtant, ces yeux bleus, cette chevelure châtain, ce teint blanc. Ça ne pouvait être qu'elle. Belle. Il avança lentement vers elle et posa sa main sur son bras. Elle était réelle. Pendant toutes ces années, il l'avait cru morte, il avait cru Regina. Il se maudissait. Comment avait-il pu être aussi stupide pour croire ce qu'elle lui disait.
« Belle ! »
La jeune femme le regarda inquiète.
« Non, je m'appelle Lacey. »
Gold retira sa main. Lacey, bien sûr. Elle ne se souvenait pas de lui. Dans ce monde-ci, elle n'était plus la femme qu'il aimait.
« Est-ce que vous allez bien ? Demanda-t-elle. »
Gold ne put s'empêcher de sourire. Elle était peut-être quelqu'un d'autre à Storybrooke, mais certaines chose ne changeraient jamais.
« Je suis désolé, répondit-il. Je vous ai pris pour quelqu'un d'autre. »
Lacey l'observa quelques instants.
« Est-ce que je vous connais ?
-Non, on ne se connait pas. »
Lacey acquiesça, déçue.
« Je crois qu'il est temps que je parte. »
Elle se dirigea vers la sortie et entrouvrit la porte avant de se tourner.
« À bientôt. »
Elle sourit et sortit de la boutique. Monsieur Gold resta debout plusieurs minutes à regarder la porte et en serrant sa cane de toutes ses forces. Elle est vivante, pensa-t-il, ayant presque peur d'avoir imaginé toute la scène. Elle est vivante.
******
Lacey se leva et se prépara pour cette nouvelle journée. Son père était parti travailler depuis une heure et elle se retrouvait seule chez elle. Elle avait passé une bonne partie de la nuit à se remémorer la rencontre avec cet homme. Elle ne connaissait même pas son nom, pourtant, elle avait le sentiment de l'avoir déjà rencontré. Elle avait demandé à son père s'il le connaissait. Il avait l'air si effrayé et lui avait demandé pourquoi elle lui posait cette question. La seule réponse qu'elle avait eu était qu'il était un homme dangereux et que jamais elle ne devait s'approcher de lui. Pourtant, ce n'était pas le sentiment qu'elle avait eu en le rencontrant.
Lacey prit le livre qu'elle avait laissé sur la table basse du salon et sortit. Elle n'avait aucune envie de rester seule chez elle. Elle marcha un moment dans les rues de Storybrooke et décida de s'arrêter chez Granny. Au loin, elle vit l'homme de la boutique d'antiquité et lui fit un signe de la main. Il lui répondit simplement en hochant la tête et continua son chemin. Elle le regarda quelques secondes avant d'entrer dans le café. Elle s'installa à une table, ouvrit son livre et commença à le lire jusqu'à ce que Ruby vienne prendre sa commande. Lorsque cette dernière revient la servir, Lacey se décida à lui poser des questions sur cet homme. Après tout, si son père ne voulait pas lui répondre, elle trouvera elle-même les réponses. Elle avait déjà parlé avec la jeune serveuse quelques fois et savait qu'elle serait la meilleure personne pour la renseigner.
« Est-ce que je peux te demander quelque chose ? Demanda-t-elle. »
Ruby acquiesça.
« Est-ce que tu connais l'homme de la boutique d'antiquités ? »
Ruby pâlit et écarquilla les yeux.
« Monsieur Gold ! Pourquoi tu veux savoir ça ? »
Monsieur Gold, c'était son nom.
« Simple curiosité, répondit Lacey.
-Est-ce que tu lui dois de l'argent ? »
Lacey secoua négativement la tête et Ruby semblait un peu plus rassurée.
« Surtout ne t'approche pas de lui, ça ne t'apportera rien de bon.
-Pourquoi ?
-Ce n'est pas quelqu'un de bien, Gold est un vrai monstre. »
Ruby laissa Lacey lorsqu'un autre client l'appela pour passer commande. Lacey était perdue dans ses pensées. C'était la deuxième fois qu'on la mettait en garde contre monsieur Gold. Elle était sûre que si elle demandait à une autre personne, elle aurait certainement la même réponse. Peut-être avaient-ils raison et qu'elle devait se méfier. Mais de là à dire qu'il était un monstre. Elle n'était pas du genre à écouter les ragots et préférer se forger sa propre opinion. Elle n'aurait pas su dire pourquoi, mais elle avait l'impression que monsieur Gold était différent de ce qu'il voulait montrer.
******
Plusieurs jours étaient passés et Lacey avait installé une routine. Chaque jour, elle aidait son père à la boutique et l'après-midi, quand il n'avait pas besoin d'elle, elle sortait, prétextant aller explorer la ville ou aller voir Ruby, alors qu'elle allait à la boutique de monsieur Gold. Il avait été surpris la première fois qu'elle était retournée dans sa boutique, mais les jours qui suivirent il avait l'air heureux de la revoir. Il la laissait déambuler dans sa boutique, lire les livres anciens qui s'y trouvaient. Elle s'était même proposée à l'aider à ranger. Elle aimait passer du temps là-bas et être avec lui lui semblait familier, comme si se n'était pas la première fois qu'ils se retrouvaient ainsi. Comme tous les après-midis, Lacey était à la boutique, assise derrière le comptoir, lisant le livre que monsieur Gold lui avait prêté tandis qu'il finissait l'inventaire. Par moment, elle le voyait jeter des coups d'œil vers elle, mais cela ne la dérangeait pas et elle aimait cette ambiance apaisante qu'elle ressentait quand elle était avec lui. Elle referma le livre et toucha avec le bout des doigts les lettres dorées sur la couverture : La Belle et la bête.
« Le livre ne vous plait pas ? »
Lacey leva le regard vers monsieur Gold qui avançait vers elle.
« Si, c'est une belle histoire. Mais j'aurais cru qu'elle se déroulerait autrement. »
Monsieur Gold était maintenant près d'elle. Il prit le livre dans ses mains et feuilleta quelques pages en souriant. Le cœur de Lacey se mit à battre un peu plus fort. Elle ferma les yeux quelques instants, tentant de faire reprendre à son cœur un rythme régulier. Qu'est-ce qu'il lui prenait ? Ce n'était pas la première fois qu'il était près d'elle et qu'ils discutaient de littérature. Elle fut sortie de ses pensées lorsque la porte s'ouvrit. Elle ouvrit les yeux et vit un garçon d'une dizaine d'année entrer.
« Henry, dit monsieur Gold en se dirigeant vers le garçon. Est-ce que je peux t'aider ? »
Henry regarda partout autour de lui avant de répondre.
« C'est bientôt l'anniversaire de ma mère et je voudrais lui acheter quelque chose. »
Monsieur Gold lui montra alors les différents objets à vendre que Henry regardait attentivement. Lacey se leva.
« Il est temps que j'y aille, dit-elle. Merci pour le livre. »
Monsieur Gold acquiesça, ayant l'air déçu de la voir partir aussi vite. Elle le salua, lança un sourire à Henry qui lui répondit et sortit de la boutique.
******
Emma ouvrit la porte du café de Granny et y entra. Elle vit Henry assit à une table, plonger dans son livre de conte, une tasse de chocolat fumante devant lui. Elle alla le rejoindre et s'assit en face de lui.
« Hey ! Salua Emma. »
Henry leva la tête, lui répondit avec un sourire et retourna à la lecture de son livre.
« Alors, dit Emma. Où en est-on avec l'opération Cobra ? »
Cette question fit sourire Henry. Même s'il savait qu'elle ne croyait pas au sort, au moins, elle s'intéressait à lui. Il regarda nouveau dans son livre, fronçant les sourcils.
« J'essaye de découvrir qui est mademoiselle French, mais le livre ne parle d'aucune prisonnière. »
Il feuilleta quelques pages et regarda à nouveau Emma.
« C'est comme pour monsieur Gold, je ne sais toujours pas qui il est. Si seulement il y avait des indices, comme la bague de mademoiselle Blanchard. C'est comme ça que j'ai découvert qu'elle était Blanche Neige. »
Emma réfléchit. Elle ne croyait peut-être pas à toutes ces histoires de conte, mais si l'opération Cobra lui permettait de passer du temps avec son fils, alors elle l'aiderait.
« Peut-être sa cane.
-Non, c'est quelque chose de plus personnel, à laquelle il tient. J'ai essayé de trouver quelque chose dans sa boutique, mais il n'y avait rien d'intéressant. Tu te souviens de ce que monsieur French lui avait volé ? »
À vrai dire, se remémora Emma, ce n'était que des objets sans importance, même monsieur Gold avait l'air de s'en désintéresser. Et puis, elle se souvenue. Lorsqu'il avait été arrêté, il avait une tasse avec lui. Ça ne pouvait être que Regina qui lui avait donné quand elle était restée seule avec lui. Il tenait délicatement cette tasse dans ses mains et la regardait comme le plus précieux des trésors. Jamais elle ne l'avait vu agir comme ça. Quand elle lui avait demandé ce qu'était cette tasse, il lui avait répondu avec mépris de s'occuper de ses affaires.
« Une tasse, dit Emma. Ça pourrait être ça ?
-Une tasse ? Demanda Henry. Une tasse blanche ébréchée ?
-Elle était plutôt cassée, il manquait un morceau. »
Henry tourna les pages de son livre jusqu'à ce qu'il trouve l'histoire qui l'intéressait et se mit à sourire.
« Je sais qui ils sont ! Monsieur Gold est Rumplestiltskin et mademoiselle French est Belle de La Belle et la Bête. C'est le véritable amour de Rumplestiltskin.
-Je croyais que Belle tombait amoureuse de la bête.
-Dans l'autre monde Rumplestiltskin et la bête ne font qu'un. Regarde. »
Il tourna le livre vers Emma et lui montra un dessin de Rumplestiltskin offrant une rose à Belle. Une chose était sûre, elle ne voyait aucune ressemblance entre monsieur Gold et Lacey. Elle reporta son regard vers Henry qui fronçait les sourcils.
« Pourtant, dit-il, à la fin de l'histoire, la reine annonce à Rumplestiltskin que Belle s'est jetée d'en haut d'une tour après être rentrée chez elle. Si elle est morte, elle ne devrait pas se trouver à Storybrooke.
-Alors peut-être qu'il ne s'agit pas de Lacey. »
Henry écarquilla les yeux, comprenant ce que cette histoire cachait.
« La reine ! S'exclama-t-il. Elle a menti à Rumplestiltskin en lui racontant que Belle s'était tuée alors qu'elle la gardait prisonnière. Ce qui expliquerait pourquoi mademoiselle French était enfermée à l'hôpital.
-Pourquoi est-ce que la reine aurait fait ça ?
-Pour ne pas que Rumplestiltskin ait sa fin heureuse. »
Henry semblait fier de sa théorie. Il était vraiment persuadé que Lacey faisait partie de l'histoire de La Belle et la Bête. Et à vrai dire, Emma avait beaucoup de mal à croire que monsieur Gold puisse un jour se transformer en prince. Il ne fallait pas que Henry parle de cette histoire à Lacey. Cette pauvre fille venait à peine de retrouver une vie normale.
« Tu es sûre ? Demanda Emma. Si ça se trouve, la reine n'a pas menti.
-Elle a menti. C'est pour ça que j'ai vu monsieur Gold et mademoiselle French ensemble. »
Emma se redressa, coupant Henry dans ses explications.
« Quand est-ce que tu les as vu ensemble ?
-Hier, à la boutique de monsieur Gold.
-Et que faisaient-ils ? »
Le jeune garçon la regarda surpris, se demandant pourquoi elle voulait savoir ça.
« Henry, c'est sérieux. Qu'est-ce qu'ils faisaient ?
-Ils parlaient. »
Ce n'est pas bon, pensa Emma. Et si Gold se servait de Lacey pour atteindre son père. Il détestait cet homme. Il a même faillit le tuer ! C'est alors que quelque chose lui revint en mémoire. Elle se souvenait de ce que Gold avait dit à Moe :
« Elle ne reviendra pas et c'est votre faute ! »
Est-ce qu'il parlait de Lacey ? Était-ce pour ça qu'il s'en était pris aussi violemment à Moe ? Parce qu'il croyait qu'il avait fait du mal à sa fille. Mais peut-être qu'elle se trompait et que Gold cherchait seulement à moyen d'atteindre Moe. Il fallait qu'elle en ait le cœur net.
******
Emma entra chez le fleuriste. Elle y vit Lacey, assise derrière le comptoir et entrain de lire un livre. La jeune femme leva les yeux vers le shérif. Elle lui sourit, referma son livre et se leva pour l'accueillir.
« Emma, je peux t'aider ?
-Je suis juste venue voir comment ça allait.
-Je vais bien, merci. »
Emma s'approcha et tendit l'oreille. Elle n'entendit aucun bruit. Apparemment, Moe n'était pas là. Tant mieux, pensa le shérif, comme ça elle pouvait lui poser tranquillement des questions.
« Tu arrives à te faire à la vie à Storybrooke.
-Oui, j'ai pris mes marques.
-Et tu as fait des rencontres ? »
Lacey acquiesça.
« Je parle souvent avec Ruby quand je vais au café.
-Et tu n'as pas parlé avec monsieur Gold ? »
L'expression de Lacey se figea à peine une seconde, avant de se reprendre.
« Henry m'a dit qu'il vous avez vu.
-Henry ? Le petit garçon que j'ai croisé ? »
Emma acquiesça, attendant que Lacey continue.
« J'ai été à la boutique de monsieur Gold pour acheter de vieux livres qu'il avait.
-Et c'est tout ? Tu lui as juste acheté des livres ?
-Oui. »
Emma soupira. Lacey venait de lui mentir, elle en était sûre.
« Lacey, je sais quand les gens mentent et tu es entrain de me mentir. »
Lacey regarda ses mains quelques secondes avant de lever les yeux vers Emma.
« Je n'ai pas juste acheté des livres. J'aime bien passer du temps dans sa boutique. On parle de littérature, il m'explique l'histoire des objets qu'il vend. Des fois je l'aide aussi.
-Lacey, je commence à connaître monsieur Gold et crois-moi, ce que l'on raconte sur lui n'est pas tout à fait faux. »
Lacey commença à s'énerver. Elle n'avait pas besoin d'écouter ce que pouvait penser les autres. Elle savait qui était vraiment monsieur Gold et ça lui suffisait.
« J'en sais suffisamment sur lui pour me faire ma propre opinion. J'aime parler avec lui, il me fait rire et c'est l'une des rares personnes dans cette ville à ne pas me regarder comme si j'étais folle. Maintenant Emma, si tu n'as rien à acheter, tu peux sortir. »
Emma acquiesça et se dirigea vers la porte. Elle posa sa main sur la poignée, mais se retourna une dernière fois vers Lacey.
« Fais quand même attention à toi. »
Elle ouvrit la porte et sortit de la boutique.
******
Cela faisait maintenant plusieurs jours que Regina avait remarqué leur petit manège. Elle observa Lacey alors que celle-ci sortait de la boutique de monsieur Gold pour se diriger vers le café de Granny et se mit à sourire. Bien sûr, elle avait été furieuse lorsque Lacey s'était échappée de l'hôpital, ceci ne faisait pas du tout parti de ses plans et elle détestait que tout ne se passe pas comme elle l'avait prévu. Mais une chose était sûre, dans ce monde-ci où dans l'autre, elle ferait tout pour que Rumplestiltskin n'ait pas sa fin heureuse. Regina reprit son chemin jusqu'à la boutique de Moe. Il était maintenant temps qu'elle s'en mêle. Elle vit le fleuriste sortir de sa boutique et charger plusieurs bouquets dans sa camionnette.
« Moe ! Appela-t-elle. »
Celui-ci lui sourit timidement et la salua, tout en continuant de charger sa camionnette.
« Est-ce que je peux vous aider ? Demanda-t-il.
-Je voulais juste prendre des nouvelles de vous et de votre fille. Encore une fois, je suis désolée pour ce qu'il c'est passé. Si j'avais su que Lacey était votre fille, j'aurais tout fait pour que tout se passe autrement.
-L'important, c'est que Lacey soit rentrée et que nous pouvons continuer à vivre comme avant. »
Regina acquiesça.
« C'est vrai, mais je m'inquiète pour elle. »
Moe s'arrêta de travailla et fixa la femme devant lui.
« Comment ça ?
-Cela fait plusieurs jours que je la vois aller dans la boutique de monsieur Gold et j'ai peur qu'il ne s'en prenne à elle. Après ce qu'il vous a fait. »
Moe passa sa main dans les cheveux, de plus en plus inquiet.
« J'ai voulu vous avertir.
-Oui, vous avez bien fait. Je vais parler avec Lacey. Merci Regina. »
Regina lui dit au revoir et partit en direction de la mairie, un immense sourire au lèvres.
******
Lacey ouvrit la porte de chez elle et entra. Elle venait de passer une nouvelle après-midi dans la boutique de monsieur Gold à l'aider. À part Emma, personne ne semblait au courant de ce qu'il se passait. Et à vrai dire, elle préférait que cela reste ainsi. Elle n'avait aucune envie d'inquiéter son père pour quelque chose qui avait si peu d'importance et elle n'avait aucune envie non plus que les habitant de la ville se mêle de sa vie. Elle alla monter dans sa chambre quand son père l'appela.
« Lacey. »
La jeune femme se retourna et le vit arriver du salon. C'était étrange, il lui avait dit qu'il allait rentrer plus tard.
« Papa, je ne t'avais pas vu. Qu'est-ce que tu fais là ?
-Je t'attendais. Viens avec moi s'il te plait. »
Il se dirigea vers le salon et Lacey le suivit. Il lui fit signe de s'asseoir sur le canapé. Elle s'exécuta, se demanda pourquoi son père arborait cette expression aussi grave.
« Papa, qu'est-ce qu'il se passe ? »
Moe resta silencieux quelques secondes, faisant les cents pas. Il se plaça devant sa fille et finit par lui dire :
« J'ai appris que tu passais beaucoup de temps dans la boutique de Gold. Est-ce que c'est vrai ? »
Lacey écarquilla les yeux. Comment pouvait-il être au courant ? Elle décida de lui dire la vérité, cela ne savait plus à rien de lui mentir, en plus, elle n'avait jamais était très douée.
« C'est vrai. »
Moe soupira et la regarda inquiet.
« Est-ce qu'il t'oblige à faire quoi que se soit ? Tu peux tout me dire, on ira parler au shérif, ne t'inquiète pas, il ne pourra rien te faire.
-Il ne m'oblige à rien. J'aime passer du temps là-bas. »
Le visage de Moe se décomposa.
« As-tu perdu la tête. Il est dangereux Lacey, il est hors de question que tu continues à aller là-bas.
-Comment peux-tu le juger ainsi, tu ne le connais pas.
-Crois-moi, j'en connais suffisamment pour savoir que tu ne dois pas t'approcher de lui. »
Lacey se leva d'un bond du canapé. Pourquoi son père refusait de voir la vérité sur monsieur Gold. Qu'il n'était pas le monstre que la ville décrivait.
« Qu'est- ce qu'il s'est passé pour que tu le détestes à ce point ? Demanda-t-elle. »
Moe se figea et fixa Lacey.
« Il m'a agressé. Si le shérif Swan n'était pas arrivée à temps, il m'aurait tué. À cause de lui, je suis resté plusieurs semaines à l'hôpital. »
Le visage de Lacey se décomposa, ses mains se mirent à trembler. Ce n'était pas possible, il n'aurait jamais fait ça. Ce n'était pas l'homme qu'elle avait appris à connaître.
« Pourquoi ? Demanda-t-elle d'une voix faible. Pourquoi a-t-il fait ça ?
-Parce qu'il est dangereux. »
Moe s'approcha de sa fille et lui prit les mains.
« Tu comprends maintenant ? »
Mais Lacey ne l'écoutait plus. Elle retira ses mains et se dirigea vers la porte.
« Il faut que je lui parle, dit Lacey.
-Lacey, qu'est-ce que tu fais ? Lacey ! »
Elle ouvrit la porte et sortit de chez elle. Une fois dehors, elle se mit à courir aussi vite qu'elle pouvait jusqu'à la boutique de Monsieur Gold. Il fallait qu'elle sache. Qu'elle sache si son père disait la vérité. Et si c'était vrai, pourquoi il avait fait ça ? Il ne pouvait pas s'être adonné à un tel acte de violence gratuitement. Elle ne s'arrêta pas de courir, ses jambes commençaient à lui faire mal. Elle arriva enfin devant la boutique de monsieur Gold et ouvrit violemment la porte. Comme à son habitude, la boutique était vide. Monsieur Gold arriva de l'arrière boutique et semblait surpris de la voir.
« Lacey ?
-Est-ce que c'est vrai ? Demanda-t-elle à bout de souffle. »
Le visage de Monsieur Gold se referma. Il ne montrait plus aucune émotion.
« Quoi donc très chère ? Demanda-t-il.
-Vous avez agressé mon père. »
Les yeux de monsieur Gold se plissèrent. Ses mains serraient sa cane de plus en plus fort.
« Alors ? Insista Lacey.
-Il me semble que vous connaissez déjà la réponse. »
Lacey avait l'impression que son cœur allait s'arrêter. Comment avait-il pu faire ça ? Elle avait refusé de croire ce que les habitants de la ville pouvaient dire sur lui. Elle avait même pris sa défense face à son père. Elle avait l'impression d'avoir été trompée, qu'il s'était moqué d'elle depuis le début. Elle sentait une immense colère.
« Pourquoi ? Pourquoi avez-vous fait ça ? »
Monsieur Gold était de plus en plus furieux. Il n'avait pas bougé d'un centimètre, mais son regard devint noir.
« Parce qu'il m'a volé.
-Et pour ça, vous l'avez envoyé à l'hôpital ?
-Il m'a volé ce que j'ai de plus précieux. »
Lacey ferma les yeux et secoua la tête, ne voulant plus l'écouter.
« Je ne veux plus vous revoir ! Hurla-t-elle. »
Elle quitta la boutique aussi vite qu'elle était arrivée. Monsieur Gold était furieux. Il leva sa cane et détruisit toutes les vitrines de sa boutique. Il frappa encore et encore jusqu'à ce que la colère diminue. Pourquoi ne voulait-elle pas comprendre ? Belle, elle, l'aurait écouté. Elle ne l'aurait pas jugé comme venait de le faire Lacey. Il s'arrêta de frapper, à bout de force. Des morceaux de verres étaient éparpillés partout autour de lui.
******
Une semaine s'était écoulée et Lacey avait passé ses derniers jours à éviter monsieur Gold. Elle se trouvait dans la boutique de son père, préparant un bouquet que Ruby avait commandé pour l'anniversaire de sa grand-mère. Mais elle n'arrivait pas à oublier ce que lui avait dit monsieur Gold. « Il m'a volé ce que j'ai de plus précieux. » Qu'est-ce que son père avait bien pu lui voler pour que monsieur Gold soit furieux à ce point ? Moe sortit de l'arrière boutique, un immense bouquet dans les mains, une commande qu'il devait livrer.
« Tout va bien ? Demanda Moe. »
Lacey sortit de ses pensées. Elle ne s'était pas rendu compte qu'elle était entrain de fixer son père.
« Est-ce que je peux te poser une question ? »
Moe acquiesça. Lacey se tut quelques secondes, hésitante, avant de se lancer.
« Qu'est-ce que tu as volé à monsieur Gold ? »
Moe posa le bouquet sur le comptoir et perdit son sourire.
« Je croyais que la question était réglée. Pourquoi veux-tu savoir ça ?
-S'il te plait, réponds-moi. »
Moe se passa les mains sur le visage et était de plus en plus nerveux.
« C'est le maire Mills. Elle voulait que je rentre chez lui et que je lui vole quelque chose. »
Un frisson d'angoisse traversa Lacey lorsqu'elle entendit le nom du maire.
« J'étais désespéré. Gold m'avait tout pris, je ne pouvais plus travailler. Alors je lui ai ramené plusieurs objets, mais elle ne voulait en garder qu'un. C'était une tasse blanche cassée. »
Une tasse blanche cassée. Une image passa alors dans l'esprit de Lacey. Elle se voyait dans une magnifique robe jaune, ramassant une tasse blanche sur laquelle un morceau venait de se casser. Elle leva les yeux vert un homme à la peau dorée et verte. Il l'observait, assis au bout d'une grande table.
« Je suis désolée, je l'ai ébréchée. Mais c'est à peine si ça se voit, lui avait-elle dit en espérant qu'il ne se mette pas en colère.
-Ce n'est qu'une simple tasse. »
Cette image n'avait duré qu'une seconde, mais cela la perturbait. Qu'est-ce que ça voulait dire ?
« Maintenant cette histoire est close, dit Moe. »
Il attrapa le bouquet et sortit de la boutique pour commencer ses livraisons. Lacey resta un moment sans bouger, réfléchissant à cette image qui lui restait en mémoire. Elle ne comprenait pas, mais tout ce qu'elle savait, c'était que cet homme était monsieur Gold. Elle en était sûre. Elle sortit, ferma la boutique et se dirigea vers celle de monsieur Gold. Il fallait qu'elle le voit. Lui seul avait les réponses à ses questions. Elle arriva devant sa boutique et y entra. Il se trouvait derrière le comptoir et réparait une vieille horloge. Il leva les yeux vers elle.
« Lacey. Je ne pensais pas vous revoir. »
Lacey s'approcha de lui et le regarda droit dans les yeux.
« J'ai parlé avec mon père du cambriolage. Il m'a dit pour la tasse cassée. »
Monsieur Gold resta impassible, ce qui rendit Lacey un peu plus nerveuse.
« Je voudrais voir cette tasse.
-Et pourquoi ça très chère ?
-Quand mon père m'a parlé de cette tasse, j'ai... J'ai eu une sorte de flash. C'était comme un souvenir. »
Monsieur Gold écarquilla les yeux. Il devait probablement la prendre pour une folle maintenant, pensa-t-elle, comme la plupart des habitants de la ville. Mais il lui demanda d'attendre et alla dans l'arrière boutique. Il revint quelques secondes plus tard, une tasse blanche à laquelle il manquait un morceau, à la main. Il la lui tendit et la regarda comme s'il espérait quelque chose. Elle prit délicatement la tasse dans ses mains et passa son pouce sur la partie cassée. C'est alors que cette étrange sensation recommença. Mais cette fois-ci, plusieurs images défilèrent dans son esprit.
Lacey se trouvait dans une grande salle. Le genre de salle que l'on pouvait trouver dans un château. Avec elle se trouvait son père, un autre homme brun et une créature à la peau doré et habillée de cuire. La créature s'adressa à elle avec un sourire.
« C'est pour toujours, très chère. »
C'est alors que tout lui revint. Il s'agissait de Rumplestiltskin, le Ténébreux, l'être le plus craint au monde et elle avait promis de le suivre pour toujours pour sauver son village. Dans ce monde ci, elle n'était plus Lacey French, mais Belle, fille du Seigneur Maurice.
Elle se revoyait au château des ténèbres, agenouillée, ramassant la tasse qu'elle venait de faire tomber, effrayée pour la première fois de ce que Rumplestiltskin pouvait lui faire.
« Je suis désolée, je l'ai ébréchée. Mais c'est à peine si ça se voit.
-Ce n'est qu'une simple tasse. »
Il avait l'air surpris de sa réaction, comme si elle n'aurait pas dû avoir peur pour quelque chose qui avait si peu d'importance. Mais depuis ce jour, Rumplestiltskin insistait pour boire son thé dans cette tasse ébréchée.
Les images défilèrent de plus en plus vite. Elle revivait toute sa vie en à peine quelques secondes.
« Dîtes, pourquoi passez-vous tant de temps sur votre rouet ?
-J'aime faire tourner la roue, ça m'aide à oublier.
-Oubliez quoi ?
-Je crois que ça a marché. »
« Je crois que vous vous sentiez seul. N'importe quel homme se sentirait seul.
-Mais je ne suis pas un homme. »
« C'est un amour véritable ! Pourquoi ne me croyez-vous pas ?
-Parce que personne ne pourra jamais m'aimer ! »
« Tout ce qu'il vous restera, c'est un grand vide dans votre cœur et une tasse ébréchée. »
Elle regarda l'homme devant elle. C'était bien lui. Un immense sourire se dessina sur son visage.
« Rumplestiltskin. Je me souviens.
-Belle. »
Il mit plusieurs secondes à réaliser que c'était réelle. Belle était bien là et elle se souvenait de lui, de ce qu'ils avaient vécu. Elle ne le regardait plus comme un étranger. Il s'approcha et la serra dans ses bras, aussi fort qu'il pouvait, de peur qu'elle ne disparaisse à nouveau.
« Je t'aime, dit-elle. »
Rumplestiltskin s'écarta un peu et lui caressa la joue.
« Je t'aime aussi. Belle, je suis désolé pour se qu'il s'est passé. »
Il était tellement désolé. Si seulement il l'avait écouté, s'il n'avait pas laissé la colère l'envahir, il aurait pu la protéger de Regina.
« Je sais Rumplestiltskin. Je sais. »
Il approcha ses lèvres des siennes et tous deux s'embrassèrent. Plus rien maintenant ne pourra les empêcher d'être ensemble, ni la magie, ni Regina. Et bientôt, le sort sera rompu et il pourra enfin retrouver Baelfire avec Belle à ses côté. Il avait enfin sa fin heureuse.
Fin
The Girl with the Stolen Memories
Fandom : Once Upon A Time
Relationship : Rumplestiltskin x Belle
My AUpril 2026 contribution for the prompt : Canon Divergent.
I’m sorry for the mistakes, English is not my native language. I hope you like it.
Summary : And if Jefferson had helped Belle escape earlier in Season 1, what would have happened ?
Disclaimer : Once Upon A Time belongs to Edward Kitsis, Adam Horowitz and ABC.
@au-pril-blog
AO3 / FF.NET
She opened her eyes. She had just spent a restless night, strange dreams once again disturbing her sleep. It was always the same dream with that person. She did not know who he was, but she was sure it was a man. She could never see his face. Sometimes she wondered if this man was real, if she had already met him, or if she had invented him.
To be honest, she no longer managed to distinguish what was real from what was not. All she remembered was her first name, Lacey, and that she had been locked in this tiny room for years, with only the nurses visiting her to make her take different kinds of pills. And there was also that woman who had come to see her a few rare times. Lacey did not know who she was, but her visits frightened her, as if that woman meant her harm. But in those moments, she thought of the man from her dreams, and it reassured her. She managed to hope that someone was waiting for her somewhere and that he would come for her. Despite the days passing in that horrible place, she wanted to keep hope. She sat on her bed and pulled her knees to her chest. The door opened and a man entered, holding a meal tray. She guessed it must be morning; she had completely lost track of time. She looked at the nurse who set the tray in front of her. It was the first time she had seen him.
“I’ve never seen you before,” she dared to say.
“It’s my first day,” he simply replied.
He was about to leave when Lacey called out to him again.
“Wait! What’s your name ?”
“Jefferson.”
Jefferson looked at her one last time before adding :
“It’s a beautiful day to go outside.”
Lacey did not understand. Why was he telling her that ? She had been locked up for years. She looked at her tray and was surprised to see that her pills were not there. It was the first time someone had forgotten them. She lifted her eyes toward where Jefferson had been standing, but he was gone, leaving the door slightly open. Lacey stared at the door for a few seconds, expecting the nurse to return. She stood up and listened. There was no sound. She moved forward, pushed the door, and stepped into the hallway. This was her chance to escape this prison.
She walked down the hallway and reached the nurse’s desk. The nurse seemed to be deeply asleep, a cup of still-warm tea sitting on her desk. Lacey looked toward the door and saw a man disappear; she recognized the nurse and followed him. She felt as though he was showing her the way. She reached the hospital’s main hall. The first thing that shocked her was all the people there. Nurses, doctors, patients. She was not used to seeing so many people. But despite the crowd, no one paid attention to her. They probably thought she was just another patient. She headed toward the exit, trying to go unnoticed. She was so close; she did not want to be caught and sent back to that hell. She finally stepped outside and took a deep breath. How long had it been since she had felt the sun on her skin, the wind in her hair ? She had stopped counting after several months. Her head was spinning, but she refused to stop. She kept walking straight ahead, toward the town.
******
Emma was at Granny’s diner with Mary Margaret. It was a routine the two of them had settled into since Emma had moved in. And she did not complain. She liked having found a true friend in Mary Margaret. At times, she even considered her family.
The diner door opened and Mr. Gold walked in. Silence fell as he went to sit at the counter. Granny came out of the kitchen and approached him, an envelope in hand, probably the rent he had come to collect. After a few seconds, he slipped the envelope into the inside pocket of his jacket, stood up, and headed for the exit. He passed by Emma and Mary Margaret’s table and gave them a crooked smile.
“Miss Blanchard, Sheriff Swan,” he greeted them.
Mary Margaret replied politely, and he left. Emma felt as though everyone in the diner had just started breathing again. That man truly unnerved her. Her only satisfaction had been putting him behind bars, even if only for a few hours. A smile tugged at her lips. If only she could do it again. The door opened once more; David walked in and sat at a table. Emma looked at Mary Margaret, who seemed increasingly uncomfortable.
“Do you want us to leave ?” Emma offered.
“Please.”
Since her release from jail, Mary Margaret had been trying to avoid David at all costs, even though he did everything he could to talk to her. The two women stood up and left the diner. Outside, they headed toward Emma’s car parked across the street.
“I can drive you to work if you want,” Emma offered.
“Thanks, but it’s fine. I still have time, I’ll walk a bit.”
Emma was about to answer when something caught her attention. A young brunette woman was heading toward a small alley. She looked completely lost, and the strangest part was that she was wearing hospital clothes.
“Emma, are you okay ?”
She turned to her friend and nodded. Then she looked back toward the young woman, who seemed to have disappeared. Emma walked toward the alley, Mary Margaret following closely, worried about her friend’s behavior. When they reached it, Emma saw the young woman looking around in every direction. Yes, she was definitely lost.
“Excuse me,” Emma said.
The young woman jumped and turned around. She had long curly brown hair, unbrushed, pale skin, and blue eyes. She was very beautiful and looked to be in her twenties. Emma studied her but did not recognize her. It was the first time she had seen her in Storybrooke.
“Can we help you ?” Emma asked.
The young woman didn’t answer and seemed wary.
“Are you lost ?” The sheriff tried again. “Do you want us to take you back to the hospital ?”
The young woman’s eyes widened and she began to tremble. Panic rose in her, and she stepped back.
“No !” She exclaimed. “Don’t take me back there, please. Don’t take me back !”
“Alright, you won’t go to the hospital, don’t worry. But at least tell me your name.”
“La… Lacey.”
Emma nodded. Lacey slowly calmed down, reassured that she wouldn’t be sent back.
“And your last name ?”
“I… I don’t know.”
Emma and Mary Margaret exchanged a look. How could she not know her own last name ?
“It’s alright,” Emma said. “Come with me, we’ll try to figure out who you are.”
But Lacey did not move.
“Don’t worry, I promise we won’t go to the hospital. I just want to help you.”
Lacey looked at her for a few seconds, wondering if she could trust them. But she had no other choice. She was in an unknown town, not even knowing her own last name. She finally nodded and followed Emma, who led her to the sheriff’s station.
******
The next morning, Emma arrived at work, sat behind her desk, and let out a sigh. The Lacey mystery remained unsolved. Except for her first name, the young woman remembered nothing, aside from having been locked in a hospital room. While waiting to learn more, she was living with Emma and Mary Margaret. The latter had insisted she stay with them until they found out more. “She has nowhere to go,” Mary Margaret had said. “We can’t leave her alone.” And Emma had eventually agreed.
The office door opened and Regina walked in. Emma sighed. What could she possibly want now ? The mayor stopped in front of her desk and, without waiting, got straight to the point.
“Miss Swan, I urgently need you for a missing person case.”
“Good morning to you too, Regina.”
Regina rolled her eyes, annoyed.
“Spare me the jokes. This case is very serious.”
Emma straightened in her chair. After all, she was the town sheriff, and finding missing people was her specialty.
“Who am I looking for ?” She asked.
“A patient from the psychiatric ward disappeared yesterday.”
Lacey’s face flashed in Emma’s mind. Could it be her ?
“Can you give me her name, or any information that might help ?” Emma asked.
“Unfortunately, no one knows her name.”
Emma raised her eyebrows. How could the hospital staff not know a patient’s name ?
“What do you mean, you don’t know her name ?”
“This young woman was found in the forest three years ago. She remembered nothing and was rambling. The doctors thought it best to keep her in the psychiatric ward so she wouldn’t be a danger to herself or others.”
“And no one tried to find out who she was ?”
“Of course they did, but the investigation led nowhere.”
Regina gave her a physical description of the patient, and Emma was now convinced it was Lacey.
“I’m counting on you to find her as soon as possible,” Regina said. “I wouldn’t want anything to happen to her.”
Emma nodded, telling her she would begin the search. Regina left the sheriff’s office, satisfied with the answer.
One thing was certain, Regina’s visit had motivated Emma to discover who Lacey really was. She knew the mayor had spoken about the young woman for a reason, and if Regina was involved, it could not be good. Emma stood up and went to get the missing persons files. Storybrooke was a small town, it shouldn’t take long, she thought. She placed the files on her desk and began going through them.
After an hour, she came across the file of Lacey French. It had to be her, Emma thought. There was no photo. Emma read the file carefully. It could only be the girl she had met the day before. Lacey was Moe French’s daughter and had disappeared overnight three years earlier. Emma remembered Moe French well, the man Mr. Gold could have killed if she had not intervened. What could have happened to Lacey, she wondered. What was she doing in the hospital, and what did Regina have to do with it ? Emma stood up and left her office. She knew what she had to do: she had to tell Moe she had found his daughter.
******
Emma parked in front of Moe’s shop and stepped out of her car. She walked to the shop and entered. Dr. Whale passed by her, greeting her as he left, holding a large bouquet of flowers, probably for a new conquest he intended to charm. She approached the counter and was greeted by Moe, who smiled at her. He seemed to have fully recovered from the injuries Mr. Gold had inflicted on him.
“Sheriff Swan,” Moe said. “What can I do for you ?”
Emma took a deep breath. He needed to know the truth.
“Actually,” Emma replied, “I’m here to talk about your daughter. Is there somewhere we could speak privately ?”
Moe’s smile faded, sadness settling in his eyes. He asked her to follow him, and they went into the back room. Moe sat at the table in the middle of the room and invited Emma to do the same. Emma watched him silently. She knew this must be difficult for him. Moe waited a few seconds and let out a deep sigh.
“You know, Sheriff, my daughter disappeared three years ago. I’ve lost all hope of ever seeing her again.”
“Mr. French, there’s been a development in the investigation into her disappearance.”
A spark of hope lit Moe’s eyes.
“I believe I’ve found your daughter.”
“You found her, Sheriff?”
A wide smile spread across his face.
“Unfortunately,” Emma said, “the young woman I found has no memory left, except for her first name. But everything leads me to believe she’s your daughter. I’d like you to come with me to confirm it’s really Lacey.”
“Please, Sheriff. If it’s Lacey, I need to know.”
“We invited her to spend the night at the apartment. She’s still there now.”
Emma asked him to follow her, and Moe agreed. They both left the shop, which the florist closed for the rest of the day, and headed toward Emma’s car. As she got in, Emma saw Mr. Gold on the other side of the street. He was watching Moe intently. There was no way she would let him hurt him again. Emma would do everything she could to protect Moe and his daughter.
******
Moe and Emma arrived at the apartment a few minutes later. They went upstairs, Emma opened the door, and they entered. Lacey was sitting on the couch, reading the book Mary Margaret had lent her. She was completely absorbed in her reading and didn’t notice what was happening around her. Moe slowly approached her.
“Lacey.”
The young woman turned around. She looked at Moe for a moment but didn’t seem to recognize him. The man knelt beside her.
“Do you recognize me ?”
Lacey stared at him, trying to figure out who this man could be, when suddenly, a spark lit her face.
“Dad.”
Moe took his daughter in his arms and began to cry. Emma stepped out of the apartment to give them privacy.
******
Emma parked in front of the sheriff’s station and saw Regina waiting for her. As soon as Emma stepped out of her car, the mayor rushed toward her.
“I didn’t expect to see you again so soon,” Emma said.
“Have you managed to find our patient?”
“Yes, I found her.”
Regina smiled.
“Perfect, I’ll notify the hospital immediately.”
Regina pulled her phone from her bag and began to walk away, but Emma stopped her.
“Wait ! It turns out our mystery woman is Moe French’s daughter, Lacey French. I’ve informed her father.”
“What are you saying, Sheriff ?”
“Moe is with her, and I don’t think he’ll agree to have his daughter locked up again.”
Regina’s expression hardened, and she could not hide the anger rising in her.
“That young woman is ill. She’s a danger to herself and to others. I’m not sure you understand.”
“I understand perfectly. I’ve spent time with Lacey, and I can assure you she’s not sick. All she needs is to get her life back.”
Regina narrowed her eyes. Emma could clearly see she did not like this situation, but there was nothing she could do about it.
“Very well,” the mayor said. “I hope you’re not making a mistake.”
Regina left, furious. Why did the idea of Lacey staying with her father upset her so much ? There was no way Emma would let Lacey be locked up again. She would do everything to prevent it.
******
It had been a week since Lacey had escaped the hospital, and she was now trying to rebuild a normal life. She had moved back in with her father, and her memories were slowly returning. She remembered her childhood, her high school years, the days spent helping in her father’s shop. But there was still a dark veil over what had happened three years earlier. And yet, all of it felt wrong. As if she were remembering someone else’s life. She hadn’t told anyone. What would be the point ? Her father would only worry more than he already did.
Still, Lacey had managed to convince him that she could go out alone, and she had decided to explore the town. The streets she walked through felt both familiar and foreign. It was a strange sensation. She had spent the morning visiting various shops. Then she passed by a store that intrigued her. She stopped and looked through the window, but it was too dark inside. She opened the door, and the bell rang. No one was at the counter, so she took the opportunity to look at the objects on the shelves. On a table, she found several books spread out. She picked one up and began to read.
******
Mr. Gold set down his cane and sat at the table in his back room. He opened his ledger and began writing. All he needed right now was a distraction. Too bad he no longer had his spinning wheel, it would have helped him forget everything that had happened a few days earlier with August. He had been so convinced he had found his son. He had been ready to fix his mistakes, to stop being the Dark One. But now he felt as though he had lost Baelfire a second time.
He heard the bell of his shop ring and sighed. Who could it be ? He had already collected all the rents, and the only two people who dared set foot in his shop were Emma and Regina. He waited a few minutes, but the person did not seem to be leaving. It clearly was not the sheriff or the mayor, they would have announced themselves long ago. He grabbed his cane, stood up, and walked into the shop.
There he found a young woman with chestnut hair, her back turned to him, reading a book. Gold sighed. He truly hated this type of customer. The ones who treated his shop like a library and never bought anything. He stepped behind her and made his presence known.
“May I help you ?”
The young woman jumped and set the book down.
“I’m sorry,” she said. “I started reading the first page and couldn’t stop.”
She turned around, and Gold felt his heart stop. It had to be an illusion. But those blue eyes, that chestnut hair, that pale skin… It could only be her. Belle. He stepped toward her slowly and placed his hand on her arm. She was real. All these years, he had believed she was dead. He had believed Regina. He cursed himself. How could he have been so foolish as to trust her ?
“Belle !”
The young woman looked at him, worried.
“No, my name is Lacey.”
Gold withdrew his hand. Lacey, of course. She did not remember him. In this world, she was no longer the woman he loved.
“Are you alright ?” She asked.
Gold could not help but smile. She might be someone else in Storybrooke, but some things never changed.
“I’m sorry,” he said. “I mistook you for someone else.”
Lacey studied him for a moment.
“Do I know you ?”
“No, we don’t know each other.”
Lacey nodded, disappointed.
“I think it’s time for me to go.”
She walked toward the door, opened it slightly, then turned back.
“See you soon.”
She smiled and left the shop. Mr. Gold remained standing for several minutes, staring at the door and gripping his cane tightly. She’s alive, he thought, almost afraid he had imagined the whole scene. She’s alive.
******
Lacey got up and got ready for the new day. Her father had left for work an hour earlier, and she was alone at home. She had spent most of the night thinking about her encounter with that man. She did not even know his name, yet she felt as though she had met him before. She had asked her father if he knew him. He had looked terrified and asked her why she was bringing him up. The only answer she had gotten was that he was a dangerous man and that she should never go near him. Yet that was not the feeling she had had when she met him.
Lacey picked up the book she had left on the coffee table and stepped outside. She had no desire to stay home alone. She walked through the streets of Storybrooke for a while and decided to stop at Granny’s. In the distance, she saw the man from the antique shop and waved at him. He simply nodded in response and continued on his way. She watched him for a few seconds before entering the diner. She sat at a table, opened her book, and began reading until Ruby came to take her order. When Ruby returned with her drink, Lacey decided to ask her about the man. If her father refused to answer, she would find the answers herself. She had spoken with the young waitress a few times and knew she would be the best person to ask.
“Can I ask you something ?” She said.
Ruby nodded.
“Do you know the man from the pawnshop ?”
Ruby paled and widened her eyes.
“Mr. Gold ! Why do you want to know that ?”
Mr. Gold. That was his name.
“Just curiosity,” Lacey replied.
“Do you owe him money ?”
Lacey shook her head, and Ruby seemed slightly relieved.
“Whatever you do, don’t go near him. Nothing good will come of it.”
“Why ?”
“He’s not a good person. Gold is a real monster.”
Ruby left when another customer called her. Lacey was lost in thought. This was the second time someone warned her about Mr. Gold. She was sure that if she asked anyone else, she would get the same answer. Maybe they were right and she should be careful. But calling him a monster ? She was not the type to listen to gossip, she preferred forming her own opinion. She could not explain why, but she felt that Mr. Gold was different from what he wanted people to believe.
******
Several days passed, and Lacey had settled into a routine. Every day she helped her father at the shop, and in the afternoon, when he did not need her, she went out, pretending she was exploring the town or visiting Ruby, when in reality she was going to Mr. Gold’s shop. He had been surprised the first time she returned, but in the days that followed, he seemed happy to see her again. He let her wander around the shop, reading the old books on the shelves. She had even offered to help him tidy up. She loved spending time there, and being with him felt familiar, as if it was not the first time they had been together like this.
As every afternoon, Lacey was in the shop, sitting behind the counter, reading the book Mr. Gold had lent her while he finished the inventory. From time to time, she caught him glancing at her, but it did not bother her. She liked the peaceful atmosphere she felt when she was with him. She closed the book and ran her fingers over the golden letters on the cover : Beauty and the Beast.
“You don’t like the book ?”
Lacey looked up at Mr. Gold as he approached her.
“I do, it’s a beautiful story. But I thought it would end differently.”
Mr. Gold was now beside her. He took the book in his hands and flipped through a few pages with a smile. Lacey’s heart began to beat faster. She closed her eyes for a moment, trying to steady her breathing. What was happening to her ? It was not the first time he stood close to her or that they talked about literature. She was pulled from her thoughts when the door opened. She looked up and saw a boy of about ten enter.
“Henry,” Mr. Gold said, walking toward him. “Can I help you ?”
Henry looked around before answering.
“It’s my mom’s birthday soon, and I want to buy her something.”
Mr. Gold showed him various items for sale, which Henry examined carefully. Lacey stood up.
“I should go,” she said. “Thank you for the book.”
Mr. Gold nodded, looking disappointed to see her leave so quickly. She waved goodbye, smiled at Henry, who smiled back, and left the shop.
******
Emma opened the door to Granny’s diner and stepped inside. She saw Henry sitting at a table, absorbed in his storybook, a steaming cup of hot chocolate in front of him. She joined him and sat across from him.
“Hey !” Emma greeted.
Henry looked up, smiled, and returned to his reading.
“So,” Emma said. “How’s Operation Cobra going ?”
The question made Henry smile. Even if she did not believe in the curse, at least she cared enough to ask. He looked back at his book, frowning.
“I’m trying to figure out who Miss French is, but the book doesn’t mention any prisoner.”
He flipped a few pages, then looked at Emma again.
“It’s like with Mr. Gold. I still don’t know who he is. If only there were clues, like Miss Blanchard’s ring. That’s how I figured out she was Snow White.”
Emma thought for a moment. She did not believe in fairy tales, but if Operation Cobra helped her bond with her son, she would play along.
“Maybe his cane.”
“No, it has to be something more personal, something he cares about. I tried looking around his shop, but there was nothing interesting. Do you remember what Mr. French stole from him ?”
Emma recalled that the stolen items had been insignificant. Gold himself did not seem to care about them. And then she remembered. When he had been arrested, he had a cup with him. Regina must have given it to him when she was alone with him. He had held that cup so delicately, staring at it as if it were the most precious thing in the world. She had never seen him act like that. When she asked him what the cup was, he had snapped at her to mind her own business.
“A cup,” Emma said. “Could it be that ?”
“A cup ?” Henry asked. “A chipped white cup ?”
“It was more than chipped. Part of it was missing.”
Henry flipped through his book until he found the story he wanted, then smiled.
“I know who they are ! Mr. Gold is Rumplestiltskin, and Miss French is Belle from Beauty and the Beast. She’s Rumplestiltskin’s true love.”
“I thought Belle fell in love with the Beast.”
“In the other world, Rumplestiltskin is the Beast. Look.”
He turned the book toward Emma and showed her an illustration of Rumplestiltskin offering a rose to Belle. Emma saw no resemblance whatsoever between Mr. Gold and Lacey. Henry frowned.
“But at the end of the story, the queen tells Rumplestiltskin that Belle threw herself from a tower after returning home. If she died, she shouldn’t be in Storybrooke.”
“Then maybe Lacey isn’t Belle.”
Henry’s eyes widened as he understood the implication.
“The queen !” He exclaimed. “She lied to Rumplestiltskin. She told him Belle killed herself while she was actually keeping her prisoner. That would explain why Miss French was locked in the hospital.”
“Why would the queen do that ?”
“To keep Rumplestiltskin from having his happy ending.”
Henry looked proud of his theory. He was truly convinced Lacey was part of Beauty and the Beast. And honestly, Emma had a hard time imagining Mr. Gold turning into a prince. Henry absolutely could not tell Lacey any of this. The poor girl had only just begun rebuilding her life.
“Are you sure ?” Emma asked. “Maybe the queen didn’t lie.”
“She lied. That’s why I saw Mr. Gold and Miss French together.”
Emma straightened, interrupting him.
“When did you see them together ?”
“Yesterday, at Mr. Gold’s shop.”
“And what were they doing ?”
Henry looked confused by her sudden seriousness.
“Henry, this is important. What were they doing ?”
“They were talking.”
This isn’t good, Emma thought. What if Gold was using Lacey to get to her father ? He hated that man. He had almost killed him. Then something resurfaced in her memory. She remembered what Gold had said to Moe :
“She’s not coming back. And it’s your fault.”
Was he talking about Lacey ? Was that why he had attacked Moe so violently. Because he believed he had hurt his daughter ? Or was she wrong, and Gold was simply looking for another way to get revenge on Moe ? She needed to know for sure.
******
Emma stepped into the florist shop. She saw Lacey sitting behind the counter, reading a book. The young woman looked up at the sheriff, smiled, closed her book, and stood to greet her.
“Emma, can I help you ?”
“I just came to see how you were doing.”
“I’m fine, thank you.”
Emma stepped closer and listened. She heard nothing. Apparently, Moe was not there. Good, she thought. This way she could ask her questions calmly.
“Are you getting used to life in Storybrooke ?”
“Yes, I’ve settled in.”
“And have you met anyone ?”
Lacey nodded.
“I talk to Ruby a lot when I go to the diner.”
“And you haven’t spoken with Mr. Gold ?”
Lacey’s expression froze for barely a second before she recovered.
“Henry told me he saw you two.”
“Henry ? The little boy I met ?”
Emma nodded, waiting for Lacey to continue.
“I went to Mr. Gold’s shop to buy some old books he had.”
“And that’s all ? You just bought books ?”
“Yes.”
Emma sighed. Lacey had just lied. She was sure of it.
“Lacey, I know when people lie, and you’re lying to me.”
Lacey stared at her hands for a few seconds before lifting her eyes.
“I didn’t just buy books. I like spending time in his shop. We talk about literature, he explains the history of the objects he sells. Sometimes I help him too.”
“Lacey, I’m starting to know Mr. Gold, and believe me, what people say about him isn’t entirely wrong.”
Lacey began to get angry. She did not need to hear what others thought. She knew who Mr. Gold really was, and that was enough for her.
“I know enough about him to form my own opinion. I like talking with him, he makes me laugh, and he’s one of the few people in this town who doesn’t look at me like I’m crazy. Now Emma, if you’re not buying anything, you can leave.”
Emma nodded and walked toward the door. She put her hand on the handle, then turned back one last time.
“Just… be careful.”
She opened the door and left the shop.
******
It had now been several days since Regina had noticed their little routine. She watched Lacey leave Mr. Gold’s shop and head toward Granny’s, and she smiled. Of course, she had been furious when Lacey escaped the hospital. This had not been part of her plan at all, and she hated when things did not go exactly as she intended. But one thing was certain, in this world or the other, she would do anything to keep Rumplestiltskin from getting his happy ending.
Regina continued on her way toward Moe’s shop. It was time for her to intervene. She saw the florist step out of his shop and load several bouquets into his van.
“Moe !” She called.
He gave her a timid smile and greeted her while continuing his work.
“Can I help you ?” He asked.
“I just wanted to check on you and your daughter. Once again, I’m sorry for what happened. If I had known Lacey was your daughter, I would have done everything differently.”
“What matters is that Lacey is home and we can go back to living like before.”
Regina nodded.
“That’s true… but I’m worried about her.”
Moe stopped working and stared at her.
“What do you mean ?”
“I’ve seen her going to Mr. Gold’s shop for several days now, and I’m afraid he might hurt her. After what he did to you…”
Moe ran a hand through his hair, growing more and more anxious.
“I wanted to warn you.”
“Yes… you did the right thing. I’ll talk to Lacey. Thank you, Regina.”
Regina said goodbye and walked toward City Hall, a wide smile on her lips.
******
Lacey opened the door to her home and stepped inside. She had just spent another afternoon helping Mr. Gold at his shop. Aside from Emma, no one seemed aware of what was going on. And honestly, she preferred it that way. She did not want to worry her father over something so insignificant, and she certainly didn’t want the townspeople meddling in her life.
She was about to go upstairs when her father called her.
“Lacey.”
She turned and saw him coming from the living room. Strange. He had told her he would be home late.
“Dad, I didn’t see you. What are you doing here ?”
“I was waiting for you. Come with me, please.”
He walked into the living room, and Lacey followed. He gestured for her to sit on the couch. She did, wondering why he looked so serious.
“Dad, what’s going on ?”
Moe remained silent for a few seconds, pacing. Then he stood in front of her and finally spoke.
“I heard you’ve been spending a lot of time at Gold’s shop. Is that true ?”
Lacey’s eyes widened. How could he know ? She decided to tell the truth. There was no point lying anymore, and she had never been good at it anyway.
“It’s true.”
Moe sighed and looked at her, worried.
“Is he forcing you to do anything ? You can tell me everything. We’ll go to the sheriff, don’t worry, he won’t be able to hurt you.”
“He’s not forcing me to do anything. I like spending time there.”
Moe’s face fell.
“Have you lost your mind ? He’s dangerous, Lacey. There’s no way you’re going back there.”
“How can you judge him like that ? You don’t even know him.”
“Believe me, I know enough to say you should stay away from him.”
Lacey jumped to her feet. Why did her father refuse to see the truth about Mr. Gold That he was not the monster everyone claimed he was ?
“What happened for you to hate him this much ?” She demanded.
Moe froze and stared at her.
“He attacked me. If Sheriff Swan hadn’t arrived in time, he would have killed me. Because of him, I spent weeks in the hospital.”
Lacey’s face crumbled. Her hands began to tremble. No… it wasn’t possible. He would never do that. Not the man she had come to know.
“Why ?” She whispered. “Why did he do that ?”
“Because he’s dangerous.”
Moe stepped closer and took her hands.
“Do you understand now ?”
But Lacey was not listening anymore. She pulled her hands away and headed for the door.
“I need to talk to him,” she said.
“Lacey, what are you doing ? Lacey !”
She opened the door and ran outside. Once outside, she sprinted as fast as she could toward Mr. Gold’s shop. She needed to know. To know whether her father was telling the truth. And if he was. Why ? Why had he done it ? He could not have committed such violence for no reason.
She did not stop running, even as her legs began to ache. She finally reached the shop and burst through the door. As usual, the shop was empty. Mr. Gold emerged from the back room, surprised to see her.
“Lacey ?”
“Is it true ?” She asked, breathless.
Mr. Gold’s face closed off. He showed no emotion.
“What do you mean, dearie ?”
“You attacked my father.”
Mr. Gold’s eyes narrowed. His hands tightened around his cane.
“Well ?” Lacey insisted.
“It seems you already know the answer.”
Lacey felt her heart stop. How could he have done that ? She had refused to believe the townspeople. She had even defended him to her father. She felt betrayed. Like he had been mocking her from the beginning. Anger surged through her.
“Why ? Why did you do that ?”
Mr. Gold grew more furious. He hadn’t moved, but his gaze darkened.
“Because he stole from me.”
“And for that, you sent him to the hospital ?”
“He stole what is most precious to me.”
Lacey closed her eyes and shook her head, refusing to listen.
“I never want to see you again !” She screamed.
She left the shop as quickly as she had entered. Mr. Gold was furious. He raised his cane and shattered every glass case in the shop. He struck again and again until the anger began to fade. Why wouldn’t she understand ? Belle would have listened. She wouldn’t have judged him the way Lacey just had.
He stopped, exhausted. Shards of glass lay scattered all around him.
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A week had passed, and Lacey had spent the last few days avoiding Mr. Gold. She was in her father’s shop, preparing a bouquet Ruby had ordered for her grandmother’s birthday. But she could not forget what Mr. Gold had told her. “He stole what is most precious to me.” What could her father have possibly stolen to make Mr. Gold that furious ?
Moe came out of the back room, holding a huge bouquet he needed to deliver.
“Everything alright ?” Moe asked.
Lacey snapped out of her thoughts. She had not realized she had been staring at her father.
“Can I ask you something ?”
Moe nodded. Lacey hesitated for a few seconds before speaking.
“What did you steal from Mr. Gold ?”
Moe set the bouquet on the counter, his smile fading.
“I thought we were done with that. Why do you want to know ?”
“Please… answer me.”
Moe rubbed his hands over his face, growing more nervous by the second.
“It was Mayor Mills. She wanted me to break into his house and steal something from him.”
A chill ran down Lacey’s spine at the mention of the mayor.
“I was desperate. Gold had taken everything from me. I couldn’t work anymore. So I brought her several objects, but she only wanted one. It was a broken white cup.”
A broken white cup.
An image flashed in Lacey’s mind. She saw herself in a beautiful yellow gown, picking up a white cup from which a piece had just chipped off. She looked up at a man with golden-green skin, watching her from the end of a long table.
“I’m sorry. I chipped it,” she had said, hoping he wouldn’t get angry.
“It’s just a cup.”
The vision lasted only a second, but it unsettled her deeply. What did it mean ?
“That’s all in the past now,” Moe said.
He grabbed the bouquet and left the shop to begin his deliveries. Lacey remained still for a moment, thinking about the image stuck in her mind. She did not understand it, but she knew one thing: the man in that memory was Mr. Gold. She was certain of it.
She stepped outside, locked the shop, and headed toward Mr. Gold’s. She needed to see him. Only he had the answers she needed. She reached his shop and went inside. He was behind the counter, repairing an old clock. He looked up at her.
“Lacey. I didn’t think I’d see you again.”
Lacey approached him and looked him straight in the eyes.
“I talked to my father about the break-in. He told me about the broken cup.”
Mr. Gold remained expressionless, which only made Lacey more nervous.
“I want to see that cup.”
“And why is that, dearie ?”
“When my father mentioned it, I… I had a sort of flash. Like a memory.”
Mr. Gold’s eyes widened. He probably thought she was crazy now, she told herself, just like everyone else in town. But he asked her to wait and went into the back room. He returned a few seconds later with a white cup missing a piece. He handed it to her, watching her as if hoping for something.
She took the cup gently and ran her thumb over the chipped edge. And then the strange sensation returned. But this time, several images rushed through her mind.
Lacey stood in a large hall, he kind you would find in a castle. With her were her father, another dark-haired man, and a creature with golden skin dressed in leather. The creature smiled at her.
“It’s forever, dearie.”
And suddenly, everything came back. He was Rumplestiltskin, the Dark One, the most feared being in the world, and she had promised to follow him forever to save her village. In this world, she was no longer Lacey French, but Belle, daughter of Lord Maurice.
She saw herself again in the Dark Castle, kneeling, picking up the cup she had just dropped, afraid for the first time of what Rumplestiltskin might do.
“I’m sorry. I chipped it.”
“It’s just a cup.”
He had looked surprised by her fear, as if she should not have been worried about something so insignificant. But from that day on, Rumplestiltskin insisted on drinking his tea from that chipped cup.
The images came faster and faster. She relived her entire life in seconds.
“Why do you spend so much ?”
“I like to watch the wheel. It helps me forget.”
“Forget what ?”
“…I guess it worked.”
“I think you were lonely. Any man would be lonely.”
“I’m not a man.”
“It’s true love ! Why won’t you believe me ?”
“Because no one can ever love me !”
“All you'll have is an empty heart,and a chipped cup.”
She looked at the man standing before her. It was him. A wide smile spread across her face.
“Rumplestiltskin. I remember.”
“Belle.”
It took him several seconds to realize it was real. Belle was truly there, and she remembered him, remembered everything they had lived. She no longer looked at him like a stranger. He stepped forward and pulled her into his arms, holding her as tightly as he could, afraid she might disappear again.
“I love you,” she said.
Rumplestiltskin pulled back slightly and caressed her cheek.
“I love you too. Belle, I’m sorry for what happened.”
He was so sorry. If only he had listened to her, if he had not let anger consume him, he could have protected her from Regina.
“I know, Rumplestiltskin. I know.”
He leaned in, and their lips met. Nothing could keep them apart now, not magic, not Regina. And soon, the curse would be broken, and he would finally find Baelfire, with Belle at his side. He finally had his happy ending.
The end
My tribute to Nathalie Baye.