Lâaffaire DSK a une dimension gĂ©nĂ©rale Ă laquelle on a accordĂ© assez peu dâattention : câest la question de lâasymĂ©trie du couple face au dĂ©sir, qui rappelle combien hommes et femmes diffĂšrent dans ce domaine. Pour exposer le fait, simulons la dĂ©monstration mathĂ©matique et rĂ©sumons par leurs initiales les protagonistes de ce couple exemplaire. Si la relation DSK-AS Ă©tait bien symĂ©trique, AS et DSK seraient permutables : autrement dit tout ce qui concerne AS pourrait ĂȘtre assignĂ© Ă DSK et rĂ©ciproquement. PrĂȘtons-nous maintenant Ă une expĂ©rience mentale : peut-on se reprĂ©senter une Anne subissant une procĂ©dure pour harcĂšlement, pendant que son Dominique la couverait du regard ?
Si DSK et AS ne sont pas permutables entre eux, en revanche on peut aisĂ©ment substituer Ă AS toute personne de sexe fĂ©minin,  et Ă DSK par nâimporte quel individu de sexe masculin. Par exemple, dans le couple improbable que formerait Christine Lagarde (CL) avec Olivier Besancenot  (OB), câest bien OB que lâon peut, en sâefforçant, imaginer devant les jurĂ©s,  mais en aucun cas CL.
CQFD : DSK appartient Ă une classe dont les Ă©lĂ©ments sont interchangeables, celle du masculin ; et AS Ă une autre classe de mĂȘme ordre, celle du fĂ©minin.
Source : Jean-Paul Mialet, âSexe, amour, dĂ©sir : lâhomme est-il une femme comme les autres ?â
Cet article ne mérite pas que je lui consacre un vrai billet. Alors on va régler le problÚme ici, sur Tumblr.
Ecoute-moi bien, Jean-Paul, câest pour toi.
Tu mâexpliques que je suis interchangeable avec DSK. Et tu mâexpliques ensuite que âlâobsession du mĂȘmeâ - je cite ta prose, hein - câest pas bien. Tu essayes de formaliser ça avec des lettres majuscules parce que tu as dĂ» lire quelque part que la logique, câest bien, mĂȘme si tu nâas aucune idĂ©e de ce que câest.
Ben, Jean-Paul, si tu crois que parce que je partage avec DSK la caractĂ©ristique dâavoir deux testicules, je suis interchangeable avec lui, câest que tu es un abruti. Et je voudrais bien savoir de quel cĂŽtĂ© est lâobsession du mĂȘme quand on âpenseâ - oui, je prĂ©fĂšre mettre des guillemets - que tous les hommes sont les mĂȘmes.
Tu sais quoi, Jean-Paul ? Jâen ai marre des gens comme toi. Vraiment, jâen peux plus. Tous ces idiots qui viennent mâexpliquer que, grosso modo, je ne suis quâune grosse couille montĂ©e sur deux jambes, et que tout ce que je dĂ©sire dans la vie, câest de baiser un maximum de femmes. Que câest mĂȘme Ă©crit dans mon cerveau (tu nâas visiblement jamais entendu parler de la plasticitĂ© du cerveau, ce qui pose question quant Ă ton niveau de compĂ©tences, mais jâespĂšre que lâĂ©criture de bouquins inutiles te dĂ©tourne au maximum de tes patients, dans leur intĂ©rĂȘt). Que je suis, comme le disait quelquâun sur twitter, comme un âchien face Ă un morceau de viandeâ.
Ben, tu sais quoi, Jean-Paul ? Va mourir. Tu te sens agressé par les jupes des femmes dans la rue ? Va mourir, et Alain-Gérard Slama avec toi. Et tout ceux qui prennent leurs couilles comme des justifications.
Je nâai rien Ă voir avec toi, Jean-Paul, alors ne mâemporte pas dans tes dĂ©lires. Laisse hors de tes propres obsessions tous les hommes qui nâont de dĂ©sir sexuel que pour la femme quâils aiment.
Mais laisse aussi en dehors tous ceux qui ont du dĂ©sir pour des milliers de femmes parce que ce sont des personnes et non des vagins ambulants, tous ceux qui ont du dĂ©sir pour un autre homme, tous ceux qui ont du dĂ©sir pour des hommes et des femmes, tous ceux qui ont du dĂ©sir exclusivement pour des hommes, tous ceux qui ont du dĂ©sir pour des gens sans se soucier de leur genre, tous ceux qui ont du dĂ©sir pour des trans, tous ceux qui nâont pas de dĂ©sir.
Bref, tous ceux dont la vie sexuelle nâont rien Ă voir avec tes dĂ©lires. Tous ceux qui sont des individus avant dâĂȘtre des couilles.
Et ne viens pas mâexpliquer que tel personne a violĂ© parce que câest un homme ou parce que sa victime Ă©tait trop jolie. Parce que je suis un homme, et je ne violerais personne. Alors ce ne sera jamais et nulle part une excuse ou une justification.
Ah, et un dernier mot, Jean-Paul : tu vas me faire plaisir, tu vas aller apprendre la logique. Mais tu vois la logique Ă©lĂ©mentaire. Du genre, Ă©viter les contradictions. Parce que quand on Ă©crit que le dĂ©sir sexuel masculin nâa rien Ă voir avec la culture, et quâon propose ensuite comme solution lâĂ©ducation, câest juste quâil y a un problĂšme. Si le dĂ©sir sexuel des hommes est naturel, alors il faut le traiter comme on le traite chez les animaux. Tu sais comment on fait pour les animaux, Jean-Paul ? RĂ©flĂ©chis-bien.















