phrase équilibre, phrase douceur perdue au milieu de milliers d’autres, mots qui ont fleuri le long de la rivière roman ; juste phrase pour tout chanter, faire basculer les images, au point rayonnant, sommet jamais atteint, douleur éternelle en ses étendues, son miroir qui renverra toujours le refrain lumière :
«Au moment des adieux, elle me prit dans ses bras et dit : Là-bas, en face, il y a le parc Stromovka. Tu iras de temps en temps t’y promener pour moi, dis ? J’ai tellement aimé ce bel endroit. Peut-être, si tu regardes dans l’eau sombre des étangs, peut-être qu’un beau jour tu y apercevras mon visage.» W.G. Sebald, Austerlitz
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(Maurice Chabas, le grand canal en Juin, huile sur toile)
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le seul élément de la vie qu’elle veut garder après son passage, qu’elle veut léguer à ses proches, non pas un objet, non pas une photographie, non pas un écrit, non juste le souvenir de son passage en un lieu, son reflet en un jardin... qu’un autre puisse après elle, juste après cette phrase, profiter avec autant de joie de ce beau lieu qu’elle aimait tant, sa dernière volonté, léguer cet amour avant sa mort et que cet amour puisse ainsi refleurir chez une autre personne, se perpétuer ainsi le long des allées du grand parc, autour de ses clairs ou sombres plans d’eau, au pied de ses collines, à jamais
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«C’est près de l’eau que j’ai le mieux compris que la rêverie est un univers en émanation, un souffle odorant qui sort des choses par l’intermédiaire d’un rêveur» Gaston Bachelard, l’eau et les rêves












