Bon Matin 💙👌⛴️ 👋
Jacques Brel 🎶 Amsterdam
Live :Les Adieux à l’Olympia 1966
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Live :Les Adieux à l’Olympia 1966
source : @cheminer-poesie-cressant
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mille regards ne feront jamais oublier le tien
mille regards ne feront jamais oublier le dernier
mille regards qui fourmillent de souvenirs de joie
(huitième hommage)
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© Pierre Cressant
(mardi 14 avril 2025)
Adieux
"20 minutes! 200 years of gathering Wakfu energy, and all I have is a mere 20 minutes!?"
Simone de Beauvoir, Adieux
Lettre d'Avril nº65
Cher Hugo,
Les lettres se sont arrêtées quelques temps parce que je vis un genre de bonheur qui mérite sa place et son énergie. J'crois que j'ai rencontré quelqu'un. Enfin, rencontré au sens psychique du terme. Depuis quelques temps j'apprends à connaître un homme avec lequel ca fonctionne. C'est si étrange ! Tout cela n'était pas prévu : rencontrer quelqu'un, rencontrer quelqu'un au Havre. Mais pire encore, cette relation est dangereuse . Elle est dangereusement saine, dangereusement agréable et fluide. Ce n'est que la deuxième fois que j'ai la chance de ressentir ça. Cela s'est toujours fait très rare, peut-être les personne me correspondant se cachent ? Plus rien ne m'étonnerait !
Je dois avouer je ne me sentais pas du tout de m'ouvrir à quelqu'un au départ. A quoi bon ? J'ai déjà tellement donné et puis il fallait que je prenne du temps pour moi. Mais un soir il a déboulé un peu au hasard : on s'est regardé, on a échangé et tout s'est passé tellement rapidement qu'on ne s'est plus quitté. Que dois-je comprendre au juste ? Parce que comme tout le monde autour de nous, je nous vois. C'est absolument magnétique, très agréable. L'air est chargé de charmes qui brouillent nos esprits. On se concentre très peu, nous avons l'air idiot, les yeux brillants d'admiration et de bonheur d'être ici. Oui c'est magnétique car quand nous discutons, des tas de liens se tissent presque automatiquement. Nous nous comprenons, tantôt en un mot tantôt en un regard. Souvent, le silence se suffit quasiment à lui-même. Alors j'essaie de nous comprendre. Que devons-nous faire de cette relation, ô combien particulière ? Alors même que nos coeurs sont censés être ailleurs. Il est vrai que plus le temps passe, plus les discussions s'allongent et s'approfondissent. Des pensées et des mots agréables nous échappent parfois entre deux réponses. Et alors que ca n'était jamais arrivé auparavant, voilà que nous passons une bonne partie de la semaine à laisser déferler nos ressentis et nos pensées les plus chers. J'ai le sentiment que nous entrons dans une phase de communication et de transparence sur ce qui nous lie, de manière nécessaire par le devoir et le besoin.
Je passe personnellement des nuits agitées de bonheur où il m'est même compliqué de trouver le sommeil. Un mélange intense du stress que provoque cette situation dont les gens se mêlent et des bulles bienheureuses qui naissent ici et là. L'improbabilité et l'inattendu de cette attirance provoque pagaille et remise en question partout autour. Autant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Tout nous rapproche comme tout nous éloigne. Nous sommes bridés par nos situations respectives et par le vacarme d'autrui, absolument incessant. Pourtant malgré tout, nous voilà de mieux en mieux. Nous nous autorisons de plus en plus de mots, de plus en plus d'allusions. Ce qui a le mérite de faire connaître a l'autre nos véritables intentions et ressentis. Ainsi le temps nous rapproche plus que les autres n'ont cherché à nous éloigner. Un débridement est en processus et de belles couleurs s'annoncent.
Dire que je ne me sens pas contente de cette situation serait mentir. J'ai bien sûr, en face de moi, quelqu'un qui me plaît énormément. Et même si je ne l'ai pas vu venir, je ne peux repousser ce qui nous attire éperdument. Ce serait contraire à ce qui est naturel. Car je sens que j'ai envie de lui consacrer davantage de temps, que je n'ai pas vraiment envie qu'il apprécie quelqu'un d'autre comme il m'apprécie moi. Je sens que j'ai envie que l'on se rapproche un peu plus, sans faire de mal à qui que ce soit. Les choses évoluent en ce moment, des deux côtés je le crois.
Une forte connivence nous rassemble, c'est la pagaille.
M.
Laisse moi faire mes bagages et partir le plus loin possible... J'y trouverai peut être le véritable amour... Celui qui me déchirera le coeur pour la dernière fois... Lâche moi aux portes d'un monde inconnu... Pour voir si j'y ai ma place... Tout est aride et stérile ici... Pourtant le ciel annonce la fin... Mais aucune goutte de pluie ne vient perler sur mon visage asséché... J'aimerais combler le vide qui grandit dans mes entrailles... Avant de renoncer même à respirer... Je ne peux plus te supporter... Toi et ta froideur... Tes mots qui me blessent au point de faire saigner mes cicatrices... Ta peau a le goût amer du passé... Des sentiments morts par déception... J'ai besoin de la lune pour éclairer mon chemin... Des étoiles pour me repérer... De sombres couleurs pour me sentir chez moi... Pourquoi les âmes de l'obscurité n'ont elles pas le droit au bonheur ? Je ne suis pas que tristesse et souffrance... Dans mes yeux, on peut apercevoir toute une palette d'émotions... Tout dépend de ceux que je croise... De qui m'accompagne... La solitude me rend plus glaciale... Pour me protéger... M'isoler du pire... Je t'aime encore mais avec une pointe de regrets, un océan de larmes inondant nos souvenirs... Alors je dois m' éloigner de toi... Essayer de poursuivre ma route jusqu'à celui qui saura... Qui sera... L'unique, la finalité de mes malheurs...
“I think I'll miss you most of all”
L. Frank Baum, The Marvelous Land of Oz
The Wizard of Oz (1939)
But I am going far away, and shall never come back... It is for ever. [...] you can't be angry with me, for I am a hundred times more severely punished than you, if only by the fact that I shall never see you again. Good-bye ! I don't want your hand. You have tortured me too deliberately for me to be able to forgive you at this moment. I shall forgive you later, but now I don't want your hand.
— Fyodor Mikhailovich Dostoevsky, The Brothers Karamazov, Part II - Book IV - Chapter V