Opter une fois de plus pour un événement EVTEVL aura été une décision cornélienne, puisqu’elle supposait d’abandonner les italiens de Sneers au Milord et au Yeti. Le Pied de Biche n’aura pas réussi à m’arracher au cirque électrique qui proposait ce soir une affiche Erasmus avec les anglais de Broker, les belges d’Adolina et le duo local Wild Things en ouverture.
C’est quand même sacrément casse-gueule les duos. C’est pratique parce que tout rentre dans la kangoo, personnel inclus, mais ça reste casse-gueule parce que souvent vite ennuyeux du fait du manque de combinaisons instrumentales possibles. Enfin, à ce jeu là, les choses d’une sauvagerie du reste toute relative ne s’en sortent pas trop mal. Déjà, le batteur est bon. Carré comme un carré, net, clair dans ses intentions et suffisamment inventif pour qu’on ne soit pas tenté de le remplacer par une boîte à rythme qui rentrerait bien mieux dans la twingo. Et puis de toute façon, il fait les chœurs. A la guitare et au chant principal, une rockeuse, assurément. C’est brut et ça en fait pas des caisses. Si je prends chaque plan individuellement, je trouve ça même trop simple, trop bateau, mais une fois tout assemblé, je dois bien admettre que ça fonctionne, quoique je préfèrerais que cela soit ou plus dense ou plus rêche. Plus wild et moins « sympa » quoi.
Ensuite, ce sont mes chouchous d’Adolina qui occupent l’espace alloué et même un peu plus, puisque le bassiste prend place dans la fosse avec les plébéiens de mon espèce. Depuis son acquisition lors d’un précédent concert à la Miroiterie, Caldeira a beaucoup, et surtout régulièrement tourné sur ma platine. Rien de fou ou d’incroyablement flamboyant, mais ce disque est particulièrement attachant, avec son côté indie old school presque suranné et sa fausse simplicité. Il me semble qu’un seul des titres de cet album a survécu sur la setlist des belges, mais le plaisir de les écouter reste intact. Le son se montre puissant sans être imposant, lancinant sans être chiant, le chant invectivant, interpelant sans être larmoyant (qui a dit Silent Front ?). Tout est question d’équilibre, celui atteint ici est délicat, pas fragile.
Probablement un peu plus alcoolisés que leurs prédécesseurs en arrivant sur scène, les anglais de Broker jouent fort. Ça avoine sévère, mais ça reste étonnamment précis, voire subtil par moments. Je pense à un Faraquet sans fioritures, mais en fait, il y en a un peu quand même des fioritures, des détours, arabesques et circonvolutions. En revanche, il y a également plus de watts et de gueulantes, et les quelques rares instants autorisant à respirer un peu ne sont pas malvenus. Le souci dans tout ça, c’est qu’un peu assommé entre autres par tout ce tintamarre, j’ai un peu de mal à me remémorer un instant marquant. Il va falloir se fendre de nouvelles écoutes, un sacrifice qui semble à ma portée.