“Vous êtes lesbienne ? Et ce garçon, c'était votre copain ? Mais si non, pourquoi couchiez vous avec ?”
J'accompagnais une amie au commissariat pour qu'elle porte plainte pour viol. Ayant moi même été agressée sexuellement par ce même garçon, je l'accompagne, voulant déposer plainte avec elle pour qu'ensemble notre plainte aie plus de poids. Nous étions mineures lors des faits, nous devons donc nous présenter à la “brigade des mineurs”. Il n'y en a malheureusement pas dans la ville de l'agression, nous allons donc à la plus proche. On nous a posé la fameuse question “ Pourquoi ne pas être venues avant?” Parce que le choc post traumatique et l'enfouissement des souvenirs douloureux n'est visiblement pas une excuse suffisante.
Mon amie est emmenée, elle raconte encore son histoire, la voix étranglée. On lui a dit que ça allait être difficile a prouver car elle était consentante au début, bien qu'elle ait clairement crié “non” et qu'il lui ait répondu “attends, là je prends trop de bien”… Au moment où elle raconte qu'elle a revu ce garçon a la “gay pride” le débat s'est totalement axé dessus.
“Mais pourquoi y étiez vous?” “Vous aviez un rapport sexuel avec un homme non?” “Vous êtes lesbienne?” “Et ce garçon, c'était votre copain?” “ Mais si non, pourquoi couchiez vous avec?”
Autant dire que son orientation sexuelle est déterminante dans la caractérisation d'un viol. Bref, je n'ai pas été entendue et nous n'avons pas pu porter plainte car les faits n'ont pas eu lieu dans la ville où nous déposons plainte. Nous devons donc aller à Créteil. on nous rappellera dans 6 mois… génial.










