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for Andy Selva Height
Andy Selva's height is 5ft 9in (1.75 m)Andrea "Andy" Selva (born 25 May 1976 in Rome) is an Italian-born Sammarinese professional footballer who currently plays as a striker and serves as captain for Sammarinese club SP La Fiorita and the San Marino national team. He is San Marino's top scorer...
Rencontre avec le capitaine de Saint-Marin, (ex) dernier au classement FIFA
Depuis ses débuts en 1990, l'équipe nationale de Saint-Marin n'a pas fait que perdre, elle a aussi gagné le statut de souffre-douleur du continent européen. Mais samedi, la sélection de la micro République d'une superficie de 61km², soit à peine une dizaine de terrains de foot, a mis fin à 61 défaites consécutives. L'occasion de revenir avec son capitaine Andy Selva sur le quotidien de l'ex-dernière nation au classement FIFA. L'attaquant saint-marinais évoque cette souffrance mais aussi ses rencontres avec Totti, Ibra, Rooney ou encore Raúl.
Depuis l'arrêt du Grand prix de Formule 1 de Saint-Marin en 2006, seules les fessées reçues par son équipe de football nous rappellent l'existence de cette petite République de 32 000 âmes, coincée entre l'Émilie-Romagne et les Marches, à l'est de l'Italie. On parle ici du troisième plus petit État d'Europe derrière le Vatican et Monaco, un pays qui réalise 10% de son PIB grâce à la vente de ses timbres aux philatélistes du monde entier. Mais le samedi 15 novembre, l'équipe de Saint-Marin a réussi l'exploit de la trêve internationale qui s'achève en accrochant le match nul contre l'Estonie (0-0). Le capitaine Andy Selva et ses petits camarades en ont profité pour mettre fin à 61 défaites consécutives, une série entamée en 2004. De quoi abandonner au Bhoutan la 208ème et dernière place au classement FIFA.
Aujourd'hui âgé de 38 ans, Andy Selva a écumé les divisions inférieures de la Botte avant d'atterrir à la Fiorita, dans le championnat local. Le meilleur buteur et recordman de sélections de l'équipe de Saint-Marin (8 buts en 68 sélections) nous raconte le quotidien d'une équipe condamnée à la défaite. Andy Selva revient aussi sur un parcours qui l'a amené à croiser la route de Francesco Totti, Zlatan Ibrahimovic et Wayne Rooney.
Samedi dernier, après 61 défaites de rang, l'équipe de Saint-Marin a donc fait match nul contre l'Estonie (0-0)…
On attendait ça depuis si longtemps, trop longtemps même au vu de nos prestations. On a même eu quelques occasions mais on est très heureux de notre match. On a remporté un point et on a mis fin à cette série sans encaisser le moindre but. Pour couronner le tout, je suis devenu le recordman de sélections. Au coup de sifflet final, tout le monde sautait de joie, le président de la fédération s'est même mis à pleurer, je n'oublierai jamais ce moment. On est tous allés fêter ça dans un restaurant !
San Marino vs Estonia (0-0) Full Highlights 15... par rubin7190
Étant donné le classement UEFA de l'Estonie (48ème sur 54), vous aviez coché cette date sur votre calendrier, non ?
Vous savez, très souvent, le classement UEFA ne reflète pas la réalité. L'été dernier, j'avais déjà eu l'occasion de croiser certains joueurs de l'équipe d'Estonie avec mon club de la Fiorita car le Levadia Tallinn nous avait éliminé au premier tour préliminaire de la Ligue des Champions, et on savait que ce serait difficile samedi. Mais ce résultat doit nous faire prendre conscience qu'un jour, les choses vont changer pour nous.
Avant de revenir sur l'équipe de Saint-Marin, parlez-nous de vous. Comme Alessandro Nesta, Marco Di Vaio et Francesco Totti, vous êtes né en 1976 à Rome…
Je ne connais pas Di Vaio et Nesta personnellement mais en revanche, j'ai joué pendant trois ou quatre mois avec Francesco Totti à la Lodigiani (Ndlr, club du quartier de San Basilio, à Rome). On devait avoir environ 12 ans et il nous arrivait souvent de discuter ensemble à la fin des entraînements.
À quoi ressemblait votre jeunesse ?
Je me souviens parfaitement de mon enfance et je peux vous assurer que tout tournait autour du ballon. Maradona était mon idole. Avant même que je naisse, le football occupait une place centrale dans ma famille. Mon grand-père a évolué en tant que gardien de but en Série D, qui était un championnat professionnel à l'époque, et mon oncle était lui aussi un très bon gardien. Comme mon père jouait attaquant, il en fallait un deuxième pour rétablir l'équilibre et c'est comme ça que je suis arrivé ! D'ailleurs, mon grand-père et mon oncle supportent la Lazio alors que mon père et moi, on est pour la Roma. Je vous laisse imaginer l'ambiance les jours de derby (rires) !
Vous avez ensuite intégré un centre de formation ?
Non mais je jouais à Tor Tre Teste, un club de l'Est de Rome. Un beau jour, alors que je disputais un match de foot à 5, j'ai eu la chance de me faire repérer par Andrea Agostinelli, un ancien joueur de la Lazio et du Napoli. Il m'a proposé de le rejoindre à la Latina et j'ai dit oui. Je jouais avec l'équipe junior le samedi et avec l'équipe première, en Série D, le dimanche. Je n'avais que 17 ans mais j'ai mis 8 buts en Série D. Et dès la saison suivante, j'ai commencé à parcourir l'Italie, je changeais très souvent de club, parfois tous les six mois.
Alors que vous avez toujours vécu en Italie, vous faites finalement vos débuts avec l'équipe Espoirs puis l'équipe A de Saint-Marin en 1998…
(Il coupe) Oui, je possède la double nationalité grâce à mon grand-père maternel. C'est lui qui m'a poussé à jouer pour Saint-Marin lorsque j'avais 17 ans. Je l'ai vu pleurer de joie après mon premier but avec les Espoirs et quelques semaines plus tard, après mon premier but avec les A. Je peux vous dire que je m'en souviens encore.
L'équipe nationale de Saint-Marin a disputé sa première rencontre officielle en novembre 1990. Depuis, elle n'a remporté qu'un seul succès, à l'occasion d'un match amical contre le Liechtenstein (1-0) en avril 2004. Vous pouvez nous raconter ?
Vu les forces en présence, le rythme du match était plutôt élevé ! Quand deux petits s'affrontent, on s'attend au pire et pourtant, la rencontre était agréable à suivre pour les spectateurs. Cette victoire nous a surtout permis de gagner quelques points pour le classement UEFA. C'est moi qui ai inscrit le seul but du match d'un joli coup franc tiré par dessus le mur adverse. Inutile de vous dire que ce succès constitue notre plus beau souvenir !
Il y a aussi la défaite in extremis contre l'Irlande (1-2) en février 2007. Cette performance passe peut-être même avant la victoire contre le Liechtenstein?
Non, notre victoire ou même les nuls contre la Lettonie ou l'Estonie restent devant. Ce match contre l'Irlande a été très compliqué pour nous car quelques jours avant, nous avions appris le décès de Federico Crescentini, un de nos coéquipiers. Avant la rencontre, c'est même moi qui ai remis des fleurs à sa famille au cours d'une cérémonie en sa mémoire. Vous comprendrez qu'on tenait à faire bonne figure ce soir-là. Cette rage que nous avions s'est transformée en force, ce qui nous a permis d'arriver à la fin du temps réglementaire sur le score de 1 à 1. Mais à la 95ème minute, l'inévitable s'est produit. Sur une longue touche, deux de nos joueurs ont essayé de dégager la balle mais avec la fatigue, ils n'y sont pas parvenus. Un rebond plus tard, la balle arrivait dans les pieds de leur attaquant (Ndlr, le bien nommé Stephen Ireland)…
« J'ai bien failli inscrire un but de 40 mètres mais Stekelenburg me l'a "enlevé" »
Vous avez aussi failli rentrer un lob incroyable contre les Pays-Bas en 2010…
En effet, j'ai bien failli inscrire un but de 40 mètres mais Stekelenburg (Ndlr, aujourd'hui à Monaco) me l'a « enlevé » avec une parade spectaculaire. Sur un dégagement de notre gardien, je suis parvenu à contrôler la balle sans qu'elle touche terre et, en première intention, j'ai tenté de lober leur portier qui était un peu avancé. Mais Stekelenburg a réussi à dévier le ballon juste ce qu'il faut pour le mettre en corner. J'ai quand même eu droit à une belle ovation.
Avec Saint-Marin, vous avez affronté les Pays-Bas mais aussi l'Angleterre, la Suède, l'Allemagne, ou encore l'Espagne. Quels joueurs vous ont marqué ?
J'ai rencontré beaucoup de grands joueurs mais celui qui m'a le plus marqué, c'est Raúl. En plus d'être un grand champion, il m'a impressionné par son humilité. À la fin de notre match contre l'Espagne, il est venu dans notre vestiaire pour m'offrir son maillot et pour nous féliciter. Je mentionnerais aussi Carles Puyol, c'est le défenseur le plus fort qu'il m'ait été donné d'affronter.
Vous devez avoir une sacrée collection de maillots…
Ah ça… La plupart du temps, j'échange mon maillot avec le capitaine adverse. J'ai le maillot de Raúl mais aussi celui d'Ibra, de Rooney, Pirlo, Ballack, Lampard, … Celui d'Ibra, je l'ai eu grâce à Massimiliano Allegri, qui l'entraînait au Milan AC à l'époque. Comme j'avais eu Allegri comme coach à la SPAL et à Sassuolo, il m'a donné un coup de main (rires).
Au-delà des stars, vous avez eu l'occasion de jouer dans des stades comme Wembley. Comment gère-t-on la pression quand on passe de quelques centaines de spectateurs à 85 000 personnes ?
On ressent beaucoup de tension, c'est sûr que la présence de grands joueurs et la taille des stades procurent des émotions fortes. Mais dans de telles situations, tu n'as pas le temps de réfléchir au public. Si tu te concentres sur autre chose que le jeu, les buts encaissés peuvent vite s'accumuler.
En 2006, vous avez perdu 13-0 contre l'Allemagne. En septembre 2011, vous perdiez 11-0 contre les Pays-Bas. Dans ce type de matches, vous attendez le coup de sifflet final avec impatience ?
On ne pense pas trop à ça. Quand l'écart au tableau d'affichage devient important, on essaie simplement de terminer le match sans baisser les bras. Je tiens aussi à signaler que les joueurs adverses nous traitent toujours avec beaucoup de respect et de professionnalisme, quel que soit le score.
Comment gère-t-on la frustration de participer aux éliminatoires tout en sachant qu'on ne pourra pas se qualifier pour l'Euro ou la Coupe du Monde ?
On reste des joueurs amateurs mais on a la chance de disputer des matches internationaux, ce qui n'est pas le cas de beaucoup de professionnels. C'est une des raisons qui nous pousse à toujours faire de notre mieux.
« Il y a beaucoup de souffrance mais on n'a pas le droit de se décourager »
Avant le nul de samedi contre l'Estonie, l'équipe de Saint-Marin restait sur 61 défaites. En exagérant, on pourrait presque parler de masochisme. Quel est l'équilibre entre plaisir et souffrance ?
Il n'y a aucun masochisme ! C'est sûr que pendant un match de qualification, il y a beaucoup de souffrance mais notre récompense, ce sont les applaudissements des supporters adverses. Et même s'il y a de la souffrance, un joueur de l'équipe nationale de Saint-Marin n'a pas le droit de se décourager. Autrement, les défaites seraient encore plus lourdes. Si j'ai déjà songé à prendre ma retraite internationale à cause de ça ? Non, j'ai toujours l'envie de démontrer que je peux faire partie de ce groupe. Et je ne connais aucun international saint-marinais qui a raccroché parce qu'il en avait marre de perdre.
Après plus de 15 ans à la tête de l'équipe de Saint-Marin, Giampaolo Mazza a quitté son poste de sélectionneur début 2014. Vous avez été surpris ?
Nous étions au courant depuis un moment. Lorsqu'il a resigné pour deux années supplémentaires, il nous a tout de suite prévenu qu'il arrêterait à la fin de son contrat. Au bout de 15 ans, il était logique de changer, il y avait un peu de lassitude.
C'est Giampaolo Mazza qui vous a offert votre première cape. Et vous avez marqué 8 des 15 buts inscrits sous son mandat. Il a même déclaré que pour la petite république de Saint-Marin, vous représentiez « plus ou moins la même chose que Cristiano Ronaldo pour le Portugal ». Aviez-vous une relation particulière avec lui ?
Oui, forcément, c'est lui qui m'a fait débuter en équipe nationale. Et avec toutes ces années, un rapport d'estime s'est créé entre nous. Sa décision de quitter son poste de sélectionneur m'a beaucoup touché. Vu les faibles moyens mis à sa disposition par la fédération, Giampaolo Mazza a marqué l'histoire.
Puisqu'il est presque impossible d'éviter la défaite, quels objectifs l'entraîneur vous fixe-t-il ?
Le discours ne change pas beaucoup. Le sélectionneur nous demande de rester concentrés en permanence, et ce même si on encaisse beaucoup de buts. Lorsque l'on joue contre des équipes moins prestigieuses, il nous exhorte à tenter quelque chose. Après, il arrive souvent que le sélectionneur nous fixe comme objectif de rester à 0-0 le plus longtemps possible. Contre les grosses équipes, c'est très dur mais contre les petites équipes, on arrive à tenir plus longtemps car même si elles nous sont supérieures, elles ne sont pas habituées à devoir prendre les choses en main et faire le jeu.
« L'écart aussi bien physique que technique ne nous permet pas de jouer l'attaque »
Quelle est la philosophie de jeu de l'équipe de Saint-Marin ?
On ne peut pas nier que notre philosophie est purement défensive. L'écart aussi bien physique que technique ne nous permet pas de jouer l'attaque très souvent. De temps en temps, on adapte notre système de jeu à l'adversaire. On avait pour habitude d'évoluer en 5-4-1 mais depuis peu, on joue parfois en 4-1-4-1. De toute façon, les matches se ressemblent tous pour nous, ils sont exclusivement défensifs. Quand on joue à Saint-Marin, on essaie de jouer davantage. On essaie de profiter de l'avantage de jouer à domicile malgré toutes nos limites. On ne bénéficie pas du soutien d'un public nombreux par exemple, ça nous pénalise.
En 2006, Arsène Wenger avait proposé l'organisation de préqualifications, sorte de deuxième division européenne, car il trouvait certains matches des éliminatoires trop déséquilibrés et donc sans intérêt...
Malheureusement pour M. Wenger, le vote de Saint-Marin compte tout autant que celui des grandes nations, le système n'est pas prêt de changer. Depuis quelques semaines, Gibraltar participe aux éliminatoires et j'en suis très heureux, ça me fait plaisir que d'autres « petits » aient ce privilège. Nous méritons de participer tout autant que les autres pays. Et parfois, les petites équipes peuvent « arbitrer » un groupe en faisant perdre des points aux autres équipes.
« On a toujours envie de tirer des gros poissons »
À quoi faites-vous attention lors des tirages au sort des groupes qualificatifs ?
On espère surtout tomber sur des équipes que nous n'avons jamais eu l'honneur de rencontrer. On a toujours envie de tirer des gros poissons mais évidemment, plus l'équipe est prestigieuse, plus le risque de subir une défaite importante augmente. On est tout aussi heureux d'affronter les petites équipes, comme ça on peut espérer décrocher un résultat.
Dans l'équipe de Saint-Marin, il y a un barman, un ouvrier, un avocat, un fabricant d'huile d'olive, des comptables, des employés de banque. Et vous, quelle profession exercez-vous à côté du football ?
En ce moment, j'entraîne les U12 de la Fiorita. Mais j'ai toujours été professionnel auparavant, que ce soit avec Sassuolo, le Hellas Vérone, la SPAL, Catanzaro. Ici, à Saint-Marin, tous les joueurs sont amateurs. Vous pouvez deviner que les difficultés sont nombreuses pour notre équipe nationale. La plus évidente, c'est que les joueurs amateurs s'entraînent après avoir travaillé toute la journée !
Il n'y a que 32 000 habitants à Saint-Marin et pourtant un championnat local y est organisé chaque année. Quel est son niveau ?
Le niveau s'améliore chaque année mais notre championnat reste amateur, notamment car le réservoir de joueurs est limité. La saison dernière, nous avons remporté le titre avec la Fiorita. Alan Gasperoni, notre président, n'y est pas pour rien, il fait partie des meilleurs dirigeants du pays. Il a une vision du foot qui nous tire vers le haut et tend vers le semi-professionalisme, ce qui est très important pour un pays aussi petit que Saint-Marin.
Dans votre longue carrière, vous n'avez que très peu évolué dans le championnat saint-marinais. Pourquoi avoir finalement décidé de terminer ici ?
J'ai joué dans tellement de clubs… Peut-être trop ! La plupart du temps, je ne me sentais pas bien parce qu'il manquait un véritable projet ou parce que les dirigeants s'y prenaient mal. Je dois aussi avouer que je n'étais pas toujours suffisamment mature pour accepter des compromis. Et malheureusement, je me suis très souvent blessé, je voulais même raccrocher. Mais le projet de la Fiorita a ravivé la flamme et je suis reparti pour un tour. En plus, le président Gasperoni est un ami à moi et on peut difficilement dire non aux amis !
Sur YouTube, on peut trouver une vidéo intitulée « Andy Selva vs Messi ». Vous l'avez déjà visionnée?
Oui oui, je l'ai déjà regardé (rires). C'est un montage très amusant !
Un petit mot sur Andrea Pirlo pour finir. L'an passé, en tant que capitaine de Saint-Marin, vous avez voté pour lui au Ballon d'or. Quelques mois auparavant, en mai 2013, vous l'affrontiez à l'occasion d'un match amical contre l'Italie. Vous pouvez nous l'avouer maintenant, il vous a promis son maillot en échange de votre vote, c'est ça ?
Pour moi, Andrea Pirlo est un des meilleurs joueurs du monde à son poste et il méritait tout simplement de remporter le Ballon d'or. Et en effet, nous avons échangé nos maillots ce jour-là mais je vous promets que nous n'avons pas parlé du Ballon d'Or (rires) !