Certains objets ont une aura particulière. Cette lampe qui jaillit d'une statue posée sur un socle large et lourd en est un exemple frappant. Malgré la peinture écaillée et de nombreuses traces d'usure, j'ai senti de suite quelque chose de fort, de profondément singulier, émaner de cette lampe. J'entends presque le rire du jeune homme, qui passe par une manière de se mouvoir toute malicieuse et joueuse. Et sa joie qui vibre jusqu'à moi. Ses énergies mercuriennes siéent bien au lieu, un café-comptoir-épicerie plein de va-et-vient, où la profusion de produits, de choix, et de clients se concurrence, dans un cadre à la fois ancien et moderne, marqué par une décoration exubérante où il n'y a guère d'espace laissé libre.
En tant qu’animiste, je ne conçois pas uniquement d'un point de vue intellectuel les esprits, consciences et essences des objets, mais je les perçois, les ressens aussi. À la manière des rencontres avec des personnes qui nous marquent plus que d'autres, certains laissent une empreinte profonde.
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Some objects have a special aura. This lamp, which springs from a statue placed on a large, heavy base, is a striking example. Despite the peeling paint and numerous signs of wear, I immediately sensed something powerful and profoundly unique emanating from this lamp. I can almost hear the laughter of the young man, who moves in a mischievous and playful manner. And his joy vibrates through to me. His mercurial energies suit the place well, a café-counter-grocery store full of comings and goings, where the profusion of products, choices, and customers compete with each other in a setting that is both old and modern, marked by exuberant decoration where there is hardly any space left free.
As an animist, I don't just conceive of the spirits, consciousnesses, and essences of objects from an intellectual point of view, but I also perceive and feel them. Just as some encounters with people leave a deeper impression than others, some leave a profound mark.
Le 30 mai, une balade : j'ai commencé au bas d'une des sept collines de ma vie (non, je ne vis pas à Rome pourtant). Il y avait tant et tant d'aubépines ruisselant de fleurs sur mon passage, de chênes d'un vert de sève et de nerpruns aux nervures fourcheuses. J'ai longé des vergers et des pâtures où bêlent les moutons. Puis des pins noirs m'ont accompagnée dans la montée.
J'ai oint mes poignets, mon front et le point le plus proche de mon cœur du baume "Envolée des haies" des Herbes d'Avalon. Il m'a relié plus profondément à la terre, l'énergie qui descend dans les pieds, me reconnecte aux racines, pesanteur de l'humus, sagesse des feuilles mortes pourrissantes. Je me suis arrêtée devant une petite doline qui mettait à nue les racines d'un grand arbre (je ne me souviens plus de quelle espèce) qui pousse dans la terre battue, sombre, piquetée de bestioles, et de feuilles en décomposition. J'ai eu ce sentiment d'ancrage profond, de lien viscéral entre la terre et le mental, vers l'autre côté, tout en revenant à l'intérieur de moi-même.
Un étang entouré d'aubépines où s'ébattaient des tritons a apporté un peu de fraîcheur réconfortante. Le bourdonnement des insectes m'emplissait la tête, m'éblouissait de stridulations d'ailes minuscules et transparentes. Comme un nouveau monde se déployant par le son.
Arrivée en haut de la colline, j'ai approché d'une caborde – une cabane de vigneron en pierre –, fichée au bord du gouffre. Au seuil, j'ai senti une énergie forte, un peu lourde qui faisait barrière, je pouvais la repousser gentiment avec mes paumes, un petit peu, comme de l'élastique. Je n'ai pas voulu troubler l'esprit qui était à l'intérieur et qui avait visiblement mis cette protection pour empêcher d'être dérangé.
Au sommet, j'avais vue sur la vallée glorieuse et printanière, avec la grande rivière qui coule en contrebas de ses eaux noires. J'ai croisé plus de plantes de clairières et de prés à la floraison épanouie. j'ai longé un moment le point le plus haut qui s'étend sous le soleil. Bientôt, voilà un espace herbeux, un peu en pente, et tout au bord : un chêne au triple tronc. J'ai laissé une offrande d'eau miellée à l'esprit du lieu et du chêne. Le lieu sonnait comme une invitation, une promesse de retour.
Les effets du baume commençaient à s'estomper quand j'ai redescendu le sentier qui menait sous des frondaisons plus sombres où j'ai trouvé comme des cocons de soies avec beaucoup de vers à l'intérieur. J'ai cru à des garde-mangers d'araignées, mais ce serait plutôt des Hyponomeuta, des chenilles qui se protègent elles-mêmes en s'enfermant dans ces pseudo-cocons afin de dévorer les feuilles tranquillement.
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A walk in May [Spiritwork]
A walk on 30 May: I started at the bottom of one of the seven hills of my life (no, I don't live in Rome though). There were so many hawthorns streaming with flowers as I passed, oaks as green as sap and buckthorns with forked veins. I walked past orchards and pastures where sheep bleat. Then black pines accompanied me as I climbed.
I anointed my wrists, forehead and the spot closest to my heart with “Envolée des haies” balm from Les Herbes d'Avalon. It connected me more deeply to the earth, the energy flowing down into my feet, reconnecting me to my roots, the weight of humus, the wisdom of rotting dead leaves. I stopped in front of a small sinkhole that exposed the roots of a large tree (I can't remember what species) that grows in the dark, beaten earth, littered with bugs and decaying leaves. I had this feeling of being deeply anchored, of a visceral link between the earth and the mind, to the other side, while at the same time coming back inside myself.
A pond surrounded by hawthorns and frolicking newts provided a comforting coolness. The buzzing of insects filled my head, dazzling me with the stridulation of tiny, transparent wings. Like a new world unfolding through sound.
A pond surrounded by hawthorn where newts were frolicking provided a little comforting coolness. The buzzing of insects filled my head, dazzling me with the stridulation of tiny, transparent wings. Like a new world unfolding through sound.
When I reached the top of the hill, I approached a hut - a stone winegrower's hut - perched on the edge of the chasm. I could gently push it back with my palms, just a little, like a rubber band. I didn't want to disturb the spirit inside, which had obviously put up this protection to prevent it from being disturbed.
At the top, I had a view of the glorious spring valley, with the great river flowing its black waters below. I came across more glade and meadow plants in full bloom. I walked for a while along the highest point, which stretched out under the sun. Soon there was a grassy area with a slight slope and an oak tree with a triple trunk at the very edge. I left an offering of honeyed water to the spirit of the place and the oak. The place sounded like an invitation, a promise to return.
The effects of the balm were beginning to wear off when I went back down the path that led under darker foliage where I found what looked like silk cocoons with lots of worms inside. I thought they were spider larders, but they were actually Hyponomeuta, caterpillars that protect themselves by enclosing themselves in these pseudo-cocoons in order to devour the leaves in peace.