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Partir. Longtemps la question ne se posait pas. Pourtant j'étais déjà revenu. Mettre un océan entre le passé et moi. Cheminer, avancer, trouver des opportunités dans cet espace de possibilités, à la recherche d'ouverture, d'élargissement. Une ambiance très Six d’Épée.
Il y a toujours eu toujours cette difficulté à m'ancrer, me sentant sans racines, dénouée, mes parents échouant par hasard dans cette région. Une perte de connexion, un détachement oppressant, un vide se creusant toujours. Cela n'était pas la sensation de ne pas être à la bonne place, mais de n'avoir pas du tout de place où me sentir chez moi.
Pourtant, à l'aube de mon grand voyage et de ma vie en dehors de cette terre où je suis née, je commençais à vraiment apprécier ces lieux, ce pagus qui m'était familier, que j'avais déjà bien arpentés mes pas s'arrimant aux sillons des sentiers des forêts de hêtres si typiques de la contrée.
Sept ans parti, et maintenant je reviens. Une boucle, un cycle s'est terminé. Il y a eu des ruptures sans retour possible, un deuil, des choses à apprendre. Un passage à vide, privé de spiritualité, de dévotion et de magie dans ma vie mondaine, et pourtant j'en ai eu des expériences profondes à travers le jeu de rôle sur table, touchant au sacré. Des moments de maturation, d'hyperactivité, de trop-plein et d'élan, de nouveaux visages, langues, cultures, mais aussi des doutes, des douleurs, des temps de stagnation, de lucidité et de confusion, de vide, de silence.
Et le retour dans la proximité merveilleuse des dieux et des esprits, vers moi-même aussi, dans un alignement plus limpide, choisi, sans tristesse et sans heurts. J'ai commencé à m'inscrire dans ce territoire, à y reconnaître les êtres invisibles qui s'y trouvent, à les honorer. Mais, il me faut revenir maintenant. Plier bagage et partir encore. Ce n'est pas un retour à la case départ, car c'est le voyage qui nous change, le chemin parcouru, pas la destination, quelle qu'elle soit.
Je vais retrouver ces forêts aux arbres enchantés et ces pierres usées, ces grottes, ces rives et ses cols parcourus loin avant dans le temps de ma vie et des autres qui m'ont précédée, et dont le destin aussi est mêlé à cette terre. De là , je pourrai rayonner vers d'autres horizons, avec cependant un ancrage, une assise, une clarté et un contentement inédits.
Je rends grâce aux déités et aux esprits de m'avoir accompagnée et de continuer à le faire. Je me baigne à la douce lueur des renouveaux.
To leave. For a long time, the question never arose. Yet I had already returned. To put an ocean between the past and myself. To walk, to move forward, to find opportunities in this space of possibilities, in search of openness, of enlargement. A very Six of Swords atmosphere.
There's always been this difficulty in anchoring myself, feeling rootless, unraveled, my parents stumbling across this region by chance. A loss of connection, an oppressive detachment, an ever-deepening void. It wasn't a feeling of not being in the right place, but of having no place to call home at all.
And yet, at the dawn of my great journey and my life away from the land of my birth, I was beginning to really appreciate these places, this pagus that was familiar to me, that I had already trodden well, my footsteps latching onto the grooves of the beech forest paths so typical of the region.
Seven years gone, and now I'm back. A loop, a cycle has ended. There have been ruptures with no way back, mourning, things to learn. An empty passage, deprived of spirituality, devotion and magic in my mundane life, and yet I had profound experiences of it through tabletop role-playing, touching on the sacred. Moments of maturation, hyperactivity, overflow and momentum, new faces, languages, cultures, but also doubts, pain, times of stagnation, lucidity and confusion, emptiness, silence.
And the return to the marvellous proximity of gods and spirits, to myself too, in a clearer, chosen alignment, without sadness or clashes. I've begun to inscribe myself in this territory, to recognize and honor the invisible beings within. But now I must return. To pack up and leave again. It's not a return to square one, because it's the journey that changes us, the path taken, not the destination, whatever that may be.
I'm going back to these forests of enchanted trees and worn stones, these caves, these shores and these passes traveled long before in the time of my life and of others who came before me, and whose destinies are also intertwined with this land. From here, I'll be able to radiate out to other horizons, yet with an unprecedented anchoring, grounding, clarity and contentment.
I give thanks to the deities, ancestors and spirits for having accompanied me and for continuing to do so. I bathe in the soft glow of renewal.