La Bande des quatre (Breaking away), comédie de Peter Yates, 1979
Une bande de joyeux drilles s’ennuie dans la province américaine et hésite entre aller à l'université et renier leurs origines ou rester dans leur bourgade et suivre le chemin qui leur est tout tracé : une existence morne mais sans risques.
Avis vraiment trop peu succinct
Si le titre original traduit le déchirement nécessaire à ces quatre jeunes adultes fraîchement sortis de l'école, le titre francais oriente le spectateur davantage vers une comédie adolescente-la bande des cinq ayant fait le bonheur des petits et des moyens en France à partir des années 50. Les choses étant parfois bien faites, ces deux titres semblent coïncider pour nous révéler ce qu’est vraiment le film de Yates. En effet, on oscille ici entre la chronique sociale où le dépassement de soi est nécessaire pour s’extraire d'un milieu social bien défini et la “feel good” comédie, genre qui va pulluler dès le début des années 80, happy end de rigueur à l'appui.
Pour illustrer le premier type, je demande le papa grognon et macho vieille école. Personnage bourru insatisfait des frasques de son rejeton, M. Cutter s'inquiète et le fait savoir à qui veut l'entendre. Enfin surtout à sa femme, laquelle voit en cette meme progéniture l’incarnation de du fils idéal, au point d’être toute retournée par les vinyls de crooner italien qu’il chante à tue tete et à longueur de journée ! Dave, le fils prodigue donc, qui essaie de sortir des sentiers battus en se créant deux vies : celle d’un cycliste italophile et celle d’un étudiant italophone, en plus de sa vie banale de cul-terreux.
Pour ce qui est de la comédie, et bien je redemande le papa Cutter : ici les scénaristes cristallisent leurs intentions sur la même cellule familiale, en usant et abusant du comique de répétition. Papa n’est pas content et se fait flouer, moqué par sa propre femme ou son propre fils, même si involontairement. Son métier de vendeur de voitures d'occasion pas toujours des plus honnêtes est le moteur de situations compromettantes, confirmant le stéréotype de la profession que l'on retrouvera encore pour un bout de temps dans le paysage cinématographique américain.
Bref, vous l'aurez compris, je n'ai pas adoré ce film de Peter Yates, par ailleurs réalisateur de films plus ou moins à succès qui ont tous un point commun : je n'en ai vu aucun ! Même pas Bullitt mais je vais me rattraper, promis ! Cependant dire que je n’ai pas apprécié la Bande des quatre serait un mensonge. Quelques scènes qui penchent vraiment du côté de la chronique sociale ou qui traduisent juste la franche humanité des liens tissés (ou non) entre proches, ont su émouvoir mon coeur de pierre. Par exemple, le personnage de Cyril, perdu seul dans la foule en liesse a la recherche d'un réconfort qu'il ne trouvera pas et joué par Daniel Stern (un des méchants de Maman j’ai rate l'avion) dans son premier rôle au cinéma, un beau paria qui aura beaucoup à perdre de la fin de l'innocence. Enfin, à en croire le langage du corps de ma voisine de siège, le film commence suffisamment lentement pour vérifier sa messagerie instantanée puis petit à petit vous fait sourire puis franchement rire à force de croire en ses personnages. En sus, les courses de vélo sont vraiment pas mal filmées, n'est pas le réalisateur de Bullitt qui veut ! Finalement, un bon moment à passer pour les adolescents et les adultes qui veulent le rester.
13/20 parce que mi-figue mi-raisin mais aussi bonbon.