Smart Cities, quelle opportunité?
Les défis et les opportunités se multiplient pour les villes du monde entier. Les défis d’abord : l’explosion de la population urbaine - avec notamment la poursuite de l’exode rural dans les pays émergents – et les problématiques croissantes d’infrastructure et de ressources limitées se font chaque jour sentir d’avantage. Les opportunités ensuite : les progrès technologique (smartphone, puissance de calcul, connectivité des objets) ouvrent la voie à des solutions originales, que ce soit pour la consommation d’électricité, l’eau, la sécurité, la gestion du trafic… Le phénomène « smart cities » est comparé avec l’arrivée de l’automobile dans les années 30 qui a véritablement transformé la vie urbaine.
Quel(s) acteurs pour conduire ce changement ? L’ouvrage oppose d’un côté les grands conglomérats technologiques qui se sont emparés de la question à savoir IBM, Cisco, General Electric ou encore Siemens parmi les plus actifs. De l’autre on retrouve les initiatives open-source, et la notion de « situated software », considérant que chaque ville est unique avec des problématiques spécifiques et un effet d’échelle suffisant qui justifierait des développements en interne.
Les deux catégories d’acteurs sont ensuite réconciliées par l’auteur qui estime que la vision froide et industrielle (mais robuste) des conglomérats devra être complétée par une approche locale et citoyenne des problématiques.
Le marché est estimé à près de 100 milliards de dollars d’ici la fin de la décennie, mais on peut être amené à se poser la question du fondement de ces estimations (software / hardware / service ?)
Quelques exemples : - Songdo, un quartier neuf en Corée du Sud, hyperconnecté et efficacité énergétique optimisée. 10 000 systèmes de télé présence (vidéo avec capacité d’envoi/réception) déployés dans les maisons, les lieux publics ainsi qu’une armée de millions de capteurs.
- Saragoza , ville Espagnole qui a utilisé des fonds européens pour pousser le concept d’une « carte de ville » qui regroupe les accès au wifi, bibliothèque municipale et permettre de renforcer le sentiment d’appartenance à une communauté urbaine.
- Rio (Brésil), l’intelligent opération center, déployé par IBM et entre les mains du maire Eduardo Paes. Ce dernier opère comme un véritable cerveau central de tous les services de la ville connectés entre eux, avec une vision assez paternaliste du rôle des autorités vis-à-vis de ses concitoyens
La conclusion : toutes les données du monde ne permettront pas de réduire à une équation, d’automatiser la culture et l’esprit des villes. Parmi les raisons invoquées, le simple fait que tout corps social soumis à une observation change son comportement (ce qui est un véritable souci en sociologie). Si il faut éviter de tomber dans les utopies, les smart Cities seront cependant une réalité, un outil qui mérite d’être pensé au même titre que l’automobile qui a révolutionné la vision de la ville. Le risque de dérive autoritaire est quant à lui bien réel et nécessitera une implication toujours plus grande des citoyens.
L’avis de Keepic : la notion de situated software nous intrigue tout particulièrement, puisqu’elle se situe à l’échelle d’une ville et d’une société comme la nôtre (Nous n’avons pas l’ambition de remplacer Cisco pour implanter les capteurs et l’infrastructure réseau). La véritable question est d’arriver à définir des champs d’applications pour ce situated software qui soient réellement propres à chaque ville et non déjà pris en charge par des applications commerciales plus généralistes. A défaut de donner des pistes précises, se livre résume bien une tendance de fonds et donne envie de pousser la réflexion.







