quelqu'un vient de traduire la FAQ antipsy en francais! je vous encourage a la partager sur les plateformes francophones, la traduction est de très bonne qualité :)

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quelqu'un vient de traduire la FAQ antipsy en francais! je vous encourage a la partager sur les plateformes francophones, la traduction est de très bonne qualité :)
Pour celleux souhaitant se former à l’autodéfense psy dans le but de créer des groupes d’entraide, des réseaux entre amis, dans vos groupes etc. je voulais faire une liste de quelques ressources que je trouve centrales pour l’autodéfense psy, un peu le « par où commencer » (selon moi).
Il y a pas mal de ressources qui ont été produites et je pense que c’est nécessaire parce qu’il y a plein de situations, de vécus, possibilités etc. Je pense qu’il en manque même, on a encore du taf. Mais je comprends qu’une personne qui arrive devant nos collections de ressources puisse être perdu. Ce que je liste dessous permet de prévoir pour soi comme les autres, d’avoir quelques bons réflexes dans l’approche et des ressources qui servent par défaut. Comme vous le lirez, l’important c’est d’être flexible face aux personnes, de ne surtout pas vouloir imposer un modèle en particulier et de laisser la personne décider pour elle-même.
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GRÈVE DE LA FAIM D’UNE USAGÈRE DE LA PSYCHIATRIE EN COLÈRE, EXTÉNUÉE MAIS PAS (DU TOUT) À COURT D’ESPOIRS
REVENDICATIONS
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C/ POUR UNE POLITISATION DU HANDICAP : LE HANDICAP COMME MODÈLE SOCIAL ET NON COMME MODÈLE BIOMÉDICAL : “La folie est une construction sociale”
🔎 Constat : L’OMS favorise une approche sociale du handicap (et met l’accent sur l’importance du social dans la santé d’un individu). Aujourd’hui la psychiatrie en France a l’habitude de traiter les symptômes en surface (en prescrivant abusivement des médicaments, en pratiquant souvent d’office des hospitalisations parfois sous contrainte…) plutôt que de favoriser approche globale de la personne dans son contexte social, face à ses conditions d’existence, etc. Le discours médical met bien trop souvent l’accent sur des composantes biologiques au lieu d’avoir une vision plus large de l’individu en situation de handicap au sein d’une société validiste. Cette vision du handicap est tronquée et désuète : le handicap n’existerait pas sur une île déserte ou dans une société parfaitement égalitaire, il existe par rapport aux autres et par rapport à la société.
🎯 Objectifs : L’État français doit prendre en compte et suivre les recommandations de l’ONU, de l’Union européenne pour rattraper son retard délétère en matière de compréhension du handicap.
☑️ A mettre en place
Abandon par l’État français et ses institutions du modèle biomédical du handicap au profit du modèle plus inclusif recommandé par la Convention des Nations Unies
Fin de la trop grande importance accordée aux facteurs génétiques (sans pour autant omettre le biologique) dans la construction d’un handicap psychosocial
Mise en application immédiate par la France “des préconisations de la Rapporteure spéciale des Nations Unies sur le Handicap en matière de psychiatrie, ainsi que celles de la Commission des droits de l’homme de l’ONU, du Comité de prévention des peines et traitements inhumains et dégradants du Conseil de l’Europe, et de la Commission européenne en matière de santé mentale” (source)
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Toutes les revendications → https://g1graine.fr/ Signe la pétition → https://www.change.org/p/pour-la-neurodiversit%C3%A9-la-sant%C3%A9-mentale-et-une-grande-r%C3%A9forme-de-la-psychiatrie
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REVENDICATIONS
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B/ ️ POUR LA NEURODIVERSITÉ, LA FIN DES DISCRIMINATIONS, L’INCLUSION DE TOUS-TES : “Rien sur nous sans nous”
🔎 Constat : les personnes neurodivergentes / en situation de souffrance psychique sont encore bien trop souvent stigmatisées par la société. Les associations censées défendre leurs droits sont pour une grande partie d’entre elles tenues par des aidant-es et non pas par les personnes directement concernées, Au même titre que les autres oppressions, la psychophobie se cumule avec d’autres systèmes de domination : seule une approche intersectionnelle globale est en mesure d’aider toutes les personnes directement concernées sans distinction, sur des principes d’égalité.
🎯 Objectifs : il faut impérativement changer les représentations et discours sur la neurodiversité pour qu’ils cessent de stigmatiser, voire d’inciter à la haine. Les personnes directement concernées par les problématiques de santé mentale doivent rester unies et solidaires dans les luttes pour leurs droits, malgré les tentatives de séparation entre “bons” et “mauvais” malades, les hiérarchisations, etc. La société dans toutes ses parties et dans tous les domaines doit favoriser l’inclusion des personnes neuroatypiques / en situation de handicap psychique / souffrant de troubles psychiques.
☑️ A mettre en place
Reconnaissance des discriminations psychophobes comme des délits discriminatoires
Sensibilisation de toute la société et tout le corps médical ainsi que la police (avec formations obligatoires) sur les violences exercées sur les personnes en situation de handicap psychique
Création de campagnes de prévention et d’information inclusives sur la santé mentale et contre la psychophobie (faites par les personnes directement concernées elles-mêmes)
Meilleure éducation sur le sujet par les personnes directement concernées à toutes les échelles de la société (école, travail, culture, médias…)
Fin de la pathologisation des personnes queer (trans, non-binaires, homosexuelles, bi, pan, asexuelles, intersexes, etc)
Prise en compte des dynamiques intersectionnelles dans les violences psychophobes et dans la prise en charge en santé mentale en général (par exemple : inégalités quand on est une femme, quand on est racisé-e, etc dans l’accès aux diagnostics et leur attribution)
Prise en compte de la parole des psychiatrisé-es/neuroatypiques lorsque sont signalées des VSS (violences sexistes et sexuelles)
Meilleur accompagnement des personnes psychiatrisées souhaitant devenir parent-es (fin de l’omerta sur cette question de la parentalité chez les personnes psychiatrisées, meilleur accès à l’information et arrêt des entraves plus ou moins implicites dans le processus)
Meilleure représentation des personnes handicapées dans tous les domaines de la vie publique et professionnels (y compris en politique et dans les médias)
Mise en place d’un système scolaire inclusif pour les personnes neuroatypiques ou ayant des problématiques en santé mentale
Abolition de la mise sous tutelle et de la privation de capacité juridique (cela doit être remplacé par un système assisté pour permettre aux personnes directement concernées de faire leurs propres choix)
Gestion plus participative des MDPH, en incluant des personnes directement concernées dans les décisions et les administrations
Arrêt des discours eugénistes sur les handicaps psychiques
Remise en question profonde du diagnostic HPI, des tests de QI, de l’étiquette empruntée à la médecine nazie “Asperger” ; fin des hiérarchisations des personnes sur la base d’une prétendue “intelligence” (toujours très mal définie ou trop restrictive au demeurant) ou sur l’utilité sociale
Arrêt des distinctions plus ou moins tacites entre les “malades légers” et les “malades sévères/profonds/irrécupérables”
Arrêt des représentations édifiantes, fétichisantes, paternalistes, dévalorisantes, déshumanisantes, diabolisantes du handicap psychique
Meilleure aide à l’enfance et prise en compte des violences intra-familiales qui se déploient de manière systémique dans toute la société
Plus d’inclusion des personnes directement concernées dans les processus de soins, les établissements de santé, les métiers de la santé mentale
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A/ POUR LE SOIN SANS LA RÉPRESSION : “Si c’est contraint, c’est pas du soin”
🔎 Constat : de nombreuses pratiques contraires aux droits humains fondamentaux existent encore en France, de manière systémique, sans contre-pouvoir conséquent et dans une totale impunité une grande partie du temps. Des actes indignes relevant de la torture et de la barbarie sont encore pratiquées de manière ordinaire et quotidienne sous prétexte de soins sur des personnes marginalisées, bien souvent loin des regards (mise sous contentions, placement en chambre d’isolement…)
🎯 Objectifs : séparer la répression et le soin : “Si c’est contraint, c’est pas du soin”. Cette séparation claire permettra d’éviter toute manipulation, tout gaslighting, toute omerta, toute hypocrisie et tout paternalisme envers les personnes psychiatrisées (les fameux “C’est pour votre bien”, “On vous protège contre vous-même”) ; fin de la criminalisation implicite du stigmate “fou/folle”. Cette distinction fondamentale permettra la fin des logiques carcérales et répressives en psychiatrie sous prétexte de soin. Le domaine de la santé et les domaines judiciaire/policier sont des choses à distinguer impérativement dès maintenant. Cela ne signifie pas pour autant que l’on doit abandonner les personnes en souffrance psychique / en situation de handicap psychique / neuroatypiques quand elles sont aux prises avec la justice ou la répression policière.
☑️ A mettre en place
Mise en place d’une psychiatrie démocratique et égalitaire
Arrêt des traitements sous contrainte
Fin des séjours longue durée en institution
Respect de l’intégrité physique de tous-tes les usager-es de la psychiatrie et respect des droits humains fondamentaux
Arrêt des hospitalisations sous contrainte
Arrêt des dispositifs de chambres d’isolement (CSI)
Abolition de la contention
Fin des stérilisations forcées, demandées par la famille/les proches pour les personnes en situation de handicap
Ouverture de l’accès le plus pertinent et le plus exhaustif possible à l’information pour permettre aux patient-es de faire des choix véritablement libres et éclairés
Prise en compte la notion de consentement de manière plus large et systématique
Reconnaître la-e patient-e comme expert-e de son fonctionnement psychique, son éventuel trouble, ses limites, ses difficultés (accepter l’autodiagnostic en matière de santé mentale) et ne pas présumer le mensonge, l’histrionnisme, le besoin d’attention, etc
Abolition du fichage sans consentement des personnes psychiatrisées (fin de Hopsyweb et de ses graves dérives sécuritaires mêlant informations médicales en santé mentale et lutte contre le terrorisme)
Ne plus entraver les contestations politiques des usager-es de la psychiatrie conformément au respect des droits humains (notamment en les manipulant, en psychologisant, voire pathologisant à outrance leurs luttes, leurs moyens d’action et revendications…)
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Diagnostic
[TW : Psychiatrie, TS, psychophobie, psychophobie internalisée (?)]
Nos souvenirs sont un vaste océan d'abysses dont les vagues s'écrasent brutalement contre les rochers, contre les brise-lames de notre conscience. Quand on était petits, on ne réalisait pas qu'on était fous. Mais ça a finit par devenir évident dès le début du collège. Ça ne s'est pas arrangé avec le temps. Un jour, durant nos années lycée, la mère de notre copain de l'époque a dit : "Mais tu es complètement folle !" Je ne me souviens plus de ce qu'on avait fait. Les vagues ne me l'ont pas ramené et, dans les embruns, il n'y a qu'un parfum de peine. Ce n'est pas tant d'être fou qui fait de la peine. On le savait depuis longtemps. Ce qui fait de la peine c'est ce "Mais tu es complètement folle !" craché comme un venin, comme une insulte, avec ce petit rictus de mépris. On a longtemps évité la psychiatrie. Je ne saurais pas dire pourquoi exactement. Je crois qu'on craignait, si on y allait, de réaliser que ça y était. Que c'était réel. Qu'on ne pourrait plus jamais se voiler la face à ce sujet. On n'avait pas peur d'être fous parce qu'on savait qu'on l'était. Mais on avait peur que le monde entier nous perçoive comme fou. Parce qu'on ne voulait pas de ce "Mais tu es complètement folle !" avec ce rictus de mépris. On ne voulait pas être rejeté-e-s. On ne voulait pas être abandonné-e-s. Ou plutôt, on ne pouvait pas. Alors bon, on avait sacrément peur de ne plus être capables de faire semblant dès lors que la sacro-sainte psychiatrie aurait collé ses petites étiquettes bien blanches, bien carrées, bien aseptisées sur notre petit crâne tourmenté. Et puis patatra, durant nos années d'études, y'a eu un gros hic, y'a eu des grands couacs, y'a eu du n'importe quoi. Alors on a fait quelque chose de très très dangereux et de très très grave. Pas parce qu'on était fous, mais parce qu'on avait tellement mal ! Mal à en pleurer, mal à en hurler, mal à en finir aux urgences dans un joli camion de pompier.
Ah ça fait drôle, hein ! Et d'ailleurs, il y a plein de souvenirs de cette période que l'océan d'abysses ne m'a jamais ramené. On a été hospitalisé-e-s durant de nombreux mois, puis en hôpital de jour. Je passe aujourd'hui sous silence la façon détestable dont on a été traité-e-s dans l'institut de soin où nous étions. Parce que ce n'est pas à là que je veux en arriver. Pas cette fois. Ce contact sommes toutes brutal avec la psychiatrie a eu exactement l'effet que je pensais qu'il aurait : Les gens ont vu qu'on était fous. Bon. Iels n'ont pas dit "fous". Iels ont dit "dépressifves sévères". On savait que c'était pas tout, mais ces psychiatres-là avaient un peu la flemme de poser des diagnostics. Je présume qu'iels estimaient avoir mieux à faire et que ce n'était pas leur rôle. J'ai envie de dire que de toute façon, on n'en voulait pas de leurs petites étiquettes. Mais les gens ont quand-même vu qu'on était fous. Et on pouvait plus le cacher. Et on a été rejeté-e-s. Exactement comme on le pensait. Exactement comme on l'avait prédit. Puis bon, voilà. On était fous. On a plus été hospitalisé-e-s, à un moment, puis on a carrément arrêté de voir des psychiatres. On les aimait pas beaucoup. Puis y'a eu une période un peu... moui. Où on savait qu'on était fous, mais inconsciemment, on continuait de cacher qu'on était fous... plus ou moins, maladroitement. Eh bien figurez-vous que ça suffit largement ! Il faut juste faire un peu semblant et les gens ne pensent pas que vous êtes fous ! Iels pensent que vous êtes chiant-e-s ! Il suffit d'avoir l'air fonctionnel-le-s ! Ça n'a aucune importance si vous ne l'êtes pas pour de vrai ! Ruinez-vous la santé pour tout cacher et iels n'y verront que du feu ! Vous serez la personne chiante et non pas la personne folle, ni même la personne handicapée. (Sans rigoler, ne faites pas ça. Ça fait un mal de chien.) (On avait quand-même quelques ami-e-s très douxes qui savaient qu'on étaient fous et c'était bien.) Bref, je pense qu'entre plein d'autres choses, ce "masque" a joué dans le fait qu'on a recommencé à ne plus aller bien du tout. Un jour on l'a dit à notre médecin et elle a fait : "Oula !" puis elle a pris son téléphone et elle a appelé le CMP le plus proche pour nous prendre un rendez-vous. C'est comme ça qu’on s’est retrouvé-e-s à voir une infirmière psy qui ne savait pas quoi faire de nous parce que les personnes en face d’elle disent souffrir alors que : - Iels font du sport - Iels travaillent (même si c’est à leur compte) - Iels ont des loisirs - Iels ont de la famille et des ami-e-s Un jour, elle nous dit : « Je vais demander son avis à mon collègue psychologue. »
Après l’avoir vu en rendez-vous, le collègue psychologue a dit : « Je vais être bien en peine à donner un avis à ma collègue. » J’ai trouvé ça drôle. (En vrai, ça se passe bien ! Je suis content qu’il nous suive. Et soulagé aussi. Ça aurait été coton, sans lui.) 2023, c’était affreux comme année. Non, franchement, c’était immonde. Il s’est passé énormément de choses compliqué-e-s et on a dû traîner notre pauvre carcasse jusqu’en 2024. En 2024 on nous a dit : « Bon, vous êtes bien handicapé-e-s, on le reconnaît. Par contre le diag de « dépression chronique » qui date d’il y a 7 ans et « anxiété sociale » maintenant, ben c’est pas suffisant pour vous donner de la tune. Déso pas déso. » Alors on a rampé jusqu’au cabinet d’un psychiatre. Je dis ça comme si ça avait été facile, mais pas du tout. Entendez bien qu’on n’aurait jamais refoutu-e-s nos pieds chez un psychiatre si on était pas dos au mur. Et il a fallut plusieurs discussions avec plusieurs de nos ami-e-s pour nous convaincre et nous rassurer. Et donc bref, on se retrouve dans ce cabinet et j’ai furieusement envie de dire au type que les toiles d’araignées sous son escalier dans la salle d’attente me donnent envie de pleurer. Là je m’attends pas encore à la claque dans la gueule que je vais me prendre. Que dis-je ! A la tornade dans laquelle je viens de tomber. Il me regarde, moi je ne le regarde pas. Je ne peux pas, parce qu’on est trop terrifié-e-s pour ces conneries. Je lui montre nos documents. Il prend le certificat médical de la MDPH, il pose des questions et il écrit. Moi j’ai envie de me barrer à toutes jambes. Genre de m’enfuir. Mais il remplit le certificat, j’en chialerais presque. Et puis à la fin, il demande : « A votre avis, vous pensez avoir quoi ? » Moi je lui réponds : « Ben comme vous avez vu, je suis sur la liste d’attente du CRA, du coup je pense que je pourrais peut-être être autiste... » (Matez les gigantesques pincettes que je prends alors que ça fait un bon moment que mes potes autistes m’ont pairdiag. Matez le doute.) Il m’a dit : « On dirait, hein ? » J’ai trouvé ça drôle, un peu.
Et puis là, je sais plus comment il l’a dit - les vagues l’ont emporté - mais elle est là, la claque dans la gueule. Il a dit : « Je pense aussi à la schizophrénie. Je pense que vous êtes à la limite entre les deux. Il faudrait faire un différentiel, mais les deux troubles peuvent être proches. » Ça allait dans le sens de ma plus grande théorie sur les troubles psys alors j’étais vite fait content, mais en vrai j’avais aussi l’impression qu’il avait appuyé sur le bouton : « AAAAAAAAH » dans mon cerveau. C’était moyennement fun. Mais j’ai pas posé de question, j’étais trop abasourdi. Bon, je vais pas mentir, je me doutais que, si le psychiatre avait envie de bosser, je ressortirai probablement pas sans – au moins – un bon vieil antipsychotique (ça a pas loupé, hein). Mais je ne m’attendais clairement pas à ce trouble là. Parce qu'on se sent pas « comme ça ». Et que le stigmate terrible qu’il porte me fait déjà péter un plomb. Et sur ça, je commence à douter très très fort. « Est-ce que j’ai été assez authentique durant le rendez-vous ? Est-ce que je n’ai pas menti sur la liste de symptômes ? Est-ce que je n’ai pas inventé n’importe quoi pour faire mon intéressant ? » Il faut savoir que le doute, ça me compose personnellement à au moins 70 % de mon être. Très régulièrement, je doute après avoir donné mon âge ou mon lieu de naissance… donc je crois que ce n’est ironiquement pas mon sentiment le plus fiable.
En bref. On est schizophrène. (Peut-être) Elle est enfin là, la petite case, bien carrée, bien collée sur mon front et je ne sais pas quoi en faire. Moi je voulais juste qu’on colle plein de petites étiquettes sur mon dossier de MDPH pour qu’on nous donne de l’argent et qu’on puisse enfin arrêter de galérer autant dans notre foutue vie… mais certainement pas pour qu’on y marque « trouble schizoaffectif ». C’est costaud, quand-même, quoi. Alors pour l’instant, je l’étudie très très attentivement. Peut-être qu’un jour j’arriverai à m’y faire ou bien je pourrais dire : « C’est pas ça ! De toute façon, c’est qu’une petite étiquette ! Je la décolle si je l’aime pas et personne va rien faire ! » Parce qu’à la fin, on s’en carre des petites cases. On est fous. On l’a toujours été. C’est une grande case et dedans, y’a nous tout entier.
I'm tired of people telling me that psych medications are great and we should just "end the stigma against medication" because it's silencing so much of the debate around psych medications.
First of all there's the side effects. You think your medication doesn't give you side effects ? Are you sure ? Havr you gained weight ? Difficulty sleeping ? Anxiety ? Night sweats ? Drowsiness ? Are those symptoms of your disorder or side effects from the medication ? Depending on your doctor, you might be heard or you might not. And I'm not even talking about stopping medication. Have you tried stopping the medication you're on ? Can you spend a day without taking your dose ? If you had to completely stop that medication and suddenly your symptoms come back tenfold ? (I'm writing this rant at three in the morning because I'm supposed to change anti psychotics and the old one made me sleep all the time but now I'm anxious and insomniac and even the sleeping pill isn't helping). I'm on an anti depressant that I know doesn't work for me but I simply can not stop it because I get violently sick the moment I don't take a dose. It's the slightest possible dose and I will still be puking for hours on end, get dizzy, foggy, with muscle pains and weird electrical spasms. I'm working, I don't have time to go through this shit and I'm not taking paid time off to go through this shit.
The second and maybe biggest part of this rant is the lack of agency. Psychiatrists will put you on meds without asking for your opinion. They might tell you whjat it does, they might tell you a couple possible side effects but that's it. And if you get your medication from being admitted to a psych ward you will get none of that. just colored pills affer breakfast and you are forced to take them. At my first hospitalization at fifteen they put me on ten different pills all at the highest possible dose, without explaining to me that it was a very high dosage. Or that there were more entry level drugs that we could try first. Doctors will purposefully not mention the effects of most psych medication on your libido because they know how much of a deterrent it is. I have had so many doctors not take the time to check possible side effects of coupling different drugs together. If you go to your doctor and say you want to stop your meds, they'll tell you you're having an episode we might need to raise the dose actually. Add something on top. Did you know most of the effects of SSRIs have been debunked ? Or that it is proven to make irremediable changes to your brain after mere weeks of continuous intake ? (including the things about that pesky libido, you don't need to bone you're insane anyway).
Now pair all of that with what we know of the partnership between the psychiatric discipline and the pharmalogical lobbies. The DSM-5 was written in partnership with those lobbies so they could put out molecules on the market for every type of diagnostic they would put in there. The first book that introduced me to that idea was Jon Ronson's The Psychopath Test and I think it's a very important first read on the psychiatric industry.
'Well I was put on that one med and it changed my life for the better" I'm glad. I'm so glad. That doesn't mean you should challenge the voices of every single person out there whose disability doesn't respond to drugs or just to some aspects of it so we have to add more and more. To the people under a conservatorship or under rehabilitation programs who are legally forced to take medications that make them feel garbage.
The antipsychiatry movement rose from all the people whose agency have been taken away by doctors and pharmaceuticals and I think at the very least if you are in the psychiatric system you should have a look about it. I could write entire essays about hospitalizations in general, I was just talking about medication there and it's mostly rant and not essays (if you wanted more like informative, essay type stuff, it's probably something I could do, just tell me if you're interested)
Qu'est-ce que la vérité par rapport à la croyance ?
un antipatient