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Андриеш (Andriesh) | 1954 | USSR | Yakov Bazelyan and Sergei Parajanov
Mourning a capacity to love.
I remember how back then love was simple. It showed up without warning. It filled my days and stayed with me at night. It made small things like going to school feel huge and exciting, and even the pain of not being noticed felt precious. Missing someone hurt, but the hurt felt warm, like proof that what I felt was real.
Nowadays I wish I had loved more back then. More than one person. I wish I had let my heart open wider instead of pouring everything into just one place. I didn’t know that this ability had an expiration date, or that it could change shape so quietly.
Because now, everything goes through a filter.
I don’t fall the same way anymore. Feelings don’t crash into me; they arrive cautiously. Attraction passes through thought, memory, self-protection. I can notice someone, find them beautiful, feel a spark, and still go on with my day as if nothing happened.
It’s not that I can’t love anymore.
It’s that I can’t love blindly anymore.
What I miss is the version of me who didn’t hesitate, who didn’t measure the cost, who let love be loud and overwhelming. Back then, even pain felt worth it. It meant I was fully there.
Now I’m safer. More composed.
But sometimes I miss being undone.
Prologue
La tempête Cécilia faisait rage depuis plusieurs heures sur San Francisco et ses environs. La pluie battante martelait les vitres épaisses des commerces, tandis que les bourrasques de vent éprouvaient la robustesse des quelques installations publiques encore debout. C’était déjà la cinquième tempête en l’espace de quelques semaines, et selon les météorologues, l’arrivée de l’hiver n’allait rien arranger. Les prévisions avaient annoncé que Cécilia atteindrait son paroxysme durant la nuit, avec des rafales dépassant les 190 kilomètres à l’heure. Les autorités avaient vivement déconseillé tout déplacement nocturne. Mais pour certains, ces recommandations restaient lettre morte. Parmi eux, une famille se démarquait : les Vallima, l’un des noms les plus anciens et influents de San Francisco.
Depuis des siècles, les Vallima étaient intimement liés à la ville. Leur empire dans l'import-export, l’un des plus prospères de la côte ouest, leur conférait une influence considérable dans les sphères politique, économique et sociale. Dès qu’il était question de ventes aux enchères, de gala de charité ou de dons à la population, le nom des Vallima était sur toutes les lèvres. Leur nom figurait sur de nombreux bâtiments de la région, comme des bibliothèques et des centres d’aide. Leur célébrité rivalisait même avec celle des stars locales des réseaux sociaux.
Et pourtant, derrière cette façade bienfaitrice se cachaient des soupçons criminels persistants. D’aussi loin que les enquêteurs pouvaient remonter, les antécédents de la famille ne dataient pas d’hier, bien au contraire. Les archives policières regorgeaient de rapports incriminants les Vallima, remontant jusqu’au début du XXe siècle, à la veille de la Première Guerre mondiale. Malgré plus de trois cents plaintes déposées au fil des générations, aucune n’était allée jusqu’au tribunal. Encore plus intrigant, aucune n’avait fuitée dans la presse, laissant intacte leur réputation immaculée. Mais aux yeux des forces de l’ordre, les Vallima étaient une organisation criminelle d’une habileté redoutable, utilisant leur fondation caritative comme écran pour des activités bien moins nobles. Sauf que leurs méthodes de dissimulation et la loyauté absolue de leurs membres les rendaient intouchables. Et, au final, rien ne semblait pouvoir les atteindre. Ni la justice et encore moins le temps.
Les Vallima vivaient dans leur imposant manoir familial, niché au cœur d’une forêt dense au sud de la ville. Ses murs de pierre sombre semblaient se fondre dans l’épaisse végétation, comme s’il faisait partie intégrante du paysage. Les grandes fenêtres, encadrées de bois, laissaient filtrer une lumière tamisée, renforçant l’aura de mystère qui enveloppait la bâtisse. La structure imposante du manoir s’élevait fièrement sur plusieurs étages. C’était dans cet endroit, isolé de tout, que les Vallima pouvaient aisément préserver l’anonymat de leur progéniture et diriger leurs affaires en toute confidentialité.
La majorité de leur temps, monsieur et madame Vallima le passaient à travailler, laissant leurs deux petites filles entre les mains expertes de leur gouvernante. La plus jeune, Emmy, venait de fêter ses deux ans et malgré son jeune âge, elle ne demandait déjà plus ses parents, et ce, alors que la maladie la rongeait déjà à petit feu. Emmy souffrait d’anémie sévère, diagnostiquée comme une maladie des globules rouges. Mais malgré sa maladie qui venait prendre le dessus sur sa vie d’enfant, ses parents n’avaient jamais montré une once de préoccupation à son égard. Ils ne l’accompagnaient ni à l’hôpital ni lors de ses séances de soins et ne s’inquiétaient jamais de son état.
Heureusement, Emmy pouvait compter sur sa grande sœur Hedda, qui s’apprêtait à fêter ses dix ans. Hedda s’était rapidement imposée comme l’ange gardien de sa petite sœur, prenant soin d’elle avec une attention et une maturité remarquable. Après l’école, elle rentrait directement à la maison pour jouer avec elle, surveiller ses traitements et lui apporter tout ce dont elle avait besoin. À chaque visite des infirmières, elle restait dans un coin, observant attentivement leurs gestes pour les apprendre et les reproduire. La moindre chose dont avait besoin sa petite sœur, elle faisait en sorte qu’elle l’ait. Pourquoi faisait-elle tout cela ? Parce que dès la naissance de sa sœur, elle avait bien vu que le schéma se répétait : ses parents ne lui porteraient jamais aucun intérêt.
Cependant, les parents Vallima portaient une attention particulière à Hedda, mais pas pour les raisons que cette dernière aurait souhaitées. Si elle avait hérité des traits physiques de ses parents ; les cheveux argentés et les yeux métalliques de son père, ainsi que la silhouette élancée de sa mère ; leur regard, posé sur elle, n’avait jamais été empreint d’amour. Le peu de fois où ils étaient présents à leur domicile, ils scrutaient le moindre de ses gestes, écoutaient la moindre de ses paroles et la reprenaient sur ses erreurs, aussi minimes soient-elles.
Hedda avait mis beaucoup de temps pour mettre un mot sur le comportement de ses parents. Mais au fil des années, elle avait fini par comprendre que leur froideur n’était pas de la maladresse, mais le reflet d’une cruauté et d’une grande manipulation. À chacun de leur regard, elle ressentait un mélange de dégoût et de méfiance. Pourquoi ses parents l’observaient-ils avec une telle insistance ? Hedda ignorait la réponse, mais elle pressentait que découvrir la vérité pourrait être dangereux pour elle. À présent, lorsqu’elle les regardait, elle ne voyait plus que cruauté et manipulation. Mais, ce dégoût qu’elle éprouvait à chaque fois que sa mère posait les yeux sur elle ou la répulsion naturelle qu’elle éprouvait à l’encontre de son paternel, l’avait poussé à aller plus loin.
Malheureusement, la petite fille ne pouvait pas savoir que le jour où elle apprendrait la vérité marquerait le début d’une nouvelle étape dans sa vie. Une étape qui allait la transformer en une chose qu’elle n’aurait jamais pu imaginer et qu’elle aurait détesté devenir…
Extrait du roman écrit par @Alizea.ecrits
13 Mars 2026
Ruralité Queer : le plus beau des zines !
Retrouvez moi avec les autres ploucs arc-en-ciel dans Queer des Champs, un zine fantastique made in @ortie-pnk
Dans le numéro 1, je vous raconte l'histoire de ma grand-mère "La Nine", et dans le numéro 2, quelques récits courts de mes premières expériences de queer rural catapulté-e dans une grande ville.
COUTUME | Théâtre : des spectateurs jadis chargés de lancer les applaudissements ➽ http://bit.ly/Claque-Theatre Auteurs et comédiens au XVIIIe siècle, puis directeurs de théâtre au siècle suivant, jugeant que le public n'applaudissait ni assez fréquemment, ni assez bruyamment, imaginèrent d'introduire dans nos salles de spectacle un petit bataillon d'applaudisseurs spéciaux surnommés « battoirs » puis « claqueurs », chargés d'exciter, d'échauffer l'enthousiasme du public, et au besoin de le remplacer par le leur, cet usage, s'institutionnalisant bientôt sous le nom de « claque », étant officiellement supprimé en 1902