La nouvelle « Le Gros Capitaliste », est-elle une fable ? En tous cas, un texte qui en dit long sur les rapports entre la logique désastreuse du capitalisme et le bon sens de l’homme simple et sage, que d’aucun traiterait de sauvage. Un pamphlet sous forme de farce mais aussi de parabole qui pourrait être une pièce de théâtre alliant humour, férocité et intelligence.
Tout le monde devrait prendre la grosse demi-heure pour lire ce recueil de nouvelles augmenté de quelques courriers qui en disent long sur l’esprit, le talent et le modernisme de l’auteur mythique et mystérieux des romans « Le Vaisseau des Morts » et « Le Trésor de la Sierra Madré ».
La seconde nouvelle « Administration Indienne et Démocratie Directe » est tout aussi jubilatoire. Elle nous présente la façon de procéder à la nomination d’un nouveau chef d’un peuple indien – l’auteur n’est pas plus explicite – d’Amérique Centrale. Je ne dévoilerai bien évidemment rien de cette élection de chef indien mais quel plaisir de lecture pourtant desservi par un titre austère faisant penser à un traité politique. Croyez-moi, on se marre. Et l’on est amené à regretter que les élections de nos pays soi-disant démocratiques ne se déroulent pas de la façon indienne. Au moins on rigolerait et notre démocratie reprendrait son sens et serait bien mieux préservée. En tout cas, une leçon cocasse d’un auteur volontiers épinglé comme anarchiste
Je vous ai déjà parlé de B. Traven, voir ici ou encore là.
Et si cela vous a quelque peu intéressé, alors, s’il vous plait, allez donc chez l’éditeur qui vient de publier cette petite merveille. Il sait bien mieux parler que moi de cet auteur si secret, d’autant qu’il vient également de publier « B. Traven, romancier et révolutionnaire » de Rolf Recknage, une somme pour en apprendre plus, se faire une idée, mais surtout découvrir un auteur majeur du XXe siècle..
Ah, au fait ; ça ne coûte que trois euros. Ce qui ne serait pas pour déplaire à Traven. Alors pourquoi s’en priver ?
« Le Gros Capitaliste - Et autres textes » de B Traven, traduit par Adèle Zwicker. Éditions Libertalia, Collection Petite littéraire.