LÉO FERRÉ, RICHARD: https://www.youtube.com/watch?v=Zdi_PwmHo2c // LÉO FERRÉ, LES ANNÉES BLÊMES, LES CHANTS DE LA FUREUR, p973 à 975: …Nous avons eu nos nuits comme ça moi et moi/ accoudés au BAR BAC devant la bière allemande/ Quand je nous y revois des fois je me demande/ si les KANTERS de ces temps-là vivaient parfois/ si les BLONDIN cassaient leur âme à tant presser/ le citron de la nuit dans les brumes-pernod/ si les LUCE prenaient le temps de dire un mot/ à cette nuit qui les tenaient qui les berçait/ à cette nuit comme une soeur de charité/ longue robe traînant sur leurs pas de bravade/ caressant de l'ourlet les pâles camarades/ qui venaient pour causer de rien ou d'amitié/ Ô BAR BAC de janvier, du six, de l'an cinquante/ avec la BLANCHE sur le pot des sous comptés/ cette BLANCHE de nuit à la voix verglacée/ brave comme un grognard…Ce 6 janvier, avec mon imperméable vert que maman m'avait acheté…elles étaient deux: SUZANNE et puis une fille aux yeux d'inquisition/ qui est-ce ce type en imper ricain ?/ cheveux longs- ça fait malade - pâle un brin- est-ce qu'il mange ?/ -Tiens, bonsoir LÉO, je te présente MADELEINE./ -Bonjour mademoiselle./ -Bonjour./ Les premières paroles dans une histoire qui sera longue,/ les premières paroles ne sont jamais bien longues/ on a peur de parler, on voudrait tout savoir, puis non…on ne veut rien/ que vivre lentement les minutes heureuses/ que savourer l'inquiétante inconnue des choses de la vie/ ces inconnues qui ne se règlent pas au tableau noir/ les premières paroles sont toujours assez connes/ des paroles de rien, si rien qu'on n'en peut plus trouver le rien/ après tant d'années…le parfum de la nuit/ cette nuit-là, un peu froide, pas trop, juste de quoi se blottir/ à l'avance et de mémoire sur les paresses de demain, sur les siestes-novembre, au bord de ce frêle bonheur à quoi l'on ne peut jamais croire au début de l'amour./ LES PREMIÈRES PAROLES SONT AUSSI D’ÉVANGILE/ DANS UN MISSEL PAÏEN tout illustré de lèvres/ et de figures retournées donnant la fièvre…