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Lysiane Vidana : un certain désir de campagne...
Interview de Lysiane Vidana, qui 'consulte' en ville, en vue de la constitution d'une liste pour les municipales de mars 2026 à Chabeuil. La revue du Bachass'Club l'avait annoncé dès la semaine dernière : 'à ses dires' l'ancienne maire de la ville souhaite être présente à cette échéance. Un fort désir de campagne, qui ne s'embarrasse pas, pour l'heure, de détails programmatiques, et qui ne dévoile rien de concret.
Bachass'Club : Vous vous lancez ?
Lysiane Vidana : Oui. Mais il ne s'agit pas ici d'une déclaration d'ouverture de campagne à proprement parler. Je consulte autour de moi ; je ne suis pas inquiète pour les vingt neuf* personnes nécessaires à la constitution d'une liste, je pourrais les avoir. Mais je cherche des co-listiers et des co-listières en qui je puisse avoir pleinement confiance. Des gens de confiance, et de qualité. En 2020, je me suis trompée et j'ai embarqué des colistiers, dont Alban Pano, qui ont fini par me trahir. Aujourd'hui, avec moi, je veux des gens sûrs. Mais, pour l'heure, je ne les ai pas encore trouvé.
B.C. : Vous irez jusqu'au bout, jusque à l'élection ?
L.V. : Oui, si je rassemble dans les conditions que je viens de dire, essentielles pour moi. Et donc, je ne peux pas affirmer avec certitude que j'irai jusqu'au bout, comme vous dites.
B.C. : Qui vous accompagne ? Des noms...
L.V. : Trop tôt. Je ne peux encore rien vous dire.
B.C. : Vous vous lancez pourquoi faire ?
L.V. : Pour finir ce que j'ai commencé. En 2022, mon mandat a été brutalement interrompu par une trahison. Je veux reprendre le cours naturel des choses. J'insiste : Alban Pano est un usurpateur, son mandat intermédiaire doit cesser.
B.C. : Vous pouvez nous en dire plus ? Etre plus précise sur ce programme que vous préparez ?
L.V. : Non, là encore, c'est trop tôt pour vous le dire. Et d'ailleurs je pense que les équipes en présence sont parties beaucoup trop tôt. Mais je reprendrais une des grandes lignes de mon programme de 2020 : la lutte contre le clientélisme.
B.C. : Un slogan de base ? L'intitulé de votre liste ?
L.V. Trop tôt. Désolée.
*Plus précisément, une liste est composée de 29 noms + 2 remplaçant.es.
[Cette interview a été recueillie au cours de deux rencontres, l'une pour confirmer l'autre, les jeudi 30 novembre et mardi 2 décembre dernier. Prises de notes, témoins, etc...Il fallait vérifier la rumeur qui courrait Chabeuil depuis le printemps, insistante depuis l'été : Lysiane Vidana s'était ouverte à quelques proches, au sujet d'une prochaine candidature. Le Bachass'Club vous livre ici cette interview sans commentaires, sans jauger plus avant la probabilité de voir l'ancienne maire de Chabeuil se représenter en 2026. Tout de même, l'impression générale qui reste après ces deux rencontres, c'est : un certain désir de campagne, à défaut de la certitude d'être présente en mars prochain. ]
Claude Meunier
CHRONIQUE DE QUELQUES PUBLICATIONS CHABEUILLOISES....ET UN GIONO POUR SOULAGER L'AFFAIRE.
Trois livres ou supposés tels viennent de sortir à Chabeuil. Ils ressortissent à une littérature de sauvegarde personnelle, à visée soignante et consolante, ou tonitruante. Ces trois livres sont auto-édités et expriment donc sans filtre éditorial qui un malaise politique et victimaire, qui une rêverie poétique et autocentrée, qui une obscène boursoufflure gloriolisée. Chronique donc ci-après, avec, côté gloriole : François Merle et ses 'Tintinofolies, histoire des rencontres internationales tintinophiles à Chabeuil', côté plainte vengeresse Lysiane Vidana et son 'Journal d'une femme maire, 18 mois, le prix à payer'. Et côté intimisme poyétique Millie Rosiers et sa 'Part des oiseaux'. Millie Rosiers est le pseudonyme de Mireille Rossi, collaboratrice de cabinet d'Alban Pano, maire de Chabeuil. Trois exercices de style très différents, comme on va voir, pénibles comme l'impudeur, à des degrés très divers. Pour se consoler, on pourra utilement se plonger dans le dernier rapport d'observations définitives de la Chambre régionale des comptes, qui traite de la Commune de Chabeuil. On vous en parle ici parce qu'après trois embardées autocentrées, un peu de 'sujet-verbe-complément', ça réconcilie avec le français, qui, sait on jamais, peut servir à dire autre chose que soi-même...
-Allez...on commence par le pire, l'étouffe chrétien qu'impose François Merle quand il veut documenter un quart de siècle de tintinophilie à Chabeuil. François Merle est un enfant désoeuvré de Chabeuil qui s'est jadis mis en tête d'installer en ville de spectaculaires décors inspirés des albums de Tintin, en mettre plein la vue avec ses maquettes géantes, épaves, pyramides et...fusées. Le livre qu'il propose aujourd'hui est un exposé de la démarche, album photo de ses grandes réalisations. Et comme ses souvenirs de grand gosse sont marqués de pharaonique, d'interstellaire et d'éléphantesque, on a droit au total à du gigantesque du formidable et de l'épastrouillant, que la ville est invitée à considérer à longueur de page. Innombrables photos de Merle François, qui appuient le propos de François Merle : tant d'orgueil triomphant finit par donner le vertige quand il tourne au panégyrique, tendance onaniste, dont la lecture est empêchée par l'omniprésence narrative et visuelle du personnage unique et principal.
Pour : le livre parvient tout de même à saluer la dévotion des bénévoles qui ont permis par leur rude et patient travail, à cette dinguerie autocentrée d'exister. Et souvenir des années 2000, quand les journées tintinophiles étaient encore bon enfant...
Contre : Merle par-ci, Merle par -là, au moi surchargé d'un discours d'apparat, à tous les âges et à toutes les pages, on n'insiste pas. Ne répond pas à la question : pourquoi Tintin ? Pourquoi Chabeuil ? Et quel intérêt, au fond pour la ville ? Fatiguant. Et le prix, 25 €, pas piqué des vers. Tiré paraît-il à 2000 exemplaires.
Cet ouvrage, c'est Tintouin à Chabeuil, c'est fatiguant. La manifestation (budget : approx 50 000 € pour la dernière édition, aux dires des promoteurs de l'événement) s'arrête. Elle s'arrête pour cause d'épuisement, tu m'étonnes : 'on est épuisés', entend-on chez les bénévoles, au coeur de l'équipe en question. Oui, Chabeuil est fatigué (comme il y a des fatigues psychiques, si l'on veut...) Ce livre a le même défaut : il est éreintant de kitsch, de ringardise et de mauvais goût, le tout sur papier glacé de fort grammage (quel gâchis...) Faut que ça s'arrête.
-Lysiane Vidana sort de son silence et propose un court livre (156 pages), ramassé, monocorde et tendu, de son mandat de maire de Chabeuil (juillet 2020 à février 2022). Maître mot : trahison. Lysiane Vidana a été trahie, voilà tout le propos ; elle explique sans détour par qui.
Elle présentait l'autre soir (27 septembre 2024) son livre à ses soutiens chabeuillois et valentinois. Assistance fournie, applaudissements, pleine page ou quasi dans le Dauphiné Libéré du même jour. Sa présentation était succincte, en forme de justification de l'ouvrage : écrire pour aller mieux en somme, sortir d'une très mauvaise passe. Écrire aussi pour expliquer aux chabeuillois le pourquoi du comment du putsch qui avait agité la ville à l'automne 2021, à la suite de quoi elle avait dû démissionner et quitter son mandat, provoquant une nouvelle élection. Pas d'analyse politique à proprement parler, mais on comprend tout de même, au fil des pages, qu'Alban Pano n'est pas maire de Chabeuil par la seule grâce d'un charme bien mis et d'une rhétorique droitiste. Il y fallait un golpe, une entourloupe démocratique, une trahison : le livre de Lysiane Vidana permet utilement d'en comprendre le principe, la manière, et les circonstances.
Lysiane Vidana expose ses 'blessures', sans fard ni faux semblants : 'cette introspection était faite pour guérir mes déceptions, ma tristesse (...) et pour exprimer mes vérités et mes sentiments'. Une question revient, tout au long de l'ouvrage : 'pourquoi des personnes que j'avais choisies et en qui j'avais confiance m'avaient-elles trahie ? J'ai une certaine idée de la loyauté, pas ceux qui m'ont trahie'. Une trahison qui obsède le récit, on le voit bien. Et encore une fois : 'par cette élection de 2020, j'avais fait naître de nouveaux visages, et ils m'ont trahie'.
Dans son récit l'ancienne maire de Chabeuil ne nomme personne [c'est un défaut sérieux du livre, parmi d'autres (absence de recul, ignorance du contexte politique, pas de point de vue comparatif à propos des premiers mois de l'équipe Pano, rien non plus sur les contraintes réglementaires qui ont encadré la crise...)] et se contente de désigner les protagonistes du putsch par leur fonction dans son équipe. On y perd en précision, et en clarté. En somme, des brutes ont joué avec l'institution communale, l'ont mise à bas, et on ne connait pas leur nom, ce qui leur économise de porter leur responsabilité devant les chabeuillois. Pas nommés, les voilà impunis, alors qu'une partie d'entre eux est en place dans la nouvelle équipe municipale. Faisons une hypothèse : et si, sous les fonctions 'adjoint à l'urbanisme' et 'adjoint aux associations' et si...bas les masques, étaient dissimulés respectivement Patrice Courthial et Alban Pano, dont les rôles sont largement détaillés (mais anonymisés) ? Leurs responsabilités dans le putsch de 2021 serait alors plus claire, plus évidente.
À son habitude, Lysiane Vidana est directe et ne retient pas ses coups ('ce tartuffe, méprisant et fourbe...', ou encore 'panurgisme et inculture politique', ou encore 'un homme pressé qui avait pris la grosse tête'), et le chaos municipal d'octobre 2021 est bien rendu, crépitant, violent. Le débit est rapide, haletant et, au bout du compte, étouffant. Pas de recul, pas de mise en perspective, de la part d'une femme blessée, seule au monde, face à la brutalité irresponsable de quelques uns, qui ont bien fini par couler le navire municipal.
Pour : une victime, on l'écoute, basta, c'est la règle. Et on ne peut plus faire comme si ces explications n'existaient pas, comme s'il ne s'était rien passé.
Contre : un ton étouffant : colère et indignation ne cèdent jamais à l'analyse politique de la période concernée. Et l'anonymisation, incompréhensible, nuit à la clarté de l'ouvrage.
'Le prix à payer' fera l'objet d'une édition en ligne, sous peu, prévue à 10€. L'article du Dauphiné Libéré (26 septembre 2024) se présente sous la forme d'une interview (complète, vive, bien menée). Inévitable question finale : 'Ce livre est-il un moyen de revenir dans le paysage politique'. La réponse ('je ne sais pas.Je ne m'interdis rien') fait sacrément causer en ville...
-Autre ton, tout autre style, plus posé, plus distant, mais pour une littérature pareillement auto centrée : 'La part des oiseaux' de Millie Rosiers. Millie Rosiers, c'est le pseudonyme de Mireille Rossi, collaboratrice de cabinet du maire de Chabeuil, Alban Pano. Rien d'autre, et pas le contenu de ce recueil de gentils poèmes, ne relie ce livre à l'actualité chabeuilloise ; ça ne parle pas du pays. La chronique en sera donc rapide. Le recours à un pseudonyme n'est pas ici un artifice, une planque, c'est plutôt l'invention d'un personnage, Millie, qui écrit de la poésie, qu'elle nous présente. Millie Rosiers est ainsi comme un vrai personnage de fiction poétique, qui nous raconte son monde, ses amours, son âme (avec insistance) et son corps, son corps, et encore son corps tourmenté. L'ambiance générale est à l'art-thérapie, fleur bleue d'un genre particulier, tendance psy. Avec des bonheurs d'expression tout de même, qui peuvent racheter l'agacement que provoque toujours l'art-qui-veut-soigner.
Pour : mignon.
Contre : mignon.
Le livre (14 €, 101 pages) est plutôt bien fichu, beau papier ivoire, mais orné de dessins simplets, par l'autrice elle-même. Mireille Rossi est une ancienne (il y a peu) journaliste au Dauphiné Libéré, soulignant encore un peu plus l'ambiance valentinoise dans l'entourage (personnel et professionnel) d'Alban Pano. Mireille Rossi écrit les discours du maire de Chabeuil ; on peut utilement lire sa Part des oiseaux pour se mettre dans l'oreille son style et ses thèmes de prédilection et, ainsi repérer dans les envolées du maire de Chabeuil ce qu'il doit à la plume de Rossi-Rosiers. Souvenir, dans un récent discours de voeux à la population, d'une surprenante citation de Frida Khalo, qui doit peu à la passion d'Alban Pano pour la peinture mexicaine et tout à l'intérêt de Mireille Rossi pour les corps déglingués...
-Mais les chabeuillois qui préfèrent la concision et la nervosité du Code Civil, modèle, comme les stendhaliens de Chabeuil le savent bien, de naturel, de précision et de clarté, ceux-là se délecteront du rapport d'observations définitives de la Chambre régionale des comptes Auvergne-Rhône-Alpes qui vient de paraître. Prêt dès le début de juillet, mais acté seulement au Conseil Municipal de Chabeuil du 26 septembre, il est maintenant public. Ce qui ne veut pas dire accessible facilement : rien encore sur le désastreux site de la mairie, toujours aussi bancal et daté, très mal mis à jour. Mais votre Bachass'Club favori met ici le lien vers le site de la CRC, où vous trouverez le pdf du document, disponible depuis hier (2 octobre) seulement. Merci qui ?
Situation correcte quant à la qualité de la gestion budgétaire et comptable, endettement, emprunts, etc...Alban Pano, lors du Conseil municipal où était examiné ce rapport, s'est bien entendu attardé sur ces (bons) points. Mais le rapport liste très utilement les nombreux abandons de projets opéré récemment par la Commune : un investissement considérablement ralenti, qui permet à Chabeuil de présenter un tableau serein des finances locales. Atone, serein.
On vous laisse plutôt découvrir le chapitre 3 consacré à la gestion des ressources humaines, très sévère (courtois bien sûr, et pondéré, mais rude) quand il traite au point 3.6 de la 'situation de la responsable du service administration générale et solidarité'. Précédé, p.12 d'un point d'histoire : 'le recrutement du Directeur Générale des Services (DGS), M. Campens en mars 2022 a été contesté par les services de la Préfecture, ce qui a conduit à son départ le 15 juin 2023'. On rappelle que le motif du courroux préfectoral était rien moins qu'un recrutement de Vincent Campens (puisé dans les meilleures ressources de la daragonie valentinoise), 'hors classe'. Illégal, rien moins. C'est page 18 que ça se gâte, quand ça concerne la responsable de l'important service 'administration générale et solidarité, comprenant le CCAS et les services d'accueil, d'état civil, des titres d'identité, des affaires funéraires et des élections' (ouf). Le rapport cingle à son propos : 'la titulaire de ce poste a été recrutée par voie de mutation en juin 2022, soit au cours de la période de présence de son mari [Vincent Campens, le 'hors classe' en question] sur les fonctions de DGS. Son dossier ne fait pas mention de la tenue d'un jury de recrutement.' La CRC ne prononce pas les mot de népotisme, ni de scandale, mais bon, elle en dit suffisamment long pour qu'on le fasse à sa place. D'autant que la CRC enfonce le clou, toujours concernant notre bienheureuse (et désormais fameuse) responsable de service : 'l'affectation rapide de son actuelle titulaire sur un poste de responsabilité d'un service composé de 3,5 agents, est ainsi irrégulière au regard des missions d'exécution et de simple coordination dont sont normalement chargés les agents relevant du cadre d'emplois d'adjoint administratif territorial.' 'RAPIDE' et 'IRRÉGULIÈRE' : vive le style du Code Civil qui décrit au plus près notre petite Commune à l'oeuvre. Et pour pimenter le tout, au chapitre du traitement de madame : une NBI (Nouvelle Bonification Indiciaire)) et un CIA (Complément Indemnitaire Annuel) parfaitement indus, dont la CRC détaille les montants.
La Chambre régionale formule évidemment de fortes recommandations, pour que de telles fantaisies ne perdurent pas. En somme, pour la faire moins 'code civil' : les services chabeuillois sont à la ramasse, faut que ça change. Les chabeuillois le savent pour ce qui concerne les services techniques (ça se voit), qui rament, pleins de bonne volonté, mais qui rament. La CRC vient de mettre la lumière (ça finit par se voir) sur les services administratifs, où les problèmes sont nombreux.
-Note finale : vient de paraître, de Jean Giono : Voyage à pied dans la Haute-Drôme. Excellent, très bien édité, le carnet de balade de Giono, livré tel. Et l'histoire du manuscrit est incroyable : retrouvé dans le dossier judiciaire Giono, où s'instruisait une enquête sur les activités de l'écrivain pendant la derrière guerre. Oui, petit livre, mais superbe édition. La 'haute Drôme', c'est ValDrôme, Bouvières, Nyons, où Giono s'était aventuré à pied...
Claude Meunier