Personne ne pourrait rapiécer l'écolier qui cueille une fleur pour dire adieu à sa mère.
Le 4e Mur, Chalandon
~ No one could piece back together the pupil that picks a flower to say farewell to his mother.

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Le 4e Mur, Chalandon
~ No one could piece back together the pupil that picks a flower to say farewell to his mother.
Une joie féroce
Sorj Chalandon
Jeanne est une libraire sans histoire de 39 ans lorsqu’on lui apprend qu’elle a un cancer du sein. Son mari, déjà éprouvé par le perte de ses parents et de leur fils unique, quitte très vite la partie, la laissant se débrouiller seule. Heureusement, elle est recueillie par 3 autres femmes, rencontrées en chimio, et qui partagent une autre douleur commune : la perte ou la…
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Sorj Chalandon frappe encore fort! Un bel hommage aux mineurs, un roman qui ne manque pas de révélations, une plongée dans concession dans la psychée d'un homme victime, mais de quoi? Quelle est l'importance du jour d'avant dans son récit? Merci @editionsgrasset #sorjchalandon #rentreelitteraire2017 #mine #mineur #grasset #chalandon #coupdecoeur #roman (à Paris, France)
Théâtre : Mon Traître - Cie Bloc Opératoire
La semaine dernière je suis allée traîner mes guêtres jusqu’au sympathique (mais un peu lointain) Radiant Bellevue pour venir découvrir l’adaptation théâtrale des très pêchus romans de Sorj Chalandon, Mon Traitre et Retour à Killybegs (que je vous enjoins ardemment à lire si ce n’est déjà fait). C’est que l’ensemble des romans de cet ancien reporter de guerre à Libé sont des bijoux de littérature, merveilleusement écrits, qui ne vous laissent pas indifférent ! Bref, fin de la parenthèse et retour à nos moutons, expression qui tombe à pic puisque notre propos se situe en Irlande en plein conflit nord-irlandais !
Donc comme je l’expliquais plus haut c’est un pari risqué de s’attaquer à ces deux puissants textes (quasi autobiographiques) de Chalandon ! Pari risqué et pari décevant…. Peut-être est-ce parce que je connaissais déjà l’histoire et le propos mais je n’ai pas été transportée par cette mise en scène pour le moins minimaliste. Pour situer très rapidement, Antoine, le luthier (double de papier de Sorj) tombe en amitié pour Tyrone Meehan (en réalité Denis Donaldson), leader charismatique de l’IRA, et il embrasse en même temps la cause irlandaise. En 2005, Antoine et le monde entier apprennent que durant 25 ans, Meehan a trahi son camp, sa patrie, ses amis, puisque était agent double au service des britanniques pendant toutes ces années.
Mais revenons-en à la scène, trois comédiens se succèdent, trois monologues sur fond d’orage et de pluie diluvienne projetés sur un écran forment le décor. Le tout est entrecoupé par quelques vidéos, disséminées pendant les monologues venant illustrer ces moments de l’histoire irlandaise.
Ça commence plutôt bien avec ce comédien qui livre une belle performance interprétant le luthier trahi, s’exprimant face au cadavre de son traître sous les fracas du tonnerre, un peu cliché mais plutôt bien joué. Puis on enchaîne avec l’apparition du fils du traître, j’ai du mal à comprendre le choix de ce personnage qui n’a pas une place aussi importante dans les romans… Et pour le final, Tyrone Meehan, interprété par un homme au charisme indéniable et à la voix envoûtante qui finit malheureusement par nous lasser au bout d’une dizaine de minutes par son ton monocorde à la Rocky Balboa qui agace plus qu’il impressionne. J’ai le sentiment d’assister à une lecture plus qu’à un spectacle, le temps s’écoule lentement, les trois monologues s’enchaînent sans interaction. Les effets mélodramatiques tire-larmes à grand renfort de violons et de déchaînement climatique noient la gravité de l’instant.
C’est dommage, il aurait été intéressant de confronter les deux visions données par les deux romans, le traître et le trahi… Mais je n’ai malheureusement pas retrouvé les émotions suscitées à la lecture des mots de Sorj Chalandon, peut être que le spectacle est plus apprécié des personnes découvrant pour la première fois le texte et l’histoire !
Conseils de lecture pour aller plus loin : Mon Traître / Retour à Killybegs - Sorj Chalandon
Interview de l’auteur : http://www.dailymotion.com/video/xludsl_sorj-chalandon-et-son-ami-le-traitre_creation
La note des Vedettes : V V V V V
Louise était à la porte, assise contre le mur. Je ne l'avais pas vue en entrant. Elle pleurait sans bruit, les mains sur les oreilles. Je me suis retourné brusquement, j'ai frappé la porte de la cuisine juste au-dessus de ma fille. Je l'ai brisée comme on cogne un ennemi, le point fiché dans le contreplaqué. Louise s'est affaissée, Aurore s'est jetée sur elle. Elle l'a prise dans ses bras, à couru vers la chambre sans un mot. Elles pleuraient. Aurore lui murmurait son amour.
Le Quatrième Mur - Sorj Chalandon
- Il faut garder les yeux ouverts, m’a-t-il dit en anglais. - On a toujours deux yeux de trop.
Le Quatrième Mur - Sorj Chalandon
Je ne sais plus pourquoi je meurs.
Antigone, Anouilh
Le quatrième mur
« L'idée de Sam était belle et folle : monter l'Antigone de Jean Anouilh à Beyrouth. Voler deux heures à la guerre, en prélevant dans chaque camp un fils ou une fille pour en faire des acteurs. Puis rassembler ces ennemis sur une scène de fortune, entre cour détruite et jardin saccagé. Samuel était grec. Juif, aussi. Mon frère en quelque sorte. Un jour, il m'a demandé de participer à cette trêve poétique. Il me l'a fait promettre, à moi, petit théâtreux de patronnage. Et je lui ai dit oui. Je suis allé à Beyrouth le 10 février 1982, main tendue à la paix. Avant que la guerre ne m'offre brutalement la sienne... »
Devoir faire son deuil d'un roman. Faire son deuil des personnages, de Samuel, de Georges, d'Imane, Marwan, Nakad et tous les autres. Comme des amis qu'on aurait rencontré et avec qui on aurait vécu en accéléré. Faire son deuil des lieux, inconnus mais imaginés.
Toute la force du roman est là. Les mots qui peuvent émouvoir jusqu'aux larmes, ces personnages me hantent encore.
Le quatrième mur c'est l'histoire de Samuel, qui est grec et juif. Il demande à son ami Georges de réaliser son grand projet, monter l'Antigone d'Anouilh à Beyrouth en choisissant dans chaque camp ennemi un acteur. Antigone représente pour eux quelques minutes de paix. L'arrêt des combats le temps d'une représentation, l'alliance des ennemis sur scène, l'oubli momentané des religions et des origines de chacun.
La version d'Antigone par Anouilh, inspirée de la pièce éponyme de Sophocle, a été jouée pour la première fois en 1944, sous l'occupation Nazie. Elle est le symbole d'une résistance. Antigone, la rebelle, qui brave l'interdit et préfère se faire tuer que de participer à la mascarade générale. C'est la belle Palestinienne Imane qui est choisie pour jouer ce rôle. Palestiniens, Arméniens, Chiites, Chrétiens, Druzes, musulmans devront tous travailler ensemble.
"Je suis tombé, je me suis relevé."
A l'instar d'Antigone, on se doute dès le début du Quatrième mur du dénouement du roman.
« -Tu as croisé la mort mais tu n'as pas tué, a murmuré le vieil homme.
Je crois qu'il était soulagé. Il a allumé une cigarette, s'est assis sur ses talons. Puis il s'est tu, regardant la lumière fragile du dehors.
Et je n'ai pas osé lui dire qu'il se trompait. »
Sans se préoccuper de l'épilogue, on fait la rencontre des personnages, de tous ceux qui croient encore un peu en la vie. ,
Le quatrième mur est au théâtre l'expression utilisée pour désigner un écran imaginaire qui se situe entre le plateau et la salle et sépare l'acteur du spectateur, c’est la limite qui empêche le spectateur d’être un personnage. Sorj Chalandon brise ce mur pour nous laisser entrer tout entier dans son roman époustouflant.
Et on le remercie.
Le quatrième mur, Sorj Chalandon
Grasset