Dionisa (Sucre, Bolivie)
Dionisa, c’est une vendeuse de fruits au mercado campesino de Sucre. Toute la journée, elle est assise sur un minuscule tabouret au milieu de centaines de pommes colorées. Quand je passe avec Camille, une suissesse, devant son stand elle nous interpelle, « hola mamita ! Que buscas mamita? » On s’arrête à peine qu’elle nous tend déjà un morceau de pomme. On goûte, croque, « oui c’est pas mal », croque, « et celle là goûte celle-là! », croque, « ah oui merci, elle est bonne aussi », croque. Ses pommes viennent du Chili et d’Argentine. « Par contre les bananes, elles sont bien de chez nous! » insiste-t-elle.
Quand je lui demande comment elle s’appelle, avant même de me répondre elle me dit qu’elle n’aime pas son prénom. Dionisa. « Et vous, c’est quoi vos prénoms? » elle demande. « Camille et Hélène » on répond. « Ah c’est joli ça, c’est même très joli ! Hélène, comme Hélène de Troie? » Alors, je ne sais pas combien de fois on me l’a fait celle-là depuis le début du voyage, mais en tout cas je constate que les Péruviens et Boliviens connaissent bien leur histoire de l’antiquité grecque.
Dionisa a 43 ans et trois filles (« c’est le mieux 3 filles, nan? »). Elle avait 17 ans quand elle a eu la première, qui est elle-même aujourd’hui maman de trois enfants. « Hein?! T’as 28 ans et t’as pas d’enfants? Mais tu vas en avoir quand? » elle me lance très surprise. « Euh ben euh, je sais pas trop, euh on verra bien, euh… » je lui réponds en souriant.
Elle interrompt la conversation pour alpaguer une autre cliente qui passe à côté. « Qué buscas mamita? Qué quieres? »
Puis, elle plante de nouveau ses yeux dans les miens. « Et tu vas revenir? Ici au marché? » « Ben je pense pas, je m’en vais demain. » « Et en Bolivie, tu vas revenir? » « Peut-être bien! ». Et, qui sait, peut-être même que je reviendrai avec une tripotée de mioches pour goûter ses pommes.
#marché #vendeuse #rencontre #Sucre #mercadocampesino #bolivia #pommes #colorsofbolivia #enfants #mujeresdelmundo














