- Je ne me sens pas seul, je me sens incomplet. Après tant d’années ensemble, nous ne faisons plus qu’un. […] J’ai vécu trois fois plus longtemps avec mon épouse que sans elle. Seul, je ne suis plus que la moitié, de moi-même, et pas celle où se trouve mon cœur. […] Quand je vois les jeunes de maintenant, qui se séparent au premier obstacle, je me dis que nous avons de la chance d’avoir vécu à cette époque. Sinon, nous serions sans doute devenus des étrangers et je ne saurais même pas à côté de quel bonheur je serais passé. Attention, je ne dis pas que c’est facile ! Bien au contraire, il est plus simple d’arrêter d’aimer que de faire l’effort de s’accrocher. […] Chaque soir en me couchant, j’effectue le même rituel depuis soixante ans : je prends mon épouse dans mes bras je la serre en remerciant le Ciel de nous avoir mis sur le même chemin. On se souhaite une bonne nuit. Elle se blottit, je sens son odeur et mon cœur se met à bondir comme au premier jour. On ne prend jamais l’habitude d’aimer. J’ai compté, on a partagé ce moment vingt et un mille huit cent soixante-quinze fois. Ce n’est pas rien… Hier soir, mes bras étaient bien vides, et mon cœur encore plus.
Virginie Grimaldi / Tu comprendras quand tu seras plus grande.












