La séance publique [du département de la Manche] s’ouvre ensuite ; le procédé du Calvados [c'est-à-dire l'enlèvement et l'emprisonnement au château de Caen de Romme et Prieur de la Côte-d'Or] excite l’indignation : Lalande, Guérin & Rapilly, braves sans-culottes, s’offrent en otages au Calvados pour la liberté de nos collègues. Hubert, Dupré, membres des sociétés populaires de Valogne & de Cherbourg, parlent avec énergie ; tous les citoyens présens partagent les mêmes sentimens, & il est arrêté qu’il sera répondu aux administrateurs du Calvados que l’assemblée désapprouve leurs procédés, qu’ils seront invités à réfléchir sur leurs suites désastreuses, & à se rallier autour de la Convention nationale. Un arrêté consacre ces heureuses dispositions ; il est signé par beaucoup de citoyens ; mais, ce qui est digne de remarquer, c’est que sur neuf administrateurs qui étoient présens et qui tous paraissoient avoir partagé les principes de cet arrêté, trois seulement le signent, & le procureur-général-syndic qui l’a rédigé ne le signe pas.
Le 9 juin 1793 à Coutances d’après le rapport de Lecointre et Prieur de la Marne sur leur mission à l’armée des côtes de Cherbourg, lu par Lecointre à la Convention le 17 août suivant, p. 3-4.
Quand la Convention a reçu la nouvelle de cette séance le 14 juin 1793, Robespierre a fait décréter que l’administration du département de la Manche avait “bien mérité de la patrie” (AP, t. LXVI, p. 528). Malheureusement pour les représentants sur place, et comme le suggère la dernière ligne de cette citation, elle avait déjà changé d’avis à leur sujet...