Steve Reich, Four Organs / Phase Patterns, (Vinyl/LP), SR 10 005, Shandar, 1970 [midcenturyclassical]
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Steve Reich, Four Organs / Phase Patterns, (Vinyl/LP), SR 10 005, Shandar, 1970 [midcenturyclassical]
POST-SCRIPTUM 722
AGITATION FRITE 2 : UNE SORTE D’EXALTATION
Agitation Frite 1, Témoignages de l’underground français est donc sorti chez Lenka lente. Un second volume est en préparation. La forme en est la même : un peu moins d’une quarantaine d’entretiens dont la plupart, cette fois, sont inédits. On en trouvera ici des extraits, régulièrement. Par exemple, Pascal Bussy (Atem, Tago Mago)…
EXTRAIT…
En matière de presse musicale, quel magazine t'interpelle en premier ?
Le magazine auquel je pense immédiatement est sans hésiter Vibrations, cet excellent mensuel né à Lausanne en Suisse au début des années 1990, et qui connut plusieurs incarnations jusqu'à sa disparition en 2013. Avec à sa tête Pierre-Jean Crittin et Elisabeth Stoudmann, ce journal a su avec une belle intelligence et une grande culture jeter des ponts entre le jazz, les musiques du monde, le rock, les avant-gardes et les musiques urbaines, tout au long de vingt années qui ont été cruciales car toutes ces familles musicales ont commencé à se fissurer et à s'interpénétrer de plus en plus les unes aux autres.
Mais cette question de la presse musicale me touche aussi particulièrement et pour deux raisons. La première est évidente : les journaux, de Rock & Folk à Wire pour faire court, sont un vecteur essentiel de la connaissance de la musique et de la culture, ils apportent l'information et stimulent la curiosité des lecteurs mélomanes. La seconde est plus... égoïste car pendant longtemps, en gros de 1979 au début des années 2000, j'ai eu la chance d'être journaliste, de collaborer à nombre de titres et publications, et donc d'être moi-même l'un de ces « passeurs » qui contribuent à faire circuler la musique ; je dois dire que j'en ai toujours retiré non seulement une fierté mais aussi une sorte d'exaltation, un sentiment qui ne m'a d'ailleurs jamais quitté au fil de tous les autres métiers que j'ai été amené à exercer dans cet étrange univers qu'on appelle l'industrie de la musique.
En ce qui me concerne, tu as été à l'origine de mon envie de participer à Vibrations. Toi et ces anciens témoins de l'émergence de la no wave que sont Catherine et Nicolas Ceresole, qui participèrent également à cette revue. Quels furent les plumes qui te donnèrent envie d'écrire dans Atem ? Paul Alessandrini ? Daniel Caux ?
Ce que tu me dis par rapport à ton envie d'écrire dans Vibrations me touche. Car souvent ce n'est que bien plus tard que l'on réalise que, sans s'en rendre compte, on a semé des graines, et qu'après d'autres « passeurs », on en a été soi-même un. Tout cela c'est une chaîne, et c'est vrai aussi que le fait de se sentir un maillon de cette chaîne, c'est réconfortant et cela donne du sens à tout ça.
Les Ceresole... Cela me fait plaisir que tu cites leur nom que je t'avoue j'avais presque oublié... Oui, ils ont joué un rôle dans cette histoire ; je me souviens les avoir vus à deux reprises avec Pierre-Jean Crittin, une fois à Lausanne et une fois à Montreux au Festival de Jazz, et le courant était passé tout de suite, ils m'avaient impressionné par leurs goûts qui s'avéraient très proches des miens et par leur complicité tous les deux. On avait dit qu'on se reverrait, qu'on penserait à des projets ensemble... Pourquoi trop souvent promet-on des choses qu'on ne fait jamais ?
Les plumes qui me donnèrent envie d'écrire ?
C'est un peu plus complexe que ça. D'abord j'ai eu la chance de naître dans une famille où la culture était très présente. Mes parents lisaient énormément, allaient au théâtre et à l'opéra, écoutaient et jouaient de la musique, ma mère avait fait des études de chant et mon père pratiquait beaucoup le piano, sans oublier mon grand-père maternel qui s'appelait Marcel Vidal Saint-André et qui était lui-même pianiste, organiste et compositeur. Il s'agissait évidemment d'une culture classique, mais le ferment artistique était là, très ancré. Au collège, deux matières surtout m'intéressaient, le français et l'anglais. Grâce au français je faisais des recoupements avec mes lectures et j'aimais par dessus tout les rédactions – on disait aussi « narration » à l'époque. Et l'anglais était une manière de s'approcher de l'univers des Beatles et plus largement du rock et de la pop qui venaient d'Angleterre et des États-Unis et qui s'étaient peu à peu ajoutés à la musique classique « familiale » ; je me souviens d'ailleurs d'un professeur d'anglais, c'était en cinquième je crois, qui nous avait fait étudier un des premiers textes de Bob Dylan, « With God On Our Side », cela avait été une formidable..., ..., ...
( Can, par là )
POST-SCRIPTUM 697
AMITIÉS JAZZISTIQUES : Agitation Frite aurait pu leur être dédié.
( Daniel Caux, par là )
POST-SCRIPTUM 665
J’Y SUIS ENCORE
Ci-après, un extrait d’un entretien avec Jean-Marc Foussat qui fera bientôt partie d’un ouvrage autour de l’underground musical en France ; ouvrage d’ailleurs quasi exclusivement constitué d’interviews, entre autres avec Christian Vander, Jac Berrocal, Dominique Grimaud, Yann Goudon, Dominique Répécaud, Jean-Marc Foussat, Bruno Meillier, Richard Pinhas, Michel Bulteau, Romain Perrot, Dominique Grimaud, Jérôme Noetinger, Daunik Lazro, Jean-Jacques Birgé… Une quarantaine à peu près, à paraître chez Lenka lente en mars 2017. Soit un peu de l’histoire de Catalogue, Magma, Vidéo-Aventures, Soixante Étages, Étage 34, M.I.M.E.O., Vomir, Etron Fou Leloublan, entre autres…
EXTRAIT…
« Nous sommes tout ce que nous avons écouté » écrit fort justement Fred Frith dans le livret accompagnant Nouvelles, disque sorti sous ton nom en 2001. Qu'est-ce qui t'éveille en premier à la musique, au son, à l'écoute ?
La voix de son maître. Le pick-up du même nom. Celui de mon père. Il n’était pas musicien mais ça l’intéressait. Ma mère ne joue aucun rôle ici. Elle n’était pas concernée par ça, au contraire.
Les disques La Guilde du Disque. Pour les enfants, La Vie des Grands Compositeurs, les comptines, Papouf, puis Le Chat qui s’en va tout seul, L’Enfant d’Élephant… Conscient je colle mon oreille à la grille saumon du pick-up susnommé pour « mieux entendre » les choses qui en sortent. Brassens, Monk, Debussy, Bach, etc. La radio aussi. À cinq ans, la collection de mon père est inépuisable. Je l’en remercie encore.
Je me rappelle, je le vois, le pick-up… C’était un meuble immense, à hauteur des yeux il y avait la radio avec un point vert (mais peut-être est-ce que je confonds avec la radio de mon grand-père) et cette bande segmentée des ondes petites, moyennes et grandes. Il y avait un gros bouton rond qui changeait les radios. Je me rappelle plus si je jouais avec. Il y avait un index qui bougeait. Surement je devais jouer avec. Et au-dessus de la radio, dans un bac, un tourne disque avec son feutre vert (j’invente peut-être toujours, la confusion avec le tourne-disque de mon grand-père). Je ne mettais pas les disques, j’avais juste le droit de monter sur un tabouret pour les voir tourner et j’avais un disque à moi que mon père m’avait fabriqué en contreplaqué : Tatati Tata, c’était le titre de mon disque. Par contre, quand il était là et que je lui demandais, mon père mettait les disques de nos choix. Je pouvais toucher à mes disques mais pas à ceux de mon père bien qu’ils aient toujours été à portée de main. J’avais des morceaux favoris : comme « Une Peau de Vache » de Brassens, « Tinkle Trinkle » de Monk, « La Petite musique de nuit » de Mozart. Je sais plus si je dansais mais je me souviens que mes morceaux favoris, on les jouait une fois par jour au moins… quand mon père était là.
Ça c’était à Saintes avant mes six ans. Après, on est parti à Strasbourg. Beaucoup moins de souvenirs à cet endroit-là. Seulement l’échec absolu de mon apprentissage au piano. Apprendre la musique de l’apprentissage ne me plaisait pas. Ceci dit j’ai toujours un piano à la maison dont je me suis beaucoup servi et qui maintenant ne s’ouvre plus que pour mes amis.
Les choses pertinentes ressurgissent à Alger. Le petit Philips avec lequel j’avais construit un petit ampli qui remplaçait celui H.-S. de mon père. C’était mon ampli. Là, on écoutait les grandes ondes. J’écoutais jamais tout seul mais c’était normal.
Les amis voyageurs qui rapportent les Mama’s et les Papa’s ; puis les Beatles ; puis le premier 25cm de Dutronc (que si je l’avais je serais riche mais il était pas à moi)…
Enfin, le magnétophone Grundig qui avait servi entre autres à sonoriser en famille un film merveilleux, « La Révolte des joujous », un film 8mm que nous projetions régulièrement, accompagnant les films familiaux paternels. Très importante, cette sonorisation de film : le magnétophone n’étais pas seulement un outil à enregistrer radio ou disques mais aussi une machine à inventer des choses.
Retour désastreux en France en septembre 1968. D’un côté la France c’était nul… en revanche, le Théâtre des Amandiers, super ! En 1969, Nougaro, Soft Machine, Sun Ra. Sun Ra : l’extase. Tout était mieux que bien. Son grand orchestre où tous les musiciens pouvaient sur un signe jouer des percussions. Les danseuses merveilleuses. Le film incroyable qui passait en même temps. Et ce tubiste qui acheva le concert par un solo interminable et cosmique.
J’avais 15 ans. J’y suis encore.
À l’époque, il n’y a pas vraiment de frontières entre jazz et rock. On lit Delfeil de Ton et Méchamment Rock dans Charlie Hebdo. L’un parle d’Archie Shepp, l’autre de Red Noise. Dans Rock & Folk, Soft Machine, Sun Ra et Pierre Henry cohabitent sous la plume de Paul Alessandrini. Jean-Pierre Lentin et Daniel Caux ouvrent les esprits dans Actuel et L’Art vivant… Terronès démarre le label Futura Records. J’imagine que cette effervescence te décide à jouer de la musique…
Oui, il me semble bien qu’à ce moment-là, ce qui compte c’est la musique et pas encore les genres. Oui, je lisais Hara-Kiri puis Charlie et Rock & Folk. Mais est-ce vraiment ça qui m’a décidé à désirer avoir une guitare, écrire des petits poèmes, vouloir faire des chansons, chercher des copains pour ne pas être tout seul et faire des « groupes » ? Franchement je ne le sais pas..., ..., ...
( Gérard Terronès, par là )
POST-SCRIPTUM 428
I SAW THE ALBERT AYLER MOVIE PRODUCED BY MAEGHT FOUNDATION IN 1970
Albert Ayler, nterviewé, dans le film de Jean-Michel Meurice, à la Fondation Maeght à Saint-Paul de Vence, dans le sud de la France, au cours de l’été 1970.
Daniel Caux : “Le morceau qui s’appelle “Bells”, comme vous est-il venu ?”
POST-SCRIPTUM 360
I SAW THE ALBERT AYLER MOVIE PRODUCED BY MAEGHT FOUNDATION IN 1970
Les photogrammes ci-dessus sont extraits du film de Jean-Michel Meurice réalisé au cours de l’été 1970 à la Fondation Maeght, toujours invisible. Albert Ayler est interviewé par Daniel et Jacqueline Caux. Et il est question du disque Sonny’s Time Now, sorti par Jihad Productions, label de l’essayiste-poète (entre autres) LeRoi Jones, alias Amiri Baraka, qui, entre 1965 et 1968, sortit trois disques : A Black Mass (LeRoi Jones et Sun Ra) et Black And Beaufiful... Soul And Madness (The Jihad, soit une basse, un saxophone alto et six voix dont celle de LeRoi Jones).
POST-SCRIPTUM 82
I SAW THE ALBERT AYLER MOVIE PRODUCED BY MAEGHT FOUNDATION IN 1970
Pas encore arrivé à l’épuisement total des photogrammes récoltés. Reste encore, notamment, un long passage sous-titré où Albert Ayler s’entretient avec Daniel et Jacqueline Caux. Présentement : Ténor Vs. Soprano ; Albert Alyler Vs. Mary Maria. Avant publication de l’intégralité du film ?