Ci-dessus David Joy, écrivain américain de polars qui se situent dans les montagnes mythiques Appalaches, dévastées par la pauvreté et un sentiment d’abandon. J’aime bien cette photo car elle ressemble à ce que j’ai lu.
Je viens de finir Ce lien entre nous, et c’est un livre âpre et sombre. On y croise principalement des personnages masculins, et j’ai senti une ambiance western, avec par exemple la description de types violents, qui boivent des bières, avec comme des gros plans et des silences sur le grain des peaux burinées par des vies rudes.
C’est un livre sur la vengeance, dit-il lui-même. Ce livre n’est pas dénué de clichés, ou de clins d’œil à l’esprit cowboy dont je parlais juste avant, avec le sentiment que les destins pourris ne peuvent changer, que les dés sont déjà jetés, que peu de choses peuvent bouger une fois que l’engrenage est enclenché.
C’est cependant bien écrit, et le personnage principal, pas le plus aimable, finit par gagner en épaisseur et toucher la corde sensible. Il hésite entre carnage et grâce. C’est assez haletant, bien ficelé, on tremble devant cette force vouée à la destruction. Mais on comprend le terreau de celle-ci, l’enfance maltraitée, une vie de merde, disons-le, une vie où Dieu semble avoir abandonné ses ouailles les plus nécessiteuses. La conclusion pourrait être que de la violence nait la violence, ce ne serait pas très original, mais c’est bien démontré, et assez touchant.
Oui voilà. C’est pas la littérature américaine la plus originale qu’on puisse trouver je pense, mais il y a suffisamment de talent derrière pour que ça tienne la route ; le lien à la nature, la façon dont celle-ci façonne les êtres et unit les habitants de ces terres rugueuses, est également palpable, avec une beauté saisissante qui contraste d’autant plus.















