Dharma Guns (La succession Starkov), F.J. Ossang (2010)
Cinematography: Gleb Teleshov | France, Portugal
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Dharma Guns (La succession Starkov), F.J. Ossang (2010)
Cinematography: Gleb Teleshov | France, Portugal
Dharma Guns Return With New Album
Photo courtesy of the band. Helsinki-based dandy punk band Dharma Guns return with their scorching second album, declaring themselves the kings of action rock and delivering a dark, feverish take on the state of the world. Nightmares and Broken Dreams has been released on April 24, 2026. Dharma Guns planted their flag firmly on the flaming map of action rock with their debut…
Scandinavian rock band Dharma Guns has just dropped their latest single "The Vipers"
Scandinavian rock band Dharma Guns has just dropped their latest single "The Vipers". #dharmaguns
Scandinavian action rock band Dharma Guns has released a dark, Twin Peaks-inspired music video for The Vipers, a standout track from their debut album, Ex-Generation Superstars. The song, now available as a single, moves with dramatic and ominous intensity, exploring haunting themes of nightmares and fears that defy explanation. The lyrics evoke a chilling imagery of snakes and spiders, while the…
Dharma Guns (2010) F.J. Ossang 2-12-2018 Unconventional storytelling and film making
Dharma Guns (La succession Starkov), F.J. Ossang (2010)
Cinematography: Gleb Teleshov | France, Portugal
OSSANG | ENTRETIEN 2011 | PART I | NEW NOISE#4
INTERVIEW F.J. OSSANG 1ÈRE PARTIE > Interview parue en 2011 dans la revue New Noise, rubrique Bibliothèque de Combat, par Fabien Thévenot _______________________________________________________
Quand je pense à F.J. Ossang, me vient toujours en tête cette citation d'Henry Miller : « La meilleure façon de tuer un artiste est sûrement de lui donner tout ce dont il a besoin ». À Ossang, on a pas donné grand chose. Ses livres connaissent toujours une distribution nébuleuse, ses films sortent en salle en catimini, et les disques de ses groupes (MKB hier, Baader Meinhof Wagen ! aujourd'hui) sortent ou sont réédités sur des labels punks rescapés. À Ossang, on a pas donné grand chose, mais Ossang a toujours su arracher au monde ce dont il avait besoin. A force de travail, de patience, et d'amour. « Quand on a raté l'histoire, même l'éternité pue », disait le personnage d'Angstel dans son film "Docteur Chance". Seulement Ossang n'a pas raté l'histoire. C'est plutôt l'histoire qui semble être passé à côté de lui. Who cares ? Quarante ans après la publication de ses premiers poèmes, trente ans après la réalisation de ses premiers courts-métrages, F.J. Ossang est toujours là, la foi vrillée au corps, à publier des livres, à faire le tour des festivals du monde entier (Mexico, Venise, Buenos Aires, Vladivostok...) avec ses bobines sous le bras, toujours prêt à partir à l'autre bout de la planète pour un tournage commando. Son dernier édifice s'appelle "Dharma Guns". C'est un film qui convoque Guy McKnight, le chanteur des Eighties Matchbox B-Line Disaster dans un monde onirico-apocalyptique évoquant autant Cocteau, Dreyer que Chris Marker. Labyrinthique, hallucinatoire, "Dharma Guns" est un fascinant voyage au pays des morts, une expérience esthétique radicale et précieuse. Un film miraculeux. Un film singulier, survivant, habité. Un film que personne ne voulait produire il y a encore deux ans, et qui se dresse en salle, aujourd'hui, sous nos yeux fiers.
> Fabien Thévenot & F.J. Ossang Cinéma Comoedia | Avril 2012 | © Octokunst <
| Vous êtes un enfant du Cantal né au milieu des années 50. Dans ce contexte, quel est votre premier souvenir littéraire, musical et cinématographique ? L'Idiot, de Dostoïevski – trouvé dans la bibliothèque... Relu par la suite à différents âges, et devenant alors une sorte de mythe fondateur à décrypter, à l'instar de Mr Arkadine d'Orson Welles, ou Raw Power des Stooges – entre Hannibal de Carthage et le cycle Arthurien ... | On le sait, l'écriture a été votre passion première. Vous publiez votre premier livre de poésie à l'âge de 17 ans. Avant même de monter à Paris, vous créez une revue littéraire sur Toulouse (CEE). Quels livres ont étés les déclencheurs de cette passion littéraire ? Classique « jeunesse qui suicide sa naissance » : Lautréamont, Artaud, Rimbaud, Lecomte – puis Cravan, Rigaut, Vaché – Pélieu, Rodanski... En finir avec le drame de l'origine – et puis organiser la mutation --- WS Burroughs et Debord... « Toutes les lois ne sont pas bonnes à dire » (Ducasse) | La revue sera éditée par Céeditions (votre propre maison d'édition) et Christian Bourgois entre 1977 et 1979. Les éditions Christian Bourgois existaient depuis 10 ans et publiaient déjà la fine fleur d'une littérature encore marginale (Burroughs, Kerouac, Claude Pélieu). Comment s'est faite la rencontre avec ce prestigieux éditeur ? Comment étaient perçu les édition Christian Bourgois à cette époque ? Dominique de Roux a joué un grand rôle durant les premières années des Editions Bourgois – on l'oublie souvent. Il les a quittées en 1972, puis est mort à 40 ans en 1977 – sa trace demeure toujours... J'étais tombé sur deux livres en librairie, qui m'avaient sidéré : Immédiatement, de Dominique de Roux, et le Journal Paris-Berlin de Gombrowicz. J'avais commencé alors de dévorer le catalogue. On trouvait chez Bourgois les oeuvres de Witold Gombrowicz, Ezra Pound, WS Burroughs, la Beat Generation, Pélieu, Kaufmann, Junger, Ewers, Jouve, Pessoa, etc. – Bibliothèque de Babel ! J'ai commencé d'adresser des manuscrits dés 1974, et à défaut d'acceptation, une note de lecture m'était à chaque fois retournée... De refus en refus, mais du fait de cette attention, une relation s'est établie avec Christian Bourgois... Un beau jour, il prit la décision de co-éditer la revue CEE - après la sortie du N°4/5 (Désoeuvres et Guerillas) en mars 78... Bourgois était en passe de devenir le Gallimard des années 80, jeune littérature et traductions – et puis tout s'est compliqué, ses éditions ont plutôt délaissé les auteurs français vers 84 pour se focaliser vraiment sur les littératures étrangères... Pour autant, Christian Bourgois m'a toujours suivi à distance – surtout via les films, puisqu'il était aussi impliqué à une époque dans le cinéma... qui l'a, dans sa plus récente évolution, je crois, beaucoup déçu... Sa grande affaire restant l'édition... Nous nous sommes parlés une dernière fois, la veille de mon départ pour Vladivostok et "Ciel Eteint!" --- où j'espérais alors tourner aussi "Dharma Guns" (finalement ce fût aux Açores)... Il est disparu peu de temps après – sans rien en dire, le ton de sa voix exprimait cette conviction... Il m'a renouvelé sa confiance une dernière fois, mais en fait il était question d'autre chose...
> F.J. Ossang & Stéphane Ferrara Tournage du Trésor des Iles Chiennes | 1990 <
| Ossang, c'est un long-métrage à chaque décennie. Sauf pour les années 90 où vous avez eu la chance de signer "Le Trésor des Iles Chiennes" en 1990 et "Docteur Chance" en 1997. Six ou sept ans séparent la sortie de ces deux films. Treize ans séparent celle de "Docteur Chance" et de "Dharma Guns", votre dernier film. Peux t-on dire qu'en vingt ans, il est devenu deux fois plus difficile de produire et réaliser en France des films aussi singuliers que les vôtres ? "Docteur Chance" (1998) a entériné une rupture – entrées médiocres, et méchante réception critique... C'est curieusement à ce moment-là que mes films ont commencé à voyager dans de nombreux festivals étrangers... Joe Strummer est mort la nuit du 22 au 23 Décembre 2002, puis Claude Pélieu celle du 24 Décembre 2002... Réflexions! ...Should I stay or should I Go... Retour en Argentine 2003, et le projet "Dharma Guns" a resurgi... En 2006, rappelé au Portugal par le festival « Temps d'Images », j'ai tourné "Silencio" (Prix Jean Vigo 2007), puis dans la foulée deux films courts à Vladivostok – "Vladivostok" et "Ciel Éteint" (2008) – j'ai enchainé juste après sur "Dharma Guns"... Retour aux Açores! Ce Qui Ne Tue Pas, Rend Plus Fort !?... Mais que dire! Après "Docteur Chance", les gens changeaient de trottoir en m'apercevant à Cannes. Et sans financement des TV, ni commissions, tout est dur dans ce petit monde... Dans l'intervalle des films, j'ai pu revenir à l'écriture et à la musique – au fond, c'est peut-être aussi bien... L'avenir dira... | Quand on a du mal à tourner, quand on fait des films avec des moyens très réduits, et que même ces moyens sont durs à acquérir, devient-on parano ? Sometimes... « Naviguer est Nécessaire – Vivre n'Est Pas Nécessaire » ? L'adversité favorise aussi les vraies questions --- « on espère »... De façon générale, le cinéma affronte une transformation technologique de production et de diffusion. Qu'en ressortira t-il? Affaiblissement du cinéma différent, normalisation --- sursaut vers plus d'autonomie? c'est difficile à dire entre bourrage de crâne et 'coup' techno-économique... Je reste, pour ma part, attaché au filmage argentique – du Super-8 au 35 mm... Culte de la Lumière! Mais pour combien de temps ce recours est-il viable ?... Tant que l'industrie fabriquera de la pellicule! Mais on sent une telle rage d'en finir avec le cinématographe --- cela tourne chez certains à la mystique de l'éradication... | Georges Bernanos disait (dans "La France Contre les Robots", je crois) « On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l'on admet pas tout d'abord qu'elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure ». A l'aune de cette citation, peut-on dire que vous avez signé avec "Dharma Guns", long-métrage onirique et cérébral, un film anti-moderne ? Un film réalisé contre son époque ? Peut-être... Même si je crois à la maxime : « Il faut être absolument moderne » (Rimbaud). Modernisme et Tradition ne cessent jamais de s'interroger... Le post-moderne, « qu'est-ce que c'est ? ». Voilà sans doute l'Ennemi... Cosmogonie de la destruction : création génère destruction génère création... Sans fin... Towers Open Fire! | Dharma Guns s'ouvre sur une scène avec Lard en bande son. On y retrouve aussi un morceau des Cramps et d'autres morceaux signés Jack Belsen et Little Drake. La bande originale de Dharma Guns est-elle prévue ? Aucun label ne manifeste à ce jour d'intérêt... Nous avons été pris de cours pour la sortie en salles. Peut-être au moment de la sortie DVD...
> Dharma Guns | 2011 <
| Vous écrivez. Beaucoup plus que vous ne tournez, d'ailleurs. Votre cinéma est une pure expérience sensorielle, dans laquelle les mots ont une place plutôt restreinte et hybride. Comment écrivez-vous pour le cinéma ? Vos films sont-ils bâtis sur des images qui vous viennent et autour desquels vous brodez une histoire ? Ou bien sur des idées, des thèmes sur lesquels vous greffez des visions ?
1/ J'écris – presque jusqu'à épuisement... Quand soudain un scénario s'impose... 2/ Je vérifie les intuitions sur le terrain... et j'essaie de rendre le film possible... 3/ On tourne avec les êtres que le script a ralliés... 4/ Montage & Mixage (vrai temps d'écriture)... « Une fois les mots filmés, on peut les effacer... » | On sent chez vous une évidente fascination pour le cinéma expressioniste. Vous revendiquez également toujours assez haut un amour des séries B américaines des années 50. Quand je vous entends parler de cinéma, vous parlez rarement de films datant d'après les années 50. Vous trouvez quand même chaussure à votre pieds dans la production contemporaine ? Il y a t-il des cinéastes dont vous admirez le travail ? Années 20, Années 40/60, fin 70, 90/120/210... Aucun écrivain ne répugne à s'approprier d'autres âges littéraires, ni l'acquis d'autres cultures que la sienne. Le minimum cinématographique est d'exercer le droit de préemption et de revitalisation d'un siècle d'histoire du cinéma. Lequel a tout inventé à toute vitesse en à peine 30 ans, pour souvent patiner dans le vérisme séquentiel du « cinéma parlant » - à dialogues... Nous sommes au moins dans le 3° Age --- Thèse/Anti-Thèse/Synthèse – Va-Va-Boum !! Qui trouve loisible d'être juste de son temps, a déjà perdu... Les films doivent entrer en mutation – voir qui passera réellement le seuil... Everything is possible! Soyons inactuels... Le dernier film de Peter Hutton "At Sea" m'a absolument sidéré --- son regard silencieux sur la vie des bateaux, de la construction dans un atelier géant de Corée du Sud jusqu'à la destruction à la masse par des journaliers Sri-Lankais, excède tous les commentaires sur la mondialisation – un pur chef d'oeuvre... | Dharma Guns est né de quoi ? D'une idée ? D'une image ? D'une formule poétique ? Une formule : « Le moment où je parle, est déjà loin de moi » - et la revenance photographique... Tâtonner les bords du vide... Quoi hante le grand sommeil ! --- nous y sommes... | Votre cinéma est un cinéma de l'errance métaphysique. Vos personnages tournent toujours en rond dans un monde clos duquel ils ne sortiront pas. Vous entretenez une étrange fascination pour les labyrinthes, les prisons mentales, les univers fermés. À l'égard de vos personnages, vous êtes un démiurge plutôt cruel... The Way It Is... Nous voici tous enfermés dans les poubelles du supermarché... Déréalisation --- comment s'en sortir? Paint It Black! Avancer dans les brumes – ne plus dormir... Machines vampires!... Qui suis-je? « Il est bon d'avoir aperçu l'inexistence d'un ordre, d'avoir tenté d'y échapper » (Jacques Rigaut)
> Dharma Guns | 2011 <
| Vos films donnent beaucoup à voir, pourtant ils racontent assez peu. Vos films sont bourrés d'histoires mortes-nées, de fausses-pistes, de cul-de-sac. Je sens chez vous comme une méfiance vis à vis de la narration, ai-je tort ?
La question, c'est : « regarder pour voir » --- il existe toutes sortes de narrations – l'Histoire est toujours à venir, avant, pendant, après les films --- le propre du cinéma muet est d'avoir réhabilité un récit par « réseaux », remontant à loin --- sans tout à fait exclure le récit littéraire dominant : le récit « séquentiel »... Énigme de la lumière... S'ouvrir au toujours recommencement du monde... « L'art doit être une chose drôle et peu assommante, c'est tout ! » Raconter, raconter... - Des Sornettes? Tout un post-cinema fait effectivement dans le story-telling... | Guy McKnight, le chanteur des Eighties Matchbox B-Line Disaster, joue dans vos deux derniers films. Le court-métrage "Ciel Éteint !" (2007) et "Dharma Guns" (2010). On a du mal à imaginer où se trouve la connexion. Comment s'est fait la rencontre ? Connexion naturelle! Rencontre au premier concert français des 80's – au Nouveau Casino, à Paris – choc fabuleux... | Qu'est-ce qui vous a attiré chez lui ? Sa voix, sa présence physique – une intuition immédiate et réciproque... | Dans "Dharma Guns", Guy McKnight avait un défi à relever : jouer et parler en français. Comment s'est passé le tournage avec cet acteur qui n'a à priori aucune formation d'art dramatique et encore moins de notions de français ? J'adore sa façon d'être comme dépassé par le texte qu'il prononce... Présence/absence... Et quand je parle d'intuition, c'est de sa propre résolution que Guy a toujours maintenu cette défiance du jeu... He's great! | Le cinéma numérique a redonné sa liberté à certains réalisateurs qui avaient un peu fait le tour de leurs univers esthétique/narratif (Lynch) ou qui avaient tout simplement disparus (Coppola). Cette "liberté" (de tourner avec peu d'argent - dans votre cas "encore moins" d'argent) vous attire t-elle ? Vous sentez-vous une quelconque affinité avec le médium numérique ? J'ai immédiatement éprouvé une passion « argentique » --- même si j'ai pratiqué la vidéo au début des années 80 ... L'argentique est l'expression de la Lumière – le Soleil et les ténèbres... La victoire du numérique est aussi l'expression d'un coup de force techno-économique... Loin d'y souscrire, j'ai voulu tourner jusqu'au bout en « argentique » --- l'expérience du film, son éthique de tournage sont tellement différentes du numérique... Je n'ai rien contre le virtuel – tout en préférant « le réel qui rêve du réel »... Mais faute de terre, ils prirent la mer --- que sera sera...
> Adolfo Bioy Casares | 1914 - 1999 <
| Vous tournez depuis le début vos propres scénarios. N'avez-vous jamais pensé adapter une œuvre littéraire ? Le grand intérêt d'un livre pour le cinéma, ce sont les situations... A preuve : films noirs et série B... Un livre est d'abord grand par les mots – dont il ne reste presque plus rien dans un film... En ce sens, les livres qui me passionnent m'ont toujours intimidé... Les films peuvent tuer les livres... D'un autre coté, l'adaptation généralisée n'est pas un signe de vitalité : je crois que l'on doit d'abord écrire pour le cinéma, comme pour le théâtre --- mais il n'y a pas de règle – un temps pour tout...
| Je me suis toujours dit que "L'Invention de Morel" (de Adolfo Bioy Casares) entre vos mains ferait l'objet d'une magnifique adaptation. Peut-être parce que l'univers du livre est finalement assez proche du vôtre (questionnement autour du rêve, l'être, l'illusion)... C'est un texte magnifique --- "Invasion" de Hugo Santiago est aussi un grand film --- écrit par Borges et Bioy Casares pour l'écran... Une adaptation me semble devoir être transversale, comme une réverbération du livre – qui donne avant tout envie de revenir au livre... J'ai terminé un cycle autour du « sommeil hanté »... Maintenant j'ai envie d'aborder d'autres mondes... | La littérature latino-américaine (classique et/ou contemporaine) fait-elle résonner quelque chose en vous ? Vous me faisiez part de votre admiration pour Roberto Bolaño il y a quelques mois... Roberto Bolano est la dernière très grande découverte de ma génération ... J'ai aussi beaucoup rêvé sur "Les 7 Fous" et "Les Lance-Flammes" de Roberto Arlt... Sans oublier le Journal de Gombrowicz en Argentine... (La suite de l'interview est parue dans Noise Mag #5 — Lisible ici) _______________________________________________________ > OSSANG EN 4 FILMS L'AFFAIRE DES DIVISIONS MORITURI (1985) Combats de gladiateurs clandestins, sociétés secrètes, jeunesse européenne sacrifiée sur l'autel du modèle économique dominant, le fantôme de la bande à Baader plane sur ce brûlot Godardien punk à la sauce situ. Film de fin d'études réalisé en compagnie des membres de Lucrate Milk (qui signent également la B.O.) dans lequel apparait Hellno, celui qui deviendra par la suite le chanteur des Negressese Vertes. LE TRÉSOR DES ILES CHIENNES (1990) Un commando suicide se rends sur l’atoll des Iles Chiennes où la découverte d'une nouvelle d'énergie a semé le chaos. Film expressionniste aux relents indus, filmé dans un sublime noir et blanc dans les Açores avec un Clovis Cornillac tout jeunot, l'actrice espagnole Mapy Galàn et l'ex boxeur Stéphane Ferrara, Le Trésor des Iles Chiennes est une descente aux enfers labyrinthique, abstraite, un road-movie en surplace qui n'a rien perdu de son pouvoir de fascination. DOCTEUR CHANCE (1997) Tourné en Argentine, Docteur Chance est l'unique film en couleur de Ossang. Imaginez Sailor et Lula mis en scène par un Léos Carax adroit. Probablement le film le plus accessible et le plus beau du réalisateur. Cerise sur le gâteau, Joe Strummer vient donner la réplique à Pedro Hestnes pour ce qui sera sa dernière apparition cinématographique. Définitivement un must-have. DHARMA GUNS (2011) Retour au noir et blanc, retour aux somptueux paysages des Açores, retour à l'abstraction, aux labyrinthes, et aux arguments la science-fictionnels pour ce Dharma Guns qui pourrait être vu comme une variation de Ossang sur son propre univers. On pense à Eraserhead, à La Jetée, à Alphaville, pourtant personne d'autre qu'Ossang n'aurait pu signer un long-métrage aussi singulier. Un film d'une radicalité plutôt bienvenue en ces périodes de renoncement. _______________________________________________________ Le sublime Coffret DVD Ossang disponible chez Potemkine contient L'Affaire des Divisions Morituri, Le Trésor des Iles Chiennes et Docteur Chance, ainsi que ses deux premiers courts-métrages (La Dernière Énigme, Zona Inquinata), un entretien avec le réalisateur et un livret de 76 pages.