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Lecture du moment. Du pur kiff.
Et dire que jusqu'à il y a peu, j'étais persuadée d'être incapable d'apprécier les littératures classiques...
Les personnages de Cassavetes, comme ceux de Dostoïevski, vivent cette contradiction jusqu’au bout, ils sont « excessifs », ils parlent tout le temps, ils explorent par la parole toutes les possibilités, amoureux ou ivres, heureux, désespérés ou inquiets, ils ont les comportements les plus extrêmes, et en même temps ils sont conscients, même à leur insu, qu’une certaine limite, si elle est dépassée, peut les renvoyer à la « vraie » folie, à une parole qui tourne à vide. Quelque chose plane qui peut à tout moment ruiner la parole. Cela peut être le meurtre. Le meurtre isole, radicalement. Raskolnikov en fait l’expérience, quand il a le pressentiment qu’il pourrait ne plus jamais parler à personne. Cosmo aussi, quand meurtrier et blessé, il va voir la mère de son amie noire, il lui parle de n’importe quoi – en fait : de son père –, et elle le renvoie, elle ne veut pas l’écouter. Quand l’impossible est accompli, on ne peut que parler « autour ». « Il n’y a plus de rapport », comme dit Eliot, « there isn’t any joint ». Leslie Kaplan, Les Outils, P.O.L, 2003
- Comment avez-vous donc vécu si vous n'avez aucune histoire ?
Fiodor Dostoïevski, Les Nuits blanches (1848, tr. André Markowicz)
dostoyevsky. the brothers karamazhov.
manuscript, 1880
source
Les belles âmes devraient être heureuses ; Seuls les méchants sont malheureux. Il me semble que le bonheur réside dans une vision lumineuse de la vie et dans l'impeccabilité du cœur, et non dans l'extérieur.
Fiodor Dostoïevski
***
Je suis de nouveau en vie et il y a un miracle devant ma fenêtre
Il dispersait ses fleurs comme des étoiles.
Désolé, mais toutes mes pensées tournent autour d'une seule chose :
Combien nous a été donné - peu de choses se sont passées...
La vie est chaque jour plus douce et plus désirable.
Et son goût est plus aigu, comme celui d’une épée sans fourreau.
Alors vis sans y penser
Comme le monde est cruel et désespéré.
Jan Barenboim
French edition of "The idiot" printed in 1965