DOWNSIZING (2017) Le réalisateur Alexander Payne -qui avait scénarisé JURASSIC PARK 3 (2001)- s’attaque à la S-F avec DOWNSIZING, long-métrage de S-F qui avait inondé YouTube de trailers sous forme de publicités atrocement répétitives ces derniers mois: ce projet dont le script final mit sept longues années à voir le jour est-il réellement LE gros film de science-fiction “réaliste et amusant” comme suggéré par ses bandes-annonces? Car on peut douter, au vu de cette communication promotionnelle qui sentait bon le rattrapage: par chance il n’en est rien, DOWNSIZING s’avérant très surprenant car ne se limitant pas à l’exploitation simple de son thème principal, la réduction physique de l’être humain. Lancé sur une scène localisée à Bergen en Norvège, DOWNSIZING n’est pas là pour causer black metal et rentre dans le vif du sujet, l’éminent Dr Jorgen Asbjørnsen parvenant enfin à réaliser son expérience scientifique la plus aboutie, le bien-nommé DOWNSIZING. Procédant par étapes, Payne évoque la joie soudaine de la découverte en question, qui va changer le monde: révélant au public quelques années plus tard le résultat bénéfique d’un tel procédé grâce à ses arguments écologiques et financiers incroyables, le Downsizing devient une opportunité pour les plus démunis, qui peuvent ainsi reconvertir leurs biens, dont la valeur s’envolera une fois rapetissés. DOWNSIZING a le bon sens d’explorer -sans grandes notions de science- les origines et conséquences de l’effet, levant le voile sur les side-effects de la manipulation, et ce de l’échelle mondiale à celle 100% intimiste: l’humour a sa place dans le film, toujours pertinent, desservant à merveille un scénario poussé, aucune blague n’étant gratuite car pleine de sens, ou mieux, doublée d’une symbolique forte. En effet, Matt Damon incarne avec son personnage -principal- le pauvre Paul Safranek, “trahi” par sa femme lors de sa “conversion” au Downsizing, celle-ci préférant finalement rester dans le “vrai monde”: ce thérapeute va donc devoir embrasser son rêve de vie nouvelle sans celle qui devait l’accompagner jusqu’à la mort. DOWNSIZING recèle de grosses surprises, à commencer par l’effet irréversible et définitif du procédé: dès lors, un enchaînement fluide de scènes intéressantes va constituer la majeure partie du long-métrage, l’aventure de Safranek ne se limitant pas qu’à sa condition nouvelle, et s’étendant au-delà du background politique/financier qui scandalise le globe terrestre, de viles figures humaines utilisant le Downsizing à des fins scandaleuses. Le rêve américain de la mini-ville de Leisureland dissimule de sales secrets, proches voire pires que ceux de la société des “taille normale”. Très émouvant, DOWNSIZING nous balance Christopher Waltz (INGLORIOUS BASTERDS, 2009), dans une interprétation comico-dramatique attachante très pertinente dans son rôle de voisin amical semi-mafieux, secondé par un Udo Kier (BLADE,1998) tout autant amusant et emblématique. Classifié S-F, mais préférant une notion réaliste loin des vaisseaux spatiaux et autres sabres laser, DOWNSIZING creuse son sujet en révélant l’envers du décor, dans lequel Safranek sera plongé malgré lui et se verra presque l’élu d’une prophétie pré-apocalyptique, le film s’achevant sur une atmosphère de fin du monde à venir, étreinte avec une rare et subtile considération de la part de ces anti-héros entourant le thérapeute. Tout en finesse, Payne accorde autant d’importance à son sujet avec de sublimes effets spéciaux -les perspectives sont hallucinantes, au même titre que les scènes géniales incluant ces interactions entre humains de taille normale et “downsizés”: véritable parcours d’apprentissage et de reconsidération des acquis, DOWNSIZING est un voyage thématique complet, dont le rare “grand spectacle” lui permet d’accentuer sa cohérence. Sans aucune censure -la nudité, les sujets qui fâchent (de nature éthique/financière/écologique)-, DOWNSIZING demeure intelligent, dressant son constat avec une justesse de traitement qui laisse l‘histoire ET l’attrait visuel sur un pied d’égalité tout au long de son visionnage. Œuvre d’anticipation ou de fiction, l’avenir nous le dira: en tout cas, DOWNSIZING est à ne pas rater, si vous appréciez la littérature fantastique/S-F du style FLOWERS FOR ALGERNON (de Daniel keyes) et son approche probante du genre: une incursion bienvenue dans le monde de Cinéma, à des kilomètres du daté HONEY, I SHRUNK THE KIDS (1989), qui rétrécissait des gamins pour faire rire un public de masse en quête de divertissement sans neurones. Très bon, à voir au moins une fois si il vient à croiser votre route de cinéphile/cinéphage: validé! CHERIE, MON ZIZI N’A PAS RETRECI /20







