Louis Veremonde SALVETTI
Luigi Veremondo SALVETTI
Antoine SALVETTI, le grand-père de mon mari, n’était pas le premier SALVETTI à demeurer à Hyères. Il a été précédé par son oncle, Louis SALVETTI.
acte de baptême de Louis Salvetti (source: Family Search)
Louis Veremonde SALVETTI est né le 22 novembre 1858 à Caluso. Il est le dernier des neuf enfants de Giuseppe SALVETTI et de Margarita NUCCIO. Sa mère est morte alors qu’il n’avait pas encore huit ans. Son prénom Veremondo lui a été donné en souvenir du bienheureux Veremondo, évêque d’Ivrée autour des années 1000, qui venait d’être béatifié par le pape Pie IX en 1857.
Je ne sais à quelle date précise Louis est venu travailler en France. J’ai simplement trace de sa présence à Hyères de 1896 jusqu’à son décès le 14 janvier 1915.
Les recensements de 1896, 1901, 1906 et 1911 nous indiquent qu’il a toujours vécu avec Marie GIRAUD qui était parfois considérée comme son épouse ou comme son amie. Mais Louis est décédé célibataire, il n’y a donc pas eu de mariage entre eux.
recensement de 1901 à Hyères (source: Archives Départementales du Var)
recensement de 1906 à Hyères (source: Archives Départementales du Var)
recensement de 1911 à Hyères (source: Archives Départementales du Var)
Marie GIRAUD est née le 20 mai 1851 à La Verdière, commune du haut Var située à 85 km d’Hyères. My Heritage nous indique qu’elle a été mariée à Félix DESGLISE ou DEGLISE, le 15 septembre 1881. Le jeune couple a pratiquement toujours vécu chez Marius Pothin GIRAUD, le père de Marie, qui était cultivateur, en particulier dans les recensements de 1886 et de 1891 à La Verdière. Mais dans celui de 1896, Félix DESGLISE vit seul chez son beau-père.
recensement de 1886 à La Verdière (source: Archives Départementales du Var)
recensement de 1896 à La Verdière (source: Archives Départementales du Var)
Marie ne vivant plus avec son mari au recensement de 1896 de La Verdière, j’ai pensé chercher à La Londe où avait habité Antoine et où il s’est marié en 1900. Et effectivement, le recensement de 1896 de La Londe qui était encore un quartier de Hyères à cette époque, nous indique que Louis SALVETTI qui s’est déclaré « homme d’affaires » vivait avec Marie GIRAUD ainsi qu’avec un jeune frère de 18 ans prénommé Joseph et un ami Jean DUTTO. Le jeune frère serait donc né vers 1878, précisément comme Antoine. En fait, il s’agit bien d’Antoine qui n’est pas le frère mais le neveu de Louis. Antoine est déclaré sans profession, peut-être venait-il de rejoindre récemment son oncle ?
recensement de 1896 à La Londe (source: Archives Départementales du Var)
Comment Louis et Marie se sont-ils rencontrés ? Je l’ignore. Louis a-t-il eu à se déplacer à La Verdière pour ses « affaires » ou est-ce Marie qui avait trouvé un emploi dans une exploitation agricole ou viticole à La Londe ? La première hypothèse est sans doute la plus vraisemblable puisque, dans le recensement de 1896, Marie est déclarée sans profession.
Louis a très vite choisi de devenir français. Le bulletin des lois de la République française du 1° janvier 1904 nous fait part de sa naturalisation.
bulletin des lois de la République française du 1° janvier 1904 (source: Gallica)
Les « affaires » de Louis ne devaient pas être très prospères car, au recensement de 1901, il est cultivateur chez TOUCAS. Dans le recensement de 1906 tout comme dans celui de 1911, Louis est devenu peintre chez BONNEFOY et le restera jusqu’à la fin de sa vie.
L’entreprise de peinture en bâtiment de Charles BONNEFOY était située au 5 avenue Gambetta, à Hyères. Charles a été marié en premières noces à Clotilde TOUCAS, originaire de La Crau qui est décédée à Hyères le 24 décembre 1906, le laissant seul avec trois enfants : Charles, Emile et Louis. Charles s’est remarié le 31 août 1907 avec Clotilde MARCHETTI.
vue de la maison du 17 rue Cafabre à Hyères (source: Google Maps)
Louis, qui demeurait au 17 rue Cafabre, à Hyères, se trouvait à cinq minutes à pied de son travail. Il habitait une maison à un étage où vivaient deux familles. En 1901, les voisins de Louis SALVETTI et de Marie GIRAUD étaient Louis REBOUL, un ancien cultivateur de 65 ans qui vivait avec sa fille de 31 ans. En 1906, Louis REBOUL vivait seul. Et en 1911, cette famille a été remplacée par un couple d’italiens : Jules SILVIO, né en 1873 à Dronero, qui a été l’un des témoins d’Antoine à son mariage, et son épouse Antoinette née à Gaiola en 1886.
Louis SALVETTI est décédé le 14 janvier 1915, à son domicile, à Hyères, à l’âge de 56 ans.
acte de décès de Louis Salvetti (source: Archives Départementales du Var)
Marie n’a jamais eu d’enfants que ce soit avec Félix, son premier mari ou avec Louis. Après le décès de Louis, elle est tout simplement retournée vivre avec son premier mari. Dans le recensement de 1921, on la retrouve à La Verdière, dans le quartier de l’ubac bas.
recensement de 1921 à La Verdière (source: Archives Départementales du Var)
Une fois mon article terminé, j’ai eu des doutes à propos de ce Louis Salvetti. Etait-il bien l’oncle d’Antoine, le grand-père de mon mari ? Ne m’étais-je pas fourvoyée ? Plusieurs inexactitudes auraient pu me le faire croire.
1) l’âge de Louis SALVETTI lors de sa naturalisation et de son décès est plus élevé de quatre ans. Lors de son arrivée en France, sa date de naissance a probablement été enregistrée avec une erreur : 1854 au lieu de 1858. Mais il s’agit bien de l’arrière-grand-oncle de mon mari car sur ses actes de naturalisation et de décès, il est bien appelé Louis Vérémonde (Vérémonde étant un prénom très rare). De plus, sur l’acte de naturalisation, il est déclaré né le 22 novembre ce qui est parfaitement exact.
2) dans le recensement de 1896 de La Londe, Antoine est appelé Joseph et il est considéré comme le frère au lieu du neveu de Louis. Vous pensez bien que j’ai recherché s’il n’y avait pas une autre famille SALVETTI à Caluso où il y aurait deux frères, l’un prénommé Luigi né en 1854 environ et l’autre Giuseppe, né autour de 1878 et dont le père s’appellerait aussi Giuseppe mais je n’ai pas trouvé.
3) Louis n’a pas été témoin au mariage d’Antoine comme cela aurait pu se faire, Louis étant la seule famille d’Antoine présente à Hyères. Antoine a-t-il préféré prendre des jeunes de son âge comme témoins ?
témoins au mariage d'Antoine Salvetti, le 21 juillet 1900, à La Londe (source: Archives Départementales du Var)
4) Antoine n’a pas non plus déclaré le décès de Louis à la mairie d’Hyères bien qu’habitant également dans la vieille ville d’Hyères, au 36 rue Bourgneuf, depuis les années 1910 mais il était peut-être déjà parti rejoindre son frère José en Argentine. Marius CALZIA, menuisier, demeurant rue Franklin, s’est chargé de déclarer le décès de Louis qu’il avait peut-être connu à La Londe.
la rue Cafabre à Hyères qui tire son nom d'Aycard Fabri, ancien châtelain de la ville, avec au fond la collégiale Saint Paul.
J’aurais pu penser que Louis et Antoine soient plus proches l’un de l’autre mais il y avait tout de même une différence de vingt ans entre l’oncle et le neveu. Et puis, chacun menait sa vie comme il l’entendait, surtout Antoine qui avait un grand besoin d’indépendance et de liberté.
Antonio SALVETTI, il nonno di mio marito, non è stato il primo SALVETTI a vivere a Hyères. È stato preceduto da suo zio, Luigi SALVETTI.
certificato di battesimo di Louis Salvetti (fonte: Family Search)
Luigi Veremondo Salvetti nacque il 22 novembre 1858 a Caluso. Era il più giovane dei nove figli di Giuseppe Salvetti e Margherita Nuccio. Sua madre morì quando lui non aveva ancora otto anni. Gli fu dato il nome Veremondo in memoria del Beato Veremondo, Vescovo di Ivrea intorno all'anno 1000, che era stato appena beatificato da Papa Pio IX nel 1857.
Non conosco la data precisa in cui Luigi arrivò a lavorare in Francia. Ho solo una documentazione della sua presenza a Hyères dal 1896 fino alla sua morte, avvenuta il 14 gennaio 1915.
I censimenti del 1896, 1901, 1906 e 1911 indicano che visse sempre con Marie Giraud, che a volte era considerata sua moglie o sua amica. Ma Luigi morì celibe, quindi non ci fu matrimonio tra loro.
censimento del 1901 a Hyères (fonte: Archivi dipartimentali del Varo)
censimento del 1906 a Hyères (fonte: Archivi dipartimentali del Varo)
censimento del 1911 a Hyères (fonte: Archivi dipartimentali del Varo)
Marie Giraud nacque il 20 maggio 1851 a La Verdière, un comune dell'Alto Varo, a 85 km da Hyères. MyHeritage indica che sposò Félix Desglise (o Deglise) il 15 settembre 1881. La giovane coppia visse quasi esclusivamente con Marius Pothin Giraud, il padre di Marie, che era un agricoltore, in particolare secondo i censimenti del 1886 e del 1891 a La Verdière. Tuttavia, nel censimento del 1896, Félix Desglise risulta vivere da solo con il suocero.
censimento del 1886 a La Verdiere (fonte: Archivio dipartimentale del Var)
censimento del 1896 a La Verdiere (fonte: Archivio dipartimentale del Var)
Poiché Marie non viveva più con il marito al momento del censimento del 1896 a La Verdière, ho pensato di cercare a La Londe, dove Antonio aveva vissuto e si era sposato nel 1900. E in effetti, il censimento del 1896 di La Londe, che all'epoca era ancora un quartiere di Hyères, indica che Luigi Salvetti, che si dichiarava "uomo d'affari", viveva con Marie Giraud, così come con un fratello minore diciottenne di nome Giuseppe e un amico, Giovanni Dutto. Il fratello minore sarebbe quindi nato intorno al 1878, proprio come Antonio. In realtà, si tratta proprio di Antonio, che non è il fratello di Luigi, ma suo nipote. Antonio risulta senza occupazione; forse aveva raggiunto lo zio di recente?
censimento del 1896 a La Londe (fonte: Archivio dipartimentale del Var)
Come si incontrarono Luigi e Marie? Non lo so. Luigi dovette recarsi a La Verdière per affari o Marie trovò lavoro in una fattoria o in un vigneto a La Londe? La prima ipotesi è probabilmente la più probabile, poiché nel censimento del 1896 Marie risulta senza occupazione.
Luigi scelse rapidamente di diventare francese. La Gazzetta Ufficiale della Repubblica Francese, datata 1° gennaio 1904, registra la sua naturalizzazione.
bollettino delle leggi della Repubblica francese del 1° gennaio 1904 (fonte: Gallica)
L'attività di Luigi non doveva essere molto prospera, perché nel censimento del 1901 risultava agricoltore presso TOUCAS. Sia nel censimento del 1906 che in quello del 1911, Luigi risultava imbianchino presso BONNEFOY, posizione che mantenne fino alla morte.
L'attività di imbianchino di Charles BONNEFOY si trovava al numero 5 di Avenue Gambetta a Hyères. Charles sposò in prime nozze Clotilde TOUCAS, originaria di La Crau, che morì a Hyères il 24 dicembre 1906, lasciandolo solo con tre figli: Charles, Emile e Louis. Charles si risposò il 31 agosto 1907 con Clotilde MARCHETTI.
vista della casa al 17 rue Cafabre a Hyères (fonte: Google Maps)
Luigi, che abitava al numero 17 di rue Cafabre a Hyères, era a cinque minuti a piedi dal suo posto di lavoro. Viveva in una casa a un piano con altre due famiglie. Nel 1901, i vicini di Luigi Salvetti e Marie Giraud erano Louis Reboul, un contadino in pensione di 65 anni che viveva con la figlia trentunenne. Nel 1906, Louis Reboul viveva da solo. E nel 1911, questa famiglia fu sostituita da una coppia italiana: Giulio Silvio, nato nel 1873 a Dronero, che era stato uno dei testimoni di nozze di Antonio, e sua moglie Antonietta, nata a Gaiola nel 1886.
Luigi Salvetti morì il 14 gennaio 1915, nella sua casa di Hyères, all'età di 56 anni.
certificato di morte di Luigi Salvetti (fonte: Archivio dipartimentale del Varo)
Marie non ebbe mai figli, né con Félix, il suo primo marito, né con Luigi. Dopo la morte di Luigi, tornò semplicemente a vivere con il suo primo marito. Nel censimento del 1921, risulta residente a La Verdière, nella zona più bassa e ombreggiata.
censimento del 1921 a La Verdière (fonte: Archivio dipartimentale del Var)
Una volta terminato il mio articolo, ho avuto dei dubbi su questo Luigi Salvetti. Era davvero lo zio di Antonio, il nonno di mio marito? Avevo commesso un errore? Diverse inesattezze avrebbero potuto indurmi a crederlo.
1) L'età di Luigi Salvetti al momento della sua naturalizzazione e morte è di quattro anni più vecchia. Al suo arrivo in Francia, la sua data di nascita è stata probabilmente registrata con un errore: 1854 invece di 1858. Ma è effettivamente il prozio di mio marito perché sui suoi certificati di naturalizzazione e di morte è correttamente chiamato Luigi Veremondo (Veremondo è un nome proprio molto raro). Inoltre, sul certificato di naturalizzazione, risulta nato il 22 novembre, il che è perfettamente corretto.
2) Nel censimento del 1896 di La Londe, Antonio è elencato come Giuseppe ed è considerato il fratello di Luigi, non suo nipote. Immaginate che abbia cercato per vedere se ci fosse un'altra famiglia Salvetti a Caluso con due fratelli, uno di nome Luigi, nato intorno al 1854, e l'altro Giuseppe, nato intorno al 1878, il cui padre si chiamava anch'egli Giuseppe, ma non ho trovato nulla.
3) Luigi non era testimone al matrimonio di Antonio, come avrebbe potuto essere, dato che Luigi era l'unico parente di Antonio presente a Hyères. Antonio preferiva avere come testimoni dei ragazzi della sua età?
testimoni alle nozze di Antoine Salvetti, il 21 luglio 1900, a La Londe (fonte: Archivi dipartimentali del Varo)
4) Anche Antoine non denunciò la morte di Louis al municipio di Hyères, nonostante anch'egli vivesse nel centro storico di Hyères, al numero 36 di rue Bourgneuf, dagli anni '10. Potrebbe essere già partito per raggiungere il fratello José in Argentina. Marius Calzia, un falegname che viveva in rue Franklin, si assunse la responsabilità di denunciare la morte di Louis, che forse conosceva a La Londe.
rue Cafabre a Hyères, che prende il nome da Aycard Fabri, antico signore della città, con la collegiata di Saint-Paul sullo sfondo.
Avrei potuto pensare che Luigi e Antonio fossero più uniti, ma tra zio e nipote c'erano comunque vent'anni di differenza. E poi, ognuno viveva la propria vita come meglio credeva, soprattutto Antonio, che aveva un grande bisogno di indipendenza e libertà.









