UP (2009)
Chaque PIXAR est un prétexte assez bon pour se plonger dans l’animation en CGI grand public made in America, et il me fallait absolument voir UP avant son dixième anniversaire: calé entre le sympathique WALL-E (2008) et le sublime TOY STORY 3 (2010), ce film apprécié de la critique et par ses spectateurs es l’oeuvre du réalisateur Pete Docter, animateur sur le premier TOY STORY, et responsable -en coréalisation- du très bon MONSTERS, INC (2001) et du récent mais surcôté INSIDE OUT (2015) -VICE-VERSA chez nous-. Jouant la carte de la différence en suivant les codes hérités du succès de Wall-E, UP s’ouvre sur une approche humaine de son histoire, celle de Carl Fredricksen: de son enfance à la mort de sa femme, on est happés par la qualité de la narration, constituée de la jolie musique de Michael Giacchino, soutenant à merveille le montage émotionnel et empathique au possible de la vie de ce vieux monsieur. Partageant autrefois un rêve commun avec sa femme -l’exode vers Paradise Falls- Carl se retrouve seul dans sa petite maison, en proie à un urbanisme cannibale qui a déjà commencé à le dévorer: suite à un incident incompris par une justice aveugle, le vieillard, sur le point d’être embarqué dans une maison de retraite, s’envole dans et avec sa maison vers son utopie intime. UP nous présente Carl sans dialogue, “copiant” ainsi sur Wall-E, dont le premier tiers du long-métrage tenait sur un mutisme contribuant à installer une ambiance adéquate avec son contexte, avant d’introduire un élément qui initiera un changement de direction, ici incarné par le grassouillet garçonnet Russell: jeune “scout” rêveur, il va être embarqué sans être prévenu dans le voyage de Carl. Le “road-trip” aérien commence donc, buddy-movie intergénérationnel probant car Carl n’a jamais pu avoir d’enfant, et Russell vivant avec un père absent: mais UP ne se contente pas seulement de cette thématique relationnelle. En plus des interactions entre les deux protagonistes s’ajoutent d’autres péripéties, à la fois bonnes -la rencontre de Carl et de son idole d’explorateur Charles Muntz-, voire un peu trop exagérées pour le script -les chiens savants de Muntz qui parlent avec un dispositif de traduction, OK, les chiens savants de Muntz qui préparent le repas, OK, mais les clébards qui pilotent des avions avec un os en plastique en guise de commandes de vol, NON-. Hélas, UP délivre son accroche pendant son premier tiers, encore une fois calqué sur le modèle WALL-E: la suite dépend de votre tolérance de la storyline, et de votre ouverture d’esprit quant à la direction du long-métrage. Pourtant, UP n’est pas en reste avec son âge: les textures sont sublimes, la synchro labiale impeccable, les doublages au top, la mise en scène parfaite, et le tout est une vraie démonstration technique du savoir-faire numérique des studios PIXAR: remplissant sûrement un peu à contrecœur le cahier des charges de -et exigé par- DISNEY, le film nous scinde. Certes enchanteur, et s’affranchissant d’une société gloutonne, UP fait rêver, et nous offre deux personnages inhabituels pour héros: impossible d’être indifférent au vieux ronchon sensible qu’est Carl, et même Russell fait son job de jeune buddie, décalé des habituels stéréotypes de par sa condition d’enfant obèse, asiatique et en quête d’une certaine forme de parentalité. Très évocatrice, la maison de Monsieur Fredricksen est le symbole du film, portée par le vent et volant au plus haut grâce à ses centaines de ballons multicolores qui la transforment ainsi en montgolfière créée par l’art moderne. UP, c’est du colorisme qui parle de la vie et de la mort, mais bien plus que cela: du renouveau inattendu lorsqu’on croit qu’il est trop tard, auquel on est forcément sensible. On se reverra LA-HAUT, c’est certain...
UP MAIS UN PEU DOWN /20