Horror of Dracula, 1958.
Joseph Smith artwork.

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Horror of Dracula, 1958.
Joseph Smith artwork.
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La messagère
Le carrefour n’était pas très éclairé. Les voitures avançaient sans porter attention à sa présence. Il faut dire qu’une dame blanche, habituellement, reste à côté de la route. Seulement celle-ci passait ses nuits le long d’un bosquet, presqu’invisible à la vue de tous. Je l’ai remarquée un soir où je fus en retard sur mon trajet. La nuit tomba vite me surprenant. Je marchai en faisant attention de ne pas être percuté par une voiture. Je pris peur en la voyant bien qu’elle ne montra aucune agressivité. Mais son apparence, sa blancheur m’effraya. De plus près, je pus voir derrière ce linceul son apparence cadavérique. Certains morceaux de chair pourris et verdâtres amplifièrent cette apparence macabre. Elle ne bougea pas ni ne tourna la tête quand je la saluai par politesse. Son regard fixait un horizon caché par les buissons de l’autre côté de la route. Puis elle commença à parler annonçant la venue des pires souffrances que la terre n’ait jamais connue. Je m’arrêtai, sentant l’angoisse monter quand tout-à-coup, le bosquet derrière elle, remua laissant apparaitre des spectres, des zombis, des cadavres bougeant malgré leur apparence décharnée. Ils avancèrent en titubant, d’un pas lent et bizarrement maladroit. Je me sentis paralysé par la peur en voyant cette scène d’horreur s’approcher. Cependant, ils ne se soucièrent point de ma présence, continuant leur marche en traversant la route. J’entendis une voiture, elle s’arrêta au carrefour, laissant passer cette horde de morts-vivants. Le chauffeur, un homme se mis à crier. Voyant que je n’étais pas l’un d’eux, il proposa d’entrer se protéger dans sa voiture. Je ne répondis pas, observant ces milliers de monstres sortir du bosquet.
La dame blanche demeura stoïque. Elle ne bougea toujours pas. Puis elle lança d’une voix douce et sonnante : « Les âmes mortes quittent l’enfer car il est pollué d’une atmosphère putride, si nauséabonde que même les démons ne peuvent la supporter ». A ce moment, le bosquet remua de nouveau. Des êtres aux physiques abjects, à l’apparence de chèvres et de cerfs au torse humain et à la tête d’animaux à corne surgirent subitement. Ils marchaient sur leur pattes arrières, sans se soucier de moi ni du conducteur de la voiture. Ils empruntèrent le même chemin que les zombis. Mes poumons se remplirent d’une frayeur atroce ; l’angoisse m’empêcha de courir. Mes jambes tremblantes refusèrent d’écouter mon bon sens qui exigeait la fuite. Je restai immobile tout comme cette dame blanche. Je sentis d’un coup son regard se poser sur moi. Ses yeux translucides, sans vie me dévisagèrent au point de me faire frémir. Je sentis une vision me pénétrer. Alors je vis ce qu’elle racontait : L’enfer ne ressemblait plus à rien. Dépeuplé, vide de tout et détruit dans sa structure. Au milieu, un démon de la pire espèce, le plus célèbre de tous, le roi de ce royaume déchu était assis au milieu. Le menton posé sur la main. Il réfléchit, un air désespéré. Puis vint un autre démon, différent de ceux que nous connaissions. Il avait l’apparence d’un être humain. Il souriait, montrait une grande sympathie. On lui donnerait le bon dieu en confession quand d’un geste brutal et vif, il décapita à coup d’épée cet ange déchu. Un sang noir gicla du cou. L’homme regarda dans ma direction. Sa tenue costard cravate avec des bretelles et une chemise bleue, rappelait les hommes d’affaire, les banquiers, les cadres d’entreprise. Il me regarda et je vis dans ses yeux….bientôt la fin du monde.
Je me ressaisis en réalisant qu’avec la fin de l’enfer, c’était la fin de nos croyances. La dame blanche continua de me regarder. Quant à la voiture, elle était déjà partie ; ses phares rouges à l’arrière brillèrent au loin. Le fantôme ne parla plus. Je compris dans son silence que je devais aussi partir. Cette nuit, les cimetières furent occupés, peuplés de morts revenus. Les diables ont supplié les anges de les aider. Les vampires se sont cachés derrière des croix ou des gousses d’ail. Les loups-garous se sont murés dans les églises. Les fantômes ont eu peur d’être possédés et les monstres ont fui pour se réfugier sous les draps des lits des enfants. Cette nuit rien ne fut normal car un nouveau monstre a pris la place de Satan en enfer : l’homme.
Alex@r60 – septembre 2019
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Frankenstein, 1960s.
Haunted Spooks, 1920.