La brousse est dense. La chlorophylle suinte de toutes parts. Les arbres transpirent au soleil.
Lorsqu'un endroit n'est pas entretenu ou, pire mieux, est abandonné, la nature reprend très rapidement ses droits.
Les herbes, bananiers et autres cannes à sucres poussent à une vitesse incroyable. Gorgés de soleil douze heures par jour, abondamment arrosés par les pluies tropicales désormais quotidiennes, les végétaux repeuplent immédiatement toute zone défrichée que nous livrerions à elle-même.
La pluie, comme l'illustre la photo au ciel noir, est un ennemi redoutable. Elle arrive brusquement, assombrit le ciel, le soleil frappant toujours dans notre dos (d'où cette lumière étrange). Le vent commence à souffler, la température chute. Exactement comme un grain en mer. Quelques gouttes tombent, pendant quelques secondes. Puis un éclair, le tonnerre et le déluge. Un VRAI déluge. Du genre à vous tremper jusqu'aux os en 5 secondes (et je suis gentil).
Celui que j'ai pris en photo m'a particulièrement fait mal : des grêlons un peu plus gros que des apéricubes™ sont tombés... Alors que j'inaugurais mon coupe-vent en Gore-Tex™ Millet™ (particulièrement efficace contre la pluie - un peu de chauvinisme), j'en oubliais... le bas. N'ayant pas eu la présence d'esprit d'emporter mon pantalon - sac poubelle anti-pluie, j'ai eu à porter un jean aussi humide qu'en sortie de lave-linge sans essorage pour le reste de la journée... Il était midi.
Après la pluie, la forêt évapo-transpire (les nostalgiques de M. Porel verseront une petite larme la prochaine fois, quand j'aurais pu capturer cet instant assez magnifique où une légère brume s'échappe de la brousse, dans un ciel dégagé d'une incroyable clarté).
Le soir, après la pluie, le ciel s'irise de rose et de lointains nuages-coton (je n'ai pas de culture à étaler sur les nuages donc je les appellerai nuages-coton) m'ont permis de prendre le cliché "coton" que je trouvais particulièrement beau.
Pour l'anecdote, j'ai crié à mon chauffeur :
Stop ! Regarde-moi ce putain d'ciel ! tu trouves pas ça beau ???
Mais bordel, regarde, c'est beau !
*soupir blasé du mec qui voit ça depuis des années...
Bon, gare toi sur le côté je prends une photo
Rohh ça va. Tiens regarde, y a une fille là-bas
*chauffeur qui tourne la tête
Mon chauffeur commence un peu à comprendre l'intérêt de la photographie je crois... Mais j'ai beaucoup de mal à l'initier à la beauté de la nature qui semble le blaser au plus haut point. Il sera beaucoup plus excité par une antilope, un pangolin ou une noix de kola que par un rayon de soleil à travers des branchages créant un contre-jour tel celui de la première photo.
Je prends donc mes photos tout seul comme un grand, ce qui lui semble chaque fois une incroyable perte de temps. Heureusement, j'ai emporté un trépied. Cela me permet de réaliser des clichés comme le dernier, lors de mes errances dominicales (il faut dire qu'on "s'fait grav' chier" le dimanche ici - j'espère que la vulgarité renforcera bien l'image de l'ennui que j'essaie de vous renvoyer).
Bon, ce n'est pas un Katana mais une machette que l'on utilise ici... Mais le titre n'a aucun rapport avec ce qui suit, je voulais juste que vous prononciez "fruit" à l'anglaise en lisant le titre du paragraphe. Un mec de la sécurité s'appelle Ninja aussi. Mais aucun rapport. Sinon que c'est marrant, de s'appeler Ninja. Enfin, je trouve.
BREF. Je voulais vous parler de fruits. J'ai acheté des mangues sauvages hier sur le bord de la route. Elles sont petites mais très juteuse - et évidemment très bonnes.
En pinçant la peau à une extrémité celle-ci se déchire et glisse. Si l'on essaie de l'éplucher au couteau on a beaucoup de mal à transpercer la peau. 0,8€ les 4....
Les bananes s'achètent par régimes à 4 ou 5 étages de 10 à 15 bananes chaque. Pour environs 1,5€ le régime.
Les ananas, j'ai déjà eu l'occasion de m'épancher dessus sur Instagram et Cie.
Le point commun de tous ces fruits, c'est que nous les mangeons verts (un autre point commun est qu'il sont incroyablement bons). Une banane jaune, ici, est une banane pourrie. Idem pour les ananas ou les mangues. C'est étrange au début, mais finalement je me suis rapidement fait à l'idée que ce sont les fruits de France qui ont un problème. Les fruits jaunissent ici parce qu'ils sont coupés de 2-3 jours pour les bananes, 1 ou 2 semaines pour les ananas et mangues.
Les fruits de supermarchés en France doivent donc être coupés verts peu avant d'être mûrs (je vous apprends quelque chose ? non ? sûrs ?) et nous attendons bêtement qu'ils deviennent jaunes (ou plutôt, Leclerc attend pour nous) en pensant qu'ils "mûriront". Parce qu'on sait bien qu'ils ont été coupés trop tôt, une ou deux semaine(s) auparavant en Martinique.
Au final, ces fruits ne pourront jamais être bons. Essayez toutefois de manger les bananes lorsqu'elles sont vertes, elles devraient être meilleures.
J'ai vraiment écrit pour ne rien dire... enfin si, des évidences. Bref. Comme ça fait longtemps que je n'ai pas posté, je tente de justifier ce nouveau billet en tartinant des évidences. Ou en parlant de rien.
Un petit mot, enfin, sur l'expérience humaine et professionnelle du VIE.
Je ne peux évidemment pas tout exposer mais après quelques petits soucis sur le chantier, tout devrais rapidement rentrer dans l'ordre.
Pour commencer, j'ai du déménager 35 personnes de mon équipe aux abords du chantier. Pour savoir qui habitait déjà là et qui déménage vraiment, vous imaginez bien que ce n'est pas évident et que tout à coup, tout le monde joue au serpent, à onduler dans les phrases et à essayer de me perdre.
Plutôt que de montrer que j'étais complètement paumé, j'ai préféré être bon roi et ne pas perdre la face en octroyant, dans mon immense bonté, les frais de déménagement à tous ceux qui semblaient sincères dans leurs mensonges.
Non, en fait c'était plus simple que ça, j'avais leur précédente déclaration de domicile et ils ne savaient pas que je l'avais... Donc je savais très bien qui voulait jouer au plus malin.
Ensuite, j'ai quelques éléments perturbateurs sur le chantier et les sanctionner ne fut pas gratuit. Cependant, j'esquive toujours pas trop mal les objets volants (pas parfaitement non plus), ce qui me rassure compte tenu de ma consommation non raisonnée de matières grasses (Nutella™ à volonté au petit déj. par exemple...).
Enfin, des problèmes de paye (qui n'en a jamais eu ?) ont bloqué le chantier aujourd'hui. En même temps, un tiers de l'agence à payer, ça fait tout de même 1300 personnes.
Enfin, jusqu'ici, tout va bien.