[,,,] je suis enfin sorti des tempêtes
du continent hyperboréen
les terres vertes et sacrées
des anciens dieux
des nouveaux diables
j’ai suivi l’étoile de la mer
la grande bavarde le soir aux lunes éteintes
à mon feu offert devant les fracas des maelstroms vivants
le soir à l’horizon plat et doux j’ai appris
le dialecte des baleines, le son des chants d’offrandes
les récits donnés aux petits comme on se nourrit d’une grande voûte
posée ainsi en courbe sur nos joies diffuses
à toute ta température suivre la branche
de l’étoile traversée de sel, couronnée de bulles solaires
discuter les soirs de bals sur la ligne de lunaisons
quand tout s’éteint sur la planète liquide, quand tout devient eau
brouillard, furieuse poésie des éléments, énergie des premiers âges
où ne subsiste rien, sinon une corde reliée à tout ce qui
vibre et dort, sonne et s'irise
loin du continent boréen
j’y navigue et noie des chaleurs épaisses d’anciennes
vies, soirées, réunions autour du feu, combat de liens, de sang, paraître
renaître et se reconnaître fils de l’eau salée, enfant du soleil, dieu sous l’étoile
peuple révélé à l’océan, peuple dévoré par lui
accoster sur une nouvelle terre, à l’inconnu retourné sous l’ongle cultiver
autre chose que la céréale à pousser, défier le ciel
retourner à la lourdeur sans l’eau purifiante
à l’effigie lointaine du littoral boréen, explorer l’autre face des choses
percer encore l’oeil trop sûr
la jambe légère, avancée sur la prochaine heure, tandis que se battent
des vents sur les cartes de cuir
j’y retourne encore, bétail de soleil rongé, forêt absente des grandes révolutions
où bruisse l’odeur de l’hyperborée, mélangée avec le costume de l’étoile
je danse, je me mêle au sable, au rocher, aux algues, aux ronces, tout ce bas peuple
revenu de tout, présent sous toutes les formes, attentif et témoin
victorieux silencieux spacieux, des âmes sans revendications des âmes
qui portent encore un peu en elles la tradition de l’infini
hissant de nouveaux rayons parmi mes coquillages
envahissant coque, gouvernail, mât de misaine, les dernières traces
laissées par mes pas aux marées
laissées par mes prières
amarrées










