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So no only do @SWBHnhs (City Hospital) look after poorly people like my Mum Xx; they also look after the #environment. No plastic here ♥️ #RecycleWeek #ExtinctionRebelion #LoveNHS #savetheplanet https://www.instagram.com/p/B2wv_2qjhVq/?igshid=h939sa5bq924
Asamblea Abierta de #eXtinctionRebelion #Murcia (@extinctionrm) . Ayer, a tres semanas de la #HuelgaMundialPorElClima, en la Asamble Abierta se estuvo organizando las actividades para esa semana (del 20 al 27 de septiembre). . El #27S, la Alianza #EmergenciaClimaticaYa, la Alianza por el Clima y @juventudxclima convocan a todo el país a salir a la calle. . Y, después, de la #HuelgaMundial, llega la Rebelión Internacional de @esxrebellion, que empezará el #7deOctubre (rebelion7oct) (en Murcia, Murcia) https://www.instagram.com/p/B2CiXApI4vP/?igshid=12awkghgg8prl
Presentación de @esxrebellion de la #RegiónDeMurcia el #29deJulio. . Este Movimiento Social surgido en #Londres a finales del año #2018 se ha extendido por cientos de ciudades del mundo. . #ExtinctionRebelion (Rebelión Contra la Extinción) mediante una resistencia no violenta trata de influir en las políticas medioambientales globales para actuar de inmediato frente a la actual #EmergenciaClimática. . #XR #MedioAmbiente #27S #HuelgaMundialPorElClima (en Murcia, España) https://www.instagram.com/p/B06m3j_Im4r/?igshid=1gg3cz9k9l1sf
La survie de l'humanité est en jeu
Pour l'acteur français Philippe Torreton, l'urgence climatique est telle que " la sauvegarde de l'habitabilité de la planète " est menacée. Il appelle à constituer aux européennes une seule liste, fondée sur cet unique enjeu
Je regarde mes enfants, les petits et les grands, et je ne sais pas quoi leur dire... J'ai honte. Les rapports d'experts s'empilent et répètent les -mêmes constats lancinants : les animaux disparaissent, les contrées sauvages rétrécissent, les glaces fondent de plus en plus vite, les eaux montent, les records de chaleur s'accumulent, les matières premières se raréfient... Nous allons bientôt dépasser la limite de temps pour agir. L'humanité s'engouffre tête baissée dans une impasse et nous le savons tous. On se rassure avec de belles histoires de colibri et de goutte d'eau pour éteindre une planète en proie à des incendies de plus en plus gigantesques. On se rassure avec le tri des déchets, les vélos, les boîtes à compost... Si tout cela est bien, nous savons pourtant que les vrais enjeux sont au niveau des nations. Et celles-ci ne semblent toujours pas prendre la mesure de ce qui se prépare. Plus personne, pourtant, ne peut ignorer l'urgence absolue d'un changement radical. Alors que l'étau se resserre, les peuples se crispent et les populismes prolifèrent. Le migrant, ce bouc émissaire qui porte en lui ce que l'on ne veut pas voir, va payer le prix fort. Déjà, il se noie en Méditerranée, l'armée américaine l'attend à la frontière mexicaine, du barbelé a été dressé pour lui en Hongrie et un cynisme électoraliste le fait piétiner dans l'inconcevable partout ailleurs.
La tragédie humaine a commencé et promet d'être terrible. Nous allons nous déchirer. Ce qui restera de terres viables, de matières premières disponibles, d'eau potable sera âprement disputé. Dans quelques années commencera à germer l'idée qu'une partie de la population mondiale doit disparaître, en laissant faire les famines, les agents infectieux ou, même par les armes, si cela ne suffit pas, et l'on expliquera que " c'était eux ou nous ".
Les cris d'alarme de personnalités scientifiques et les appels citoyens à un sursaut écologique se heurtent à l'inertie mortifère de nos dirigeants. La survie de l'espèce humaine est en jeu, à une échelle de temps incroyablement courte : la nôtre. Nous portons désormais cette sidérante responsabilité.
Alors que deviennent nos habituelles luttes politiques dans ce compte à rebours ? Si légitimes qu'elles puissent paraître, elles virent désormais à l'antagonisme stérile et suicidaire, aux combats d'un autre temps, ce temps intellectuellement confortable où la lutte des classes était le seul curseur que l'on montait ou descendait au gré des rigueurs budgétaires, où l'écologie était considérée comme un sport politique de gentlemen, où l'on se croyait à l'abri de tout danger.
Rien à attendre des partis Il semble évident que nous n'avons plus rien à attendre des partis. Aucune formation n'aura assez de légitimité pour entamer à elle seule l'obligatoire mutation. Deux mouvements, ceux de Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, pouvaient le faire en 2017, qui avaient placé l'écologie au coeur de leur programme. Mais ils ont choisi en leur âme et conscience de ne pas s'unir et de laisser filer une chance historique de voir le drapeau de l'écologie hissé sur le toit de l'Elysée. Aujourd'hui, face à l'urgence de changer nos modes de vie, il serait logique, avisé, responsable de rassembler toutes les forces vives du pays, de faire fi des divergences pour mettre en place une plate-forme transpartisane faisant de la France la première puissance à abandonner les clivages politiques pour se lancer dans la mère de toutes les -batailles : la sauvegarde de l'habitabilité de la planète. Si nous la perdons, nous perdrons toutes les autres. Si nous la perdons, plus rien n'aura de sens. Le combat pour enrayer le réchauffement conditionne tous les autres.
J'ai les moyens d'avoir ces pensées-là : je vis confortablement, mes enfants vont à l'école, ont à manger le soir dans leur assiette et des cadeaux à Noël. Et je conçois parfaitement que, lorsque l'on cherche du travail depuis des années, que l'on est dans l'angoisse de voir débarquer un huissier, que l'on s'épuise dans un boulot non choisi et loin de chez soi pour un salaire mensuel que d'autres gagnent en claquant des doigts, on ait d'autres priorités que se soucier du climat. Le constat reste néanmoins le même : si rien ne change rapidement, c'est la fin de l'espèce humaine. La fin des gilets, des foulards, des bonnets jaunes, rouges, verts ou bleus, des fachos comme des fâchés, des cyniques comme des concernés. Les plus pauvres disparaîtront en premier, les riches leur survivront quelque temps dans des bunkers dorés. La vie sur Terre continuera, mais sans nous. Que faire ? Une élection se profile, importante, qui concerne l'Europe. Chaque parti prépare sa liste, chacun espère un score honorable. Il y a quelques mois, j'aurais eu ma petite opinion, j'aurais préféré machin à bidule, participé à un meeting ou deux... Aujourd'hui, tout cela est dérisoire et pathétique. Le bon sens, au vu des dangers, devrait nous faire exiger à ce scrutin une liste, une seule, fédérant toutes les autres et n'ayant qu'une -mission : sauvegarder le climat. A nous de peser en ce sens, chacun à son endroit, comme il peut. A nous de faire comprendre aux partis politiques que, pendant cette campagne, nous nous désintéresserons de tout ce qui ne concerne pas l'écologie. A nous de faire admettre à ce gouvernement qu'il n'y a qu'une réforme à mener, celle du basculement de la société vers une économie respectueuse de l'environnement. A nous de faire comprendre au président de la République qu'il peut être le premier chef d'Etat d'une grande nation à incarner ce combat vital en fédérant toutes les forces du pays ou bien s'inscrire dans l'inconsciente et sidérante procrastination de ses prédécesseurs.
Un pays uni, manches retroussées Chaque affrontement partisan est de l'énergie gaspillée. Une seule liste aux européennes, un pays uni, aux manches retroussées. Dès l'annonce d'une telle mobilisation, nous serions suivis par des dizaines de millions de citoyens européens. C'est une guerre contre nous-mêmes que nous devons mener. Nous devons apprendre ce que l'être humain n'a jamais appris : l'écologie. Le chantier est colossal, mais nous bénéficions d'une alliée de poids : la Terre, qui couronne de succès tout ce que nous entreprenons dans le sens d'une -gestion saine des ressources et de la préservation des espèces. Des spirales vertueuses y sont possibles. Nous avons ainsi réussi à stopper la dégradation de la couche d'ozone, et chaque moratoire sur la -pêche de telle ou telle espèce de poisson permet la reconstitution des stocks. L'invention et l'énergie que nous arrivons à -déployer sont hallucinantes. Imaginez les succès si nous parvenions à nous mobiliser ! Cette lutte serait une nouvelle frontière offerte, aux perspectives infinies. La France, le pays qui a su jadis éclairer le monde de ses pensées humanistes, doit retrouver sa force de proposition et d'idées neuves, appuyée par tout un peuple. Elle doit montrer la voie vers un changement radical de mode de vie. Une chose est malheureusement certaine : si chacun reste à sa place, c'est la fin.
Philippe Torreton est comédien, trois fois César du meilleur acteur (2000, 2005, 2012), ancien sociétaire de la Comédie française et ancien conseiller de Paris (2008-2010)
Le Monde | 21 février 2019