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Art original par Emilio Villalba (icon 07) & par Xiau-Fong Wee (icon 09)
Ecrire n'est pas une quête de richesse ou de gloire mais, avant tout, un exutoire, doublé d'un désir de reconnaissance et d'amour, de beaucoup d'amour...
V. H. SCORP
Miroir, miroir, va te faire enculer : Un misanthrope est un humaniste triste et déçu jusqu'à la nausée. Clément Dugast (nocto)
Bonjour toi, et bienvenue !
Avec amour et bienveillance je vais vous confier des petits bouts de ma vie, dans l’espoir que certains puissent résonner en vous, et qu’ensemble nous nous sentions un peu moins seul.e.s face à cet énorme bordel communément appelé la Vie.
Je vous parlerai de cul, de sexualité, de relations, d’amour, de regards, de moments, de nuits, de rires, et puis aussi de pleurs, de violences, de traumas, et de toutes ces choses qui traversent la vie des femmes et dont on ne parle jamais assez.
Je vous parlerai de tout ce qui se bouscule dans la vie et dans la tête d’une jeune femme de 25 ans qui, prise dans les tourbillons parisiens, tente de vivre librement sa sexualité, son amour des gens et de la vie, et surtout de trouver un peu de bonheur dans ce joyeux bordel.
A très vite.
X.
Aucune issue
Ce sentiment qui parcourt mon visage, j'en sens la tension
C'est comme si je n'appartenais à rien ni personne
Rien, rien
Je voudrais disparaître
Prendre une pause dans cette douleur
Je passe des heures à tamiser le sable de ma vie, à chercher les cailloux
Comment savoir ce qui vraiment m'enferme ?
Et si c'était simplement moi, incapable de vivre ?
Je ne me vois pas dans l'avenir
Mon existence ne vaut vraiment pas grand-chose, je suis effaçable
Tout va trop vite et je ne profite de rien, je dis que je suis heureuse parce que c'est ce que je voudrais,
Ça marche un temps, mais ça s'estompe
J'ai du mal à estimer l'ampleur de mon pouvoir d'autopersuasion
30 jours pour écrire - Jour 4
Sujet 2 - Exutoire
Alors Clyde n'écoute plus, puisqu'elle n'est plus là. Clyde est absent, Clyde s'en est allé, en même temps qu'elle. Elle s'appelait pas Bonnie, pourtant elle était sienne, elle n'est plus là.
Clyde a du mal à respirer, alors Clyde essaie d'arrêter de fumer mais ça pique toujours quand il inspire. Il a perdu un bout de son univers, il s'en rend compte quand il tourne la tête puisqu'elle n'est plus là. Il fixe un point sans le voir, les couleurs ne sont plus les mêmes, il ne sait même plus comment penser. Ca lui serre au coeur.
Il erre, Clyde. Il n'avance plus il titube. Y avait elle, avant, elle rayonnait devant lui, avec ses cheveux. Il la cherche dans les coins de rues, il observe comme s'il continuait de la guetter. Alors qu'elle n'est plus là. Il n'existe plus vraiment non plus. Il ne sait plus. Il se perd dans la ville, il tourne à droit trois fois, ça ne sert à rien. Il doit se forcer à expirer.
Elle n'est plus là pour lui. Il essaie de se convaincre que ça va passer, qu'il va l'oublier comme il oublie tout le reste, tout ce qui n'a pas d'importance. Sauf que tout lui rappelle qu'elle n'est plus là. Son répondeur lui notifie sans cesse qu'il n'a pas écouté le dernier message qu'elle lui a laissé. Il reste des fringues à elle chez lui. Il sent l'orange, comme elle, il pleure dès qu'il rentre dans un café parce qu'elle aimait tellement ça. Elle prenait des cafés gigantesques, elle rajoutait de la cannelle, elle toussait parce qu'elle en mettait trop, elle lui manque tellement.
Alors Clyde n'écoute plus, se ferme, cesse de parler. Il cherche ailleurs un repère, quelque chose, il croit qu'un exutoire va marcher, sauf que c'était elle et qu'elle n'est plus là. Il croit qu'en se concentrant sur autre chose la douleur et le manque vont disparaître sauf que non ce n'est pas le cas et son souvenir reste là.
Il a mal Clyde parce qu'elle n'est plus là.
SidShouHost
Exutoire
Un coup de gueule au boulot, yeux exorbités et furibonds, la bouche s'ouvrant au maximum pour rugir plus fort, les commissures des lèvres quasi baveuses et la jugulaire prête à péter. Puis s'en aller furax, comme un fou en sevrage , se tirant les cheveux par les racines et une envie subite de rejoindre le fond de son bureau pour griller une cigarette sortie nerveusement du paquet avec une main tremblante. La nicotine pompée sans cesse à bruler la gorge Tachycardie et bouffées de chaleur fusant du corps. Ne sachant ou s'asseoir ni comment. La tasse à moitié pleine de café froid peine à rester en équilibre dans la main, une gorgée sifflée bruyamment et la deuxième salissant la chemise. Exultant de rage et d'incompréhension. Exutoire.....
Ménage en pétard... Scènes orageuses aux multiples actes sans cesse jouées, répétées. Têtes à têtes obstinées dans un antagonisme sourd ou avoir raison prime sur le tort quand celui ci n'est point reconnu. Choc, électrochoc sans pare-choc, l'un sur l'autre, chacun déverse son fiel, sa rancœur, cherchant l'apaisement d'avoir le mot de la fin.....sans issue. Exutoire.....
Je ne pensais que cela n'arriverait jamais. Avant, lorsque tu m'écrivais, je ne pouvais m'empêcher de te répondre. Même si je m'efforçais de ne pas le faire, tout me poussait à t'écrire en retour. Il n'y a plus d'emprise. Je n'ai plus envie. Je crois que notre dernière conversation a été bénéfique. Terriblement douloureuse. Intense. J'ai voulu contrôler mes émotions jusqu'aux dernières minutes, mais je n'ai pas pu, tu as été trop loin. Et même si tu es revenu sur tes paroles. Trop tard. Tu m'as toujours fait remarquer ma capacité à pardonner. A te pardonner. Aujourd'hui je ne peux plus. Je n'ai jamais fait semblant avec toi, et je ne commencerais pas aujourd'hui. Ni demain. Aujourd'hui j'ai compris. J'ai compris que nous n'avons plus rien à nous apporter. Je voulais encore me battre, me battre pour ce qui me restait d'amour pour toi. Je voulais me battre parce qu'aujourd'hui plus personne ne se bat. On fuit, on se lâche, on se déchire, on abandonne. On part sans un mot, et on trouve quelqu'un à qui en redonner de nouveaux. Du blabla, encore du blabla. Des recommencements à zéro pour tout déconstruire la seconde suivante. Je n'ai plus envie. Je suis épuisée. De ces conversation qu'on persiste à avoir pour se dire qu'on ne quitte pas. Parler pour rien dire. Parler pour se tenir. Refuser qu'on tienne à quelqu'un d'autre. Vouloir tirer sur plusieurs cordes. Il fut un jour où l'envie de poser l'ancre avec toi criait fort en moi. Ce jour n'est plus là. J'ai décidé de me libérer de toi. Je ne veux plus être ton ombre. Et pourtant, malgré ce refus de te répondre, j'ai encore des mots à cracher, des maux à torpiller. Alors je le fais ici, face à des personnes derrière leur écran qui ne liront peut-être pas ceci. Parce que c'est plus facile aussi aujourd'hui, d'écrire autre part, de ne pas l'envoyer au bon numéro, ni à la bonne personne. En quelque sorte, je dépense encore de l'énergie pour toi, pour nous. Comme tu ne désires plus de "nous", je respecte ce qui n'aura plus lieu.
motsàmaux, 09/08/2017 20h20