Les langages de l’amour et la théorie des 3 ans
Selon Gary Chapman, l’auteur des “5 Love Languages”, l’amour passionnel - celui des débuts, celui de la phase “Lune de miel” (comme j’aime l’appeler) de toute relation qui commence - peut durer 2 ans en moyenne. C’est la période où les choses deviennent obsessionnelles, où on ne fait que penser à l’un et à l’autre, où on a envie de passer tout notre temps ensemble, où on refuse de lâcher la bouche de l’autre et aussi où on ne fait que de souiller le lit de chacun (Bah quoi ?! Osez me dire que ça ne vous est jamais arrivés ! Ne faîtes pas vos prudes, les gens. Je vous vois, hein, avec votre boîte de capotes prête à être dégainée à tout moment et vos draps lavés plus souvent que prévu). C’est la période où on se sent euphorique, tellement euphorique qu’on pourrait se laisser avoir par ce sentiment de bonheur intense, au point où ça peut nous mener à prendre des décisions hâtives sans profonde réflexion au préalable. Comme, par exemple, emménager ensemble au bout de seulement quelques mois de relation, se marier parce qu’on pense être certain d’avoir rencontré LA bonne personne, ou encore faire des enfants. Pour certains, ça a tout de même fonctionné. Mais il ne faut pas se fier aux exceptions, parce que de belles exceptions, il y en aura toujours.
“L’amour dure 3 ans”, écrivait Frédéric Beigbeder. Je n’ai jamais lu son livre, ni vu le film, mais... je pense qu’il parlait surtout de cette fameuse phase dont fait référence Gary Chapman. Cette phase où on a l’impression d’être fou amoureux et de n’avoir jamais ressenti une intensité pareille auparavant. Puis vient l’étape des 3 ans où la réalité nous rattrape et on commence à réaliser les gros défauts de l’autre, qu’on avait longtemps ignorés, aveuglé par nos sentiments. D’après les dires de Chapman, c’est à partir des 3 ans que l’amour véritable peut se manifester. C’est à partir de ce moment-là que ça passe ou ça casse. Pourquoi ? Parce que c’est là qu’on voit véritablement qui est la personne qui partage notre vie, ses défauts, ses habitudes les plus agaçantes... etc, et qu’on doit décider si cela nous convient ou non, si on est prêt à passer de nombreuses autres années avec et à l’aimer tel quel.
Pour ma part, durant ma dernière relation, cette espèce de puppy love, ou d’honeymoon phase a duré entre 6 mois et 1 an, avant que la routine ne s’installe (Il n’y a aucun mal à ça. C’est même normal) et que les premiers gros doutes émergent (moins normal). Et il se trouve qu’à peine passé les 3 ans, la relation n’a pas tenu. Preuve qu’on n’avait rien à faire ensemble et qu’on n’était pas compatible.
Et maintenant, depuis la rupture, après avoir passé 4/5 ans à faire de l’introspection, à retrouver mon identité (longtemps égarée depuis la dernière relation), à reprendre un peu confiance en moi, m’accepter davantage et - bien entendu - à enchaîner les dates, les one-shot & les plans cul décevants, je me retrouve à nouveau dans cette phase d’immense attachement où je ne pense plus qu’à une seule personne. Je suis en plein dedans ! En plein dans cette phase où je ne peux pas m’empêcher de me projeter, de m’imaginer dans ses bras, de vouloir sentir sa peau contre la mienne. Je sais pertinemment que c’est l’euphorie de nos dernières interactions qui m’influence dans mes sentiments, qu’il y a quelque chose d’illusoire dans ce que je ressens puisque je le connais que depuis Juin dernier et qu’on est loin de s’être cerné encore. Je sais seulement que je me sens assez en confiance pour me dévoiler progressivement à lui. J’ai encore du mal à croire que je lui ai bel et bien parlé de certaines choses que j’avais, jusqu’à présent, toujours gardé pour moi.
Mais pendant que mon coeur s’emballe beaucoup trop - et trop vite - ma raison me fait sans cesse redescendre de mes nuages. Il ne faut pas que je me laisse influencer par ce tingling feeling dans mon corps, qui me fait croire que ce mec est parfait, alors que personne ne l’est. J’ai envie de lâcher prise, pourtant, et laisser les choses se faire impulsivement, mais je ne dois pas refaire les mêmes erreurs. Je suis sans doute trop dans le contrôle, mais je ne peux plus me permettre d’être insouciante. J’ai beaucoup trop galéré à recoller les morceaux de mon coeur en porcelaine, pour prendre le risque de revoir tout se briser. Et Chapman, dans son bouquin, explique bien que les gens se font trop facilement berner par ces débuts de relation (ou de situationship, dans mon cas, en attendant de savoir si ça va évoluer d’ici l’automne) où tout est beau, tout est mielleux, et prennent ça pour de l’amour, alors qu’on connait à peine l’autre personne encore.
Il est nécessaire, quand on débute une relation, de prendre le temps de découvrir l’autre, sans filtre, sans faux-semblant, sans tabou. Il faut découvrir comment l’autre communique pendant ou après une dispute. S’il est du genre à s’énerver vite et déblatérer des paroles blessantes qui dépassent sa pensée, s’il a aucun mal à venir s’excuser s’il est en tort ou s’il est plutôt de type à narguer pour montrer qu’il avait raison, s’il est prêt à faire des efforts pour subvenir aux besoins émotionnels de l’autre, dans le cas où les love languages ne seraient pas les mêmes (Je vais reparler de ça dans un instant). Et tout ça dans les deux sens, évidemment. Il y a énormément de choses à apprendre sur l’un et l’autre, et ça demande de la patience, de l’écoute et une certaine intelligence émotionnelle. Pas étonnant que beaucoup de couples n’aient duré que 3 ans, finalement.
C’est beaucoup de boulot, une relation sérieuse et durable ! Que ce soit hors mariage ou non, d’ailleurs. Ca implique de faire des ajustements, de se fixer des règles pour que les choses s’organisent de manière harmonieuse et sans prise de tête inutile (même s’il y en aura quand même, un jour). On doit être prêt à s’investir corps et âme dans cette relation, où le but est d’avancer à la fois individuellement (dans ses projets perso, notamment) et ensemble en tant que binôme. Un peu comme des teamplayers, au final, dont l’objectif est de se soutenir mutuellement pour devenir de meilleures versions de nous-même, réaliser quelques uns de nos rêves respectifs, tout en répondant aux besoins émotionnels de chacun.
D’ailleurs, en parlant de besoins émotionnels - avant que je ne m’égare encore dans mon monologue - Gary Chapman a classé les différents besoins de chaque individu au sein d’un couple. Avec plus d’une 30aine d’années de métier derrière lui, il a pu constater que ces besoins pouvaient se répartir dans 5 catégories distinctes :
Il s’agit des compliments, des mots doux laissés sur un post-it, des mots de soutien, d’encouragement, de reconnaissance... etc. Tout ce qui peut faire chaud au coeur et nous motiver.
Les câlins, les caresses, les gestes affectueux, les bisous, les massages (et plus, si affinités... mdr, je suis hilarante. Mais vous avez saisi là où je voulais en venir, je pense ;D). Se donner la main dans la rue, ça marche aussi, notamment
C’est à dire focaliser son attention sur son partenaire, passer des moments de qualité ensemble, prendre le temps de faire des activités à deux, de discuter ensemble sans distraction externe lors d’une balade ou d’un dîner en tête à tête... etc
Là, on va plutôt soulager notre partenaire (si toi aussi, t’as eu l’esprit tordu, tape dans tes mains !) en diminuant sa charge mentale, via des tâches ménagères effectuées à sa place, par exemple, ou des services rendus. Bref, tout ce qui peut l’aider dans son quotidien
Montrer à notre partenaire qu’on a pensé à lui/elle en lui offrant un petit cadeau régulièrement. Ca peut aller du Kinder Bueno acheté à la caisse du supermarché - parce qu’on sait que c’est son préféré - à un super bijou de valeur, en passant par le cadeau fabriqué à la main ou encore la fleur cueillie sur le chemin de retour. C’est pas forcément toujours des cadeaux de malade quoi. C’est plutôt l’intention derrière qui compte, le fait d’avoir voulu ramener quelque chose pour lui faire plaisir.
Et devinez quoi. H. et moi avons le même Top 3 des langages de l’amour. C’est déjà bon signe, non ? Y a très peu de chances que nos piscines d’amour restent désespérément vides, si on finit ensemble. Nan mais sérieusement, je ne sais pas pourquoi je suis aussi tiraillée entre mon coeur et ma raison, alors que pour le moment, tous les feux sont au vert. On est même astrologiquement plutôt compatible, merde ! (... Oui, j’ai vérifié. Qu’est-ce qu’il y a ?!) Il a l’air d’être le genre de mec à s’investir corps et âme dans son couple, et moi aussi. La seule question, c’est : Est-ce qu’il est vraiment prêt à se relancer là-dedans, alors qu’il n’a pas entièrement fait le deuil de sa dernière relation et que c’est encore assez récent ?
Hey mais en fait... ! Je passe mes journées à me torturer l’esprit à propos de notre connexion, alors qu’au final, je sais déjà ce que je veux. Et ce que je veux, c’est me plonger dans une potentielle belle histoire avec lui, et personne d’autre. La décision lui appartient finalement de tout arrêter pour vivre pleinement son célibat, ou de tenter une relation sérieuse avec moi. Et c’est exactement ça qui me fait flipper...
... ça passe ou ça casse.