-o-o-o-o-o-Pierre BUSSONE-o-o-o-o-o-
Je vous ai déjà parlé de Michel BUSSONE, un grand-oncle de mon mari, je vais maintenant vous entretenir de son grand frère Pierre BUSSONE, né le 18 juin 1910 à Valloriate. Il était présent à Bormes les Mimosas, lors du recensement de 1931. Il était venu travailler au domaine de Brégançon, probablement pour la saison, avec ses parents, son frère Michel et sa petite sœur Anna. Il avait alors vingt-et-un ans.
J’ignore si la famille a continué à venir faire les saisons en France jusqu’à la guerre ou même pendant la seconde guerre mondiale. En tous les cas, elle n’est pas présente à Bormes lors du recensement de 1936. Ce que je sais, c’est que le père, Giacomo BUSSONE est décédé le 2 mai 1943 à Demonte mais sa famille était-elle présente à ses côtés ? Il est dit résidant à Valloriate. Mais que faisait-il à Demonte ? S’il était mort à l’hôpital de Demonte, cela aurait été précisé. Il est mort via Lungo Kant à vingt et une heures quinze. Qu’y a-t-il à cet endroit ?
source: recensement 1946 Hyères (Archives Départementales du Var)
A cause de la guerre, le recensement suivant de la population française n’a eu lieu qu’en 1946. Et je retrouve la famille BUSSONE ou plutôt ce qu’il en reste puisque Giacomo et son fils Michel sont décédés, à Hyères. Anna BUSSONE née GIRODENGO habite avec son fils Pierre et sa fille Anna dans le quartier des Borrels. Ils ont gardé la nationalité italienne et ils sont dits cultivateurs. Avaient-ils un petit lopin de terre ou allaient-ils travailler chez les viticulteurs environnants ?
la vallée des Borrels, source: https://hyeres.fr/les-borrels/
En 1946, cent cinquante-deux personnes vivaient aux Borrels et elles étaient réparties en quarante-cinq foyers. Cinq chefs de famille étaient viticulteurs, il y avait cinq ouvriers agricoles, un journalier mais aussi vingt-neuf cultivateurs. Comme la profession était déclarative, il était sans doute plus valorisant d’être cultivateur qu’ouvrier agricole. Parmi ces chefs de famille, on trouvait aussi une institutrice, deux bûcherons, un berger et même un pêcheur.
source: recensement 1946 Hyères (Archives Départementales du Var)
Les voisins immédiats de la famille BUSSONE étaient, d’un côté, Esprit BRUNO et sa femme Béatrice BERNARDI. Ils vivaient avec leurs deux enfants : Jeanine, née en 1935 et Jean né en 1938. Esprit était cultivateur. Il a obtenu la nationalité française ainsi que sa famille, le 4 août 1939. Leur voisin de l’autre côté, était un berger, Louis FABRE, né en 1887.
source Retronews (Journal Officiel du 13 août 1939)
Je ne sais pas quand Pierre est tombé malade ni qui l’a envoyé dans un sanatorium du Gard. J’ai découvert tout cela dans son acte de décès, le 12 juin 1952 à Montpellier qui a été retranscrit dans la partie II des actes de décès de Valloriate. Il avait quarante-deux ans.
copie de l'acte de décès de Pierre Bussone adressée par la mairie de Montpellier
J’ai pris contact avec le cimetière Saint Lazare de Montpellier où Pierre a été inhumé. Il est décédé à l’hôpital Saint Charles qui se trouvait rue Auguste Broussonnet. Il y avait, dans cet ancien hôpital, un bâtiment des incurables qui est maintenant devenu la Maison des sciences de l’homme et de l’archéologie depuis 2011. Le bâtiment est classé. Pierre a été enterré dans un terrain commun du cimetière Saint Lazare, prêté par la ville pour une durée de cinq ans. Sa famille n’ayant pas demandé à rapatrier son corps, ses restes ont, par la suite, été déposés à l’ossuaire du cimetière.
source: https://www.mshsud.org/msh-sud/
Auparavant, Pierre avait séjourné au sanatorium « les Feux Follets » à Notre Dame de la Rouvière, dans le Gard. C’était un centre de cinquante-cinq lits qui avait ouvert en 1947. Cet établissement est maintenant fermé et je ne sais pas ce que sont devenus les dossiers administratifs des patients. Je n’ai donc pas pu savoir depuis quand Pierre avait rejoint ce centre.
les Feux Follets se situaient au centre du village de Notre Dame de la Rouvière, tout près de l'église.
Les anciens ont emporté dans leur tombe ces secrets de famille et notre génération les découvre aujourd’hui mais elle ne juge pas, elle en prend acte.
Mon mari se souvient que sa mère a souvent raconté l’histoire de son oncle qui avait été mobilisé dans l’armée italienne et qui s’est retrouvé sur le front de l’Est, en Russie, où tant de soldats italiens ont péri. Au moment du retournement d’alliance en Italie, durant l’hiver du début de l’année 1943, il a pris la fuite avec un groupe de soldats italiens et leurs chevaux. Sur le long chemin du retour pendant lequel ils se déplaçaient sans doute de nuit, terrassés par le froid et la faim, ses camarades ont choisi de tuer leur cheval pour se nourrir. L’oncle a toujours refusé de tuer son compagnon de route et il est le seul à être rentré en Italie.
Cet oncle est-il Pierre BUSSONE ou Michel BUSSONE dont j’ai déjà parlé ? Pierre avait trente ans en 1940, a-t-il pu être mobilisé à cet âge ? S’est-il engagé volontairement pour défendre son pays ? Cet épisode de survie extrême a-t-il ouvert la porte à la tuberculose qui est une maladie qui peut surgir parfois plusieurs années après la contamination et qui se développe lentement.
Mais son frère Michel est aussi décédé très jeune. Il avait vingt-cinq ans en 1940, au moment de l’entrée en guerre de l’Italie et trente à son décès le 17 juillet 1945. Par contre, je ne connais pas la cause de sa mort.
La question reste donc en suspend. Qui de Michel ou de Pierre a survécu au front russe pour ensuite mourir quelques années plus tard, dans la fleur de l’âge ? Il faudrait pouvoir avoir accès aux dossiers militaires italiens mais cela est une autre histoire.
Si vous reconnaissez des membres de votre famille, si vous souhaitez que leur photo soit publiée, si vous avez des informations à me communiquer, n’hésitez-pas à me contacter : dupiemontalaprovencemail.com
Vi ho già parlato di Michele BUSSONE, prozio di mio marito. Ora vi parlerò di suo fratello maggiore, Pietro BUSSONE, nato il 18 giugno 1910 a Valloriate. Era presente a Bormes-les-Mimosas durante il censimento del 1931. Era venuto a lavorare nella tenuta di Brégançon, probabilmente per la stagione, con i suoi genitori, suo fratello Michele e la sorellina Anna. All'epoca aveva ventun anni.
Non so se la famiglia abbia continuato a venire in Francia per la stagione fino alla guerra, o addirittura durante la Seconda Guerra Mondiale. In ogni caso, non erano presenti a Bormes durante il censimento del 1936. Quello che so è che suo padre, Giacomo Bussone, morì il 2 maggio 1943 a Demonte, ma la sua famiglia era presente al suo fianco? Si dice che viva a Valloriate. Ma cosa ci faceva a Demonte? Se fosse morto all'ospedale di Demonte, sarebbe stato chiarito. Morì in Via Lungo Kant alle 21:15. Cosa c'è?
fonte: censimento di Hyères del 1946 (Archivio dipartimentale del Var)
A causa della guerra, il successivo censimento della popolazione francese non fu effettuato prima del 1946. E trovo la famiglia BUSSONE, o meglio ciò che ne resta, visto che Giacomo e suo figlio Michele sono morti, a Hyères. Anna BUSSONE, nata GIRODENGO, vive con il figlio Pietro e la figlia Anna nel quartiere di Borrels. Hanno mantenuto la nazionalità italiana e si dice che siano contadini. Possedevano un piccolo appezzamento di terra o andavano a lavorare per i viticoltori circostanti?
la valle dei Borrels, fonte: https://hyeres.fr/les-borrels/
Nel 1946, a Borrels vivevano centocinquantadue persone, divise in quarantacinque nuclei familiari. Cinque capifamiglia erano viticoltori, cinque braccianti agricoli, un bracciante giornaliero e ventinove contadini. Poiché la professione era dichiarativa, era indubbiamente più gratificante essere un contadino che un bracciante agricolo. Tra questi capifamiglia c'erano anche un maestro di scuola, due boscaioli, un pastore e persino un pescatore.
fonte: censimento di Hyères del 1946 (Archivio dipartimentale del Var)
I vicini di casa immediati della famiglia Bussone erano, da una parte, Spirito BRUNO e sua moglie Beatrice BERNARDI. Vivevano con i loro due figli: Jeanine, nata nel 1935, e Jean, nato nel 1938. Spirito era un contadino. Lui e la sua famiglia ottennero la cittadinanza francese il 4 agosto 1939. Il loro vicino, dall'altra parte, era un pastore, Louis FABRE, nato nel 1887.
fonte Retronews (Gazzetta Ufficiale del 13 agosto 1939)
Non so quando Pietro si ammalò né chi lo mandò in un sanatorio nel Gard. Ho scoperto tutto questo nel suo certificato di morte, datato 12 giugno 1952, a Montpellier, che è stato trascritto nella Parte II dei certificati di morte di Valloriate. Aveva quarantadue anni.
copia dell'atto di morte di Pierre Bussone inviata dal comune di Montpellier
Ho contattato il cimitero di Saint Lazare a Montpellier, dove Pietro è stato sepolto. È morto all'Ospedale Saint Charles, situato in Rue Auguste Broussonnet. Questo ex ospedale ospitava un edificio per incurabili, che dal 2011 è diventato la Casa delle Scienze Umane e dell'Archeologia. L'edificio è classificato come monumento storico. Pietro è stato sepolto in un terreno comune dal cimitero di Saint Lazare, concesso in prestito dal Comune per cinque anni. Poiché la sua famiglia non ha chiesto il rimpatrio della salma, i suoi resti sono stati successivamente deposti nell'ossario del cimitero.
fonte: https://www.mshsud.org/msh-sud/
In precedenza, Pietro era stato ricoverato presso il sanatorio "Les Feux Follets" a Notre Dame de la Rouvière, nel dipartimento del Gard. Si trattava di un centro di cinquantacinque posti letto aperto nel 1947. Questa struttura è ora chiusa e non so che fine abbiano fatto i fascicoli amministrativi dei pazienti. Pertanto, non sono riuscito a scoprire quando Pierre fosse stato ricoverato in questo centro.
I Feux Follets si trovavano nel centro del villaggio di Notre Dame de la Rouvière, molto vicino alla chiesa.
I nostri anziani si sono portati questi segreti di famiglia nella tomba, e la nostra generazione li sta scoprendo oggi, ma non li giudica; li riconosce.
Mio marito ricorda che sua madre raccontava spesso la storia di suo zio, che era stato arruolato nell'esercito italiano ed era finito sul fronte orientale in Russia, dove persero la vita tantissimi soldati italiani. Quando le alleanze in Italia cambiarono di mano, all'inizio dell'inverno del 1943, fuggì con un gruppo di soldati italiani e i loro cavalli. Durante il lungo viaggio di ritorno, che probabilmente percorsero di notte, sopraffatti dal freddo e dalla fame, i suoi compagni scelsero di uccidere il loro cavallo per procurarsi cibo. Lo zio si rifiutò sempre di uccidere il suo compagno di viaggio, ed è l'unico ad essere tornato in Italia.
Si tratta di Pietro BUSSONE o di Michele BUSSONE, di cui ho parlato prima? Pietro aveva trent'anni nel 1940. È possibile che sia stato arruolato a quell'età? Si è offerto volontario per difendere il suo paese? Questo episodio di estrema sopravvivenza ha aperto le porte alla tubercolosi, una malattia che a volte può manifestarsi diversi anni dopo l'infezione e si sviluppa lentamente?
Ma anche suo fratello Michele morì molto giovane. Aveva venticinque anni nel 1940, quando l'Italia entrò in guerra, e trenta quando morì il 17 luglio 1945. Tuttavia, non conosco la causa della sua morte.
La domanda rimane quindi senza risposta. Chi, Michele o Pietro, sopravvisse al fronte russo e morì pochi anni dopo, nel fiore degli anni? Avremmo bisogno di accedere ai registri militari italiani, ma questa è un'altra storia.
Se riconoscete membri della vostra famiglia, se desiderate che la loro foto venga pubblicata o se avete informazioni da condividere con me, non esitate a contattarmi: dupiemontalaprovencemail.com






