(Don’t Trust The Hype Records, Guerilla Asso, No Routine, Adagio 380..., 2016)
Deux années depuis Bon voyage, j'ai du mal à réaliser que 24 longs mois se sont écoulés depuis la sortie de ce qui est qualifié pour moi “meilleur album de l'année 2014″. Des étés beaucoup trop rapides et des hivers interminables avec 10 morceaux qui tournent en boucle sur ma platine...
Et puis « Slow » est arrivé comme par magie, sans trop d'informations. Le sourire idiot qui s'était affiché sur mon visage n'était sûrement pas assez fort pour exprimer ce qu'il se passait dans ma tête au moment où j'ai lancé la lecture...
En commençant avec “Deadfilm” on se dit d’abord que tout y est.
La recette magique qui nous plaît tant chez SPORT est toujours préparée avec les mêmes ingrédients.
Le côté EMO, toujours très prononcé avec la formation, se dévoile à son maximum dès ce morceau d’ouverture.
Retrouver toutes ces émotions, cette qualité d’écriture mise en valeur par cette ambiance si particulière en seulement quelques clics inattendus était quelque chose d’assez exeptionnel, je l’avoue.
Je ne peux m’empêcher de repenser à “Charlotte Cooper”, morceau du LP précédent à l’écoute de “Nod” , qui est aussi ma petite préférence parmis tous ces titres. Je vous propose donc de lire les paroles de cette dernière en l’écoutant très attentivement, ceci est un excercice pour apprendre à contrôler ses émotions. Le but est de retenir ses larmes.
“ We got that some words need to stay unspoken, untold
And I nod, I nod all the time
Have we become grown ups ?
Or two kids in grown up bodies ?”
Pour parler des influences, un petit côté Tiny moving parts s’est glissé dans “Slow” qui comporte quelques compositions où la guitare est encore plus mise en avant, comme par exemple dans “Full House” et “Muscles”.
Difficile de ne pas écrire quelques mots sur “Leaves” qui aborde la solitude de la plus jolie des façons et qui me souffle à l’oreille que je ne me sentirais plus jamais seul. Celle-ci me fait clairement penser à certaines chansons de Title Fight, les plus calmes et planantes, interprétées par Jamie Rhoden.
D’ailleurs certains seront bien contents de ne pas avoir a subir un changement total de direction avec cet album, comme l’ont pu faire les Américains avec “HyperView”.
Petite nouveauté avec “Trompe l’ennui”, entièrement en Français, qui m’a agréablement surpris. Rien ne change avec notre langue, en globalité, tout reste aussi beau dans ce titre qui est l’un des plus énergiques de l’album.
“Trompe la mort, mais la faux vient te gratter les pieds
Crèvent les gens de ne pas laisser la vie se rider
Des idées noires pour le deuil des vingt ans
Où est le mal à vouloir prendre le temps ?“
L’instrumental post rock en guise de dernière piste arrive à me faire plonger dans différents souvenirs, et j’arrive même à m’imaginer au milieu de cette fête foraine représentée dans l’artwork par Julien Paget.
L’enfance, les glaces avec les billes qui éclatent dans la bouche, l’insouciance...
Sport nous offrent donc un troisième album solide, sincère, personnel et émotif, comme à son habitude, qui ne ressemble pas exactement à “Bon voyage” mais qui ne s’en éloigne pas totalement. Plus de place pour les guitares, un peu moins pour les gang vocaux, un rythme global et une énergie beaucoup plus aérés. L’album est dans l’ensemble très bon, à la hauteur de mes attentes, même si je n’ai pas accroché aussi vite qu’avec le précédent.
L’ennui, la solitude, et le temps qui passe n’ont jamais été aussi bien interprété.
Le plus dur maintenant, va être d’attendre la sortie physique.
Lien pour écouter et télécharger l’album:
https://sport.bandcamp.com/album/slow
1. Deadfilm
2. Rébuffat
3. Nod
4. Full House
5. Leaves
6. Muscles
7. Trompe l'ennui
8. Word95
9. ..