L’éthique des réseaux
En opération depuis 2003, le mouvement hacktiviste Anonymous incarne plutôt bien la nouvelle éthique du libre accès sur Internet. Le jeune collectif, qui réunit des individus de partout dans le monde, a pour mission d’ouvrir l’accès aux différentes ressources, et ce, pour défendre la liberté d’expression. Le mouvement englobe et représente une idéologie récente, garante de la jeune génération et de son désir d’émancipation.
Principalement parce que la toile fonde une augmentation exponentielle des réseaux d’échange, les données s’y transigent plus rapidement que jamais. Le copyright, c’est-à-dire le droit d’un auteur d’exploiter son œuvre pendant plusieurs années, est aujourd’hui intangible. De nos jours, pour porter atteinte aux droits de propriété, les possibilités sont infinies. Dans certains cas, les délits des usagers sont même inconscients, tellement les mentalités sociales sont dorénavant axées sur l’accès efficace aux contenus.
Plusieurs auteurs perçoivent également la culture de la gratuité comme une critique de l’économie marchande et une revendication des rapports de domination. Barlow (1996) et Barbrook (2001) considéraient déjà, à l’aube du troisième millénaire, que les nouveaux espaces virtuels fonderaient de nouveaux types d’échanges et une nouvelle société. Fortement critiqués sur le radicalisme de leur propos à l’époque, ces deux théoriciens avaient pourtant vu juste sur plusieurs points.
Dès 1984, l’émergence du copyleft a témoigné d’une réelle volonté sociale à rendre la production collaborative. Popularisé par Richard Stallman, fervent militant du logiciel libre, ce terme économique s’oppose par définition au copyright et laisse libre accès pour modifier, utiliser ou diffuser l’œuvre en question. Selon Serge Proulx, de l’UQAM, les responsables politiques du monde entier devront continuer de stimuler l’usage de ces licences ouvertes, que l’on surnomme Creative commons. Le professeur à l’école de médias de l’université croit qu’ainsi, nous pourrons abattre les usages commerciaux malhonnêtes, qui émanent de la reproduction des contenus culturels.
Simultanément, on ne doit pas oublier que les réseaux sont neutres et que les données y circulant doivent être traitées de manière égalitaire, sans discrimination. D’ailleurs, l’une des guerres politiques les plus importantes de l’ère moderne se produit actuellement. C’est celle de la neutralité des réseaux, qui constituera assurément un fait marquant des prochaines années, voire des prochaines décennies.










