En créant Disneyland, Walt Disney cherche à concrétiser un rêve : utiliser l’imaginaire pour remodeler la réalité. Il dit en 1953 vouloir un parc comme ‘un monde (…) vu à travers les yeux de mon imagination’. Simuler quelque chose qui n’a jamais exister en somme. Les architectes, ingénieurs, designers travaillant pour le roi de l’entertainment doivent donc se plier au cahier des charges suivant : utiliser comme modèle de base l’esthétique du réel. Le modèle imaginaire dont parle Walt Disney aura même un technolecte adapté : l’imagineering visual story telling. Le nouvel environnement devient un concentré de signes, qui laissera un souvenir, une trace plus marquante dans la mémoire que celle de la nature ordinaire. La réalité est ensevelie, remplacée par un environnement thématisé hyperréel, better than real. Les parcs deviennent un concentré d’archétypes, un arrêt sur une image à la façon d’une « carte postale » storytellée, hyperréelle et formatée pour émerveiller au maximum. Une forme d’authenticité en toc y est revendiquée avec l’illusion d’une nature exagérée par la multiplication, la juxtaposition, le changement d’échelle..., c’est l’effet enhanced reality. La nature s’efface derrière une apparence en trompe l’œil, une façade en carton pâte. L’enfant visiteur d’un parc Disney vit dans une hallucination esthétique de la réalité. L’original est « copié » en une version plus “parfaite”. L’architecture et le design sont les principaux moyens d’intensifier ce réel. Le résultat offre agrément et cohérence aux visiteurs qui pensent « voilà comment c’était autrefois ! Ou voilà à quoi ressemble une forêt ! » Walt Disney a ainsi atteint son objectif : rendre « meilleur » ce VRAI monde.