Jacques THOLLOT
"Watch Devil go"
(LP. Souffle Continu rcds. 2021 / rec. 1974-75) [FR]

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Jacques THOLLOT
"Watch Devil go"
(LP. Souffle Continu rcds. 2021 / rec. 1974-75) [FR]
POST-POST-SCRIPTUM 1175
PERCEPTION, Live At The Stadium
Sept ans d'activité effervescente : peu d'ensembles de free jazz peuvent s'enorgueillir d'une telle longévité, surtout avec un personnel aussi stable que celui de Perception. Certes la formation invita quelques musiciens, dont Kent Carter et Jean-Charles Capon, le temps du deuxième opus… Certes la "difficulté d'être" de Siegfried Kessler généra un remplacement temporaire par Manuel Villaroel… Mais pour l'essentiel, c'est le noyau dur à quatre du premier album qui arpenta l'Europe, au gré des concerts, de la Belgique à l'Allemagne et passant par la Norvège, où Perception représenta la France au festival de Molde.
Peu de changements de personnel donc, si ce n'est à la fin, en 1975, une fois le troisième disque finalisé, après le départ du batteur Jean-My Truong qu'il fallut bien remplacer. D'abord par Mino Cinelu, alors dans Opération Rhino et Moravagine, puis par Jacques Thollot, déjà auteur des cultes Jeter la girafe à la mer et Watch Devil Go. Des changements qui n'entamèrent pas l'esprit de Perception, tant l'un comme l'autre surent s'intégrer à un ensemble à l'identité pourtant très forte.
Du passage de Jacques Thollot, aucun disque jusqu'à Live At The Stadium témoignait. Aussi cet enregistrement en public datant de 1977 constitue-t-il une archive précieuse, reflet de recherches toujours aussi singulières et contrastées bien qu'entreprises depuis 1970, dans le sillon du séminal Our Meanings And Our Feelings de Michel Portal. Archive accréditant ce qu'on savait déjà, à savoir que rares furent alors, en Europe, les quartettes à culminer à un tel niveau, en dehors de celui que formaient quasi au même moment, de manière occasionnelle toutefois, Gerd Dudek, Joachim Kühn, Peter Warren et Daniel Humair.
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Seven years of effervescent activity: few free jazz groups can be proud of such longevity, especially with a line-up as stable as that of Perception. Yes, there would be several guest musicians, including Kent Carter and Jean-Charles Capon, on the second album… Yes the "existential problems" of Siegfried Kessler would necessitate him being temporarily replaced by Manuel Villaroel… But for the most part, it was the core quartet of the first album which would tour Europe, through concerts from Belgium to Germany and including Norway where Perception represented France at the Molde festival.
So, few personnel changes then, until towards the end, in 1975, after completing the third album, when drummer Jean-My Truong left and had to be replaced. First by Mino Cinelu, at the time in Opération Rhino and Moravagine, then by Jacques Thollot, already behind the cult albums Jeter la girafe à la mer and Watch Devil Go. These changes did not alter the spirit of Perception, as both were able to integrate a group which nevertheless had such a strong identity.
There was no recorded trace of Jacques Thollot’s time in the group, until Live At The Stadium came to the rescue. So, this live recording from 1977 is a precious archive, displaying unique and contrasting directions which had first begun to be explored in 1970, following the seminal Our Meanings And Our Feelings by Michel Portal. An archive then, which proves what we already knew, that there were few quartets in Europe at the time capable of reaching such a level, other than that formed on an occasional basis, around the same period, by Gerd Dudek, Joachim Kühn, Peter Warren and Daniel Humair.
Jacques Thollot, Quand le son devient aigu, jeter la girafe à la mer
(via https://www.youtube.com/watch?v=tQtniTunxXQ)
Barney WILEN
"Zodiac"
(LP. Be! Jazz. 2014 / rec. 1966) [FR]
POST-POST-SCRIPTUM 1083
JACQUES THOLLOT, Quand le son devient aigu, jeter la girafe à la mer, Souffle Continu Records
Alors qu'il n'est encore qu'un jeune adolescent au jeu de batterie perfectionné aux côtés du bienveillant Kenny Clarke, le Club Saint-Germain aime présenter Jacques Thollot comme un prodige capable de croiser le fer avec les grands noms du jazz de passage à Paris. Sur place, Eric Dolphy le repère immédiatement, et de René Thomas à Walt Dickerson, l'on s'arrache ses services. Mais au fil des années 1960, c'est avec Jef Gilson d'abord, puis François Tusques, Barney Wilen, Joakim Kühn et Steve Lacy, que les rencontres déterminantes ont lieu. Sans oublier son intégration dès 1968 à l'un des orchestres de Don Cherry, qu'il suit en tournée pour en revenir métamorphosé.
Cependant, présenter Jacques Thollot comme un instrumentiste virtuose tout-terrain et très demandé, ne dit rien de ses exigences artistiques de compositeur, ni de sa liberté sans frontières stylistiques. Pour preuve, alors que des collaborations à des albums cultes figurent déjà à son palmarès (Our Meanings And Our Feelings de Michel Portal, Monkey-Pockie-Boo de Sonny Sharrock), son premier disque réalisé en 1971 sous son seul nom, et sous la houlette du producteur Gérard Terronès qui lui laisse carte blanche, se révèle être, de manière inattendue, une oeuvre inclassable et foudroyante.
Intitulée Quand le son devient aigu, jeter la girafe à la mer, celle-ci se présente comme un collage sonore peu commun, confectionné à partir de re-recordings discrets ne sollicitant qu'une poignée d'instruments dont une batterie et un piano. Miracle, en visant à l'économie des moyens, ce mode de production réussit à magnifier des compositions étrangement tarabiscotées et au diapason d'un titre énigmatique mais bien choisi : emprunté au poète Henri Michaux, il traduit sous forme de mots les mystères d'un univers mélancolique et fragile, à rapprocher d'un autre grand disque de batteur iconoclaste : The End Of An Ear de Robert Wyatt. À cette différence près que, chez le Français, brille quelque chose d'éminemment personnel, vraisemblablement hérité d'écoutes assidues des classiques Debussy, Ravel et Barraqué (qu'il a côtoyé), veine que prolongent par la suite les non moins géniaux Watch Devil Go et Cinq Hops. Certes, Jacques Thollot a peu enregistré sous son seul nom (cinq disques de son vivant), mais quelles merveilles !
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While he was still just a young adolescent who had perfected his drum technique under the benevolent wing of Kenny Clarke, the Club Saint-Germain liked to present Jacques Thollot as a prodigy capable of holding his own with the famous jazz musicians who came through Paris. It was there that Eric Dolphy immediately noticed him, and from René Thomas to Walt Dickerson, everyone wanted to work with him. However, it was during the 1960s, first with Jef Gilson then François Tusques, Barney Wilen, Joachim Kühn and Steve Lacy, that the decisive encounters occurred. Without forgetting that he joined, in 1968, one of Don Cherry’s groups, went on tour with them and came back transformed.
That being said, to present Jacques Thollot as an in-demand virtuoso who could adapt to any circumstances would be to ignore both his demanding compositions and his complete freedom from stylistic boundaries. To prove the point, and although he had already featured on some cult albums (Our Meanings And Our Feelings by Michel Portal, Monkey-Pockie-Boo by Sonny Sharrock), the first album under his own name, recorded in 1971 for producer Gérard Terronès, who gave him free rein, would turn out to be an unexpected, unclassifiable and astounding work.
Entitled Quand le son devient aigu, jeter la girafe à la mer, (when the sound gets high-pitched, throw the giraffe into the sea) it is an extraordinary sonic collage, created from discrete re-recordings and using just a handful of instruments including drums and piano. The result is a miracle, though the economy of means the production technique succeeds in putting the spotlight on the oddly elaborate compositions under an enigmatic but well-chosen title, borrowed from poet Henri Michaux. It puts into words the mysteries of a fragile melancholic universe which can be compared to another album by an iconoclastic drummer: The End Of An Ear by Robert Wyatt. The difference being the highly personal elements which shine through the French musician’s album, clearly drawn from listening intently to classics from Debussy, Ravel and Barraqué (whom he knew), a seam which he would continue to mine on his equally excellent following albums Watch Devil Go and Cinq Hops. Yes, it is true that Jacques Thollot recorded rarely under his own name (five albums during his lifetime), but what marvellous albums they are!
Jacques THOLLOT
"Quand le Son devient aigu, jeter la Girafe à la Mer"
(LP. Souffle Continu rcds. 2019 / rec. 1971) [FR]
POST-POST-SCRIPTUM 1060
19 - QUE POURRAIT BIEN RACONTER CE PROJET ?
Et s’il s’agissait d’un livre abordant les rapports entre jazz et rock (et vice-versa) d’une manière enfin inédite ?
Barney WILEN
"Zodiac"
(LP. Be! Jazz. 2014 / rec. 1966) [FR]