Les murs
Les murs dans le fond Dans la pierre des croyances Sont peurs en prison.
Un jour, la faille dispense Soudain l'élan d'espérance.
/ Fabienne PASSAMENT. 2025
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Les murs
Les murs dans le fond Dans la pierre des croyances Sont peurs en prison.
Un jour, la faille dispense Soudain l'élan d'espérance.
/ Fabienne PASSAMENT. 2025
18. Les extraterrestres
Elle : Ne vous inquiétez pas, les extraterrestres nous sauveront d'une troisième guerre mondiale, ils empêcheront les bombes nucléaires.
Les mots de ma belle-mère me donnent des frissons - d'effroi, de pitié, d'exaspération. Je ravale ma langue. J'ai quelques principes. Le respect lui est dû et pourtant, j'ai le rire aux lèvres. L'absurdité comique me contraint à me détacher. Navire en exil. Elle a perdu sa boussole.
Que dire, que répondre ? Ça va trop loin. Le silence est d'or, c'est devenu ma priorité, mon mantra pour me protéger. Elle n'a plus que Jésus à la bouche. Et moi je vomis sa christianisation excessive. Elle parle de son Créateur et moi de son gourou.
Si seulement les extraterrestres pouvaient lui venir en aide...ne cherchez pas de sens, il n'y en a guère.
Chambre 28
Lorsqu’elle parle, je sens la colère qui monte.
Oh, elle est adorable, pourtant. C’est sans doute pour ça. C’est une gentille petite mamie – arrière grand-mère, même – qui ne ferait pas de mal à une mouche. Qui a donné de sa personne toute sa vie. 84 ans, ça en fait des décennies à trimer pour que tout le monde ne manque de rien, ni mari, ni enfant, ni toute la panoplie familiale plus ou moins éloignée, ni les amis, collègues ou voisins. De quoi t’as besoin ? Dis-le-moi et je m’en occupe !
On n’en fait plus des comme elle.
Je ne veux pas dire que sa gentillesse s’est retournée contre elle. Des gens qui ont donné, donné, donné, et qui au crépuscule de leur vie sont entourés et célébrés, il y en a aussi plein. La bonté n’entraine pas de punition.
Mais elle n’entraine pas non plus de récompense. Pas à tous les coups.
Elle me raconte, un peu gênée, honteuse par procuration, tout ce qu’on ne fait pas pour elle. Parce qu’elle est clouée sur un lit d’hôpital et a du mal à marcher. Tous les reproches pour avoir abandonné son mari. Pour être si égoïste qu’elle ne peut pas faire son ménage elle-même.
Tout ce qu’on refuse de lui dire. Parce qu’elle est cardiaque. Elle ne doit pas savoir ce qui se passe dans la famille. Elle ne peut pas voir les photos de ses arrières petites-filles.
Et l’absent. Tout ce temps sans nouvelles de lui. L’incompréhension. Des années sans un coup de fil. Pourquoi ? Qu’a-t-elle fait de mal ? Et s’il lui était arrivé quelque chose de grave ?
Mieux vaut prendre la faute sur elle que de penser au pire.
Le pire, c’est bien sûr que le pire arrive aux autres. Pour elle, le pire c’est de ne plus rien pouvoir faire.
Elle pense à mourir. Souvent. Un moyen de quitter la scène en étant enfin exemptée de tous ces reproches.
Mais elle ne le fera pas elle-même, bien sûr. Elle ne peut pas. Pour eux.
Elle y pense, c’est tout.
Et les larmes viennent, débordent et coulent en cascade.
Et elle s’excuse.
Elle me demande pardon de pleurer, de ne pas pouvoir se contenir. Je lui dis de ne pas s’excuser, qu’il vaut mieux que ça sorte.
Je lui dis que ses sentiments sont légitimes.
Je lui dis que ce n’est pas de sa faute.
Je ne lui dis pas que j’ai très envie de rencontrer certains membres de sa famille en face à face et de leur refaire le portrait à coup de pelle.
Il y a des émotions qui peuvent déborder, et d’autres non.
Même si parfois je me demande ce qui est le pire.
devant l'impossible retour de la confiance, l'impossible recueillement, faut-il questionner ses regrets face au reflet du jour ou bien les égarer plus loin sur le chemin ?
© Pierre Cressant
(jeudi 18 juillet 2019)
Le chant des sirènes
Poète, laisse notre voix en paix Elle ne ravive que des malheurs ; Arrivés à nos plus chères sœurs À celles que l’on aimait Poète, nous sommes, créatures maudites, Retranchées de la société des hommes Pour toujours et à jamais proscrites Condamnées à déverser l’opium
Qui noie tant de cœurs vaillants Qui aveugle les plus clairvoyants Qui pétrifie dans la plus grande terreur Les hommes, dont le bras meurtrier Par vengeance pour nos mots fait couleur Le sang pourpre de mes sœurs. Poète, laisse en paix notre voix, Elle ne soulève à chaque fois Que l’odeur du sang Et le goût de la mort.
Merci au poème Sirènes de @regiussaturnus pour l’inspiration ! ^^
La sirène d'alarme a rententie,
C'est urgent,
C'est dangereux pour ta vie,
S'il te plait comprend !
Arrête de t'attacher à n'importe qui,
C'est du suicide,
Il ne faut pas aimer ainsi,
Ton regard devient livide.
La sirène rententie toujours,
Méfie toi de cet amour,
Il n'sait que te jouer des tours,
Ça ne vaux plus le détour.
Arrête de t'accrocher à lui,
Même s'il ta séduit,
Il n'apporte que conflits,
Fait attention à ta vie.
La sirène d'alarme a rententie,
Je m'enivre de mélancolie,
Parce que j'ai compris:
Tu ne fera plus parti de ma vie.
Sieste
Longues journées d’été commencées dès matin Dans la douceur bleutée de la nuit encore proche Et qui vont s’étirant dans le rythme des cloches Pour marquer le temps long que le soleil atteint L’air est chaud à midi – un brin néolatin - Les cigales diront que le soir est débauche Et que le répit tient d’un sonnant baratin Lors la lumière est blanche et l’appétit coupé Comme un pied de lavande, une voix ou un geste On étanche la soif et la sueur manifestes Les besoins de torpeur et les désirs loupés On s’éveille en deux fois dont une après la sieste
-Fabienne PASSAMENT. 2023
18. Oui mon capitaine
Fan du Cercle des Poètes disparus. S'il y a bien un seul film à voir avant de mourir, c'est bien celui-là. Des frissons courent encore sur mon échine à l'évocation de quelques répliques cultes et les scènes se jouent toujours devant moi. Les élèves debout sur les tables. Ô capitaine mon capitaine ! C'est le doux écho d'un professeur, voire de plusieurs pédagogues de génie, leur passion pour les belles lettres humaines résonnent dans ma tête, bulles de BD imaginaires qui réapparaissent de façon opportune. Je ne serais pas là sans eux. L'admiration béate en assistant à leurs enseignements. Mes modèles. Ils ont sculpté mes connaissances. Je ne serais certainement pas la personne que je suis devenue aujourd'hui, je leur rends cet hommage spirituel. Ma plume se contient, une certaine réserve à leur égard. L'amour y est. Un déversement incalculable. Fantin, Wolff, Baur, Jeanpert, Ciccarello, Doumazane, Adam, Michel, Chevalier, Spica...Des noms que je réentends pour le plaisir nostalgique des bancs scolaires. Boire leurs paroles comme des infusions corsées, dont le goût plein de saveur restera de manière immarcescible dans mes souvenirs d'écolière, d'étudiante. J'espère reproduire un jour l'effet qu'ils m'ont procuré.