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A la Borde, clinique psychiatrique, fondée par Jean Oury, mettant en œuvre les principes de la psychothérapie institutionnelle, les thérapies sont mises en place autour des gestes du quotidien et du vivre ensemble, dans la dynamique créée par la relation entre soignants et soignées. L’indistinction entre les malades et le personnel est alors une des caractéristiques de ce mouvement thérapeutique. Dans ce portrait de Marie Dépussé, écrivain et psychanalyste, qui vit au fond du parc de cette clinique où elle a longtemps travaillé, cette indistinction est le motif de mise en scène. La parole qui circule entre Marie et ses anciens patients nous perd régulièrement, parfois précise et informative, parfois poétique et transcendante : est-elle toujours leur thérapeute ? Est-elle leur amie ? Sont-ils toujours en institution ? Avons- nous vraiment besoin de le savoir ? Marie est sur le fil: femme sans âge, aux désirs insaisissables, à l’univers indéfinissable. Et dans l’objectif de Stefan Mihalachi, l’image en clairobscur la rend magnétique et le cadre flottant, fantomatique. Elle est sur le quai, pas encore tout à fait prête au départ, mais déjà nous échappe. Madeline Robert
(Source: Visions du Réel)
François Pain et les débuts de la vidéo en France
(Source: Labex Arts-H2H)
At La Borde the patients had free rein of the chateau as well as the grounds, they were able to walk anywhere, exploring as they wished. This aspect is of extreme importance–psychiatric wards and hospitals are by definition institutional, sharing more in common with prisons than La Borde which is essentially a mansion. In addition, the patients shared responsibilities with the staff and participated in communal meetings. In fact, Felix Guattari, who was invited by Oury to serve as co-director, created what was called “the grid,” a system he devised that allowed him to switch everyone’s responsibility’s at random. The structure of La Borde was non-hierarchical: the doctors and nurses did not wear uniforms, nor did the staff or the patients. The patients participated in the running of La Borde, the staff drew blood and performed other duties usually relegated to the doctors and nurses and the doctors and nurses washed dishes, and so on. The objective of the clinic was not to “cure” the patient but to encourage the individual to participate in her own self-creation as if she were an artist.
Il y a presque dix ans, j’ai assisté à une conférence à la clinique psychiatrique de La Borde. C’était dans une petite salle, tout le monde était assis en rond, soignants, patients ou d’autres, comme mon compagnon et moi, qui passions par là. L’ensemble des interventions avait pour thème l’accueil, plus spécifiquement dans le cadre de la psychothérapie institutionnelle. Les propos de Jean Oury, le directeur, m’ont plus particulièrement marqué, peut-être par leur simplicité. C’est depuis ce jour que le mot ‘accueil’, que jusque-là j’associais à ‘hôtesse d’accueil’ ou ‘bureau d’accueil’, a acquis un sens ; mais c’est lorsque je suis arrivée dans le village où je vis depuis presque quatre ans, et où je ne connaissais personne, que la notion d’accueil s’est transformée en expérience.
Tout a débuté à l’épicerie bio, où Mélane, après un échange chaleureux, nous a indiqué une maison à louer, et qui sans le savoir a été la première personne à nous accueillir. Catherine nous a loué sa maison, comme ça, sans questions superflues, sans nous demander de papiers. Trois mois plus tard, à notre arrivée du Portugal avec un camion de déménagement et deux chats, Célia, qui vivait dans la maison d’en face, nous a invité chez elle le tout premier soir, alors que nous étions en état de choc, totalement désorientés et épuisés. Puis il y a eu tous les autres, voisins, personnes rencontrées dans la rue, dont certains sont devenues des amis. C’est maintenant naturellement que je vais vers les nouveaux venus lorsque je les repère dans les rues du village, que ce soit des personnes qui m’attirent ou pas, l’accueil s’adresse à tous. C’est un rite qui n’est le fait d’aucune structure officielle et n’est pas accompagné par la politique locale ; la mairie n’est pas accueillante, rien n’est mis en place pour aider les nombreux arrivants venus des grandes villes de France ou d’ailleurs.
Elein Fleiss, 25 août 2015
[Pour les autres chroniques d’Elein Fleiss, cliquez ici.]
Emmanuelle Guattari's Memoir (Book Acquired, 9.15.2014)
Emmanuelle Guattari’s Memoir (Book Acquired, 9.15.2014)
I read about half of this yesterday. I, Little Asylum by Emmanuelle Guattari. Publisher Semiotext(e)/MIT’s blurb:
A moment later, Lacan is chattering with me, and giving me some crayons to draw with. —from I, Little Asylum
Founded in 1951 and renowned in the world of psychiatry, the experimental psychiatric clinic of La Borde sought to break with the traditional internment of the mentally ill…
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