Mardi 19 juillet 2016, 19h40, rue Meuris, Nantes.
Après mon non harceleur du 18 juillet, il fallait forcément que quelqu’un me rappelle que quand même, je vais encore en baver un certain temps.
Bah, oui, faudrait pas croire qu’un jour je me sentirai vraiment libre et en sécurité dans la rue, ou pire : faudrait pas qu’un jour je me sente comme une personne à part entière avant de me sentir femme. Faut pas pousser quoi.
Donc aujourd’hui encore il fait très très chaud, tellement que j’ai lâché mon vélo, et sorti ma robe blanche pour avoir moins chaud.
Un homme, me dépassant alors que j’essaie d’attraper un Ramoloss, n’a pas pu s’empêcher de me donner son avis éclairé et indispensable.
« Très belle cette robe ».
Comme si j’en avais quelque chose à faire de sa validation. Mais j’étais dans un bon mood. Je l’ai regardé me dépasser, il me regardait aussi, et je lui ai répondu très nonchalamment :
« Bah ouais mais je m’en fous ».
Il a continué en marmonnant des trucs que je n’ai pas compris. Je crois que mon cerveau fait exprès de ne pas entendre ce qu’ils me disent quand je leur réponds. Il doit savoir que je risque de me mettre dans tous mes états.
Plus loin, comme j’ai la dalle je regarde les cartes des cafés pour voir si ils font pas des sandwiches végé. Le même mec s’est arrêté, debout à l’entrée d’un des cafés, il me regarde passer et me dit encore quelque chose que je n’entends pas. Comme si ça avait pas suffi la première fois.
Du coup, tout en continuant mon chemin, je lui ai lancé et répété à chacune de ses tentatives de communication (y’en a eu 2).
« Non mais toujours pas ».
Et je me suis éloignée en me disant que cette fois, je ne me suis pas laissée faire, j’ai réussi à m’exprimer en restant calme et en restant de bonne humeur. J’ai gagné.