28 octobre 2016
Ce soir la soirée commençait bien. On était 6 filles posées en terrasse, tranquilles.
Puis on a été plus que 3.
Le bar a fermé la terrasse, on a pris des sandwiches à côté en réfléchissant à quel bar ferme plus tard que 2h. Un mec est venu nous faire le classique "vous connaissez clément ? Il est là, il fait du hand, il est impressionnant, blablabla". Classique. L. a été formidable, a exagéré toutes ses réactions, faisant bien comprendre que ben, on s'en foutait.
Puis on a été manger nos sandwiches devant le Callaway (on pouvait pas manger dedans sauf si c'est froid, wtf), ou le vigile a voulu nous faire bouger d'un côté de la façade à l'autre parce que "ici c'est pour les gens qui fument, venez manger là". On était dans la rue, hein. L'espace public. Mais la notion de public doit pas être là même pour tout le monde.
Du coup on a pas été au Callaway parce que la barbe d'être prises pour des jambons. On a été au Dynamo. Bien sûr, un vendredi soir après 2h, c'était blindé de monde, ce qui est très propice aux "involontaires" attouchements (involontaires mais toujours venant d'hommes pour ma part, étrange phénomène). Allez c'est pas grave on laisse couler.
Dans le bar, en 30 minutes de discussion, 5 interruptions (que des mecs). C'est pas pratique de tenir une conversation quand on est interrompu.e toutes les 6 minutes. Au bout d'un moment c'est fatigant. Énervant. Surtout quand tu compares avec les fois ou tu sors avec ton ou un ou des mecs: aucune interruption de la soirée, jamais, ni dans la rue, ni dans le bar, rien.
Puis on est sorties du bar, on est rentrées chez nous. Au bout de 300m, un trio de mecs nous aborde. En arrivant à Bouffay, en 3 minutes 2 groupes de mecs nous ont "abordées" (comprendre ont essayé de toucher l'une d'entre nous et ont envahi physiquement notre "bulle" de confort).
Arrivées en bas de chez L., on s'est dit au revoir en se faisant des câlins. Sauf que K., comme elle dit, elle a une tronche de lesbienne (et pour cause). L. et K. se sont fait un premier câlin. 2 mecs qui nous avaient déjà abordées juste avant sont revenus à la charge, ils en pouvaient plus, il fallait qu'ils s'incrustent, qu'ils "draguent" (mais sans consentement), qu'ils s'imposent. L. et K. ont été formidables chacune à leur manière, finalement K. leur a fait peur en montrant qu'elle leur casserait la gueule si nécessaire. Ils ont fini par partir non sans beaucoup d'insistance.
A ce point de la soirée on commençait a être bien énervées de ne pas pouvoir juste profiter d'être ensemble.
Les filles ont repris leur câlin. Bim "eh, les filles, vous avez quoi de prévu ce soir ?". Cette fois c'est moi qui ai réagi au quart de tour en leur disant qu'ils devaient être les 10emes de la soirée, pendant que K. rentrait dans leur sphère. La copine du gars a essayé de le défendre, son pote aussi, mais la on était vraiment en mode on va vous cramer. Ils sont partis en gueulant "Qu'est ce qu'elle a celle là ça va pas".
On est restées un peu devant la porte de L., on avait besoin de décompresser. L. a crié, moi j'ai rigolé, c'était nerveux. Puis L. a crié "Oh regardez des hommes normaux !" en montrant 2 mecs qui ne nous avaient pas abordées. Moi j'ai rigolé. C'était nerveux.
L. et K. se sont refait un câlin pour partir pour de vrai. Un homme est arrivé par derrière K., en mode ninja, tout près, sans bruit, pour la toucher. Heureusement, L. l'a vu et l'a arrêté direct en disant "non mais tu t'arrêtes, tu t'en vas". Il "voulait juste apporter son grain de sel". Mais a quel moment on a émis le moindre signe demandant son grain de sel, je ne sais pas. "et ben on en a pas besoin, merci, au revoir". K. s'était retournée et commençait à rentrer dans son espace (c'est sa spécialité à K.). Il est parti.
Ce soir la soirée commençait bien. Mais on s'est quittées désespérées, fatiguées (et pas à cause de l'heure), stressées, flippées, énervées. Et tristes.
Et K. est toujours en train de rentrer, en croisant des mecs qui l'insultent à cause de sa crête ou de sa "gueule de lesbienne".
Et ça, c'est une soirée normale quand on sort entre filles dans les espaces publics.











