KIROKAZE
Game of Thrones Daily
Misplaced Lens Cap
Show & Tell
Alisa U Zemlji Chuda
he wasn't even looking at me and he found me

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★
styofa doing anything

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PUT YOUR BEARD IN MY MOUTH

Origami Around
let's talk about Bridgerton tea, my ask is open
Sade Olutola
DEAR READER
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@reprenons-la-rue
19 février 2017
Rue de Rieux, Nantes, 21h
Je croise deux hommes très agités dont l'un, à ma vue, s'arrête plusieurs mètres devant moi en me fixant, et au moment où je passe devant eux il me dit “bonjour Madame?” Je réponds seulement “non” clairement, sans dévier ma trajectoire ni mon regard, sans m'arrêter. Il m'a regardée passer et à attendu que je sois plusieurs mètres derrière pour bougonner.
La rue est aussi à nous. Reprenons-la.
Les travailleuses de France veulent l'égalité des salaires #7NOVEMBRE16H34 http://thndr.me/Xdt67f
28 octobre 2016
Ce soir la soirée commençait bien. On était 6 filles posées en terrasse, tranquilles.
Puis on a été plus que 3.
Le bar a fermé la terrasse, on a pris des sandwiches à côté en réfléchissant à quel bar ferme plus tard que 2h. Un mec est venu nous faire le classique “vous connaissez clément ? Il est là, il fait du hand, il est impressionnant, blablabla”. Classique. L. a été formidable, a exagéré toutes ses réactions, faisant bien comprendre que ben, on s'en foutait.
Puis on a été manger nos sandwiches devant le Callaway (on pouvait pas manger dedans sauf si c'est froid, wtf), ou le vigile a voulu nous faire bouger d'un côté de la façade à l'autre parce que “ici c'est pour les gens qui fument, venez manger là”. On était dans la rue, hein. L'espace public. Mais la notion de public doit pas être là même pour tout le monde.
Du coup on a pas été au Callaway parce que la barbe d'être prises pour des jambons. On a été au Dynamo. Bien sûr, un vendredi soir après 2h, c'était blindé de monde, ce qui est très propice aux “involontaires” attouchements (involontaires mais toujours venant d'hommes pour ma part, étrange phénomène). Allez c'est pas grave on laisse couler.
Dans le bar, en 30 minutes de discussion, 5 interruptions (que des mecs). C'est pas pratique de tenir une conversation quand on est interrompu.e toutes les 6 minutes. Au bout d'un moment c'est fatigant. Énervant. Surtout quand tu compares avec les fois ou tu sors avec ton ou un ou des mecs: aucune interruption de la soirée, jamais, ni dans la rue, ni dans le bar, rien.
Puis on est sorties du bar, on est rentrées chez nous. Au bout de 300m, un trio de mecs nous aborde. En arrivant à Bouffay, en 3 minutes 2 groupes de mecs nous ont “abordées” (comprendre ont essayé de toucher l'une d'entre nous et ont envahi physiquement notre “bulle” de confort).
Arrivées en bas de chez L., on s'est dit au revoir en se faisant des câlins. Sauf que K., comme elle dit, elle a une tronche de lesbienne (et pour cause). L. et K. se sont fait un premier câlin. 2 mecs qui nous avaient déjà abordées juste avant sont revenus à la charge, ils en pouvaient plus, il fallait qu'ils s'incrustent, qu'ils “draguent” (mais sans consentement), qu'ils s'imposent. L. et K. ont été formidables chacune à leur manière, finalement K. leur a fait peur en montrant qu'elle leur casserait la gueule si nécessaire. Ils ont fini par partir non sans beaucoup d'insistance.
A ce point de la soirée on commençait a être bien énervées de ne pas pouvoir juste profiter d'être ensemble.
Les filles ont repris leur câlin. Bim “eh, les filles, vous avez quoi de prévu ce soir ?”. Cette fois c'est moi qui ai réagi au quart de tour en leur disant qu'ils devaient être les 10emes de la soirée, pendant que K. rentrait dans leur sphère. La copine du gars a essayé de le défendre, son pote aussi, mais la on était vraiment en mode on va vous cramer. Ils sont partis en gueulant “Qu'est ce qu'elle a celle là ça va pas”.
On est restées un peu devant la porte de L., on avait besoin de décompresser. L. a crié, moi j'ai rigolé, c'était nerveux. Puis L. a crié “Oh regardez des hommes normaux !” en montrant 2 mecs qui ne nous avaient pas abordées. Moi j'ai rigolé. C'était nerveux.
L. et K. se sont refait un câlin pour partir pour de vrai. Un homme est arrivé par derrière K., en mode ninja, tout près, sans bruit, pour la toucher. Heureusement, L. l'a vu et l'a arrêté direct en disant “non mais tu t'arrêtes, tu t'en vas”. Il “voulait juste apporter son grain de sel”. Mais a quel moment on a émis le moindre signe demandant son grain de sel, je ne sais pas. “et ben on en a pas besoin, merci, au revoir”. K. s'était retournée et commençait à rentrer dans son espace (c'est sa spécialité à K.). Il est parti.
Ce soir la soirée commençait bien. Mais on s'est quittées désespérées, fatiguées (et pas à cause de l'heure), stressées, flippées, énervées. Et tristes.
Et K. est toujours en train de rentrer, en croisant des mecs qui l'insultent à cause de sa crête ou de sa “gueule de lesbienne”.
Et ça, c'est une soirée normale quand on sort entre filles dans les espaces publics.
Mise à jour avec une meilleure forme.
28 octobre 2016
Ce soir la soirée commençait bien. On était 6 filles posées en terrasse, tranquilles.
Puis on a été plus que 3.
Le bar a fermé la terrasse, on a pris des sandwiches à côté en réfléchissant à quel bar ferme plus tard que 2h. Un mec est venu nous faire le classique "vous connaissez clément ? Il est là, il fait du hand, il est impressionnant, blablabla". Classique. L. a été formidable, a exagéré toutes ses réactions, faisant bien comprendre que ben, on s'en foutait.
Puis on a été manger nos sandwiches devant le Callaway (on pouvait pas manger dedans sauf si c'est froid, wtf), ou le vigile a voulu nous faire bouger d'un côté de la façade à l'autre parce que "ici c'est pour les gens qui fument, venez manger là". On était dans la rue, hein. L'espace public. Mais la notion de public doit pas être là même pour tout le monde.
Du coup on a pas été au Callaway parce que la barbe d'être prises pour des jambons. On a été au Dynamo. Bien sûr, un vendredi soir après 2h, c'était blindé de monde, ce qui est très propice aux "involontaires" attouchements (involontaires mais toujours venant d'hommes pour ma part, étrange phénomène). Allez c'est pas grave on laisse couler.
Dans le bar, en 30 minutes de discussion, 5 interruptions (que des mecs). C'est pas pratique de tenir une conversation quand on est interrompu.e toutes les 6 minutes. Au bout d'un moment c'est fatigant. Énervant. Surtout quand tu compares avec les fois ou tu sors avec ton ou un ou des mecs: aucune interruption de la soirée, jamais, ni dans la rue, ni dans le bar, rien.
Puis on est sorties du bar, on est rentrées chez nous. Au bout de 300m, un trio de mecs nous aborde. En arrivant à Bouffay, en 3 minutes 2 groupes de mecs nous ont "abordées" (comprendre ont essayé de toucher l'une d'entre nous et ont envahi physiquement notre "bulle" de confort).
Arrivées en bas de chez L., on s'est dit au revoir en se faisant des câlins. Sauf que K., comme elle dit, elle a une tronche de lesbienne (et pour cause). L. et K. se sont fait un premier câlin. 2 mecs qui nous avaient déjà abordées juste avant sont revenus à la charge, ils en pouvaient plus, il fallait qu'ils s'incrustent, qu'ils "draguent" (mais sans consentement), qu'ils s'imposent. L. et K. ont été formidables chacune à leur manière, finalement K. leur a fait peur en montrant qu'elle leur casserait la gueule si nécessaire. Ils ont fini par partir non sans beaucoup d'insistance.
A ce point de la soirée on commençait a être bien énervées de ne pas pouvoir juste profiter d'être ensemble.
Les filles ont repris leur câlin. Bim "eh, les filles, vous avez quoi de prévu ce soir ?". Cette fois c'est moi qui ai réagi au quart de tour en leur disant qu'ils devaient être les 10emes de la soirée, pendant que K. rentrait dans leur sphère. La copine du gars a essayé de le défendre, son pote aussi, mais la on était vraiment en mode on va vous cramer. Ils sont partis en gueulant "Qu'est ce qu'elle a celle là ça va pas".
On est restées un peu devant la porte de L., on avait besoin de décompresser. L. a crié, moi j'ai rigolé, c'était nerveux. Puis L. a crié "Oh regardez des hommes normaux !" en montrant 2 mecs qui ne nous avaient pas abordées. Moi j'ai rigolé. C'était nerveux.
L. et K. se sont refait un câlin pour partir pour de vrai. Un homme est arrivé par derrière K., en mode ninja, tout près, sans bruit, pour la toucher. Heureusement, L. l'a vu et l'a arrêté direct en disant "non mais tu t'arrêtes, tu t'en vas". Il "voulait juste apporter son grain de sel". Mais a quel moment on a émis le moindre signe demandant son grain de sel, je ne sais pas. "et ben on en a pas besoin, merci, au revoir". K. s'était retournée et commençait à rentrer dans son espace (c'est sa spécialité à K.). Il est parti.
Ce soir la soirée commençait bien. Mais on s'est quittées désespérées, fatiguées (et pas à cause de l'heure), stressées, flippées, énervées. Et tristes.
Et K. est toujours en train de rentrer, en croisant des mecs qui l'insultent à cause de sa crête ou de sa "gueule de lesbienne".
Et ça, c'est une soirée normale quand on sort entre filles dans les espaces publics.
Quand on tu dois expliquer le “concept” du consentement
Quand on te demande ce que vous faites VRAIMENT dans ton asso féministe
Quand le mec te tient la jambe depuis 10min pour que tu prennes “au moins” son numéro
Quand dans le métro un groupe de mec parle OKLM de tes nichons
Quand tu reçois des photos de penis non désirées
Quand on te demande pourquoi y’a pas beaucoup de mec dans ton asso féministe
Quand on te dit que Rémi Gaillard “okay il est sexiste, mais défendre les animaux c’est un beau combat quand même, du coup ca compense, c’est un mec bien”
Quand on te demande pourquoi tu prends pas le temps de faire de la pédagogie avec tous les relous qui croisent ta route
Quand un pote te demande s’il peut complimenter une meuf random sur ses seins/son cul
Quand on te demande où est ce qu’il y a de la place pour l’avis des hommes sur le corps des femmes
Merci kaafeministe pour ce merveilleux tumblr <3
Samedi 13 août 2016
Samedi 13 août 2016, entre 18h et 20h, sur l’herbe entre le château des ducs de Bretagne et l’arrêt de tram Duchesse Anne.
Après le siffleur du Carrefour, voici le harceleur du Château.
Mon amie et moi sommes posées dans l’herbe, allongées sur le ventre, profitant de la chaleur.
Que les choses soient claires : je suis joueuse de Pokemon Go. Je sais reconnaître quand des gens y jouent. Il était évident que ni ces mecs, ni nous, n’étions en train d’y jouer. Il n’y avait par ailleurs aucun.e joueur.euse à proximité.
Nous sommes donc en pleine discussion, quand deux hommes passent à côté de nous, dont l’un pousse un :
“Oooooooh”, comme quand on voit un chaton mignon, avant d’interrompre notre discussion par “Vous cherchez des Pokemon” ?
“Euuuuh, allez vous faire foutre.” Réponds-je non sans un temps d’hésitation car j’étais un peu interloquée et ne m’attendais pas à cette intrusion.
“Ah bon ?
-Oui oui.”
Puis ils sont partis. Et en plus j’ai fait rigoler mon amie.
La rue est aussi à nous, reprenons-la.
Samedi 13 août 2016
Samedi 20 août 2016, vers 16h, Carrefour Feydeau, Nantes.
On fait les courses pour le week-end avec une amie qui passe son week-end prolongé chez moi.
Derrière nous dans les rayons, un sifflement. Je comprends qu’il est à notre attention. Réflexe immédiat : “Oh ta gueule”.
Mon amie me demande “c’était pour nous ça ??”. Derrière, j’entends deux mecs parler de nous entre eux, ou plutôt parler de la façon dont une certaine partie de nos corps se meuvent. Je me retourne et les fixe jusqu’à ce qu’ils disparaissent au rayon suivant.
L’espace public (ici les magasins) est aussi à nous. Reprenons-le.