L'anciennement nommé "Faubourg du Roule" tire son nom, d'une part de la colline proche (actuelle éminence de la colline de Chaillot, au sommet de laquelle se trouve la Place de l'Étoile), d'autre part des rouliers, acheminant les marchandises débardées depuis le gué de Neuilly jusqu'aux Halles de Paris, par l'ancien chemin du Roule (actuelle rue du Faubourg Saint-Honoré). La dédicace de l'église de la paroisse de cet ancien faubourg, primairement dénommée Saint-Jacques et Saint-Philippe, prit finalement le nom consacré de Saint-Philippe-du-Roule, lors de sa construction à la fin du XVIIIème siècle, remplaçant une chapelle datant vraisemblablement du XIIIème siècle.
Jean-François-Thérèse Chalgrin, chantre du néoclassicisme, fut chargé d'édifier cette nouvelle église, à la conception inspirée par les basiliques paléochrétiennes et imitée par la suite par plusieurs églises parisiennes. Initiée sous le règne de Louis XV, elle ne fut achevée qu'en 1784, et consacrée par son successeur. Remaniée et agrandie à deux reprises au XIXème siècle (d'abord par l'architecte Godde en 1846, puis par notre ami Baltard en 1853), elle fut l'une des églises les plus fréquentées sous la IIIème République, notamment par la nouvelle bourgeoisie d'affaires s'implantant dans ce quartier proche des Champs-Elysées. Les violents orages du 15 août 1914 firent céder la chaussée devant l'église, aux sous-sols minés par les travaux du métropolitain, provoquant la mort de 12 personnes. Le 25 août 1944, jour de la Libération de Paris, cette église fut la seule à ne pas sonner ses cloches, celles-ci ayant été malheureusement fondues par les occupants allemands...
Sa façade, composée d'un portique tetrastyle doté de colonnes au chapiteau dorique, couvre une horloge datant de 1840, la première parisienne a être abritée des intempéries, d’autant plus aujourd’hui, avec l’adjonction d'un parapluie d’échafaudages permettant la rénovation de la toiture, visiblement pérennisé...