S’en foutre. Aimer. Trop.
Le fond de mon verre. Encore. Bonjour verre. Bonjour vous. Qui êtes-vous ? Mes amis depuis toujours. Depuis dix minutes. Mes bons amis. Et je vous aime. Peut-être un peu trop. Peut-être à cause de l’ivresse. Peut-être à cause du groupe. AHAH. Je m’en fous. Je vous aime. Au final c’est déjà bien, pas vrai ?
La tête me tourne mais je souris. Je souris nerveusement. Je sens tout ça, je sais tout ça, mais je m’en fous. Le soulèvement de l’âme que donne l’alcool. Ce soulagement au final. Le soulègement. AHAH. Je le connais bien ; mon cher ami. Lui et moi. Je l’aime lui aussi.
S’en foutre. Aimer. Trop.
Trois axes. Trois entremêlements. La recette parfaite pour ce pétillement, pour le panneau EXIT de la rengaine. Les fois où on voudrait crier stop stop STOP mais au lieu de ça on fait avec, beaucoup. Et je souris. AHAH. Et je suis nerveuse. Et j’ai les yeux nébuleux. Et dans ma tête ce qui se passe s’enregistre par petits bouts fragmentés, je ne me regarde plus. On s’en fout. On aime. Trop.
Est-ce que c’est trop ? Est-ce qu’on aime ? Est-ce qu’on s’en fout ? L’alcool m’é-coeur et j’ai le coeur haut. Ma vue se trouble. J’entends leurs rires, à eux. AHAH. De quoi rient-ils ? Qu’est-ce qu’ils racontent ? Ils ne voient pas mon malaise ! Je voudrais crier. Au lieu de ça, je fais avec, beaucoup.
En fait, je les hais ces gens. Ces gens c’est quoi au final ? Ils me veulent du mal, sûr et certain. Et si je me trompais DEPUIS LE DEBUT ? Je les regarde suspicieusement. Leur nonchalance, leurs yeux vitreux. L’un d’eux me fixe avec un sourire béat. Je détourne le regard. Je ferme les paupières. AH. AH. J’ai mal. Au coeur, à la tête, de vivre, partout. Ils pèsent chacun une tonne. Et en même temps rien. Je me sens vide. Je voudrais être vide. Ah je sais plus, je ne veux pas savoir.
Dans le couloir ma tête heurte le papier peint. Ma tête hurt le papier peint. Ou l’inverse. Je regarde mes souliers. Le pas pied-peint. Trois petites enjambées. Le pas-pied-pain. Mais qu’est-ce que je raconte.
Tout savoir. Détester. Vide.
La recette de la survivance. Ouais c’est plutôt ça au final.