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Skycrane with Perseverance Rover
If you haven’t seen the video of EDL please go watch it here
https://twitter.com/NASAJPL/status/1363930124547022848?s=20
It is AMAZING!
#CapSurMars #Live #Perseverance a atteri sur #Mars, la première image ! #Nasa https://science-sceptique.fr
L’Éden
Derrière c’est la lumière. Je ne la vois pas encore mais je sens son aura. Derrière c’est l’opulence fraiche des fleurs épanouies, des nymphes à demie nues, une rivière d’or fondu et des arbres plus grands que les pyramides. On marche pieds nus dans l’herbe grasse et la mousse voluptueuse. Le nectar coule des fruits mûrs et juteux et quand le soleil décline il peint cet Éden d’une effusion divine brûlante de rose et d’or inatteignable. Derrière c’est la Lumière Éternelle, le temps se terre et les plaisirs hurlent comme dans un orgasme vibrant. Tout est plaisir, tout est beau, tout est au bout des doigts. La musique fait pleurer les papillons de joie et les fleurs se dandinent comme des danseuses orientales d’un autre âge. Toute la beauté du monde s’écarte sur ton chemin et tu n’as qu’à plonger tes yeux dans le ciel, la tête renversée dans l’herbe douce et molletonnée, pour que l’extase monte en toi comme la sève nourrit le fruit. Tu deviens un objet des plaisirs et le temps se mue en choix, en caprice, tout t’appartient pour l’éternité. L’Éden est entre tes mains, les nymphes se dénudent autour de toi, frôlant ta chair blanche et innocente. La souffrance est morte, crucifiée sur le mur des plaisirs. Plus de noir, plus d’attente, plus d’hésitation, plus d’horreur. Tout est mort et dévoré par la beauté de la luxuriance de chaque chose. Les plaisirs de la bouche et de la chair s’entremêlent, tu croques le sein ferme de ces nymphes aux cheveux coulants comme une rivière d’ébène, et tu frottes ta peau laiteuse du jus des fruits immortels comme d’un onguent magique. Les orgasmes ont plusieurs têtes et résonnent, lascifs et perçants, au-delà des grands arbres séculaires et des falaises de la beauté impossible. Je rêve de cet Éden. Je le sens. Juste derrière… inondé de la Lumière Éternelle, chéri entre les mains miséricordieuses d’un Dieu fier comme un artiste accompli. Adieu le sang, adieu la douleur, fini les preuves et les épreuves, tout est là, dans sa forme la plus pure et la plus brute. Le sexe-roi, l’opulence des désirs et des plaisirs, la beauté infinie de la flore dansante. L’abandon. Enfin la confiance. Enfin ! des bras salvateurs dans lesquels se jeter pour tout oublier. Sa condition et son horreur pour se perdre en plaisirs, se fondre en délices et mille rêves encore. Le oui hurle comme ces nymphes que l’on caresse, oui à l’amour, oui au désir, oui au plaisir et oui à l’éternel recommencement.
Le ciel s’est assombri d’un coup. Un temps j’ai cru que ce serait un beau jour. Le soleil a fait une courte visite puis il est allé se cacher derrière des nuages noirs comme l’immeuble d’en face. J’ai horreur de cette vue. Par-dessus mon bureau j’ai cet immeuble immonde dont la moitié des volets sont fermés. Je tourne en rond. Je cherche l’issue. Enfermé dans mon horreur tout me semble inatteignable. Enfermé dans ces quatre murs tout est fade. Et cette vue… quand je rêve de grands espaces, quand je rêve de libérer mon âme. J’ai cherché partout, au-dedans comme au-dehors, j’ai enduré les pires souffrances, répétant inlassablement les mêmes erreurs, les mêmes horreurs, les scarifications mentales avec un sourire pervers. J’ai choisi de marcher au bord du gouffre pour me sentir exister mais rien d’apaisant ou de grisant n’en ressort. Je ne vois que la mort, comme Alice s’enfonçant dans ce minuscule terrier noir, la tête vide de tout questionnement, le risque mué en curiosité, je veux plonger vers ma mort, vers ce tout petit trou qui cache un je-ne-sais-quoi plus grand que moi et que la Terre entière. Mille fois j’y ai pensé mais je ne suis pas Alice, je n’ai pas le courage de l’ignorance, je suis tout simplement pétrifié. Je vis une horreur qui me colle à la peau et je ne sais la dompter. J’en suis arrivé à un point où la souffrance et le sentiment d’injustice se sont mués en peur en une impuissance terrifiante. Malheureusement la mort ne m’apportera rien, ce serait trop facile. Je dois continuer de chercher ma libération mais mes forces s’amenuisent. Pourtant je le sens, derrière la lumière brille. Derrière cette épaisse forêt noire de pins terrifiants, resserrés comme les crocs d’un féroce félin, il y a la lumière. Je le sais. Derrière ces monolithes de sang qui suintent le dégoût. On ne peut souffrir éternellement, c’est contraire à l’équilibre de l’Univers. Parfois l’espoir brûle en moi et je rêve de l’Éden, j’imagine ma récompense à la hauteur de mes tourments, mais cette lueur est comme une allumette qu’on gratte, elle ne m’éclaire qu’un instant. Et ce fil invisible qui me fait tenir contre vents et marées, n’est-il pas le fil d’Ariane qui me relie à l’Éternel et à ma récompense, à mon soulagement ? Je m’accroche à ma certitude, elle est mon dernier radeau sur les eaux noirs et gluantes du désespoir. J’attends le baiser de Dieu, le corps à moitié immergé dans une mélasse infâme et plus je touche à l’insoutenable plus je sens approcher la libération. Je le sens, juste derrière les derniers tourments se dresse l’֤Éden qui me serrera dans ses bras d’or et de plaisirs. Enfin je jouirai, enfin je croquerai les fruits de la beauté, enfin les nymphes me dévêtiront dans une danse lascive, effleurant avec ambiguïté ma peau innocente, mon coude et ma bouche. Il ne peut en être autrement. La patience est la première et la dernière des armes. Elle est tout ce qu’il me reste, l’espoir est gravé, il s’est mué en certitude, en dévotion. Il ne me manque plus que quelques jours avant d’embrasser la Lumière Éternelle et que sont quelques jours de ce monde infâme face à l’infinité et la grandeur de l’Éden et sa Lumière sous les yeux bienveillants d’un Dieu repu par la grâce.
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