Le code d’éthique du hacker
Vous devez obéir à l’impératif de la pratique : l’accès aux outils qui permettent de comprendre le fonctionnement du monde devrait être total et illimité.
Toute information devrait être libre et gratuite.
Méfiez-vous de l’autorité et faites la promotion de la décentralisation.
Les hackers devraient être évalués par leurs actions et non par des critères factices comme les diplômes, l’âge, l’origine ethnique ou la position hiérarchique.
Vous pouvez créer de l’art et de la beauté avec un ordinateur.
Les ordinateurs peuvent améliorer vos vies.
Comme la lampe d’Aladin, l’ordinateur peut vous obéir au doigt et à l’œil.
Ce code d’éthique des hackers, est en constante opposition avec notre société occidentale qui est de plus en plus matérialiste. Je m’attarderai principalement aux quatre premiers articles en les mettant en perspective avec notre système d’éducation. Qu’arrive-t-il à un hacker lorsqu’il tente d’entrer dans notre moule éducationnel?
De prime abord, je dois mentionner que les hackers ne courent pas les rues. Durant mes cinq dernières années au collège, j’ai enseigné à trois vrais hackers. De vrais passionnés d’informatique et de la machine. Quelques indices pour identifier les hackers : si l’étudiant arrive au premier cours avec sa machine Linux, c’est probablement un hacker! Si l’étudiant est capable de programmer en C, c’est aussi, probablement un hacker. N’ayez pas peur d’identifier un étudiant comme un hacker, pour eux, c’est le plus beau compliment au monde! Deux de ces trois hackers étaient des chapeaux blancs et ils ont aidé fréquemment, les techniciens du Cégep qui étaient confrontés à des problèmes de sécurité. Le troisième, il a été expulsé à vie du collège et fait face à des accusations criminelles pouvant entraîner une peine d’emprisonnement. Je m’attarderai plus aux cas des deux chapeaux blancs, car je les ai côtoyés beaucoup plus longtemps. L’autre ayant réussi ses exploits après seulement 2 mois de Cégep.
…L’accès aux outils qui permettent de comprendre le fonctionnement du monde devrait être total et illimité. La première requête d’un hacker sera : « est-ce que je peux suivre ton cours sur Linux?» C’est souvent un choix personnel pour l’enseignant, mais, une réponse affirmative à cette question vous assurera le respect du hacker, quitte à l’encadrer rigoureusement dans sa démarche, tout au long de la formation. Avec une réponse négative, les chances que le hacker réussisse votre cours sont pratiquement nulles. Le hacker doit constamment être occupé lorsqu’il s’ennuie ou que c’est trop facile. Si la machine Windows est ouverte, vous allez le perdre à coups sûrs. En fait, le seul vrai problème que j’ai rencontré pour notre technique, est survenu avec la suite Visual Studio qui n’a pas d’équivalent Linux. Pour ma part, je fais passer un petit test de programmation et si je vois que l’étudiant est assez mature, je l’autorise à suivre mon cours en Java sur Linux. Pour notre DEC de 90 crédits, le seul cours qui pose un problème est le cours de Web 2 en .NET où l’étudiant se doit d’utiliser Windows. Souvent utiliser une machine virtuelle rendra le hacker plus joyeux!
…Toute information devra être libre et gratuite : notre société va de plus en plus dans ce sens. Des projets comme Google Books et iTunes University en sont de bons exemples! Si vous voulez gagner des points avec votre hacker, utilisez un service comme SlideShare ou publiez vos notes sur Google Docs en mode publique. Même si généralement ils ne parlent pas beaucoup, les hackers sont souvent les leaders silencieux de la classe. S’ils vous apprécient, vous avez de bonnes chances d’avoir le contrôle et le respect de la classe.
…Méfiez-vous de l’autorité et faites la promotion et de la centralisation : les hackers sont des personnages marginaux. Souvent, trop marginaux pour notre système d’éducation. Un hacker aime découvrir de nouvelles choses, il ne voit pas l’intérêt de réaliser un devoir s’il connaît déjà la solution! En tant qu’enseignant, il faut être compréhensif et mettre notre orgueil de côté, car souvent, un hacker peut-être plus compétent que nous dans certaines sphères de l’informatique. J’utilise Linux depuis plusieurs années, mais jamais je n’ai eu l’intérêt et la patience de recompiler le noyau et encore moins de monter une machine Gentoo à partir de rien. Un hacker, tout comme la plupart des membres de la génération Y, vous voit comme un ami, un partenaire qui l’emmènera à la réussite. Lorsqu’il fait d’autres choses dans votre cours que le travail assigné, intéressez-vous à ce qu’il réalise et dites-lui qu’il terminera cette tâche connexe une fois son assignation terminée. Évitez la confrontation, les deux seront gagnants!
… Les hackers devraient être évalués par leurs actions et non par des critères factices comme les diplômes, l’âge, l’origine ethnique ou la position hiérarchique : c’est ici le point le plus sensible avec notre système d’éducation. Les hackers se foutent de leurs résultats. Ils ne remettent jamais leurs devoirs, et ça, même s’ils les ont complétés. Leur seule ambition, dans ce moment, ils ne veulent qu’obtenir une note de 60 % pour ne pas refaire le cours. Un hacker ne comprend pas que le bulletin est la première évaluation, lors d’une embauche et qu’il passera à côté de plusieurs belles opportunités.
Si vous réalisé avec brio tous les conseils que j’ai énumérés plus haut, vous avez sûrement acquis la confiance du hacker. Il ne vous reste plus qu’à mettre vos gants blancs et tenter de le convaincre de la pertinence du diplôme! La plus grande difficulté pour un hacker est de réussir ses cours généraux. Les hackers sont des étudiants d’informatique exceptionnels, qui bien encadrés, pourraient changer le monde. Mais pour cela, ils ont besoin d’un diplôme! Je considère que c’’est le rôle des enseignants de s’ajuster à cette réalité. La réalisation personnelle de l’enseignant sera d’autant plus valorisée…













