L’érable de Villiers-en-Bois
« Parfois, je crois entendre leurs conversations, percevoir l’éclat de leurs rires ou de leurs disputes, à tous ceux de la forêt. Ceux dont je suis séparé, moi, l’isolé et l’étranger, l’arbre qui n’est pas d’ici. C’est ainsi. J’aurais pu être anonyme, mêlé à d’autres que moi. Mais on m’a fait sentinelle, gardien de la foule verdoyante. Je veille sur les bruyants, je protège les futaies et les radeaux de mousse. Si je continue de m’étendre, de grandir, de soigner la courbe parfaite de ma ramure, c’est pour mieux accueillir sous mes branches tous ceux qui savent rêver. »






